Jeudi 23 avril 2009
 
 
 


Sur le blog de Lionel Tardy (député UMP et un des principaux critiques de la loi Hadopi) un billet présente une photo de l'investiture de Barak Obama (du 20 janvier 2009). Sur cette photo à ultra haute définition, on peut distinguer en zoom maximal le visage de milliers de participants dans la foule. C’est tout à fait étonnant, allez jeter un œil ! Comme le dit le député « Une seule photo et la possibilité de "ficher" un million de personnes ! »[a]
Un tel document peut faire penser à la surveillance de Big Brother. Dans l’œuvre de Georges Orwell « 1984 », le Parti unique a imposé des « telescreen » (ou télécran dans la version française), sortes d’écran-caméra, dans tous les espaces de vie, publics comme privés, et qui ont la capacité de capturer les moindres faits et gestes de la population d’Océania (Big Brother is watching you). Pourtant, est-ce que ce parallèle est juste ?


Internet nous éloigne de Big Brother


Il se trouve que je viens de relire 1984. Même s’il est facile d’associer internet et toutes ses composantes de détection et de conservations des données (la détection des IP, les réseaux sociaux, la maîtrise des mots clés de recherche, … tous les éléments présentés par la CNIL) à une forme de fliquage (comme vient de l’écrire Metro) il est clair à la lecture de « 1984 » qu’en réalité internet éloigne de la dictature Orwellienne plutôt qu’il ne nous en rapproche.

Voici trois éléments parmi d’autres :
- D’abord, l’Etat d’Océania maîtrise davantage ses citoyens par la destruction méthodique de tout passé historique, que par une observation constante via les télécrans. Dans le roman de science fiction, l’Histoire n’existe plus, le passé est systématiquement revisité à la lumière des décisions prises par le parti. Si l’on peut échapper aux télécrans comme le fait le héros de l’histoire, on ne peut pas échapper à cette éradication du passé.

A ce titre, Internet présente un visage complètement différent, puisqu’il permet une hyperconservation de toutes les strates d’actualité. Et une accessibilité par tous, à tout moment [b].

- Second élément de la dictature, la destruction des liens relationnels, qu’ils soient familiaux, amicaux, amoureux, … au profit d’une seule et unique relation avec l’incarnation du parti, Big Brother.

Inversement, internet a permis la floraison de multiples outils de socialisation (dont les réseaux sociaux ne sont qu’un des aspects) et d’expression, d’affirmation de son individualité, et du regroupement des individualités. La plupart des regroupements (blogs, groups, forums, …) fonctionnent sur le registre : « je suis unique, vous êtes uniques, formons le réseau des gens uniques ! » Derrière ce paradoxe, il y a une réalité qui fonctionne très bien sur le web.

- Troisième éléments, l’appauvrissement de la langue. Le Newspeak (ou novlangue) est créé pour permettre un encadrement du champ lexical, avec comme finalité de réduire l’expression de la pensée.

Sur ce plan encore, internet est plutôt générateur de nouveaux champs lexicaux. Et même si la richesse lexicale issue du web n’est pas encore reconnue par l’Académie Française, ce n’est qu’une question de renouvellement de génération [c].

Il est d’ailleurs symptomatique que dans les Etats totalitaires (cette fois ci bien réels) internet est toujours strictement encadré (voir par exemple un précédent article sur la censure internet à Cuba).


Vulnérabilité individuelle et force collective

Allons plus loin. Il me semble qu’à partir du moment où tout le monde à accès à tout ce que disent tous les internautes, la valeur des informations personnelles s’effrite. C’est comme si chaque internaute acceptait inconsciemment de se dévoiler sur internet, sachant que si chacun fait de même, la possession par des tiers de ses informations personnelles perdra de sa valeur. Comme s’il y aurait une neutralisation partagée, mutuelle et librement consentie. Comme l’a dit un des gendarmes interrogés par Metro, les gens râlent contre les données compilées dans les fichiers de la police (type Edvige), alors qu’ils en disent beaucoup plus sur internet.

Cette espèce de volonté inconsciente en rappelle une autre, qui est la base du contrat social. Le contrat social est le renoncement à une partie de nos libertés, ou droits naturels, en échange de lois garantissant la perpétuation du corps social. Le fait de vivre en société n’est-il pas celui d’accepter de limiter son espace de liberté, et chacun participant à cet effort, l’ensemble en ressort plus fort.

Internet me semble le terrain d’un nouveau contrat social où la société civile accepterait de se dévoiler, et chacun le faisant, de limiter ainsi l’appropriation par un tiers.

En d’autres termes, le contrat social (qu’il s’agisse de l’ancien ou du nouveau) reviendrait à échanger (volontairement ou non) une augmentation de sa vulnérabilité individuelle contre davantage de cohésion, d’efficacité du groupe, donc de force collective.


Sur-informer est la meilleure manière de se protéger


A ceux qui penseraient que l’abondance d’information sur une personne ou une entrepris est une faiblesse, il faut rappeler les bases de la gestion des informations. Mon métier de veilleur me donne une certaine légitimité pour affirmer qu’il n’est pas de veille plus difficile que celle qui se porte sur une entreprise ou un sujet sur-documenté.

La sur-information est même une des 3 techniques de « manipulation » (sans connotation négative) des informations : la première étant bien sur de ne rien publier (sous-informer). La seconde de publier des choses fausses (des-informer). La troisième étant de sur-publier pour noyer le lecteur et cacher les choses importantes qui pourraient être publiques (sur-informer).

Des trois techniques, la dernière est la plus efficace pour des raisons simples : La première technique est difficile à mettre en œuvre car il est impossible d’assurer une cloison étanche entre ceux qui savent (un conseil d’administration, des actionnaires, …) et le public. Les fuites sont inévitables. Et ne rien publier est toujours suspect. La seconde est dangereuse, et peut être (selon le niveau de desinformation) illégale. La troisième est facile à mettre en œuvre, légale, et terriblement consommatrice de ressources pour les veilleurs qui doivent extirper l’aiguille de la botte de foin informationnelle. [d]

Pour conclure sur la photo qui a initié cet article. Celui qui a pris la photo, l’a mise en ligne, et chacun y a accès. C’est une métaphore du meilleur moyen de limiter l’émergence d’un Big Brother. Puisque nous pouvons tous être Big Brother, personne ne le sera. Le nouveau « contrat social internet » contient en lui-même sa propre régulation.

Jérôme Bondu

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Notes et références :
Voir la photo. Voir le billet de Tardy

[a] Cette photo est construite à partir de 220 photos.

[b] Cela peut néanmoins être relativisé : Ceux qui possèdent les outils de stockage, possèdent le contenu. De même ceux par qui on retrouve les informations (je parle des moteurs de recherche) ont les moyens de censurer ou mettre en avant ce qu’ils veulent. D’où l’importance à mes yeux d’un moteur de recherche européen pouvant concurrencer intelligemment l’américain Google. La volonté européenne n’a-t-elle permis de se passer de Boeing pour le transport de passagers en créant Airbus ? C’est l’objet du moteur Quaero, le moteur de recherche européen.

[c] Là encore, on peut nuancer mon propos. S’il y a beaucoup de gains… il y a aussi beaucoup de pertes. Le bilan est certainement positif dans certains domaines (sciences dures, codes liés au web, certaines conventions comportementales). Et certainement négatif dans d’autres (codes comportementaux plus traditionnels, expression des sentiments, …).

[d] Attention, le fait que la surinformation « protège », n’enlève en rien le devoir de vigilance ! Cela ne justifie en rien les accès d’impudeur sur internet, et notamment sur les réseaux sociaux. Poster les photos de sa dernière beuverie n’a aucun sens. J’ai présenté cela dans un livre blanc sur « l’impact des réseaux sociaux ».

L’extrait sur le contrat social est de Wikipedia.

PS : l'article a été posté sur Agoravox.fr. Voir les réactions.

 .

Par Jerome Bondu - Publié dans : Social - Communauté : Veille stratégique
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Lundi 30 juin 2008

On se rappelle du livre de Stephen Clarke « A Year in the Merde » qui avait bénéficié il y a quelques années d’une importante couverture médiatique. J’ai lu du même auteur « Talk to the snail » paru en 2006.

 

Son exposé ne vaut pas le très bon livre de deux Canadiens « 60 millions french can’t be wrong » qui font une analyse très fine de la France sous toutes les coutures.

Néanmoins, on pourra créditer Clarke d’un bon sens de l’humour et d’une capacité à bien détecter nos petits travers.

 

Se voir dans les yeux de l’autre est toujours riche d’enseignements. Quelques exemples, certains anecdotiques, … et d’autres plus profonds :

 

Ainsi, j’ai découvert que le terme « gourmandise » n’existait pas en anglais. Dans la même veine, l’auteur raille notre habitude à inventer des mots anglais « that aren’t English at all (…) : camping, parking, living, shampooing, … » Allant même jusqu’à en inventer dans des domaines qui sont notre « pré carré » avec le fooding ! Il évoquera à de nombreuses reprises cette attirance (admiration) refoulée pour l’Amérique.

 

Peuple inventif et créateur, nous avons un malin plaisir à briser les élans de nos jeunes musiciens avec le solfège. Et ce qui est valable en musique, l’est dans d’autres domaines. Dans bien des cas, il faudra passer par un apprentissage long, studieux (voir fastidieux) avant de pouvoir révéler son talent. L’apprentissage des temps (imparfait du subjonctif), la valeur accordée aux diplômes (même après 20 ans de carrière), sont comme autant de fourches caudines sous lesquelles nous nous imposons un passage presque ritualisé.

 

Il s’amuse aussi avec la complexité du vouvoiement et tutoiement. Ce qui peut amener à des situations complexes et indéchiffrables pour un étranger quand –dans un couloir de son entreprise- on croise quelques personnes, dont son chef de service, … On va vouvoyer ce dernier, mais il va nous tutoyer. Tandis que l’on va vouvoyer un de ses collaborateurs dans le cadre du travail, mais le tutoyer sur le terrain de squash. Le patron va vouvoyer sa secrétaire pour atténuer la différence sociale. La secrétaire qui va tutoyer le jeune adjoint du patron, qui lui … va la vouvoyer. Ainsi de suite … Vestige de mœurs aristocratiques qui ont survécues à la révolution ?

 

« Talk to the snail » n’est pas à proprement parler francophobe. Il nous met le nez sur nos incongruités. C’est plutôt rafraichissant.

Et il faut lire l’épilogue pour comprendre que l’auteur, bien que critique, n’en est pas moins un amoureux de la France, … qu’il n’a pas d’ailleurs quitté depuis plus de 14 ans.

 

Jérôme Bondu

Par Jerome Bondu - Publié dans : Social - Communauté : Veille stratégique
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Dimanche 29 juin 2008

L'internet participatif est aussi intelligent que le cerveau d’une mouche !!  Derrière ce titre un peu provoquant, il y a une réalité numérique (au sens de nombre). Internet connecte 1 milliard d’ordinateurs. Tout comme le cerveau de la mouche connecte un milliard de neurones. Au delà de ce clin d’œil, on peut se demander ce qu’apporte l’internet participatif ? Quels en sont les bénéfices, mais aussi les utopies ?

 

La révolution et les bénéfices de l’Internet participatif.

 

Quelques idées sont reprises d’une conférence entendue récemment (1) de Pierre Balanger, fondateur de Skyrock (2).

 

La véritable révolution de l’internet n’est pas dans la diffusion mais dans l’échange entre personnes.

La diffusion est bien sûr importante, mais elle amplifie une tendance en cours.

Par contre, la possibilité pour tous de s’exprimer sur un pied d’égalité est par contre un véritablement bouleversement aux impacts sociologiques importants.

 

Internet est un multiplicateur d’émancipation individuel. Car il permet à chacun de s’exprimer.

Cela permet de confronter ses idées. D’exposer ses frustrations, et donc de s’apaiser (même si on trouve le pire derrière certains messages anonymes protégés par un pseudo).

Pour ceux qui écrivent un tant soit peu consciencieusement dans les médias participatifs (type www.agoravox.fr) cela oblige à vérifier les idées que l’on veut exposer. Cela permet de progresser par la lecture des remarques des autres. Cela permet de progresser car le sujet abordé reste vivace, et les lectures que l’on fait par la suite sont plus attentives.

Sur internet il n’y a plus de minorité. Quelque soit la position que l’on adopte, on peut trouver une foule d’individus qui pensent de même. L’individualisme se vit en réseau.

L’internet participatif remet en cause les détenteurs d’autorité et du savoir, et les « challenge ».

C’est un séisme d’une magnitude égale à l’invention de l’imprimerie et à l’alphabétisation.

 

Internet modifie certains aspects du business : Les marques ont perdu la maîtrise de leur visibilité et notoriété. J’ai souvent entendu dans les conférences sur le Web2.0 « qu’un anonyme qui annonce une mauvaise nouvelle est plus crédible qu’un institut officiel qui en dit une bonne ».

Conséquence inattendue, certaines entreprises cherchent à impliquer leurs salariés : Ainsi des compagnies qui ont bien compris cette dynamique, ont eu le mot d’ordre vis à vis de leurs collaborateurs « d’ouvrir des blogs » (à condition -bien sûr- de ne pas dire du mal de l’entreprise !). L’impact de 10 000 employés qui parlent de leur entreprise en termes positifs est énorme, et largement plus important que des plaquettes institutionnelles.

 

Internet influe sur la publicité :

La publicité se démassifie. On ne recherche plus à découper la population en catégories (âge, CSP, …) mais on travaille au niveau de l’individu. Ainsi il est possible de charger les bannières publicitaires selon le comportement de surf de l’internaute.

Une des conséquences inattendue est qu’il y a un refus de la part des jeunes (plus habitués à l’internet qu’à la télévision) de la publicité par interruption (comme à la radio ou la télévision). Sur internet la pub n’empêche pas le surf.

 

 

L'utopie de l'Internet participatif.

 

Des contres arguments peuvent être trouvés dans le livre « Le Culte de l'amateur », d'Andrew Keen (3). Ce dernier y dénonce l'utopie de l'Internet participatif.

 

Pierre de Gasquet dans un article des Echos (4), résume la thèse de Keen comme suit : « Fruit perverti de l'imagination d'« anciens hippies californiens romantiques et naïfs », la vogue de l'Internet participatif menace de tirer vers le bas notre culture en encourageant le plagiat, le verbiage, la superficialité ou la pornographie extrême... Loin de participer à la démocratisation de la culture, la fameuse révolution Web 2.0 et ses avatars (YouTube, MySpace, Facebook...) serait en train de « tuer notre culture, prendre d'assaut notre économie et détruire nos codes de conduite ». Quant au noble concept de « journalisme citoyen », il participe pleinement de ce mythe de l'amateurisme triomphant, où la sagacité du « citoyen expert » relègue les médias traditionnels au rang d'antiquités paléochrétiennes. C'est un simple leurre destiné à appâter les masses manipulables à merci. »

 

L’auteur développe deux exemples.

 

D’abord pour stigmatiser la manque de culture de l’internet.

-« A elle seule, Wikipedia, l'encyclopédie en ligne participative, créée en janvier 2001 par Jimmy Wales et Larry Sanger, est considérée par Andrew Keen, fervent partisan de son modèle rival vertueux Citizendium, comme le vecteur de désinformation par excellence. « En tête des recherches mondiales, elle n'a pas plus de valeur qu'un «Trivial Pursuit», avec plein d'erreurs et de demi-vérités ». La mise au point par un étudiant américain, Virgil Griffith, d'un logiciel (Wikiscanner) permettant d'identifier les manipulations ou modifications de biographies sur Wikipedia (et qui a permis de repérer certaines opérations de « nettoyage ») semble lui donner raison. »

-Mais ce manque de culture est bien réel. Il est présent dans la société. Internet ne fait que le révéler. Est-ce que casser le thermomètre est un bon remède pour combattre la maladie ? Faut-il dénier le droit aux moins cultivés d’accéder à cet outil ? Cette idée me semble dangereusement élitiste.

 

L’autre exemple sert à prévenir des miroirs aux alouettes des entreprises de la nouvelle économie.

-Avec ces milliards de dollars « la capitalisation boursière de Google, premier site mondial de recherche sur Internet, qui tire 99 % de ses ressources de la vente d'espaces publicitaires, est-elle vraiment justifiée, s'interroge aussi le pourfendeur du Web 2.0 ? « A la différence de Time Warner ou Disney, qui produisent des films, de la musique, des magazines et de la télévision, Google est un parasite qui ne crée aucun contenu propre. » Son principal mérite est d'avoir inventé un algorithme qui permette de relier des contenus préexistants en faisant payer les annonceurs chaque fois que l'on clique sur un lien. Le degré zéro de la création de valeur en quelque sorte. »

 

Le journaliste des Echos continue ainsi « Le pamphlet d'Andrew Keen a au moins le mérite de contester l'idée agaçante que l'immédiateté et la gratuité priment forcément sur la fiabilité de l'information. Tout en encourageant les médias dits « traditionnels » à ne pas renoncer à leurs standards de qualité face à la vogue du participatif. »

 

 

Pour finir, il me semble qu’Internet n’est qu’un révélateur. Révélateur d’une perte d’orthographe peut être, d’une baisse de la culture générale, sans doute … Est-ce par ce qu’il révèle des choses peu flatteuses sur notre société qu’il faut blâmer l’outil ? Pour reprendre un dicton connu « Ce n’est pas en cassant le thermomètre que l’on peut guérir la maladie. »

Au contraire, je suis de ceux qui pensent que les vertus de l’expression (qu’elle soit orale ou écrire) sont supérieures aux désagréments engendrés.

Et il faut savoir que les mouches sont des insectes très intelligents ;-)

 

Jérôme Bondu

 

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Pour en savoir plus :

 

(1) Conférence du Club des Vigilants http://www.clubdesvigilants.com/

 

(2) Le site de la radio Skyrock cumule les performances. Il est :

- 1er réseau social mondial francophone

- 1ère plate forme de blog en Europe avec 10 million de blogs / 450 millions d’articles / 1290 millions de commentaires

- 15ème site au monde en pages vues (et 1er site francophone en pages vues)

- 150ème site au monde en visiteur unique.

Le CA de la publicité issue de l’internet (16M€) a dépassé en 2006 le CA de la publicité issue de la radio (14M€).

 

(3) Andrew Keen, « The Cult of the Amateur », Nicholas Brealey Publishing, 2007.(2) Interview à « Libération » du 22 août. www.cultoftheamateur.com

 

(4) Article de Pierre de GASQUET, journaliste au service Enquête des « Echos »

http://www.lesechos.fr/info/analyses/4621018.htm


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Par Jerome Bondu - Publié dans : Social - Communauté : Veille stratégique
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Jeudi 5 juin 2008

Dans le cadre de ce que l'on pourrait appeler une veille sociale, je vous conseille de lire le dossier du Club des Vigilants sur l'intervention de François Olivennes, professeur spécialiste de la reproduction assistée.

Ce dossier intitulé "Reproduction, éthique et génétique" présente d'une manière très abordable les risques induis par les progrès dans la génétique.

Quelques extraits : "La révolution génétique est en marche. Pour le meilleur, quand il s’agit de prévenir la naissance d’enfants anormaux ou le développement chez les adultes de pathologies graves. Elle peut aussi, si on n’y prend garde, tourner au cauchemar."

Quelques exemples de dérives possibles :
- détecter (et donc choisir) le sexe,
- la couleur des yeux, des cheveux, ...

On lit plus loin dans le dossier :
"Rien, en effet, ne peut empêcher un "farfelu" d’installer son laboratoire de dépistage dans une île peu regardante et de proposer, au mépris de toute règle éthique, tout diagnostic que le génie génétique rend possible. D’autant que les prélèvements se conservent, voyagent. (...)

En lisant à livre ouvert dans la cellule, les prouesses de la médecine génique risquent, si l’on n’y prend pas garde, de déboucher sur la traque de la moindre imperfection. Le cauchemar de la quête de l’homme "zéro défaut" ne sera pas loin. D’autant que les différences culturelles ne facilitent guère l’émergence d’un ordre éthique mondial. "

C'est plus qu'un "signal faible" !

Voir le dossier (3 pages en PDF) sur le site du
Club des Vigilants.

Jérôme Bondu

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Samedi 31 mai 2008

On parle beaucoup de partenariat public-privé, et notamment de collaboration entre universités et entreprises. Il faut y arriver. Mais les barrières sont fortes, et les cultures très différentes.

 

Il suffit de penser à la différence de « positionnement » entre un universitaire et un chef d’entreprise pour mesurer le choc des cultures :

 

- Les universitaires sont jugés sur leurs publications (donc sur leurs capacités à communiquer les résultats de leurs recherches). Plus ils publient, plus ils sont valorisés. Ils n’en ont généralement pas de rétributions financières. Ils gèrent leurs recherches sur le long terme.

 

- Les entreprises sont jugées sur leurs ventes, marges, capitalisation, et autres indicateurs généralement financiers. Une information publiée mais non protégée est perdue. L’entreprise se gère souvent sur le court terme.

 

On ne saurait être plus différents.

Néanmoins, les uns ont besoins des autres. Et pour une amélioration de la compétitivité globale, un « modus vivendi » devrait être trouvé.

 

Jérôme Bondu

 

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