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On se rappelle du livre de Stephen Clarke « A Year in the Merde » qui avait bénéficié il y a quelques années d’une importante couverture médiatique. J’ai lu du même auteur « Talk to the snail » paru en 2006.

 

Son exposé ne vaut pas le très bon livre de deux Canadiens « 60 millions french can’t be wrong » qui font une analyse très fine de la France sous toutes les coutures.

Néanmoins, on pourra créditer Clarke d’un bon sens de l’humour et d’une capacité à bien détecter nos petits travers.

 

Se voir dans les yeux de l’autre est toujours riche d’enseignements. Quelques exemples, certains anecdotiques, … et d’autres plus profonds :

 

Ainsi, j’ai découvert que le terme « gourmandise » n’existait pas en anglais. Dans la même veine, l’auteur raille notre habitude à inventer des mots anglais « that aren’t English at all (…) : camping, parking, living, shampooing, … » Allant même jusqu’à en inventer dans des domaines qui sont notre « pré carré » avec le fooding ! Il évoquera à de nombreuses reprises cette attirance (admiration) refoulée pour l’Amérique.

 

Peuple inventif et créateur, nous avons un malin plaisir à briser les élans de nos jeunes musiciens avec le solfège. Et ce qui est valable en musique, l’est dans d’autres domaines. Dans bien des cas, il faudra passer par un apprentissage long, studieux (voir fastidieux) avant de pouvoir révéler son talent. L’apprentissage des temps (imparfait du subjonctif), la valeur accordée aux diplômes (même après 20 ans de carrière), sont comme autant de fourches caudines sous lesquelles nous nous imposons un passage presque ritualisé.

 

Il s’amuse aussi avec la complexité du vouvoiement et tutoiement. Ce qui peut amener à des situations complexes et indéchiffrables pour un étranger quand –dans un couloir de son entreprise- on croise quelques personnes, dont son chef de service, … On va vouvoyer ce dernier, mais il va nous tutoyer. Tandis que l’on va vouvoyer un de ses collaborateurs dans le cadre du travail, mais le tutoyer sur le terrain de squash. Le patron va vouvoyer sa secrétaire pour atténuer la différence sociale. La secrétaire qui va tutoyer le jeune adjoint du patron, qui lui … va la vouvoyer. Ainsi de suite … Vestige de mœurs aristocratiques qui ont survécues à la révolution ?

 

« Talk to the snail » n’est pas à proprement parler francophobe. Il nous met le nez sur nos incongruités. C’est plutôt rafraichissant.

Et il faut lire l’épilogue pour comprendre que l’auteur, bien que critique, n’en est pas moins un amoureux de la France, … qu’il n’a pas d’ailleurs quitté depuis plus de 14 ans.

 

Jérôme Bondu

Lun 30 jun 2008 2 commentaires
Gourmandise = Gluttony. Enfin après, je suis pas anglais, je me trompe peut-être ;).

J'avais une impression mitigée après la lecture du premier livre. Certes, des "révélations raffraichissantes" sur les travers des français, mais il me laissait parfois l'impression de quelqu'un un peu à la ramasse, pour, après plus de 10 ans à Paris, donner l'impression que son personnage débarque d'une autre planète.

Donc perso, un roman de gare, sans plus. Mais merci pour l'analyse.
fiftywan - le 30/06/2008 à 20h31
Merci pour votre commentaire, issu de l'autre côté de l'Atlantique.

Gourmandise = Gluttony. De mémoire (je n'ai plus le livre) l'auteur dit qu'il n'y a pas de mot ayant un sens équialent. En l'occurence "Gluttony" a un sens péjoratif. Alors que la gourmandise ... humm

Sinon, je suis assez d'accord avec vous. J'ai aussi eu cette impression que son éditer lui a passé la commande de trop ;-)

Cordialement
JB
Jerome bondu - le 30/06/2008 à 21h23