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Mardi 20 décembre 2011 2 20 /12 /Déc /2011 20:07

Decomposition_force_vent.png Pour faire suite au billet précédent, j’aimerais rajouter l’idée que des forces d’oppositions sont toujours nécessaires pour avancer

 

Deux images pour appuyer mon propos :

La première est celle du voilier. Pour avancer, il faut que le vent souffle dans les voiles. Mais s’il n’y avait que cela, notre voilier n’aurait pas de direction. Il lui manque une force d’opposition, qui est celle qu’exerce l’eau contre la coque du bateau. C’est pour cela que sauf exception (le "vent arrière" des marins) un navire marche toujours légèrement "en crabe", et aussi grâce à cela qu'il peut avancer dans une direction autre que celle du vent.

 

La seconde est celle de l’auto. Pour avancer, il faut que le moteur entraîne les roues. Mais là encore, s’il n’y avait pas de forces d’opposition la voiture n’avancerait pas d’un iota. Les roues tourneraient dans le vide, comme sur du verglas. C’est bien parce que la route s’oppose à cette force et accroche les roues, … que l’auto avance. D’ailleurs, ces frottement arrachent des microparticules de pneus et impliquent de les remplacer régulièrement. "

 

Ainsi le flux d’informations que les veilleurs produisent doit trouver ses rugosités pour faire avancer les idées et les décisions

 

Par Jerome Bondu - Publié dans : Social
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Lundi 19 décembre 2011 1 19 /12 /Déc /2011 14:55

Dans le cadre de mes missions de conseil en organisation de la veille, j'insiste souvent sur l'importance de la structure de l’entreprise et encore plus de sa culture.

 

La culture de l'entreprise est un élément difficile à définir, mais pourtant essentiel. En voici une illustration : Lors d'une discussion récente avec des éditeurs de plateforme de veille, mes interlocuteurs ont mis en évidence les différences d'approche entre la France et les Etats-Unis. Là où les Français voudront une plateforme adaptable, paramétrable, qu'ils pourront modifier, avec une sélection des informations qui sera envoyée aux clients finaux, les Américains voudront une plateforme entièrement pré-paramétrée, et avec un flux envoyée automatiquement sans pré-sélection humaine des articles.

 

Pourquoi cette différence d'approche ? Une réponse est sans doute à trouver dans la "La logique de l'honneur" de Philipe d'Iribarne. Selon le sociologue, un français s'épanouira quand il pourra faire la preuve de son tour de main, de son savoir-faire, de son "petit plus" qui le distingue des autres. Les américains auront beaucoup moins de mal à suivre à la lettre des instructions précises. Leur zone de confort est inversée par rapport à nous : des directives strictes permettront à un Américain de s’épanouir alors que le Français s'y retrouvera au contraire prisonnier, voire humilié.

 

Cette disposition d'esprit apparait aussi dans ce que l'on appelle le "syndrome de l'ingénieur" ou le "not invented here" (qui se passe de traduction). Celui du refus d'un outil, d'une solution ou d'une méthode qui ne soit pas « maison », qui ne permettent pas d’illustrer son savoir-faire.

 

Il n'y a pas à se féliciter ou se plaindre de ce trait culturel. Cela fait du travailleur Français un collaborateur « rétif », mais en même temps inventif. Cela apparaitra positivement ou négativement en fonction du champ magnétique dans lequel il baigne (vous apprécierez la métaphore, je cherche toujours à avoir des idées conductrices :-)

 

Pour en revenir au système de veille, l'acceptation ou le refus d'une dynamique de veille peut être lié à ces traits culturels. D'où l'importance de laisser en France les veilleurs imprimer leur "marque de fabrique", de les laisser pouvoir mettre les mains dans le cambouis du moteur de la plateforme de veille.

Par Jerome Bondu - Publié dans : Social
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Lundi 15 août 2011 1 15 /08 /Août /2011 09:44

stephen_clarke.jpg J’ai lu “One thousand year annoying the French” de Stephen Clarke. Comme le titre le laisse entendre, c’est un livre assez caustique sur les Français. Stephen Clarke revisite l’histoire des relations franco-anglaise sur les 1000 dernières années, depuis Guillaume le Conquérant jusqu’à Nicolas Sarkozy. C’est un livre passionnant dont je recommande la lecture,… à un bémol près.

 

Autant j’avais apprécié le ton de ces précédents ouvrages sur le même thème (« A Year in the merde » ou « Talk to the snail ») dans lesquels Stephen Clarke partait d’anecdotes pour pointer du doigt ce qui fait de la France un pays en même temps adulé et exaspérant. Il me semblait sévère, mais juste.

Autant dans son dernier ouvrage, il part de faits historiques qu’il analyse de manière totalement subjective ; sur la base de deux postulats :

- D’une part, la France aurait perdu pratiquement toutes ses guerres contre l’Angleterre.

- Mais le pire qui nous soit arrivé viendrait souvent de nos propres compatriotes, qui par mésententes, incompétences, jalousies, ou autre sentiments peu louables, auraient toujours réduit les efforts des plus entreprenants.

Si bien sûr ces deux critiques trouvent quelques fondements au cours de notre histoire mouvementée, analyser toute l’histoire franco-anglaise à travers ces deux filtres manque totalement de sens.

 

C’est dommage car le livre est bien documenté et est riche de mille anecdotes instructives.

- Guillaume le conquérant n’était pas « vraiment » Français mais Normand, c’est-à-dire Viking. 

- Lors de la bataille de Fontenoy, si les Français ont lancé le célèbre « Messieurs les Anglais tirez les premiers » ce n’était pas par bravoure, mais par calcul : pour permettre aux troupes françaises de tirer leur salve plus proches des ennemis et donc avec plus de précision. 

- Jeanne d’Arc a été condamnée à mort par un tribunal français. 

- Il rappelle avec une pointe de jubilation que c’est Napoléon qui a mis un point final à la présence Française dans le nouveau monde en vendant la Louisiane. 

- Il commente abondamment la vision que Churchill avait de De Gaulle, qui est loin d’être flatteuse.

- Il explique que toutes les spécialités culinaires que l’on voit comme « françaises » viennent en réalité… de l’étranger. Le croissant a été inventé à Vienne, et (ironie du sort) a été introduit par les troupes Autrichiennes lors de l’occupation qui a suivi la défaite de Waterloo. Le mode de cuisson du steak a été introduit par les anglais lors de la même circonstance. Avant, écrit-il, nous mangions essentiellement du « bouillis » !

- Le champagne doit sa renommée non pas Dom Pérignon, mais aux Anglais qui les premiers ont apprécié ce vin pétillant, et ont trouvé une solution technique pour faire des bouteilles suffisamment solides pour supporter la pression générée par la fermentation en bouteille.

 

 

C’est un livre à lire car il est toujours intéressant de revoir l’histoire de son pays avec un angle de vue différent de celui dans lequel on baigne. Avec du recul, toutefois… 

 

Jérôme Bondu

 

Voir le site de l'auteur.
Voir une video de l'auteur

Par Jerome Bondu - Publié dans : Social
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Vendredi 1 avril 2011 5 01 /04 /Avr /2011 09:46

En matière de diffusion de l’esprit d’entreprise, j’ai déjà eu l’occasion de dire tout le bien que je pensais de l’association 100 000 Entrepreneurs (ici et la).

L'objectif de l'association est de "TRANSMETTRE LA CULTURE D'ENTREPRENDRE AUX JEUNES en organisant des témoignages bénévoles d'entrepreneurs dans les établissements scolaires, de la 3ème à l'enseignement supérieur.

Les trois vidéos ci-dessous vous en montreront un peu plus sur cette structure :
- Ma vidéo a été prise juste après une séance de sensibilisation au monde de l’entreprise, au collège Courteline de Paris 12eme.
- Celle ci-dessous, présente le témoignage de Laila Nassim, chef de projet au sein de l’association.
- La dernière enfin, est un témoignage de Gérald Larcher, Principal Adjoint du collège Courteline.


Conclusion : n'hésitez pas à contacter l'association :
- entrepreneurs, pour diffuser aux plus jeunes l'esprit qui vous anime,
- enseignants, pour donner à vos élèves une ouverture sur le monde à venir.

Voir aussi le vidéo du fondateur Philippe Hayat.

 

Par Jerome Bondu - Publié dans : Social - Communauté : NTIC : Nouvelles technologies
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Lundi 10 janvier 2011 1 10 /01 /Jan /2011 14:23

primo-levi.jpgNous connaissons tous l'adage selon lequel « voyages forment la jeunesse ». A l'heure du tout numérique, où l'on est prisonnier de ses mails et autres tweets, j'ai l'impression que la première vertu des voyages serait plutôt de casser ce lien qui nous lie aux médias sociaux, et de nous permettre de faire autre chose. En l'occurence, dans le cadre de mon dernier déplacement professionnel à l'étranger, et des inévitables et longues heures d'attentes et de transport, j'ai choisi de lire.

Cela faisait longtemps (c'est à dire plusiers années) que je voulais « affronter » Si c'est un homme de Primo Levi. J'écris « affronter » à dessein, car il me semble que l'on ne peut pas lire le récit de la déportation et de la vie d'un camp d'extermination nazi comme un simple roman.

« Si c'est un homme » retrace la déportation de Prio Levi, juif italien, et sa survie dans un des Lagers (camps de travail) d'Auschwitz. Contrairement à ce que je m'attendais, l'auteur fait preuve d'un recul tout à fait étonnant. La version que j'ai lue comporte un appendice dans lequel l'auteur ajoute des précisions très intéressantes et complémentaires sur son texte. Il explique très bien qu'il a écrit ce livre comme un témoignage. Il fait le parallèle avec la déposition que peut faire un témoin devant un juge, déposition qui est d'autant plus recevable qu'elle est dénuée de parti pris. C'est ce qu'il a voulu faire. Avec un recul remarquable, il « dépose » les jours terribles de son transport dans les wagons à bestiaux, le brutalité et l'imbécilité des kapos, la volontaire ineptie des règles, l'humiliation permanente, et finalement la mort pour 98% de ses compagnons italiens, raflés en même temps que lui, …

Mais ce n'est pas un livre misérabiliste. L'auteur semble au contraire porté par une humanité immense, qui sourd de son texte, et imprègne le lecteur. Non pas qu'il aide à comprendre, car comme le dit Levi « comprendre » c'est « prendre » « avec », c'est déjà assimiler ! Or il ne faut pas « assimiler » ce qui c'est passé. Mais c'est un texte qui rayonne d'humanité.

A lire de toute urgence, … lors de votre prochain voyage.

Jérôme Bondu

 

Pour en savoir plus :
- Wikipedia
- Evene

Par Jerome Bondu - Publié dans : Social
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