Le blog INTER LIGERE
Relier les Hommes et les Informations
J’ai eu le plaisir d’intervenir au colloque international IEMA 4 à Alger.
Cet événement, organisé de main de maitre par les cabinets LOGE et NT2S, a réuni de nombreux intervenants.
J’ai surtout pris des notes durant la première matinée, que je vous livre de manière « brute » et sans analyse :
Sofiane Saadi, directeur de NT2S, a rappelé en introduction l'importance du domaine pour l'Algérie, et Fatiha Naar, directrice du cabinet Loge, a remercié tous les partenaires.
Claude Revel, signale la présence de l'ambassade et de la mission économique, et souligne que ce colloque est volontairement placé sous un angle opérationnel, avec de nombreux retours d'expériences.
Mohamed Bacha, directeur IE au MIPI, se félicite de cette initiative, et de pouvoir l'appuyer. L'IE a pour but d'augmenter la compétitivité des entreprises, et d’accompagner une nécessaire transformation de l'industrie. Il a insisté sur l'adaptation des formations au contexte du pays.
Alain Juillet a rappelé que l'Intelligence Economique est indispensable dans un monde qui change : monde qui est frappé par la crise financière, phénomène grave en soi mais qui est aussi le symptôme d'un changement de rapport de force ; monde où la concurrence est mondiale et de plus en plus agressive.
Il a synthétisé trois objectifs importants d’une dynamique d’IE:
- L'IE ne peut pas être l'affaire de quelques uns. Cela passe par la sensibilisation de toute l'entreprise.
- Il faut développer et améliorer les capacités de collecte des informations.
- Il faut donner aux responsables la capacité de comprendre, pour leur permettre d'anticiper, ou de réagir rapidement.
Il a listé quelques pré-requis importants:
- L'IE doit s'adapter à l'entreprise comme au pays.
- L'IE doit être dirigée par la tête, car cela nécessite un changement de mentalité, dont l’impulsion ne peut venir que d’en haut.
- L'information qui est transmise aux décideurs par les services d’IE doit être objective. Il est indispensable d'avoir une analyse froide des situations. C'est ensuite aux décideurs d'interpréter.
- L’IE doit s’accompagner d’un changement d'état d'esprit, fait d’ouverture et de curiosité.
- Il faut travailler avec humilité. A tout moment, il faut être capable de changer de méthode. Quant tout le monde utilise les mêmes outils, on perd son avantage concurrentiel.
- La mise en place d'une dynamique de veille ne doit pas faire baisser la garde. En parallèle, il faut améliorer la protection de l'entreprise.
Il a enfin listé trois niveaux de protections pour l’entreprise :
- La sécurité physique des personnes et des biens.
- La sécurité des systèmes et des données.
- La protection contre les rumeurs, et la maitrise des techniques d'influence.
Claude Revel nous a fait un retour d'expérience de la mise en place d'une dynamique d'IE dans une ONG internationale. La réussite a tenu à la réunion de plusieurs conditions :
- un contexte (mondialisation),
- le facteur humain, la nécessité d'une vision stratégique,
- l’union des PDG des entreprises majors pour soutenir l’association,
- une aide initiale de l'Etat.
Taoufiq Boudchiche a présenté le rôle de l’IE dans le développement territorial. Il a insisté sur l’importance de la démarche participative.
Bernard Galea, chief security officer de FM Logistic a présenté son activité qui englobe les affaires de sureté et d’intelligence économique. Il a eu cette très belle formule : « L'IE est une activité qui paie les frais que l'on y engage ! ».
Après une période de gestation assez longue dans l’entreprise, l'IE est maintenant vue comme : un mode de management et un outil collaboratif.
Christophe Stalla-Bourdillon a présenté un cas fictif très intéressant dans le domaine du ciment.
Il a insisté sur le fait que la recherche des sources est une étape souvent bâclée. On « picore » souvent des informations qui vont dans le sens que l'on recherche. Il a cité à ce propos Montaigne : « Le véritable ignorant, est celui qui ignore ce qu'il ignore ».
Il a souligné que l’on ne peut pas « prévenir » les décideurs sur ce qu’ils ne veulent « pas voir ».
Il a au passage appelé à réformer l’enseignement à la française :
« En France, on append à trouver seul, des solutions uniques, à des questions bien posées.
Aux États-Unis, on apprend à trouver à plusieurs, des solutions multiples, à des questions mal posées ».
Le reste du colloque a vu de nombreuses autres conférences passionnantes !
Jerome Bondu