Lundi 26 octobre 2009 1 26 /10 /2009 21:23

Le dernier numéro d’Archimag est très intéressant (N°228, octobre 2009). En voici une synthèse, forcément partielle, mais qui a de quoi vous mettre l’eau à la bouche.

 

Un premier article sur Google s’interroge sur les contrats d’exclusivité sur les livres que le géant américain est en train de conclure avec certaines bibliothèques. L’article rappelle au passage les lenteurs du projet européen -Europeana- de bibliothèque en ligne. Ces lenteurs ne sont pas à mettre sur le dos de la France qui est plutôt bon élève en la matière, puisque nous avons apporté près de la moitié des œuvres numérisées (4,6 millions de livres à ce jour).

 

Plus loin (P 10), on peut lire que trois des quatorze romans sélectionnés pour le Goncourt sont disponibles au format numérique. Si les livres déjà parus doivent être numérisés, il est fort à parier que les nouvelles éditions auront bientôt automatiquement une version numérique.

 

Le dossier qui a attiré le plus mon attention concerne la e-reputation (P 17). Comme le dit le chapeau « Maîtriser sa e-reputation fait désormais partie des réflexes de l’homo numericus ». J’aime bien ce néologisme, qui fera surement date (et qui est sans doute plus approprié que l’homo internetus, plus restrictif). On y lit que la cellule de veille (pardon, la cellule internet) de l’Elysée « accueille désormais cinq collaborateurs dont la moyenne d’âge ne dépasse pas, dit-on, les 25 ans ». On y lit aussi la conformation de ce que l’on supputait, à savoir que « les ministres confient le soin de Twitter à leur conseillers » (même si l’auteur de l’article reste prudent en ajoutant un « il est d’ailleurs probable que …»). Le dossier continue avec la présentation d’une liste d’outils gratuits pour surveiller sa e-reputation. On y retrouve des outils déjà présentés dans le document « Panorama d'outils de recherche d'informations gratuits et en ligne » édité en avril 2009. Un tableau intéressant liste des solutions payantes.

 

Christophe Duteil fait (P 28) une synthèse sur les agrégateurs de presse. Il relève que la concurrence du gratuit ne leur fait pas peur. Il cite Pierre-henri Chaix d’EDD qui explique « Je n’ai pas le souvenir d’une seule affaire que nous ayons perdue à cause de Google ». Par contre, la concurrence du gratuit les pousse à développer et renforcer des « services associés ». La conclusion de l’article parle d’elle-même « Une chose est sûre, l’arrivée de Google et la multiplication des contenus n’ont pas tué les agrégateurs mais ils ont amené à revoir leur positionnement. Et la métamorphose n’est pas terminée ».

 

Page suivante (P 30) Guillaume Nuttin traite des réseaux sociaux, et détaille leurs fonctionnalités. C’est un autre de mes sujets de prédilection (voir notamment la présentation : « Ce qui n'est pas partagé, n'existe pas ! ». Là encore la dernière phrase de l’article est porteuse de sens « Déjà centre de ressources et de compétences humaines, les réseaux sociaux semblent tendre également vers le rôle de centre de ressources documentaires ». Que ne feront-ils pas ?

 

Le dernier article qui a attiré mon attention est une interview d’André-Yves Portnoff « Inventons les musées et les régions web 2.0 ! ». Ce titre m’a accroché car il rejoint une idée que j’ai bloggé il y quelques années. Le concept en était très simple : je proposais la création d’un pass musée (comme on peut avoir un pass pour prendre le métro). Ce pass permettrait de s’abonner pour une durée définie (10 heures, 20 heures, ...) à la visite de certains musées, et à chaque fois que l’on s’y rendrait, notre temps serait décompté. Derrière cette proposition, il y avait l’idée d’apporter un peu de flexibilité dans la visite des musées, de mettre un peu de 2.0 dans une pratique qui est plutôt -1.0. Les musées, maison des muses, déesses de l’inspiration, semblent souvent avoir perdu de leur fonction originelle.

 

Dernière réflexion sur ce numéro d’Archimag : Les sujets débattus dans cette revue, prouvent s’il le fallait, la convergence des métiers de la documentation et de la veille. Le jour ou l’ADBS se mettra sérieusement à considérer que l’intelligence économique fait parti de son périmètre d’action naturel, cela fera bouger les lignes. Archimag est édité par le groupe Serda.

 

Jérôme Bondu

 

Par Jerome Bondu - Publié dans : Intelligence Economique - Communauté : Veille stratégique
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