Ecologie

Dimanche 4 décembre 2005 7 04 /12 /2005 21:16

Vers le milieu des années 90, je m’étais formulé l’idée que « l’eau » aurait dès le début du 21 eme siècle autant de valeur que le pétrole. Qu’elle serait ouvertement une monnaie d’échange, un enjeu territorial, la cause de guerres, … Un partie de ces éléments sont déjà installés dans notre quotidien géopolitique. D’où l’importance pour la France de préserver cet « or bleu ».

 

 

 

 

Je vous livre une autre réflexion : parmi ce qui fait aujourd’hui l’attractivité économique d’un territoire, on trouve pêle-mêle : le rapport qualité/coût de la main d’œuvre, le réseau de transport, la proximité de centres économiques, la stabilité politique, …

A partir de quand rentrera en ligne de compte le degré de pollution ?

La qualité de l’air que l’on respire, la qualité de l’alimentation, de l’eau, rentrera tôt ou tard en ligne de compte. Ce n’est qu’une question de temps.

Il faudra attendre sans doute quelques catastrophes pour que cela devienne une réalité : le jour où une entreprise* installée sur un site sera obligée de déménager parce que la zone aura été polluée durablement, avec une atteinte à la santé de ses salariés, sera sûrement le point de départ de prise en compte de ce nouvel indicateur d’attractivité territorial.

(* Je parle bien sûr d’une entreprise occidentale, ou tout du moins, avec un degré élevé de respect de ses salariés.)

 

Jérôme Bondu

 

 

 

Par Jerome Bondu - Publié dans : Ecologie
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Mardi 10 juillet 2007 2 10 /07 /2007 22:43

Il y a près de 15 ans, alors que j’étais encore étudiant en histoire, un professeur nous expliquait que de nombreuses guerres étaient dues à l’eau, et que cette tendance allaient s’aggraver. A l’époque cette idée était peu répandue. Mais cette prise de conscience précoce a été pour moi la source d’un intérêt constant pour le sujet. Voici une petite synthèse. 


1- L’eau est la dentée par excellence essentielle à la vie. Or les ressources en eau sont très inégalement réparties. Et l’augmentation de la population mondiale allant de pair avec une augmentation de la consommation (la consommation de l'eau a été multipliée par 10 depuis 1900) va exacerber cette inégalité.

« Les principales craintes se portent sur la période qui se situe autour de l'année 2050. À cette date, la Terre devrait compter 10 milliards d'habitants, mais les problèmes d'approvisionnement risquent de priver la moitié de cette population de ressources convenables en eau. »(1)

 

2- L’eau a de tout temps servi d’arme, et ce quelque soit les régions du monde. Quelques extraits issus d’un article de Claire König (2) :

- « En 596 av. J.-C., pour mettre fin à un siège interminable, Nabuchodonosor détruit une partie de l'aqueduc qui approvisionne la cité de Tyr.

- En 1503, lors de la lutte que mène Florence contre Pise, Léonard de Vinci et Machiavel ambitionnent de détourner le cours de l'Arno, pour couper Pise de son accès à la mer.

- En 1938, afin d'inonder les zones menacées par l'armée japonaise, Tchiang Kai-chek ordonne la destruction des digues sur une partie du Fleuve Jaune. En 1939-1945, les barrages de centrales électriques, considérés comme des cibles stratégiques, sont bombardés.

- Au Vietnam (années 1960), de nombreuses digues sont détruites par les bombardements. Selon le Nord du Vietnam, entre 2 et 3 millions de personnes seraient mortes noyées ou de faim par suite de ces attaques.

- En 1999, au Kosovo, les points d'eau et les puits sont contaminés par les Serbes.

La même année, l'explosion d'une bombe détruit la principale conduite de Lusaka, en Zambie, et prive d'eau ses 3 millions d'habitants. »

 

3- La période à venir semble se caractériser par une certaine instabilité. Il n’est malheureusement pas nécessaire de détailler ce point !

 

4- Les guerre conventionnelles (deux armées face à face), sont révolues. Nous allons vers des confrontations asymétriques, avec une utilisation d’armes non conventionnelles. La confiscation, privation, pollution d’eau, à des fins de pression contre l’adversaire est évident. A ce titre, les tentatives de donner à l’eau un statut particulier, qui le place en dehors des confrontations me semble voué à un échec. Ou du moins, ne tiendra pas en cas de conflit.

 

5- Les tensions actuelles surviennent le long de cours d'eaux traversant plusieurs pays . On compte parmi les zones de tension actuelles :

- Afrique : Le long du bassin du Nil, qui est une ressource vitale pour l'Égypte et dans une moindre mesure pour le Soudan. L'Ethiopie, où la plus grande partie du bassin prend sa source, envisage de construire plusieurs dizaines de barrages.

- Autour du fleuve Congo et du Lac Victoria, qui bordent l'Ouganda, le Kenya et la Tanzanie. - Proche Orient : Entre Israël et l'Autorité palestinienne à propos de la vallée du Jourdain et du plateau du Golan.

- Asie : Autour du fleuve Amour, entre la Chine et la Russie.

- Amérique du Sud : entre le Chili et la Bolivie à propos du rio Silala. Entre le Pérou et la Bolivie à propos du détournement du Rio Mauri.

- Amérique du Nord : Entre les États-Unis et le Mexique : les États-Unis exploiteraient le fleuve Colorado de manière abusive, tandis que le Mexique polluerait le Río Grande dont ont besoin les agriculteurs texans.

 

Que faire ? Il n’y a pas de réponses faciles, mais un faisceau d'actions complémentaires : Certainement apprendre à économiser l’eau dans le cadre de notre vie domestique. Diffuser autour de nous le respect de cette denrée rare. Renforcer les contrôles et les obligations pour les industriels indélicats (pollution de rivières par rejet de produits chimiques, dégazage en mer, …). Améliorer les systèmes de dessalement d’eau de mer …

 

Sources :

(1) http://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_de_l'eau

(2) http://www.futura-sciences.com/fr/comprendre/dossiers/doc/t/philosophie/d/geopolitique-et-guerre-de-leau_622/c3/221/p3/

 

 

Par Jerome Bondu - Publié dans : Ecologie
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Samedi 14 juillet 2007 6 14 /07 /2007 15:48

Nucléaire : comment se faire sa propre opinion entre informations et désinformations ?

J’ai assisté à une conférence intéressante du Club des Vigilants (http://www.clubdesvigilants.com) sur le nucléaire. J’en retire un certain nombre d’informations, et autant de réflexions et de questions, que je soumets à votre sagacité. Ces quelques éléments ne sont pas un compte-rendu de la conférence, et je ne suis pas un spécialiste de ce sujet. Voyez plutôt ce post comme une invitation au débat.

 

Les besoins en énergie…
Les besoins sont énormes et ne devraient pas baisser ! Comment les satisfaire ?
Les énergies renouvelables ne sont pas pour l’instant la panacée.
- L’hydraulique :  Elle est à saturation, en Europe et aux Etats-Unis. Certes, des pays comme  le Brésil ou le Canada gardent un potentiel hydroélectrique énorme, mais si cette énergie primaire ne produit pas d’effet de serre, elle a comme les autre un impact environnemental. De plus, elle peut se révéler vulnérable aux modifications de régimes hydrauliques, donc aux changements climatiques.
- L’éolien  et le solaire sont soumis à l’aléa météorologique. De plus, l’éolien ne peut délivrer d’énergie que dans une « fourchette » de vitesses de vents assez limitée, qui exclut et les périodes trop calmes et les coups de vent un peu forts. En définitive, le rendement global est assez faible. Cela impose de doublonner les installations de production pour pallier les périodes de creux. Et de toute façon, ces sources d’énergies sont très insuffisantes pour couvrir les besoins actuels.
- Le géothermique profond (aller chercher la chaleur de la terre) semble en butte à des problèmes techniques importants. De plus, les industriels qui sont les mieux placés techniquement pour tester cette solution sont … les pétroliers.
- Il y a évidemment les économies d’énergie, qui représentent un gisement généralement estimé à 25 ou 30 % de la consommation. Mais cette estimation ne vaut que pour les pays développés.
- Notons également que toutes les sources d’énergie citées dans ce blog sont des sources d’énergie « fixes ». Elles conviennent bien pour fabriquer de l’électricité, faire tourner des usines, chauffer des habitations. Mais une grande partie des besoins en énergie est due aux besoins de transport qui exigent (excepté le train) une source d’énergie mobile (voiture, navires, avions, …). Trois solutions :
o Restreindre les transports
o Rester dépendant d’une source d’énergie fossile (essence) pour les transports, et accepter l’effet de serre induit,
o Stocker l’électricité : accus, hydrogène+piles à combustible, etc. Aucune de ces filières n’est actuellement entièrement satisfaisante. La compacité des accus reste insuffisante pour la plupart des véhicules, et le stockage (ou la fabrication embarquée) de l’hydrogène pose des  problèmes non encore résolus.

 

Les solutions et les risques …
Il n’y a que le nucléaire qui semble pouvoir remplacer les énergies thermiques fossiles. Mais des problèmes importants subsistent :
- Les réserves : On estime les réserves d’uranium 235 (utilisé pour les réactions à fission) à une centaine d’années.
- Les déchets, dont le stockage fait reporter sur les générations futures le poids de notre consommation actuelle (cela n’est pas sans faire pense à la dette de la France).
- L’armement. La banalisation du nucléaire civil n’est pas sans conséquences militaires. Les pays qui, disposant du nucléaire civil, voudront se doter de l’arme nucléaire, … l’auront. Il ne parait pas possible de « gendarmer » l’acquisition de cette arme.

 

 
La technologie et le temps …
- L’échelle de temps pour ces questions varie entre le quart et le demi-siècle. Les décisions d’aujourd’hui impacteront nos enfants et petits enfants.
- Nous vivons une course de vitesse entre l’augmentation de l’effet de serre, et le développement des énergies « sans effets de serre ».
- Une fenêtre de sortie semble se matérialiser avec la réaction par fusion nucléaire (parfois appelée réaction thermonucléaire contrôlée), qui est moins consommatrice et moins polluante (mis à part la dégradation de l’outil de production). Mais le développement de cette technologie pourrait aboutir au mieux dans 30 ans.
- On peut penser aux surgénérateurs comme autre fenêtre de sortie, malgré l’arrêt de SuperPhénix. Rappelons que cette filière met en œuvre des réactions de fission nucléaire analogues à celles de la filière du nucléaire civil actuel, et qu’elle présente notamment l'avantage de réutiliser les déchets nucléaires produits par la réaction (donc les réserves deviennent nettement supérieures à un siècle, et le problème des déchets est considérablement simplifié), et l'inconvénient de soulever de grosses difficultés technologiques. En France , les réacteurs Phenix , qui fonctionne encore, et SuperPhenix (ce dernier, arrêté par Lionel Jospin, était situé à Creys-Malville) utilisent cette filière. Si elle pouvait déboucher (grosse question !) la soudure entre le « mix » énergétique actuel et une solution plus durable ( fusion nucléaire? Changement de civilisation ?) serait beaucoup moins problématique.

 

Les décisions …
S’il est évident que certains problèmes de « haut niveau » prendront un certain temps à être tranchés il est des décisions qui peuvent êtres prises à des niveaux locaux. La force des actions collectives et individuelles ne doit pas être minorée. Ainsi, la lutte contre le gaspillage doit être un réflexe individuel plus qu’une directive étatique.

L’information et la désinformation
Dans un blog sur l’IE, il est normal que l’on revienne aux fondamentaux, c’est à dire aux informations disponibles, et aux questions pertinentes (il paraît que la véritable intelligence n’est pas d’apporter des réponses, mais de poser les bonnes questions !).
L’énergie est un secteur à enjeux tellement importants que toutes les « manipulations » sont possibles.
Durant la conférence est apparu un questionnement sur Tchernobyl. Combien de morts ? Quels effets sur les populations ? Quels enjeux économiques ? L’intervenant a posé le problème de la couverture médiatique de cet événement.


Texte écrit par Jérôme Bondu et Alain Bondu

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Voici quelques liens pour se faire sa propre opinion :

Ministère de l’Ecologie, du développement et de l’aménagement durable : http://www.industrie.gouv.fr/energie/nucleair/f1e_nuc.htm

Autorité de Sûreté du Nucléaire : http://www.asn.fr/

Commissariat à l’Energie Atomique : http://www.cea.fr/

Agence pour l’Energie Nucléaire (agence de l’OCDE) : http://www.nea.fr/

Société Française d'Énergie Nucléaire : http://www.sfen.org/

Groupe Areva, leader mondial du nucléaire : http://www.arevagroup.com

Association des Ecologistes Pour le Nucléaire : http://www.ecolo.org/base/basefr.htm

Groupe politique Les Verts : http://www.lesverts.fr/rubrique.php3?id_rubrique=112

Stop EPR : http://www.stop-epr.org/

Sortir du Nucléaire : http://www.sortirdunucleaire.org

 

Par Jerome Bondu - Publié dans : Ecologie
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Vendredi 24 août 2007 5 24 /08 /2007 07:35


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Les professionnels de l'IE seront surement surpris par la teneur de cet article. Rien à voir avec l'IE, ni de près, ni de loin.
C'est un article que j'ai posté sur AgoraVox, et que je relaye sur mon blog. N'hésitez pas à le lire ...
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Descartes pensait il y a seulement trois siècles et demi que les animaux étaient des machines. Et lorsque l’on regarde autour de nous, il semble bien que ce soit toujours la conviction implicite ou explicite de nombre de nos contemporains. Mais justement, comment se fait-il que l’on traite encore aujourd’hui les animaux comme des machines ou des « légumes » bons à être poussés sans ménagement vers l’abattoir ? En fait, cela nous arrange bien, car s’il fallait reconnaître que les animaux ont une conscience, c’est notre « Système » dans son ensemble qui basculerait. Explications.


Ou en est-on de la recherche sur la conscience des animaux ?

Un article du supplément du Monde (en date du samedi 11 août) pose la question de savoir si les animaux ont une conscience. On peut notamment y lire des choses étonnantes sur les positions de grands savants :
- Darwin a écrit « il suffit de voir des chiots en train de jouer pour ne pas douter qu’ils possèdent leur libre arbitre ». Il décrit en détail les origines animales des comportements affectifs et même des croyances des humains. Selon lui « la différence d’intelligence entre homme et animaux (…) est une différence de degré et non de nature ». Il démontre qu’il existe une continuité physiologique, intellectuelle et émotionnelle, et même morale entre les animaux et l’homme.
- Selon Freud, Darwin « réduit à rien les prétentions de l’homme à une place privilégiée dans l’ordre de la création ».

Il est établi que les animaux ont des capacités beaucoup plus étendues que l’on a pu le penser :
- Ils rêvent.
- Ils apprennent, et sont capables d’adapter la pédagogie en fonction de la capacité d’apprentissage de leurs rejetons (observé notamment chez les singes). Ils ont une mémoire.
- Ils ont une représentation de soi et des autres. Par exemple, ils savent imiter, donc ils font la différence entre l’autre et soi (Dauphins). Ils savent aussi mimer différentes facettes de la vie dans l’acte de jeu, l’attaque, la fuite, …
- Ils sont capables d’apprendre le langage des sourds-muets (chimpanzés, gorilles)
- Ils savent raisonner. Ils savent trouver des solutions face à des situations nouvelles (castor). Ils savent construire des outils en fonction d’utilisations différentes. Ils savent ruser et tromper (corbeaux).
- Ils savent diriger leur attention, pratiquer l’introspection (singes), communiquer un désir (chiens).
S’il est difficile d’établir que les animaux ont une conscience, c’est sans doute uniquement parce que nous n’avons pas le même langage.


Que dire aux sceptiques ?

Premièrement, il me semble que la recherche de la « Raison » a toujours été inféodée à des contingences « matérielles » (religieuses, politiques, sociales, économiques) Des exemples ?
- Qu’importait les preuves que pouvait fournir Galilée, il était impensable que l’Eglise se déjuge et que la terre ne soit pas le centre du monde.
- La violence des réactions de l’église vis-à-vis de Giordano Bruno et de Galilée pourrait signifier que l’église savait parfaitement à quoi s’en tenir sur la réalité astronomique. Mais elle a reculé devant la remise en cause des textes sacrés et de leur exégèse que la reconnaissance de cette vérité aurait impliquée. De fait, quand on examine, dans les siècles suivants, la corrélation entre progrès de la science et recul de la foi, on comprend pourquoi la « foi » chrétienne de cette époque a suscité autant de « mauvaise foi » scientifique…
- Faut-il aussi rappeler la controverse de Valladolid en 1550, durant laquelle on s’est interrogé si les amérindiens et les noirs avaient une âme ? Reconnaître que les amérindiens avaient une âme privait les grandes puissances commerciales d’une réserve de main d’œuvre esclave. Les noirs n’ont pas eu cette chance, puisque déclarés dénués d’âme, il n’y avait aucune raison de les traiter autrement que des bêtes ou des machines. Peut être que dans 400 ans, nos lointains descendants seront honteux à l’idée que nous puissions penser les animaux dénués d’une âme.
Il n’est donc pas interdit de se demander si la position suivant laquelle les animaux n’ont pas de conscience définie obéit à une simple recherche de la vérité, ou si elle est polluée par des considérations matérielles.

Deuxièmement, s’il est difficile de prouver que les animaux ont une conscience, rien ne permet d’affirmer l'absence de conscience chez l'animal. De plus, rien n'autorise à affirmer qu’un seul modèle de conscience existe, celui de l'Homme. Rechercher une image de notre propre conscience chez autrui est un bel exemple d’anthropocentrisme. Juger les autres à l’aune de ses propres forces est confortable. Imaginons que chaque animal puisse édicter un critère de comparaison entre animaux : le lion choisira la force, le guépard la vitesse, le lapin la capacité de reproduction, la puce la résistance à la pression, les chats la capacité de voir dans le noir, les chauves souris la capacité à recevoir des ondes, les pigeons à se guider avec les champs magnétiques… Que sais-je ? Et nous la conscience, la force de notre abstraction ? En cas de modification climatique importante, on peut douter que notre critère à nous nous permette de vivre bien longtemps.

Troisièmement, traiter les animaux avec dignité n’est pas une incongruité. L’Homme du XXIème siècle ne serait pas le premier à le faire :
- Les amérindiens respectaient les troupeaux de bisons, et ne tuaient que le nécessaire pour se nourrir, se vêtir, …
- La vache en Inde est sacrée depuis des temps immémoriaux.
- Dans de nombreuses traditions, celle des bushmen par exemple, le guerrier s’excuse auprès de la bête qu’il vient de tuer, et lui explique que c’est pour nourrir sa famille.
- Le bouddhisme enseigne de ne pas maltraiter les animaux car ils sont des réincarnations d’humains.
Il semble que le respect envers les animaux soit proportionnel à leur proximité avec l’homme et aux services qu’ils rendent (en tant qu’être vivants) .


Pourquoi en est-on arrivé là, et que faire pour changer les choses ?

Rappelons d’abord que nous sommes des animaux. Les identités tant comportementales que physiologiques nous dispensent d’insister davantage sur cette évidence. Mais précisément notre insensibilité à leur égard n’est-elle pas aussi une réaction de distanciation, un peu analogue à celle du nouveau riche qui snobe son ancien milieu ? Et une réaction de peur, souvenir ancestral du temps où nous étions davantage proie que prédateur ?

Ensuite, reconnaître que les animaux ont une conscience, nous poserait un sérieux « cas de conscience », pour ne pas dire un problème fondamental. Cela nous obligerait à revoir tout notre système de vie :
- Il faudrait commencer par améliorer la filière alimentaire. Il ne s’agit pas nécessairement de devenir végétarien, mais d’élever les animaux dans des conditions décentes, et de les tuer en leur évitant toutes souffrances.
- Il faudrait réduire les dégradations des habitats, comme la suppression des bocages, la déforestation, la pollution des mers, les différentes formes de braconnage ou de pêche prohibée (pêche à l’explosif par exemple), qui ruinent des espaces entiers de vie.
- Cela nous obligerait en un mot à revoir notre place sur la terre, notre coexistence avec ses autres « habitants », et sans doute par voie de conséquence à limiter la population humaine.
- Notons à ce titre que la réglementation stricte qui encadre depuis quelques temps, dans les pays développés, l’expérimentation animale est un pas dans la bonne direction.

Une révolution aboutit souvent à des excès similaires (mais inverses) que ceux qu’elle a voulu supprimer. Le mieux, pour tenter de limiter cet effet, est de commencer par un changement limité, « tranquille ». Pourquoi ne pas envisager un label qui s’assurerait de la bonne « traitance » des animaux dans la filière alimentaire ?
Y a-t-il un marché pour ceux qui veulent payer plus cher pour avoir l’esprit et la conscience tranquilles ? Pour ceux qui pense que l’on « est » ce que l’on « mange ».
Il faut, de toute manière, rapprocher (au sens étymologique : approcher à nouveau) les Hommes du monde animal. Sans proximité, il y a défiance, méfiance, méconnaissance…

Mais gardons espoir. Il paraît que le propre de l’homme est de savoir s’adapter !!

Jérôme Bondu & Alain Bondu


Pour aller plus loin :
Voir les ouvrages de Dominique LESTEL, éthologue et philosophe, auteur notamment de Les animaux sont-ils intelligents ? (Editions Le Pommier, 2006)
Il est intervenu à l’Université de tous les savoirs. Conférence audio en ligne
 
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3328,36-818944@51-818396,0.html

Par Jerome Bondu - Publié dans : Ecologie
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Mardi 20 novembre 2007 2 20 /11 /2007 09:31
Ce vaste sujet a été traité avec brio et concision par Jean-François Donzier, lors d’une réunion du Club Rotary de Paris *.
 
L’intervenant, qui a été chargé par le gouvernement français de la création de l’Office International de l’Eau (qu’il dirige depuis 1991), a aussi de nombreux mandats internationaux (il est entre autre, administrateur du « Partenariat Mondial de l’Eau » à Stockholm, a été gouverneur du Conseil Mondial de l’Eau lors de sa création en 1997, …). Voici quelques éléments saillants de son discours.
 
C’est un domaine qui génère de nombreuses idées reçues : La crise de l’eau douce touche déjà beaucoup de pays, et va en toucher toujours plus. Par exemple l’Angleterre, que l’on imagine mal manquer d’eau, connait pourtant des sécheresses estivales ! Certaines départements en France connaissent des situations complexes : le Gard connait 11 mois par an une pénurie d’eau, et le 12ème mois voit l’apparition de torrents incontrôlables.
 
Quelques chiffres permettent de mesurer la multipolarité du problème de l’eau dans le monde :
L’eau (son absence ou sa pollution) est la première cause mondiale de mortalité.
Un quart de la population mondiale n’a pas accès à de l’eau potable.
Un quart de la population mondiale n’a pas accès à l’assainissement basique (par exemple avoir des toilettes).
Vingt cinq pourcent des eaux anthropiques (utilisées par l’homme) retournent à la terre sans aucun traitement. Ce problème vient surtout des grandes mégalopoles (comme Mexico, 22 millions d’habitants, soit 1/3 de la population française).
Non seulement l’eau se fait rare, mais le gaspillage est énorme. Ainsi il est estimé que deux tiers de l’eau transportée est perdu durant le voyage (par exemple due à des fuites de canalisation).
 
Facteur aggravant, les changements climatiques vont renforcer les problèmes de gestion de l’eau ! On risque de voir la fréquence des inondations augmenter. Parallèlement, certaines régions du monde, comme les pourtours de la Méditerranée vont connaître une diminution de 25% des précipitations. Mais ce qui est le plus inquiétant est la perspective d’une augmentation de 50 centimètres du niveau de la mer qui va déplacer des millions de personnes ! Certaines régions du monde vont connaitre de véritables traumatismes.
 
Il y a donc une obligation de changer les pratiques !
Or pour l’essentiel, ce n’est pas un problème de technicité, mais un problème de volonté. Volonté politique d’une part, et volonté de la société civile d’autre part. L’intervenant esquisse quelques axes sur lesquels une volonté politique doit permettre d’aboutir à des décisions, comme sur la tarification de l’eau.
 
Et ce dernier de finir en nous rappelant que nous Français «râlons » souvent sur le goût et le coût de l’eau qui sort de notre robinet, mais qu’il ne faut pas oublier que nous sommes des « archis privilégiés » au niveau mondial. Ce qui ne doit pas nous empêcher d’œuvrer à tous les niveaux pour adoucir, voir empêcher une très probable « crise mondiale de l’eau ».
 
 
Jérôme Bondu
 

* Réunion du mercredi 14 novembre. 
Ce compte rendu informel n'engage que son auteur.  

Par Jerome Bondu - Publié dans : Ecologie
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