Stratégie

Samedi 4 février 2012 6 04 /02 /Fév /2012 09:53

Seconde partie des notes sur le colloque "Les signaux faibles : nouvelles grilles de lecture du monde" organisé par AdGENCY Group. (lire la première partie)
 

Je précise :
1-que le compte rendu ci-dessous est une interprétation tout à fait libre des discours des intervenants. Il n’engage que moi. 
2-les passages entre guillemets sont des citations exactes des intervenants
3- les passages entre crochets [ ] sont des ajouts personnels.

 

Dans le débat qui a suivi Edgar Morin a souligné comme Clara Gaymard que jamais nous n’avons eu autant de connaissances, mais jamais elles n’ont été autant cloisonnées, et jamais notre ignorance n’a été (finalement) aussi profonde. L’économie notamment est une science fermée, basée sur le calcul, qui est à l’opposé des sentiments humains. Il faut apprendre à l’école la pensée complexe, la capacité à relier les choses [ce qui m’a fait plutôt plaisir, moi qui ait basé ma société sur la notion d’inter-ligere, c’est-à-dire de « relier » les informations « entre-elles »…].

 

L’étymologie grecque du mot crise renvoi à la notion de diagnostic. Or aujourd’hui c’est un mot qui signifie impasse ou impossibilité. Il faut voir dans la crise actuelle des opportunités de changement. D’autant que les conflits sont inhérents à la vie… Et qu’il faut les intégrer à notre « vision » ou compréhension du monde. 

 

Dans une vision assez pessimiste, il a déclaré qu’après l’homo sapiens, l’homo faber et l’homo économicus, nous sommes devenus des homo démens (folie) qui sombrent dans l’ubris (la démesure). Nous sommes dans la conquête acharnée du monde et de la nature. [J’ai bien aimé au passage l’aphorisme « La connaissance est cumulative mais pas la sagesse ».] 

Mais nous sommes arrivés à nos limites, ce qui est en soi une chance, car l’on va pouvoir mieux mesurer notre action.

 

Clara Gaymard a mené une charge contre les élites qui « sont sur un paquebot qui ne va pas où va le reste du monde. » Elle se fait l’écho de ce que beaucoup pensent quand elle dit que l’on « attend des politiques qu’ils avouent qu’ils ne savent pas ». 
Cette défiance est concomitante avec l’intérêt dans les réseaux sociaux. On préfère faire confiance à un inconnu avec qui on partage un groupe de discussion. 
Le monde social virtuel permet de révéler des talents. Dans le jeu World of warcraft, il y a des jeunes de 14 ans qui dirigent des guildes de 40 personnes et organisent et coordonnent des actions complexes. A l’âge où nous étions uniquement sur une position d’obéissance ou de désobéissance vis-à-vis de nos parents. 

 

La suite lundi …

Par Jerome Bondu - Publié dans : Stratégie - Communauté : NTIC : Nouvelles technologies
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Vendredi 3 février 2012 5 03 /02 /Fév /2012 09:06

2012-01-19-09.12.01-copie-1.jpgJ’ai assisté (en partie) au très intéressant colloque "Les signaux faibles : nouvelles grilles de lecture du monde" organisé par AdGENCY Group. Voici quelques notes (publiées en 3 parties). 

 

Le colloque était animé de main de maitre par Jérôme Bonaldi, inoubliable chroniqueur dans l'émission Nulle part ailleurs, et Philippe Bloch grand promoteur de l’entreprenariat. AdGENCY Group est dirigé par le très dynamique Denis Adjedje. 

 

Je précise :

1-que le compte rendu ci-dessous est une interprétation tout à fait libre des discours des intervenants. Il n’engage que moi. 

2-les passages entre guillemets sont des citations exactes des intervenants

3- les passages entre crochets [ ] sont des ajouts personnels.

 

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Edgar Morin, sociologue, a annoncé la faillite de la prospective. Cette faillite n’est pas nouvelle. Il a rappelé qu’à travers l’histoire il y a eu de nombreux mouvements de fond dont les contemporains n’ont pas pris la mesure (chute de l’empire romain, invention de l’imprimerie, découverte de l’Amérique…).

Les nouveautés sont toujours à l'origine des déviances, qui sont par nature rejetées par les courants majoritaires.

Les signes sont noyés dans un univers fait de complexité. La force ou la faiblesse d’un signe est à mesurer en fonction de la complexité de l’environnement et de l’analyse de l’environnement informationnel. 

 

Michel Maffesoli, sociologue, s’est interrogé sur le changement de posture actuel, en soulignant que l’on serait en train de passer d’une "volonté de tout maitriser à une envie de s’adapter à un environnement". 

La maitrise des signaux faibles peut être vue comme un outil ambivalent, signifiant en même temps le désir de maitrise et l’envie de s’adapter.

 

Clara Gaymard, CEO de GE France, place sa réflexion dans l’univers de l’entreprise. Un dirigeant à l’heure actuelle essaye de se « dépatouiller » dans un monde fait de complexité, d’incertitude et de vitesse.

L’aveuglement est selon elle la pire des choses. Mme Gaymad en a donné un exemple éloquent : En 2008 tous les chefs d’entreprise surveillaient les problèmes des pays émergents. Or la crise a émergé au sein de Wall Street, là où il y avait les gens les plus éduqués et les mieux renseignés,… 

Le monde de la finance n’a pas vu les signaux faibles (puis forts) parce qu’il ne voulait pas les voir. Les financiers étaient dans un excès de confiance totalement irrationnel. Ils fixaient les règles de l’économique, et tout le monde les suivait. Ils avaient par exemple imposé que le critère de réussite primordial d’une entreprise repose sur sa croissance : L’entreprise qui fait 15% de croissance a forcément raison par rapport à celle qui fait 6% quelques soient les moyens utilisés. Les signaux à l’époque n’étaient pas faibles mais forts. Tout le monde le savait : nous vivions à crédit ! Mais nous étions sourds. 

 

Dans ces conditions le chef d’entreprise doit avoir une ligne de mire : c’est la promotion de l’innovation et de la créativité, dans un cadre morale et l’éthique. 

 

La suite demain …

 

Par Jerome Bondu - Publié dans : Stratégie - Communauté : NTIC : Nouvelles technologies
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Samedi 22 octobre 2011 6 22 /10 /Oct /2011 11:40

La cinquième session du colloque "Osons l’offensif" s’est tenue le 4 octobre avec pour thème : "L’offensif comme stratégie" dans les entreprises étrangères.

 

Ludovic Emmanuely président du groupe Lafontaine a précisé en introduction que ce colloque avait pour but de travailler sur des modes d’actions offensifs des entreprises étrangères « sans barrière ni tabou ». L’objectif étant d’inspirer les entreprises françaises, dans leurs modes de protection et d’action. Il a précisé que « l’offensif » ne signifie pas un affranchissement de la légalité. S’il n’a pas dit que les entreprises françaises étaient naïves, il a imagé sa pensée avec la jolie métaphore : les entreprises françaises font « de l’offensif avec un bouclier »… On peut comprendre que ce ne soit pas la meilleure des méthodes !

 

Lors d’une première conférence un journaliste d’Intelligence On Line, s’est demandé « Comment utiliser les lois anti-corruption comme une arme ? ». Cela m’a fait penser à la logique de « légitime défense économique » présenté il y a quelques années par Christophe Stalla-Bourdillon

Il a notamment été question de l’instrumentalisation d’ONG ou de journalistes comme outil de déstabilisation. La position défendue par le journaliste a été que la manipulation franche est rare. Par contre une ONG, comme un journaliste, ne refuse jamais une information… A charge du journaliste de faire le tri en le bon grain et l’ivraie. On peut en déduire que l’alimentation, voire l’intoxication, est une meilleure voie qu’une instrumentalisation brutale. 

 

Marc Willemme a présenté le cas d’une entreprise américaine qui joue résolument dans l’offensif, et ne s’en cache pas. Il nous a livré quelques citations d’un des managers : [l’entreprise a]« des liens forts avec des branches des services gouvernementaux américains ». Les annonces publiées par l’entreprise ont aussi le mérite de la clarté : le recruté « donnera aux forces de vente des outils pour attaquer la concurrence ». M. Wilemme souligne que cette entreprise a mis en place une culture de l’Intelligence Economique depuis plus de 30 ans. Qu’elle a un mode opératoire structurées et efficace. Que les grandes entreprises françaises devraient suivre cet exemple. Il souligne que l’illégal (comme le dopage dans le sport) n’est nécessaire que pour les entreprises mal préparées. Guy Debaux enfonce le clou en évoquant à titre d’illustration la crise créé par la découverte de l’action de communication « mal »-commanditée par Facebook contre Google via la société de relation publique Burson-Marsteller. 

 

M. Nicolas Evain analyse le déplacement du pouvoir des Etats vers les structures normatives et les influenceurs que peuvent être les ONG. A ce titre il souligne d’une part que la force réside dans l’action de groupe, plutôt que dans des actions isolées, et que la normalisation est un processus dont les fruits apparaissent sur le long terme. Cela m’a fait penser aux facteurs clés de succès des actions de lobbying.

 

Neuf autres conférenciers se sont succédé, dont Alain Juillet

 

Dans un climat des affaires qui se tend, toutes entreprises est en droit (et doit) se demander jusqu’où sont capables d’aller ses concurrents. Les conférenciers ont apporté comme les années précédentes une vision complémentaire et utile au discours classique sur l’intelligence économique [Voir le CR de la 4ème édition]. 

 

Jérôme Bondu

 

Par Jerome Bondu - Publié dans : Stratégie
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Jeudi 29 septembre 2011 4 29 /09 /Sep /2011 09:40

 

 

alain_minc.jpg

L’histoire de France, le braconnier et les idées :

Je présentais dans mon billet d’hier l’ouvrage de Pascal Boniface sur les "intellectuels faussaires". Dans la caste des puissants très controversés Alain Minc tient une bonne place. Cela ne m’a pas empêché de lire cet été son « histoire de France » (Amazon). 


On ne peut être qu’impressionné devant le savoir de son auteur. Imaginant son agenda bien remplis de présences en conseils d’administrations et autres activités bassement rémunératrices, il est légitime de se demander comment il a pu l’écrire ! 

D’autant qu’il ne se contente pas de retracer des faits historiques, il les analyses, et qui plus est, avec une certaine liberté de ton et d’esprit. Liberté qu’il s’octroie sans complexe… car comme il l’écrit en introduction, alors qu’il était étudiant à l’ENA Braudel lui aurait conseillé un jour de donner sa vision de l’histoire de France. Les mots du maitre étaient de ne pas hésiter à « braconner sur les terres des historiens ». On ne peut meilleur blanc-seing. Mais si Minc est le braconnier, et l’histoire de France la terre giboyeuses, … je me demande dans cette histoire qui est le gibier ;-))

 

Jerome Bondu 

 

Pour ceux qui veulent en savoir plus :

- Extrait critique de Rue 89 : "Ce livre est donc surtout une histoire des personnes qui ont exercé le pouvoir en France, signe d'une conception très personnelle et technocratique de l'histoire et de la France, qui occulte la part des acteurs sociaux dans les évolutions historiques (des paysans de l'Ancien Régime au monde de l'entreprise aujourd'hui)".

- Extrait plutôt flateur de la revue Herodote : "On retrouve dans Une histoire de France ce qui faisait l'intérêt des ouvrages précédents : un esprit non conformiste capable de rapprochements inattendus, et d'explications parfois paradoxales entièrement dégagées du credo des esprits partisans."

Wikipedia



 

 

Par Jerome Bondu - Publié dans : Stratégie
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Jeudi 22 septembre 2011 4 22 /09 /Sep /2011 22:24

Le jeudi 6 octobre 2011 à 19H15 le Club IES vous invite à sa prochaine conférence-débat sur le thème : Le conflit, source d’informations et de compétitivité. 

! Inscription !

 

 

Problématique :

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La gestion des conflits représente actuellement entre 30 et 40 % du temps d’un manager. Cela impacte directement la qualité des décisions.

La capacité des managers à gérer les conflits, les sujets qui fâchent, les personnes difficiles, … est une compétence essentielle. 

En outre, le conflit ressort d’une opposition de vues, donc généralement d’informations différentes. Le professionnel de l’intelligence économique doit savoir lire les conflits comme une source d’informations cachées.

 

 

Intervenants :

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Philippe EMONT est directeur associé dans le Cabinet Alter Nego, cabinet spécialisé dans la négociation et la gestion de conflit.

Consultant et professeur vacataire à l’ESSEC, il est diplômé de l'École de Guerre Économique, de la FASSE en sociologie des conflits, et en Histoire (Paris IV). Ses travaux de recherche portent notamment sur les mécanismes des conflits dans les organisations, les RPS (Risques PsychoSociaux), les dispositifs de gestion de crise et plus globalement sur la Responsabilité Sociale des Entreprises. 

Il est co-auteur d’un ouvrage dédié à la gestion du risque psychosocial à destination des managers (parution, janvier 2012, aux éditions ESF)."

 

Brice Savin, ancien officier de police, actuellement responsable sûreté-sécurité du magasin IKEA Paris Franconville apportera son témoignage.

 

Déroulement :

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19h15 - 19h30 : Accueil des participants

19h30 - 20h30 : Présentation

20h30 - 21h00 : Débat avec la salle

21h00 – 21h50 : Cocktail dînatoire

 

Lieu :

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Amphithéâtre de l’IAE de Paris - 21 rue Broca Paris 5ème

M° Censier Daubenton (ligne 7)

 

Inscription obligatoire :

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Inscription uniquement en ligne à partir de l’agenda de l'AAE IAE de Paris

Tarif 6 euros pour les membres / 12 euros pour les extérieurs

 

Jérôme Bondu

Président du Club IES

Par Jerome Bondu - Publié dans : Stratégie
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