Benchmarking IE

Dimanche 23 décembre 2007 7 23 /12 /2007 15:16
 
Extrait de la thèse professionnelle de Jérôme Bondu, portant sur un "benchmarking des pratiques d'intelligence économique" (voir les autres descriptions d’entreprises). 
Vous trouverez ci-dessous le compte rendu d’entretien de l’entreprise A 
 
Présentation des besoins de veille
 
Présentation générale de l’entreprise.
CA : moins d’1 Milliards d'euros.
Culture de l'entreprise.
L'entreprise est ouverte à l'innovation. Le champ d'application des produits de l'entreprise est un domaine en constante évolution.
70% du CA à l'international.
Environnement concurrentiel.
 
Présentation de l’interlocuteur
Mon interlocuteur est responsable de la veille.
 
Présentation du système de veille général :
 
Description du système de veille /IE
 
- origine, création
La veille date de 1990. Elle a été implantée par le responsable veille actuel, alors qu'il occupait un poste dont la fonction était de rechercher les acquisitions potentielles externes (rachat, croissance externe…).
Le besoin d'une veille s'est révélé avec insistance, à force de trouver des informations sur des produits embryonnaires, donc difficilement exploitables. Pour réduire les risques, l'idée s'est imposée d'elle même de suivre ces produits avant d'envisager toutes options de rachat.
Dès le départ, la veille a donc été fortement opérationnelle. La veille a rempli une fonction, et n'a pas été implantée sous couvert d'une politique, ou d'une théorie.
Le responsable insiste sur le fait que la veille est un service que l'on rend à l'entreprise.
- objectifs
Différents types de veilles sont menés :
- Une veille environnementale. Sous cette appellation on comprend l'aspect technologique.
- Une veille concurrentielle.
- En outre, une attention particulière est donnée au "jeu des alliances".
 
La priorité est donnée à une structure transversale, non hiérarchisée, flexible.
- effectifs
Un responsable veille sur qui repose le système.
Des correspondants veille.
- organigramme de la veille
Il y a un organigramme, et la veille dépend d'une des directions opérationnelles de l'entreprise.
 
Une tentative par le passé a été menée de faire participer de manière formelle un petit nombre de veilleurs désignés (4 personnes). Mais cela réduisait la source d'informations à ces 4personnes. En outre, le travail de veille est devenu systématique et donc moins performant. Le danger de la veille est, selon les propres termes du responsable veille, de "sombrer dans la routine".
Soutien de la direction
 
- implication de la direction
Le soutien de la direction se marque :
- par sa volonté manifeste qu'il y ait un suivi de l'environnement technologique et concurrentiel,
- et par la grande liberté d'action qu'a le responsable veille,
 
Ce soutien de la direction n'a pas été recherché, ou "demandé", avant de procéder à la veille. Il a été au départ même de la veille. Parallèlement ce soutien a été renforcé, au fil du temps. La veille opérationnelle menée répondait clairement à une demande de l'entreprise, et donc de la direction.
- détection des besoins de veille au niveau de la direction
Le responsable gère entièrement les sujets de veille, en concertation avec sa direction opérationnelle, pour couvrir les sujets prioritaires pour le groupe.
- implication du personnel
Les cadres dirigeants (seuls récipiendaires des produits de veille, et éventuellement collecteurs d'informations) sont très intéressés par la veille concurrentielle.
Hormis le personnel dirigeant, le reste des employés n'a pas accès aux produits de la veille.
- formations, sensibilisation du personnel
Non.
Structure
 
- nombre et répartition des entités de veille
- domaines de veille
Il n'y a pas de structure organisée et formelle de la veille : seul un responsable veille assure en permanence l'animation d'un site intranet. Il s'appui pour cela sur un réseau non formel de correspondants.
- coordination
 
 
Présentation suivant le cycle de l’information
 
Détection des besoins
 
Collecte
Aucun outil informatique de collecte des informations n'est utilisé.
Le responsable à accès à des bases de données spécialisées, et a constitué un répertoire de site.
Le responsable distingue des moyens légaux ou illégaux de collecte de l'information (laissant de côté le distinguo entre l'information blanche, grise, ou noire). Il n'utilise que de l'information légale.
Traitement
 
Diffusion
Il a été créé un intranet propre à la veille, auquel toutes les personnes de l'encadrement ont accès. Ils peuvent déposer de l'information, obtenir de l'information, ainsi qu'interroger le responsable veille.
 
Alimentation de la base :
Ce site est alimenté principalement par le responsable de la veille, qui fait appel à des correspondants non officiels. Le responsable insiste sur l'aspect non officiel, et le justifie par le fait que l'entreprise est petite, et donc que les personnes sont mobiles. D'où l'importance de ne pas figer la structure de veille et de la laisser en phase avec les "mouvements" de l'entreprise.
 
En outre, la base est aussi alimentée par toutes personnes qui participent à des congrès, salons, conférences… Mais là encore, il n'y a pas de coercition, "d'administratif". Le système fonctionne sur la base du volontariat.
 
Le responsable veille a l'entière responsabilité de la gestion des réseaux internes.
 
Outre le site internet de la veille, le responsable veille diffuse une revue de l'activité de la concurrence. Ce document est écrit en anglais (car diffusé aux filiales), et comporte un "executive summary". Il est diffusé à l'encadrement. Si les récipiendaires veulent un complément d'information, ils peuvent se rapporter au site intranet veille.
Mémorisation / capitalisation
 
 
Réflexion sur la corrélation entre "besoins de veille" et "système de veille"
 
Indicateurs d'évaluation de la veille au niveau de l'entreprise
Il n'y a pas d'indicateurs formels. Le seul indicateur utilisé est la réactivité des employés. Néanmoins, cela n'empêche pas le responsable de mener une réflexion sur le degré d'utilisation des produits de son travail.
Le coût de la veille est très réduit : le salaire du responsable et l'abonnement aux bases de données.
Points forts, et points faibles de l'organisation
Le responsable souligne ainsi les particularités de la veille :
- elle est partie de l'opérationnel, et pas du théorique. Elle répond à une préoccupation majeure de l'entreprise : l'observation de la concurrence.
- la structure est extrêmement flexible. Chacun peut venir, apporter, retirer des informations sans aucunes formalités.
 
Parallèlement, le responsable souligne que ce qui est frustrant, c'est de ne pas pouvoir aller jusqu'à l'exploitation des informations transmises.
Corrélation entre besoins et système de veille
Le système mis en place est totalement porté par le responsable veille.
Il en a été l'initiateur et le constructeur. Il a suivi une démarche pragmatique, en répondant aux besoins de l'entreprise (informations sur les concurrents et sur les produits développés).
Il a y donc une totale adéquation entre le système de veille, le responsable, et les besoins de l'entreprise.
Le veille se fait tout horizon, et tout azimut. Il y a donc beaucoup d'ouverture et de réactivité.
 
Par Jerome Bondu - Publié dans : Benchmarking IE
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Dimanche 23 décembre 2007 7 23 /12 /2007 15:23
 
Extrait de la thèse professionnelle de Jérôme Bondu, portant sur un "benchmarking des pratiques d'intelligence économique" (voir les autres descriptions d’entreprises). 
Vous trouverez ci-dessous le compte rendu d’entretien de l’entreprise B

 
Présentation des besoins de veille
 
Présentation générale de l’entreprise.
CA : plus de 30 milliards d’euros.
Culture de l'entreprise.
L’entreprise a une culture « marché », plus que « technologie ».
Le cycle de vie des produits est très court (de l’ordre du semestre).
Environnement concurrentiel.
L’entreprise est présente à la fois sur les cinq continents et avec différents types de produits. La concurrence est donc difficile à cerner. Néanmoins l’entreprise identifie environ 15 concurrents majeurs.
Présentation de l’interlocuteur
Responsable du suivi d’un concurrent au niveau mondial.
 
Présentation du système de veille général :
 
Description du système de veille / IE
 
- origine, création
Il y a eu plusieurs vagues d'implantation de l'IE, dont la plus importante date de l'arrivée de l'actuel président il y a environ 10 ans.
Avant, l'IE était divisée en deux pôles :
- études de marché, qui dépendait du marketing,
- veille concurrentielle, qui dépendait de la stratégie.
- objectifs
 
- effectifs
 
- organigramme de la veille
 
Soutien de la direction
 
- implication de la direction
L'actuel PDG a mis en place l'IE.
Ce dernier est abonné aux News édités par mon interlocuteur.
 
En période de vache maigre, les budgets de l'IE pâtissent.
Néanmoins, actuellement, l'effort budgétaire est stable.
- détection des besoins de veille au niveau de la direction
 
- implication du personnel
 
- formations, sensibilisation du personnel
La remonté d’information se fait généralement via des structures informelles. Il n’y a pas d’incitation particulière. Si ce n’est que remonter l’information permet en contrepartie d’en obtenir… et donc de valoriser l’individu.
En outre, il y a des formations à la veille : Des séances de 3 jours ou d'une demi-journée.
Structure
 
- nombre et répartition des entités de veille
- domaines de veille
L'organisation de la veille est complexe. Il y 5 structures qui se superposent les unes aux autres :
1- Il y a un maillage mondial et centralisé (un noyau dur) qui dépend de la direction de la stratégie mondiale.
2- Il y a un maillage régional : Europe, Asie, Amériques. Chaque région ayant sa propre organisation de veille. Pour la zone Europe, il y a l'équivalent d'une centaine d'employés impliqués. Ce sont principalement des analystes de sources secondaires.
3- Il y a un maillage thématique qui correspond à une veille produit.
4- Il y a un maillage thématique qui correspond à la veille concurrentielle (15 concurrents sont suivis).
5- Il y a un maillage thématique qui correspond à la veille sociale (c'est à dire veille économique).
6- La veille technologique est réalisée en laboratoire.
 
L'organisation de ces maillages est calquée sur celui du "noyau dur".
L'interaction de ces 5 maillages constitue le système d'IE de l'entreprise. Mon interlocuteur est responsable du suivi d’un concurrent. La description va porter sur ce point précis.
 
Il y a quatre types de veille :
- marketing,
- concurrentielle,
- sociétale.
- technologique.
- coordination
Les différents maillages sont indépendants les uns des autres bien qu'il puisse y avoir des éléments communs. Une même personne peut avoir un rôle dans plusieurs de ces structures (par exemple, en même temps suivre un concurrent et faire partie du maillage régional…).
 
Présentation du système de veille concurrentielle
 
Organisation
Chacun des 15 concurrents est suivi par un veilleur[1] qui fait une surveillance au niveau mondial.
Chaque veilleur a :
- une équipe de 1 à 4 personnes,
- et un réseau formel et informel.
Le rôle du veilleur est d'aider les membres de son équipe à la collecte d'information (aider à "ouvrir les portes").
Ces 15 veilleurs sont encadrés par un responsable.
L'organisation est très souple.
Soutien de la hiérarchie
Mon interlocuteur fait remarquer que si son poste existe, c’est que cela répond à un besoin.
Mais il est lucide sur sa position, et l’image de l’IE : Selon ses propres termes, même si son poste n’est pas un « placard doré » et que le travail réalisé est considéré comme utile, ce n’est pas pour autant considéré comme « important » ! Un des avantages de ce poste est qu’il procure beaucoup d’autonomie.
Détection des besoins
Certains sujets de veille émanent directement de la direction générale. Mais dans la plus part des cas, le veilleur élabore lui-même ses sujets de veille. De même, il laisse son équipe relativement libre de choisir les sujets à traiter. L'autonomie est grande à tous les niveaux.
Collecte
Le veilleur collecte les informations via des réseaux formels et surtout informels (mon interlocuteur relève que la formalisation de ce genre d'activité nuit à la qualité). Les personnes qui alimentent le veilleur en informations n'ont pas de gratification particulière, si ce n'est qu'en contrepartie ils perçoivent eux aussi des informations.
 
Ce réseau informel représente une force de travail de 100 employés à plein temps (employés qui sont aussi insérés dans le maillage Europe). Il s'agit de 400 à 500 employés qui, à temps partiel, participent à l'effort de veille, en :
- fournissant du contenu,
- tenant à jour des bases de données,
- effectuant des formations en veille…
 
L'animation de ces réseaux est un point délicat. Il est très difficile de maintenir un réseau sans voir (c’est à dire, rencontrer) de temps en temps les membres qui le constituent. Cela implique des déplacements, et donc un coût financier.
 
Les différentes sources d'information du veilleur sont :
- de nombreuses bases de données, dont REUTER. Ceci constitue la source principale d'informations. Les documents sont reçus automatiquement.
- la presse, consultée sur internet dans plusieurs langues. Ceci pour croiser les informations selon les interprétations culturelles ou nationales. La validation des informations est une préoccupation majeure de mon interlocuteur.
- les rapports d'analystes. A prendre avec beaucoup de précautions car généralement ce sont des extrapolations à l'Europe de données américaines.
- le réseau.
- les sites internet des entreprises suivies, et autres sites divers. Mon interlocuteur utilise deux outils classiques (Google et Copernic). Il a expérimenté des outils plus sophistiqués et plus lourds, sans succès.
 
La source principale d'information est clairement les bases de données. La source la moins utile est les sites internet divers. Pour le reste, l'importance de la source varie avec l'étape de traitement des informations dans laquelle le veilleur se trouve. Les analystes sont plus présents en début de traitement. Le réseau est plus utile en fin de parcours, pour la partie validation.
 
L'essentiel de sa collecte d'information se fait avec Internet.
Traitement
 
Le problème majeur est celui de la validation des informations.
Le veilleur est le seul à enrichir la base de donnée mondiale (voir le paragraphe "Diffusion"). Son équipe n’a pas accès à la base en écriture.
 
Les personnes impliquées dans la veille font essentiellement de l'analyse de sources secondaires.
Les profils varient depuis le jeune diplômé de marketing bac+5 à l’employé qui a une longue expérience dans l'entreprise.
Diffusion
Il y a différents canaux de diffusion :
1- Une base de donnée mondiale alimentée par le veilleur, avec une diffusion automatique vers les abonnées. Le veilleur ne sait pas qui sont abonnés à sa base !
2- Le veilleur édite une newsletter mensuelle. Autant pour diffuser son travail que pour se faire connaître. Mon interlocuteur souligne le problème du manque de valorisation des services de veille.
3- Des informations traitées par le veilleur sont intégrés à d'autres newsletters.
4- Le responsable peut aussi alimenter la base de donnée Europe.
5- Un canal d'information des commerciaux.
 
Le responsable souligne qu'il y a un effort d'harmonisation des présentations des documents pour ces différents canaux.
 
Pour préserver la sécurité des informations, et limiter hors entreprise la diffusion de ses analyses, le responsable utilise peu la dénomination « confidentielle », mais réserve plutôt la partie stratégique de ses analyses à un petit groupe de personnes. Ses rapports comportent 3 parties : situation, analyse et conséquences. Dans les documents diffusés aux commerciaux, la partie « conséquences » est supprimée.
Indicateurs
Il n'y a pas d'indicateurs formels.
La vérification du nombre d'abonnés à la newsletter est un moyen de mesurer l'audience de son travail. En outre, les colistiers ont la possibilité de réagir, ce qui est toujours riche d'enseignement.
Le solde d'abonnements / désabonnements est positif.
Mémorisation / capitalisation
 
 
Réflexion sur la corrélation entre "besoins de veille" et "système de veille"
 
Indicateurs d'évaluation de la veille au niveau de l'entreprise
 
Points forts, et points faibles de l'organisation
L'art de la veille est de savoir analyser les informations : les trier, valider, relier…
Le corollaire de ce travail est de connaître la valeur de ses sources. A titre d'exemple, mon interlocuteur attache à grande importance à la comparaison de la presse des différents pays.
Enfin, il faut savoir pousser les gens à l'action.
 
L'entreprise est d'un certain côté très hiérarchique. Mais paradoxalement la veille dépend beaucoup de l'initiative individuelle.
 
La veille est faite par et pour l'encadrement. Ce n'est pas une veille terrain, alimentée par les commerciaux…
Corrélation entre besoins et système de veille
Mon interlocuteur estime que la veille qui est opérée permet de se tenir informé de ce qui se passe, de connaître les produits de la concurrence (et s’en inspirer), et enfin, de réagir à temps.
Par contre le lien avec le terrain (les commerciaux) est à améliorer.
 


[1] Le terme veilleur est utilisé par défaut. Ce n’est pas le terme utilisé par mon interlocuteur.
Par Jerome Bondu - Publié dans : Benchmarking IE
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Dimanche 23 décembre 2007 7 23 /12 /2007 15:25
 
Extrait de la thèse professionnelle de Jérôme Bondu, portant sur un "benchmarking des pratiques d'intelligence économique" (voir les autres descriptions d’entreprises). 
Vous trouverez ci-dessous le compte rendu d’entretien de l’entreprise C

 
Présentation des besoins de veille
 
Présentation générale de l’entreprise.
CA : Plus de 15 milliards d'euros
Culture de l'entreprise.
 
Environnement concurrentiel.
Le secteur peut sembler figé.
Néanmoins, sur le terrain la concurrence est très vive.
Présentation de l'interlocuteur
Mon interlocuteur est responsable du domaine de veille sur les nouvelles technologies. Il est en poste depuis quelques mois. Sa vision de l'IE dans l'entreprise est donc récente.
 
Présentation du système de veille général :
 
Description du système de veille / IE
Plusieurs personnes ont en charge un domaine de veille particulier :
- veille marketing,
- veille stratégique- rattachée au pôle financier,
- veille métiers,
- veille nouvelles technologies.
 
- origine, création
 
- objectifs
 
- effectifs
 
- organigramme de la veille
 
Soutien de la direction
 
- implication de la direction
Oui parfois, sous forme de demande de notes stratégiques.
- détection des besoins de veille au niveau de la direction
 
- implication du personnel
 
- formations, sensibilisation du personnel
Selon mon interlocuteur, il n'y a pas de sensibilisation à la veille (ou alors cela est très localisé).
Structure
 
- nombre et répartition des entités de veille
- domaines de veille
 
- coordination
Il n'y a pas, à la connaissance de l’interlocuteur, de coordination formelle entre les différents domaines de veille.
 
Présentation du service de veille nouvelles technologies
 
Présentation
Le service a pour mission de réfléchir à l'apport des nouvelles technologies aux métiers de l'entreprise sous leurs aspects fonctionnels (comment améliorer l’efficience des organisations) et marketing (comment améliorer la satisfaction des clients). Le service est détaché de la pression des services opérationnels, hors des contraintes de l'entreprise (ce qui est nécessaire pour une réflexion long terme). Mais corollaire inévitable, il est éloigné des contraintes quotidiennes, donc de la problématique des métiers.
A terme, ce service comportera 5 personnes.
Soutien de la hiérarchie
Dès les années 1990, il y a eu un intérêt porté sur les concepts technologiques qui pouvaient avoir une influence directe sur le consommateur. Une entité dédiée a été créée.
Emancipée du département informatique, cette entité a été érigée en service, qui allie maintenant les domaines du marketing et de l'informatique.
 
Le service est directement rattaché à un membre du comité exécutif.
Le budget alloué semble pouvoir être augmenté, preuve de l'importance accordée par la direction à la mission du service.
Détection des besoins
Certains sujets ont été proposés par la direction. La plupart sont trouvés par le responsable du service. Les sujets sont élaborés en interne.
Tout projet lancé doit être approuvé par un membre du Comité d'Orientation et du Comité Exécutif.
Le Comité d’Orientation est une instance d’une dizaine de personnes qui représente la diversité des métiers internes. Le Comité d’Orientation accepte le lancement d’un projet et en valide les résultats.
Collecte
Rien n'est formalisé.
 
Le responsable du service utilise ses réseaux relationnels :
- un certain nombre d'associations professionnelles, de cercles de réflexion,
- il travaille en collaboration ou/et en partenariat avec des entreprises en amont (développeur). Souvent eux-mêmes issues de son réseau relationnel.
 
En ce qui concerne l'utilisation d'Internet :
- Il est abonné à des newsletters, notamment issues de cabinets spécialisés dans la fourniture d'informations (Gartner, Forester…).
- Il est abonné à des bases de données spécialisées.
- Il utilise les outils classiques de recherche (Google, Copernic…).
Traitement
Méthode de travail :
1- Une réunion hebdomadaire est organisée avec tous les collaborateurs du service.
 
2- Les membres du service travaillent par groupe de deux (chacun de formation ou de compétences différentes) sur un sujet donné. Le responsable insiste sur la valeur ajoutée d'un travail collaboratif, où les approches différentes peuvent se compléter. En outre, cela permet d'assurer une continuité dans la connaissance des thèmes abordés, dans un service où il y a une certaine rotation des personnes.
 
3- L'intranet du service est un outil de travail collaboratif. Les membres du service, déposent et gèrent certains de leurs dossiers directement sur l'intranet.
L’intranet du service est ouvert à l’ensemble des collaborateurs de la société avec toutefois une zone réservée aux services intervenant sur un projet donné.
Pour assurer une information des collaborateurs distants (dans des filiales à l’étranger), une duplication de l’intranet existe sur le web mais avec accès sécurisé.
Un accès wap et réplication PDA ont été mis en place.
Diffusion
Le service diffuse :
- Des synthèses issues d’un travail de réflexion. Chaque thème de veille débute par un dossier de synthèse.
- Des analyses ponctuelles sur un des aspects de la technologie et de son marché.
- Des informations trouvées à l’extérieur et qualifiées par l’équipe.
- Des informations collectées par robot sur des newsletters sans intervention de l’équipe.
 
Moyens de diffusion :
1- Utilisation de l'intranet du service, pour une diffusion à l'ensemble des employés du groupe :
L'intranet du service de veille est accessible dès le portail d'accueil du groupe, ce qui mérite d'être souligné. Généralement il faut un clic ou deux avant d’y parvenir. En outre, régulièrement, une information spéciale est insérée dans une rubrique à cet effet sur le portail d'accueil (ce qui fait alors deux moyens d'accès aux travaux de veille dès le portail d'accueil !). L'intranet du service a été conçu avec l'aide de stagiaires professionnels dans l'infographie, et est de très belle facture, attractif, dense et clair. L'intranet est un véritable outil de communication et de diffusion des informations. Des indicateurs ont été mis en place : D'une part pour connaître le nombre de connexions. D'autre part pour connaître la navigation de l'intranaute sur le site su service (option actuellement en cours d'implémentation). Les résultats sont bons, puisque a part des intranets fonctionnels (par exemple l'intranet RH, incontournable pour la réservation des congés…) l'intranet du service est parmi les plus visités (notons que le groupe possède plus de 50 intranets).
 
2- Notes confidentielles auprès des membres du comité exécutif, que cette note ait été demandée par un membre du CE, ou que le responsable du service ait pris l'initiative de l'envoyer de son propre chef.
 
3- Une lettre de diffusion a été mise en route. Elle comporte une centaine d’abonnés après un mois de mise en route en période estivale. (sur 20 000 employés).
 
4- Enfin, des séminaires ou visites d'entreprises sont organisés.
Mémorisation / capitalisation
Par l’intranet.
 
Réflexion sur la corrélation entre "besoins de veille" et "système de veille"
 
Indicateurs d'évaluation de la veille au niveau de l'entreprise
 
Points forts, et points faibles de l'organisation
L'intranet du service est très attractif, et est une vitrine du travail réalisé en matière de veille sur les nouvelles technologies.
Corrélation entre besoins et système de veille
 
 
Par Jerome Bondu - Publié dans : Benchmarking IE
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Dimanche 23 décembre 2007 7 23 /12 /2007 15:26
 
Extrait de la thèse professionnelle de Jérôme Bondu, portant sur un "benchmarking des pratiques d'intelligence économique" (voir les autres descriptions d’entreprises). 
Vous trouverez ci-dessous le compte rendu d’entretien de l’entreprise D

 
Présentation des besoins de veille
 
Présentation générale de l'entreprise.
Chiffre d'Affaire : plus de 30 Milliards d'euros.
Culture de l'entreprise.
 
Environnement concurrentiel.
Le secteur est concentré.
Présentation de l'interlocuteur
L'interlocuteur appartient à un service informatique. Il dirige le développement d’outils de veille (principalement avec le service de veille technologique, avec lequel il a une relation client-fournisseur directe).
 
Présentation du système de veille général :
 
Description du système de veille / IE
 
- origine, création
 
- objectifs
 
- effectifs
 
- organigramme de la veille
Il y a entre 2 et 4 niveaux hiérarchiques entre les responsables des différentes entités de veille et le PDG.
Soutien de la direction
 
- implication de la direction
Des demandes d’études de veille sont formulées par des chefs de projets aux services de veille (souvent parce que le demandeur connaît les services en question). La détection des besoins de veille est en train d’être incluse dans une démarche qualité.
 
Des thèmes de veille transversaux sont fixés par la Direction de l’entreprise. Des études de veille sont alors menées dans tous les domaines recensés plus bas (marketing, environnement, technologie…).
- détection des besoins de veille au niveau de la direction
 
- implication du personnel
 
- formations, sensibilisation du personnel
Il n’y a pas de sensibilisation ou formation à la veille.
Il est couramment admis que les ingénieurs passent 5 à 10% de leur temps à faire de la « veille ». Les ingénieurs doivent se tenir au courant des évolutions qui concernent leur domaine de compétences (but : savoir tout ce qui se fait), et prennent souvent cela pour de la veille (but : prévoir ce qui va se faire).
Les rapports d’étonnement ou de visite, quand ils sont faits, ne sont pas capitalisés ou exploités dans le cadre d’une veille organisée. Le rapport est envoyé à la hiérarchie et à la documentation (accessible en intranet). Le trajet s’arrête souvent là.
Structure :
 
- nombre et répartition des entités de veille
- domaines de veille
La veille porte sur différents domaines :
- technologique (principalement pour la R&D)
- concurrentielle (stratégies des concurrents, de leurs organisations…),
- environnementale (réglementation),
- médiatique (observation des mouvements d'opinion),
- marketing (goût du public),
- fournisseur (veille mi-technologique, mi-commerciale).
Les deux premiers domaines de veille représentent des services comprenant entre 8 et 12 personnes). Les autres veilles n'occupent que 1 à 5 personnes dans différents services.
Au total cela représente un peu moins d’une cinquantaine d'employés.
- coordination
Il n'y a pas de coordination. La communication entre ces différentes entités est faible. Une tentative de coordination a été menée par quelques responsables des entités de veille. Cela n'a pas aboutit. Les causes en sont multiples : absence d’appuis de la Direction, pas de budgets, difficulté de systématiser les échanges de connaissances (quels sont les besoins des uns et des autres ?), rivalités des entités de veille …
 
Présentation du service veille technologique
 
 
Service veille technologique
Soutien de la hiérarchie
 
Détection des besoins
Il y a deux cas :
1- Chaque projet (de recherche ou d’étude) commence par un état de l’art et la détection des opportunités. Cela comporte différentes étapes :
- expression des besoins en connaissances,
- mise en place d’un projet de veille (objectifs, début, fin, moyens…).
Cette étude de veille est quelques fois sous-traitée.
 
2- Le service de veille a aussi une mission de surveillance constante. Cette surveillance peut déboucher sur un projet de recherche, mais la remontée d’information est moins évidente que dans le cas précédent.
 
La plupart des sujets de veille sont issus d’une demande des chercheurs, des opérationnels ou de la Direction.
 
Collecte
Les différentes sources sont :
 
- Les bases de données scientifiques et bibliographiques.
- Internet. Un système informatique a été mis en place pour scruter Internet
- Congrès, conférences… Des missions de récolte d’information sont minutieusement organisées (découpage des thèmes à surveiller par auditeur, grille de sujets à collecter, réunion d’analyse après le congrès, etc…).
- Les comptes rendus avec les fournisseurs, qui sont généralement bien diffusés. La « centrale d’achats » ayant des ramifications dans toute l’entreprise, c’est un réseau transverse important et qui fonctionne bien.
- Benchmarking. Il y a des échanges réguliers et cadrés.
- Presse, communications des concurrents…
- Brevets…
 
Une réflexion est lancée pour encourager la remontée d’information. Le système de « félicitations » ou de « bonus » voudrait être, toutefois, évité afin de ne pas encourager la création et la remontée de fausses informations.
Traitement
Une réflexion est menée sur la création d’un outil informatique qui permettrait à chaque entité de veille de faire sa propre veille, tout en capitalisant l'ensemble des veilles de l’entreprise.
Diffusion
Il n’y a pas de site intranet unique de la veille (l’entreprise dispose cependant d’une centaine de sites intranets, organisés par métiers ou entités).
Mémorisation / capitalisation
 
 
Réflexion sur la corrélation entre "besoins de veille" et "système de veille"
 
Indicateurs d'évaluation de la veille au niveau de l'entreprise
 
Points forts, et points faibles de l'organisation
Il faudrait un chiffrage réel de ce que coûte et rapporte la veille.
Corrélation entre besoins et système de veille
 
 
Par Jerome Bondu - Publié dans : Benchmarking IE
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Dimanche 23 décembre 2007 7 23 /12 /2007 15:28
 
Extrait de la thèse professionnelle de Jérôme Bondu, portant sur un "benchmarking des pratiques d'intelligence économique" (voir les autres descriptions d’entreprises). 
Vous trouverez ci-dessous le compte rendu d’entretien de l’entreprise E

 
Présentation des besoins de veille
 
Présentation générale de l’entreprise.
Moins de mille employés.
Culture de l'entreprise.
Organisme de recherche composé pour un tiers d’experts. Le partage des informations entre experts fait partie de la mission de l’organisme.
Environnement concurrentiel.
D'autres organismes proposent des prestations similaires.
Présentation de l'interlocuteur
Mon interlocuteur est responsable du service de veille technologique et prospective.
 
L'entreprise visitée est un organisme de mutualisation des activités de recherche et développement sur un secteur donné.
La création même de cet organisme répond à une volonté d’opérer une veille sur le secteur concerné.
Les sujets de veille sont propriété des industriels qui l’ont commandité.
Cet organisme réalise -entre autre- des prestations de veille pour des petites entreprises qui n'ont pas les moyens de les mener en interne.
 
Présentation du système de veille général :
 
Description du système de veille / IE
Cet organisme a un département plus spécialement chargé de la veille.
Ce département compte 3 services :
- gestion de la prospective,
- service information, qui se consacre essentiellement à la recherche d’informations. Cette activité mobilise trois employés, spécialisés dans l’interrogation des bases de données informatiques et d’internet.
- service de veille technologique, composée de trois employés, qui font des recherches d’informations et de l’analyse orientée technologie.
- origine, création
Il y a une dizaine d’années
- objectifs
 
- effectifs
Moins de 1000 personnes dont 1/3 sont des experts, pour l'ensemble de l'organisme.
- organigramme de la veille
Il existe un organigramme formel.
Soutien de la direction
 
- implication de la direction
Le service veille est directement rattaché à la direction générale.
- détection des besoins
Le directeur du département est entre autre, commanditaire d'études de prospective effectuées par le service veille technologique.
- implication du personnel
Oui, par la sollicitation du service veille et par une incitation budgétaire sur la gestion du service ( diminution des frais généraux ).
 
Les prestations de veille sont un produit de l'organisme.
- formations, sensibilisation du personnel
Quelques formations à l’utilisation d’internet existent. Des projets sont à l'étude.
Structure
 
- nombre et répartition des entités de veille
- domaines de veille
Il n'existe qu'un service pour l’ensemble de l’organisme, mais qui sollicite beaucoup de monde. Cette structure n’empêche pas le travail de veille « isolé ».
 
Sont réalisés :
- des prestations de veille technologique, réglementaire et normative,
- des études économiques et prospectives.
- coordination
Le service veille coordonne environ 60 % des actions de veille.
 
La circulation des informations n'est pas formalisée. Comme dans beaucoup d'entreprises, cela va "de l’intranet, au papier, en passant par la machine à café…".
 
Présentation du département de veille
 
Soutien de la hiérarchie
Le soutien de la direction est effectif (c'est elle qui dirige le secteur).
Détection des besoins
- Les travaux de l’organisme sont orientés par des commissions professionnelles.
- Des travaux sont commandités au service de veille technologique par le directeur du département. Ce sont généralement des sujets transversaux.
- Des prestations de veille sont demandées par des entreprises ou des groupements d'entreprises.
Collecte
Deux services assurent la recherche d’information : le service information, et le service de veille technologique.
 
Les sources sont :
- Les bases de données techniques.
- Internet. Les outils de collecte utilisés sont des outils légers (il n’y a pas de solutions intégrées).
- Les brevets. Un travail de réflexion est mené pour optimiser l’utilisation de cette source d’information.
 
Néanmoins l’organisme employant un grand nombre d’experts, la collecte d’information fait donc largement appel à cette « source ». Le service veille est particulièrement chargé d’être un support aux experts pour faire leur veille.
Il y a aussi la recherche d’experts externes à l’organisme et le recours à des sous traitants.
 
La collecte d'informations dans les salons, congrès… est une activité à part entière. Les participations sont planifiées, et chaque déplacement est minutieusement préparé par le service veille en collaboration avec les experts concernés. Cela comprend notamment :
- Le choix des salons auxquels les experts pourraient participer. Soit que l’expert en fait la demande, soit que le service veille conseille à l’expert de s’y rendre.
- L’organisation des déplacements.
- La recherche des congressistes à rencontrer.
- L'élaboration d’un questionnaire.
- La restitution des informations obtenues, éventuellement par interview de l’expert.
Traitement
Les experts "maison", ou hors de l'établissement, sont largement impliqués dans les travaux de traitement des informations.
Il n'existe pas d'outils informatiques pour le traitement des informations. Par contre, il existe un outil en prospective (outil de vote Delphis).
Diffusion
Selon les types de travaux, il y a différents types de restitution :
 
1- Il y des journées de transmission des informations. Ceci concerne les sujets qui intéressent un nombre assez important d’entreprises.
Des questionnaires de satisfaction sont distribués.
 
2- Pour des thèmes qui n’intéressent qu’un faible nombre d’entreprises (une vingtaine) la restitution se fait sous la forme d’une courte note de veille, attachée à un e-mail. Un questionnaire de satisfaction y est ajouté dans le corps même du mail. Le récipiendaire peut ainsi remplir le questionnaire en ligne, après lecture du document et le renvoyer automatiquement.
Le fait que la note soit courte et simple, et que le questionnaire puisse être rempli et renvoyé automatiquement, sont deux éléments qui assurent un taux de retour satisfaisant des questionnaires (entre 20 et 30% en moyenne).
Des notes d'information peuvent être commandées par une seule entreprise, et reste donc sa propriété.
 
3- L’organisme dispose d’un serveur de note d’application dont les clients sont autant le personnel de l’organisme que les industriels clients.
Ce serveur sert en interne d’outil de travail collaboratif, et d’outil de capitalisation des connaissances. On y retrouve un moteur et un système d’archivage.
On peut l’utiliser pour une recherche d’information, ou pour recevoir automatiquement l’information (via un système d’abonnement).
Dans tous les cas les informations de veille sont disponibles pour être utilisées en interne.
Mémorisation / capitalisation
La mémorisation est effectuée par le système informatique (sous Lotus Notes ) décrit plus haut, il s’agit d’un système fait « sur mesure ». Mon interlocuteur note néanmoins qu'un outil de capitalisation des méthodes de veille manque. Cet outil est en gestation, et sera disponible avant la fin de l’année.
 
Réflexion sur la corrélation entre "besoins de veille" et "système de veille"
 
Indicateurs d'évaluation de la veille au niveau de l'entreprise
Les retours des questionnaires envoyés aux entreprises clientes sont généralement positifs et sont pris en compte dans deux indicateurs qualité.
Points forts, et points faibles de l'organisation
Mon interlocuteur estime que la structuration de la veille au sein de l'organisme est à améliorer, bien que des progrès aient été réalisés.
 
Les modes de diffusion de la veille par "push" sont assez performants. Les autres modes de diffusion sont à améliorer.
Corrélation entre besoins et système de veille
Mon interlocuteur me fait remarquer qu'il n'est pas le mieux placé pour répondre !
Le processus de veille est placé sous système qualité dans l’esprit de l’ISO 9000 version 2000 (c’est à dire tourné vers la satisfaction du client). Deux indicateurs qualité mesurent la satisfaction des clients.
 
Par Jerome Bondu - Publié dans : Benchmarking IE
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