Vendredi 29 janvier 2010
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Suite à la conférence d'Henri Martre au Club IES, une auditrice (que je remercie au passage) m'a fait part de
ce commentaire :
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Vous receviez dans votre club mardi 26 janvier 2010 un invité prestigieux dans l’univers de l’intelligence économique. Henri Martre a été un des chefs de file français dans l’élaboration d’une
méthodologie d’intelligence économique. Dans le cadre des travaux du Commissariat Général au Plan le groupe de travail qu’il présidait remettait un rapport fameux en 1996 sur l’intelligence
économique et les stratégies d’entreprise.
Dans un exercice de vulgarisation Henri Martre nous a rappelé dans votre enceinte le champs d’éligibilité de l’intelligence économique conçue comme une méthodologie rigoureuse, scientifique,
d’investigation, de traitement et d’exploitation d’informations utiles à l’entreprise à la fois dans la connaissance de son positionnement concurrentiel dans un écosystème informationnel, mais
comme outil d’aide à la décision des dirigeants.
Il me semble intéressant de revenir sur les propos les plus marquants à mes yeux de cette soirée, distillés comme un message à méditer.
La posture des personnes qui traitent de la collecte et de l’analyse d’informations dans les entreprises aujourd’hui, mais aussi celle des décideurs souffre parfois trop d’un manque
de rigueur scientifique pour appréhender la complexité, surtout quand il s’agit de faits humains et sociaux.
La subjectivité, la perte du principe de réalité, le poids des à priori, une simplification abusive des facteurs d’explication, l’ignorance des micro-cultures (métiers, unités..), une
conception magique du discours, l’insuffisance d’un travail d’analyse approfondie sur les échecs et nombreux dysfonctionnements d’une entreprise ne constituent que quelques exemples de ce que
Christian Morel nomme « le mal chronique de la connaissance ordinaire sur l’entreprise ».
Merci donc à Henri Martre de m’avoir donnée l’occasion de vous parler de la nécessité de se nourrir davantage des sciences sociales pour décrypter l’entreprise et son écosystème qu’il
s’agisse de sociologie des organisations, de psycho-sociologie, de recherche clinique en gestion, d’histoire…Elles peuvent aider les cadres d’entreprises, les consultants, les dirigeants à
développer une sensibilité à l’intelligence économique, et appréhender mieux ainsi le sens de la complexité, du doute constructif, et de la remise en question pour faire progresser et rendre plus
fiables les organisations.
En vue de continuer à partager très humblement les connaissances, leur analyse et interprétation, j’engage tous ceux que cela intéresse, à lire les ouvrages et articles écrits par Christian
Morel et à visionner dans une première approche la vidéo de la conférence de clôture de la journée « Sciences sociales et monde de l'entreprise : un dialogue impossible ? » prononcée le 15 octobre 2009.
Christian Morel, ancien DRH de la division Véhicules utilitaires de Renault, auteur de Sociologie des décisions absurdes (Gallimard, 2002), de la Grève Froide (1981) de L'enfer de l'information
ordinaire (Gallimard, 2007), a beaucoup travaillé sur l’analyse des dysfonctionnements majeurs en entreprise et fournit ici en complément des analyses classiques en sciences sociales, sa
propre grille de lecture qu’il expose autour de l’énoncé d’apprentissages fondamentaux dans les processus d’amélioration continue des organisations (erreurs cognitives, micro-communication, gestion
du sens et communication interne non-punitive).
Bonne lecture à tous et à bientôt.
Agnès Jouniaux Ducher
Par Jerome Bondu
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Publié dans : Intelligence Economique
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