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Lundi 19 mars 2012 1 19 /03 /Mars /2012 09:06

RUSSIE-2.gif Michel ZALA, rédacteur de PlumUnique.fr a assisté à la dernière conférence du Club IES sur la Russie. Il a écrit ce compte rendu de la conférence (posté notamment dans Viadeo ou le Cercle des Echos). Un grand merci pour ce travail d'écriture...

 

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Compte rendu de  Michel ZALA :

Hier 8 mars, le club IES des anciens de l’IAE- Paris accueillait Emmanuel Caulier. Avocat international, économiste et politologue, il a été (de 2003 à 2008) directeur des études du Centre d'Études Diplomatiques et Stratégiques de Paris.

Son intervention s’intitulait : « La Russie - à la recherche de la puissance perdue ». Tout un programme, placé sous le signe du non-conformisme, de l’ouverture et de l’humilité. 

 

D’emblée, Emmanuel a livré le fil directeur de sa conférence, le risque. Ce mot dérive de l’italien « risco » : rocher escarpé sur lequel les cargaisons pouvaient se fracasser. Pour les vénitiens, comme pour nous, le risque continue à présenter ses deux facettes : la « négative », accident, nuisance, catastrophe, ruine, désastre ; et la « positive », mise en valeur par les banquiers et les assureurs… les gains escomptés, le succès, rémunérés par la prise de risque. Et la contrée qui vient de réélire Vladimir Poutine présente bien cette dualité : d’une part, elle est menacée de l’intérieur ; d’autre part, ses aspects favorables lui permettent seulement de prétendre au rang de puissance moyenne.

 

Trois facteurs menacent la Russie de l’intérieur : dévastation écologique, catastrophe démographique, fragilités structurelles.

1) La dévastation écologique est due à la « peste nucléaire », à la pollution militaire (explosions nucléaires), à la pollution industrielle (notamment par le gaz et le pétrole), enfin à la pollution agricole (3/4 des eaux sont impropres à la consommation).

2) La démographie est celle d’une contrée en temps de guerre. Ce pays, entre l’Europe et l’Asie, est le plus grand du monde : deux fois les USA, deux fois la Chine… et pourtant, en l’an 2000, il n’était peuplé que de 140 millions d’habitants. Et ceux-ci diminuent au rythme d’un million par an. Avec deux avortements pour une naissance, les ravages dus à l’alcool et au SIDA, avec une espérance de vie de 59 ans pour les hommes et de 72 ans pour les femmes, ce n’est pas prêt de s’arranger !

3) Enfin, l’ancien empire des tsars souffre de fragilités structurelles, notamment juridiques et économiques. 

Sur le plan juridique, l’insécurité prévaut : d’abord parce qu’il y a une différence génétique entre les droits russe et occidental. Le droit n’a pas la même place en France (au XIIIe siècle, les Tartaro-Mongols ont imposé des lois au service des puissants). Ensuite, parce que chaque administration voit les choses différemment et qu’existent 89 entités juridiques : un investissement à Moscou ne suit pas les mêmes règles qu’à Kaliningrad. Ajoutez qu’il n’y a pas assez de relais pour appliquer les décisions judiciaires, et qu’il y a immixtion entre le juridique et le politique. Donc, pour le moment, pas de quoi franchement rassurer les investisseurs. 

Économiquement, les points faibles sont de trois ordres : l’économie n’est pas diversifiée (gaz, pétrole, armes) ; le pays attire insuffisamment les investisseurs étrangers ; enfin, il est hyper-dépendant des variations de prix des hydrocarbures. 

 

À cause de ces paramètres écologique, démographique, juridique et économique, la Russie ne peut plus prétendre qu'à une place de puissance moyenne.

Fortement marqué par une tradition multiséculaire de pouvoir fort (Catherine II, Pierre le Grand, Ivan le terrible, Staline…), le pays est une démocratie fermement dirigée par les militaires. Peut-il prétendre à une politique étrangère ? 

Ce n’est pas certain, mais la diplomatie russe a des axes de force. Elle est marquée par la peur du séparatisme, de la dislocation de « l’Empire ». Ce qui explique ses rapports privilégiés avec des voisins qui vivent la même lutte, Inde et Chine. Entre eux, règne un pacte de non- dénonciation,« je ne dis rien sur tes exactions au Tibet, et en échange tu fermes les yeux sur ma manière d’agir en Tchétchénie ». Inde et Russie ont en commun multi-ethnisme, plurilinguisme, lutte contre l’islamisme…

La Russie entretient également des liens avec les membres de l’ex-U.R.S.S et avec les anciens « états-voyous » : Corée du Nord, Cuba, Iran, Syrie. La Russie est leur interlocuteur avec le monde. 

 

En conclusion, la Russie présente des potentialités immenses : c’est un territoire très prometteur, mais pas un Eldorado, il est soumis au risque. Avant tout investissement, la prudence doit être au cœur de la prise de décision.

Source image : http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/pays-zones-geo/russie/


 

Par Jerome Bondu - Publié dans : Géopolitique
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