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Jeudi 7 juin 2012 4 07 /06 /Juin /2012 10:13

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De g à d : Alexis Chahtahtinsky (invité), Christophe-Alexandre Paillard, Randa Kassis, Cyril Golovtchan (Président de l’IAE de Paris Alumni), Jérôme Bondu (Responsable du Club IES). 

 

 

 

Voici le compte-rendu de la conférence du 15 mai 2012, organisée par le Club Intelligence Economique et Stratégique de l'IAE de Paris Alumni 

Quel avenir pour la Syrie ?
Quel rôle pour la France ?

Animé par Randa Kassis et Christophe-Alexandre Paillard 


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THEME
- Depuis plus d’un an la Syrie vit une période tourmentée. Les événements qui s’y déroulent sont au centre des préoccupations géopolitiques mondiales, et pour beaucoup d’experts, une détérioration de la situation dans ce pays charnière du Proche-Orient pourrait avoir des répercussions graves sur le plan mondial.
- Quel avenir se dessine-t-il en Syrie ? Quel rôle la France peut-elle jouer ?

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INTERVENANTS

Christophe-Alexandre Paillard est expert en géopolitique, énergie / matières premières et intelligence économique.
- Il est directeur de recherche en économie internationale à l’Institut Choiseul, chargé de cours en politique européenne de l’énergie à l’ENA, maître de conférence à, Sciences po Paris, enseignant et chercheur associé de l’Université Bernardo O’Higgins (UBO) de Santiago du Chili 
- Il est ancien élève de l’ENA, ancien auditeur de l’Institut diplomatique des Affaires étrangères et diplômé de Sciences Po Paris. Il est auteur des « Nouvelles Guerres Economiques » Ophrys 2011. 
Randa Kassis est porte-parole et présidente de l’Assemblée générale de la Coalition laïque et démocratique syrienne. Elle est anthropologue et journaliste syrienne, vivant en exil à Paris.

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COMPTE RENDU 

Perspective historique :

- M. Paillard a ouvert la conférence en rappelant les grandes étapes de l’histoire de la Syrie. Il a notamment mis en avant le rôle que la France a longtemps joué dans la région. Notre statut de « protecteur des Chrétiens du Levant » a fait qu’au sortir de la Première Guerre mondiale, la Société des Nations (SDN, ancêtre de l’ONU) a mandaté la France pour aider les nouveaux Etats du Liban et de la Syrie détachés de l’Empire Ottoman à accéder à l’indépendance.


- Mme Cassis rappelle que son pays est un "confetti" religieux, ethnique et linguistique. On y trouve toutes les composantes du Christianisme (syriaques, nestoriens, orthodoxes, …) et de l’Islam (sunnites, chiites, alaouites, ismaéliens, druzes [qui sont considérés comme des hérétiques mais dont la doctrine est dérivée de l’Islam]…). Au niveau ethnico-linguistique, on y trouve des Arabes (arabophones), des Kurdes (langue indo-européenne), des Turkmènes (turcophones), …


- La cause majeure de l’affrontement actuel est à rechercher dans la dictature paranoïaque du clan Assad. Sa politique internationale était constituée de trois éléments forts : opposition face à Israël ; refus des frontières actuelles et volonté de recomposer une « Grande Syrie » ; ancrage anti-occidental, en alliance avec l’URSS, puis la Russie, et/ou la Chine.


Des intérêts disparates :

- L’Europe est pour l’instant restée en retrait du conflit. Si elle avait des intérêts directs en Libye (exportations d’hydrocarbures, débouché pour les industries de l’armement), ce n’est pas le cas en Syrie. En outre, l’armée Syrienne est plus professionnelle que ne l’était celle de Kadhafi. Enfin, le précédent de l’Irak prouve qu’une intervention étrangère peut gravement détériorer une situation politique longtemps figée.


- Israël ne veut pas prendre parti. Si l’Etat juif voulait aider l’opposition et en fait la communication, le ressentiment dans la zone serait tel que cela serait largement contre-productif.

- L’Iran a par contre un intérêt direct à maintenir le régime en place car il alimente le Hezbollah et maintient ainsi une pression sur le monde pro-occidental.
- La Russie utilise son veto pour maintenir son dernier allié dans la région.
- La Chine bloque aussi car elle ne veut pas voir d’intervention extérieure dans un pays souverain et proche de ses intérêts.

Perspectives d’avenir :

- L’Occident aurait sans doute intérêt à intervenir, ceci pour deux raisons : cela affermirait la Démocratie. Selon le mot célèbre d’un diplomate « une démocratie n’attaque pas une autre démocratie ». En outre, cela permettrait de briser l’axe Téhéran – Damas – Beyrouth.


- Pour débloquer la situation, il faudrait offrir une issue à la famille Assad. Sans porte de sortie honorable, elle n’a d’autre perspective que de se maintenir au pouvoir par la force.

- Une piste réside sans doute dans la scission du clan Alaouite.
- L’accès au pouvoir des Frères musulmans ne constitue pas une crainte pour les chancelleries occidentales. D’abord parce qu’ils sont « relativement » modérés. Ensuite, parce que les Etats-Unis pensent qu’ils vont échouer et que cela laissera place à une alternative plus favorable. Néanmoins, ce calcul peut se révéler dangereux car, une fois au pouvoir, il n’est pas exclu qu’ils y restent en refusant d’organiser des élections libres (il n’y a pas d’élection vis-à-vis de Dieu).


Compte-rendu rédigé par Jérôme Bondu

NB : voir les actualités sur le site de la Diplomatie Française.


 

Par Jerome Bondu - Publié dans : Géopolitique
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