Le blog INTER LIGERE
Relier les Hommes et les Informations
Je suis récemment tombé sur un blog (FranceWebGlobal) qui a repris un de mes billets
sans citer la source. Face à ce type de "petit" larcin, la plupart des bloggeurs passent outre.
Mais il y a de plus gros vols qui demandent, eux, une réaction. Olivier Zara en a fait l’expérience récemment, et son aventure est riche d’enseignements. Voici l’histoire en quatre
actes :
1-La victime
Olivier Zara est un expert reconnu du « personal branding ». Il se trouve que je le connais depuis près de 10 ans. C’est un producteur d’idées prolifique. Il anime trois blogs*, et est
auteur de quatre ouvrages. C’est quelqu’un qui partage, et qui a fait sienne la devise 1+1=3. Il allie le savoir, le savoir être et le savoir faire.
2-Les faits
Olivier a acheté les noms de domaine olivier-zara.com et olivierzara.com . Mais quel n’a pas été sa surprise de voir que les noms de domaine zara-olivier.com, zaraolivier.com,
zara-olivier.net et zaraolivier.net avaient aussi été achetés !! Qui plus est par un autre consultant du « personal branding » : Fadhila Brahimi.
Olivier a bien présenté l’affaire dans son billet "Faire face aux délinquants numériques", et
appui son propos avec de nombreuses captures d’écran.
3-Le dénouement
La pirate a été pris la main dans le sac. Elle ne pouvait nier, la preuve était là (au passage quelle naïveté, quand on sait que les informations sur les acquéreurs de nom de domaine sont
publiques).
Olivier, que j’ai contacté pour l’occasion, m’a dit qu’il avait récupéré ces (ou plutôt « Ses ») noms de domaine, mais qu’il n’avait pas reçu le moindre mot d’excuse …
4-L’analyse
Au premier abord, il y a un incontestable effet comique : cette affaire atteint le sommet du ridicule. L'expert en identité numérique Fadhila Brahimi qui commet cette bourde insensée. On
pourrait presque en rire, et penser que c’est une bonne blague de potache.
Le problème, c’est que ce n’en est pas une. Si même les thuriféraires des bonnes pratiques se mettent à franchir la ligne jaune, où allons-nous ? Olivier a réagi en expert du domaine, avec
beaucoup de « fair play » et de recul. Et le ton de son billet est très neutre. Mais comment peuvent réagir des personnes moins affutées que lui ?
Si Internet devient une jungle, où il faudrait surveiller que son profil dans les réseaux sociaux n’est pas piraté, que le contenu de son blog n’est pas pompé, que ses noms de
domaines ne sont pas achetés, … quel plaisir y prendrions nous ? Cela ne peut que renforcer le discours de ceux qui (souvent par méconnaissance) présentent le web comme un
lieu sans foi ni loi. Malheureusement ce type d’acte leur donne raison.
La génération précédente a eu son évasion intellectuelle avec mai 68. Nous, nous avons internet. Peu ou prou, je pense que nous projetons les mêmes rêves de « vie meilleure » que nos
ainés sur le réseau des réseaux. Nous y recherchons les mêmes utopies (gratuité, partage, libération, ouverture, …).
S’il est certain que nous serons tôt ou tard en parti désillusionnés, cela fait quand même mal de s’apercevoir que le ver est dans le fruit, et qu’il se loge au cœur même de ceux dont on aurait
pu croire qu’ils soient les défenseurs d’une certaine éthique. Quelle déception !
Il faut espérer que la blogosphère, et les réseaux humains qui la compose, produise les anticorps nécessaire. C’est en tout cas le sens que je donne à ce billet, en communiquant
sur une affaire dont on aurait tous préféré qu’elle n’arrivât pas.
Jérôme Bondu
NB : Fadhila, je ne doute pas que vous tombiez sur ce billet. N'hésitez pas à réagir. Mes colonnes vous sont ouvertes pour toutes explications.
*Les blogs d’Olivier Zara :
- Un blog personnel sans ligne éditoriale précise.
- Un sur la e-reputation.
- Un sur l’intelligence collective.
Tiens , je suis etonné de lire ça, j'ai connais Fadila pour l'avoir rencontré il ya quelques années déjà et je suis attentif à son parcours car je reçois sa e-letter, etc.
Est-ce du Business que de faire ça ? Et oui, il faut protéger son identité numérique sinon la loi de ce business la vampirise ?!
Est-ce une erreur ?
Est-ce une maladresse ?
La réponse viendra de l'intéressée et de personne d'autre.
Alix
Je profite de cette occasion pour faire un court commentaire sur l'un de vos derniers billets où il était question que des personnalités se mobilisaient et se mobilisent pour permettre à des enfants palestiniens de se faire soigner dans le territoire qui leur est prohibé, de l'autre côté de la frontière; j'en discutais avec une amie médecin impliquée fortement dans l'aide à ces populations, qui m'a dit qu'en fait, cela permettait aux "hôtes" de faire des expérimentations à moindre coût.
Cette amie est très fiable mais elle est aussi militante. J'aimerai bien en savoir plus si c'est possible.
Erreur, maladresse, ... je n'en sais strictement rien. Et vous avez tout à fait raison, la réponse ne viendra que d'elle. J'aimerais beaucoup qu'elle réponde à ce billet, pour en avoir le coeur net.
Cordialement,
Jerome
me too,
D'autant plus qu'il est question d'identité (numérique) et donc de singularité (numérique),
Merci Jérôme,
Alix.
J'essaye toujours de voir le verre à moitié plein même si dans ce cas... c'est très dur. Si on veut essayer d'apprendre quelque chose de cette histoire, il faudrait que des étudiants ou blogueurs (qui ont du temps) essaye d'imaginer l'ensemble des options qui s'offrent à une personne qui découvre qu'on vole son identité et l'ensemble des options pour celui qui joue le rôle du voleur (en l'occurrence Fadhila).
De mon côté (le volé), j'ai d'abord constaté qu'elle volait le titre de mon livre pour référencer son propre contenu ou comment faire du buzz avec du plagiat. J'ai laissé faire mais quand j'ai découvert le vol de mon identité numérique, je me suis dis : c'est quoi la prochaine étape ? Elle va prendre des morceaux de mon livre ? Prendre ma photo ? Il y a un moment où il faut dire STOP. J'ai dit stop à ma manière mais je suis intéressé par les solutions que les lecteurs de ton blog pourraient proposer.
De son côté (la voleuse) :
- me contacter à l'amiable pour me présenter des excuses, me dire qu'elle a eu un moment de folie, qu'elle regrette, qu'elle va cesser d'utiliser le titre de mon livre et mon identité. J'attends depuis 1 an... et je vais peut-être attendre encore longtemps.
- me faire un procès pour diffamation puisque je dis que c'est une délinquante numérique. Mais le problème est que la diffamation consiste à divulguer des informations qui sont fausses et mon billet est plein de copies d'écran prises par un huissier dans les règles de l'art. On appelle ça un flagrant délit : t'es pris en photo avec la perceuse dans la salle des coffres !
- se faire passer pour une pauvre victime qui n'a rien fait de mal et qui est attaqué par un mec qui veut la détruire parce qu'elle est plus compétente et experte que lui. Et là, je peux vous dire qu'elle a tout joué là dessus et que ça n'a pas marché.
- changer d'identité comme le font les arnaqueurs, pas facile quand on vend sa marque personnelle.
- Dire qu'il ne faut pas dénoncer les imposteurs, les parasites, les voleurs. A ma connaissance, quand on vous vole votre argent dans la rue, vous criez au voleur sur la place publique et tout le monde trouve ça normal. C'est d'ailleurs ce qu'elle a fait en janvier 2009, avec une étude de cas sur un arnaqueur Yoan Demarcq (cliquez ici pour voir son billet). Ce qui me dérange beaucoup dans ce billet, c'est que tout le billet tourne autour d'un témoignage vidéo d'une personne dont on ne connait pas l'identité, qui dénonce un arnaqueur. Je pense que c'était vrai mais ça aurait pu être un règlement de compte d'autant que l'auteur de la vidéo l'a retiré depuis. En écrivant ce billet, Fadhila n'avait pas de preuves juridiques sérieuses, n'a pas respecté la présomption d'innocence et aurait pu colporter des propos diffamatoires.
- enfin dernière option : noyer l'information négative sous une masse d'informations positives. N'ayant pas réussi à convaincre ses fans et son avocat qu'elle était victime d'une attaque injuste ou illégale, elle a fait ce qu'elle sait très bien faire : continuer à inonder le web avec du contenu dans une logique d'hypervisibilité numérique... jusqu'à publier un billet sur la délinquance numérique pour être référencé au-dessus de mon billet.
Le billet du jour doit rappeler aux imposteurs que sur Internet : Tant que le feu n'est pas éteint : il se rallume. Avant je pensais qu'on aurait autant d'imposteurs sur le web que dans la vie physique. Mais finalement, peut-être qu'il y en aura moins dans quelques années quand ils auront compris qu'Internet est un espace de transparence radical.
J'ai découvert sur votre blog cette histoire d'ursupation d'identité, notamment le cas exceptionnel d'Olivier Zara, bien que remontant dans les faits à 2009. j'ai d'ailleurs déjà répondu via le groupe sur Linkedin, hier soir. Je réitère ici ma stupéfaction non seulement quant à ce genre de pratique, mais encore plus venant de la part d'une soi disant professionnelle de l'identité numérique, Fadhila (ne lui faisons pas de pub, ne donnons pas son nom).
Comment peut elle faire une chose pareille ? n'a t-elle à ce point rien compris du principe même du web et de la notoriété, cela veut dire qu'elle vend des prestations dans un domaine auquel elle ne comprend rien ? En plus, quand on est une femme, écrire sous l'identité d'un homme, c'est d'un ridicule. Et le pompom c'est de prendre pour "cible" un autre pro, un vrai celui là, de l'identité numérique, Olivier Zara.
Que penseriez vous de faire des commentaires négatifs en quantité industrielle sur toutes les parutions de cette dame ? Je vous trouve tous trop gentils sur ce coup là. Comment voulez vous que des petits malveillants cessent ce genre de pratique si une personne telle que Fadhila reste "impunie" et tapie dans son coin, puisqu'elle n'a pas bronché. Même si elle a rendu les noms de domaine. Heureusement encore. Je suis une femme, et méditerranéenne, de surcroît, donc je réagis avec mes tripes. Et j'ai horreur des injustices.
Comment voulez vous que nous cherchions tous à faire comprendre au public l'intérêt de développer son identité numérique s'ils voient ce genre de pratique ? Comment susciter la confiance ?
Enfin, que tout le monde médite sur ces cas et je vous invite tous à boycotter les publications de Fadhila.
Numériquement vôtre : Laurence Lubrano
Bonjour Laurence,
Merci pour votre commentaire.
Vous dites : "Que penseriez vous de faire des commentaires négatifs en quantité industrielle sur toutes les parutions de cette dame ?"
JB--> je ne suis pas sûr que ce soit une bonne solution.
Vous dites : "Enfin, que tout le monde médite sur ces cas et je vous invite tous à boycotter les publications de Fadhila."
JB--> c'est l'option que j'ai prise, et je sais que je ne suis pas le seul.
Cordialement,
JB
Re, Jérôme
Merci à vous. Disons que ma première idée est de contribuer à lui faire une e-réputation "négative", pour que le cordonnier soit le plus mal chaussé ! Boycotter est malheureusement "trop soft" et ne permettra pas suffisamment de lui faire une réputation "négative". Mais je comprends votre point de vue. On sent là encore la grande différence entre les femmes et les hommes, vous êtes en général plus en "rondeur".
Peut-être est-ce vous qui avez raison.
Bien cordialement
LL
... ha ben ça alors ... ca se voit à mon blog que j'ai pris des rondeurs ?
J'ai eu également la chance de rencontrer Olivier Zara. Il constitue pour moi un modèle de comportement à développer dans ce nouvel espace de collaboration qu'est l'internet social à grande échelle. Merci pour cet article qui nous fait prendre conscience des responsabilités que nous avons pour que cet espace tienne ses promesses et reste un facteur d'émancipation pour tous. Voici le lien sur l'article d'un ami qui aborde ce sujet:
http://rse.lemonde-apres.com/fsalicis/2010/07/06/welcome-to-far-web/
Merci pour le commentaire et pour le lien.
@+
Jerome