Samedi 28 novembre 2009
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Je suis intervenu la semaine dernière pour une entreprise qui réfléchit à la mise en place d’une démarche proactive dans le domaine de la gestion des réseaux, et qui a organisé une journée de
sensibilisation pour ses cadres. Cela m’a inspiré quelques réflexions.
Un premier intervenant a fait une démonstration précise et juste des réseaux sociaux. Devant un public plutôt novice, il a présenté les fonctionnalités de ces nouveaux outils, a présenté les
plateformes Seesmic, Facebook, Twiter. Il a fait la démonstration des aspects viraux du web 2.0 en retweetant en direct un message.
Je retiens notamment de sa présentation la mention à deux ou trois reprises de l’importance de l’intelligence économique. Or sa société est spécialisée dans le management des connaissances,
l’intelligence collective, le lien entre les technologies et les usages. Cela montre la convergence entre le monde du KM et celui de la veille.
Le débat a forcément porté sur l’influence de ces nouveaux outils sur les modes de management. Le retard français a été pointé du doigt. Du thème du management, nous sommes ensuite passés à celui
de la finance, et l’intervenant a souligné la frilosité des banques françaises à soutenir l’innovation dans les domaines du numérique. Par contraste la dynamique Silicon Valley fait office de
parangon (c'est-à-dire d’exemple à suivre) … [NDLR : et si on remettait ce vieux mot français à la mode ;-)].
Pourtant, j’ai du mal à me convaincre que ce qui se passe dans la Silicon Valley soit bien raisonnable. A titre d’exemple, les capitalisations boursières des géants du web me paraissent comme une
pure folie. Au vu des empires qui se bâtissent comme des châteaux de cartes, on ne peut pas ne pas penser (désolé pour la double négation) à la première bulle de l’internet. Nos amis américains
sont novateurs sur bien des points, il suffit de penser aux subprimes !
Les réflexions ont aussi porté sur les nouvelles générations (Génération Y ou « digitals natives » comme on dit en bas-breton), et le nouveau type de management que cela va impliquer. Comme l’a dit
avec finesse un auditeur, il va falloir s’habituer au « désordre » avant de revenir au « des ordres ».
J’ai – dans le cadre de ma présentation - insisté sur les aspects méthodologiques dans la création et la gestion des réseaux relationnels. Et ce, sur trois dimensions : la dimension personnelle, la
dimension entreprise, et la dimension "projet".
Les notions de « réseaux humains », « réseaux d’influences » sont souvent connotées, … que ce soit péjorativement, ou positivement. Les discussions sur ces sujets ne sont jamais neutres.
Mais c’est une erreur. Quoi de plus neutre qu’un outil ? Or les réseaux ne sont que des outils, ... donc neutres ! C’est l’intention avec lesquels on les utilise qui est importante. On confond
souvent le fond avec la forme, l’outil avec la finalité, le réseau avec ce pour quoi il est utilisé.
Or dans l’univers dans lequel nous rentrons, fait de compétition exacerbée, il serait dommage de se priver d’un outil aussi puissant. Que ce soit dans la vie réelle, ou dans la vie numérique,
les notions de réseaux vont devenir de plus en plus prégnantes. Autant les utiliser à bon escient. Internet est un nouveau territoire que l’on est en train de conquérir au fur et à mesure qu’on
le construit. Pour plagier Georges-Louis Borges, grand amateur de pirouettes spatiales et intellectuelles, je dirais « qu’Internet est un fleuve qui nous emporte, mais nous sommes le fleuve ».*
Pour naviguer sur ce fleuve indomptable, aux multiples richesses, mais aussi aux multiples périls, où les pirates sont les Amazones modernes, mieux vaut chasser en meute. Les réseaux sont faits
pour cela.
Jérôme Bondu
* La citation exacte est « Le temps est un fleuve qui m’emporte, mais je suis le fleuve. » Pour plus d'infos sur Borges, voir notamment Wikipedia
Sur les réseaux sociaux, on pourra consulter le livre blanc d'Inter-Ligere.
Source photo : http://photocompetition.hispeed.ch
Par Jerome Bondu
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Publié dans : Réseaux humains
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