Vendredi 2 octobre 2009 5 02 /10 /2009 09:37


Olivier Buquen a été nommé le 30 septembre en conseil des ministres, délégué interministériel à l'intelligence économique. Bienvenu au nouvel homme fort de l’Intelligence Economique en France. La très très bonne nouvelle est qu’il est un homme d’entreprise ! Je reprends ci-dessous quelques éléments trouvés dans la presse, émaillés de considérations personnelles.

 

 

Jean Guisnel, du Point, précise son affectation et souligne la direction bicéphale de l’IE en France :
« Le décret de Christine Lagarde qui accompagnait, voici deux semaines, la création du poste précisait que son titulaire serait placé au sein de son ministère auprès du secrétaire général du ministère de l'Économie, Dominique Lamiot.
Le décret spécifiait cependant que les "orientations" du délégué interministériel seraient déterminées par un nouveau "comité directeur de l'intelligence économique", placé auprès de la présidence de la République. Cette double dépendance Bercy/Élysée ainsi que l'élévation de la fonction au niveau d'un délégué interministériel constituaient une des grandes nouveautés de ce profil de poste. »


--> Cette direction bicéphale semble être le résultat d’un savant dosage pour respecter des susceptibilités … Espérons que cela fonctionne ! Il y a un précédent malheureux. En 1995, suite au rapport Martre, est créé le Comité pour la compétitivité et la sécurité économique, placé auprès du Premier ministre et comprenant sept membres élus pour deux ans. Ce comité sera l’objet de rivalités entre les ministères. Et comme ne régnait pas la sagesse de Salomon, le bébé a été sacrifié plutôt que de le voir s’épanouir au profit d’une de ses mères !!


Le Point souligne aussi la surprise de la nomination d’un homme d’entreprise :
« Nicolas Sarkozy s'est surtout montré sensible à son profil d'homme de l'entreprise. Il a, de ce fait, été préféré à des candidats, pourtant de haut niveau, issus de la fonction publique ou du secteur de l'intelligence économique. "L'Élysée a voulu sortir des sentiers battus, souligner la nécessité de se rapprocher du monde de l'entreprise, où se trouvent de très nombreuses informations." »


--> Personnellement, je sais d’où vient cette décision de l’Elysée. N’avais-je pas écrit le 17 septembre dans mon blog « Alain Juillet connaissait bien le monde de l’entreprise. Espérons qu’il en soit de même pour le futur délégué ministériel à l'intelligence économique. » Il ne faut pas chercher plus loin ;-)

Plus sérieusement, cette dernière phrase que Jean Guisnel met en guillemet et qui provient donc certainement de l’Elysée m’interpelle "se rapprocher du monde de l'entreprise, où se trouvent de très nombreuses informations." Il est bien sur difficile de juger d’une phrase sortie de son contexte. Néanmoins il me semble que les entreprises sont la finalité de la politique publique d’intelligence économique, et non une source d’informations.

C’est l’Etat qui détient énormément d’informations qu’il ne met pas toujours à disposition des entreprises. Ce constat a été souvent rappelé dans les colloques spécialisés. Je me rappelle notamment que c’était une des conclusions d’un événement organisé par l’AFDIE et présidé par Jean-Louis Levet. Cette même conclusion a été rappelée avec force lors d’un autre colloque tenu à l’IHEDN. Pire, l’Etat Français oblige les entreprises françaises à se dévoiler outre mesure. Hier lors d’un colloque organisé par Ile de Science, et où j’ai eu le plaisir de m’exprimer, le PDG du laboratoire Lyocentre a rappelé que l’obligation de publication des bilans est une hérésie sur la plan de l’intelligence économique. C’est une distorsion de concurrence majeure que l’Etat impose aux entreprises même qu’il devrait protéger. Mais comme mon blog est lu au plus haut niveau (comme prouvé ci-dessus) je ne doute pas que cela change très rapidement ;-)


Le Moci insiste quant à lui sur son parcours :
« Diplômé de l'Essec et de l'IEP de Paris, ce dirigeant d'entreprise a débuté sa carrière comme auditeur à la Française d'audit et d'expertise (1987-1988) avant d'intégrer le groupe Bolloré comme responsable de la communication (1988-1990). Il a ensuite rejoint le groupe Paribas comme cadre à la direction au siège (1990 -1999), puis comme directeur de l'exploitation de BNP Paribas Lease Group Italia, à Milan (1999-2002).
Olivier Buquen a ensuite quitté la banque pour devenir en 2002 directeur du développement de Plastic Omnium. Ce groupe au chiffre d'affaires de 2,7 milliards d'euros en 2008 est numéro un mondial dans deux métiers: l'automobile avec des pièces et modules de carrosserie et des systèmes à carburant en plastique; et l'environnement où il s'est spécialisé dans la pré-collecte des déchets. Sur le plan politique, Olivier Buquen est considéré comme un proche de Brice Hortefeux. Il a été conseiller municipal (UDF puis DL) de Carnac (1983-2001), maire de Carnac (1996-1998) et conseiller régional de Bretagne (1998-2000). »


--> Il a pratiqué divers métier, dans divers secteurs, avec une expérience à l’international ! Bravo pour ce parcours transverse, qui témoigne de l’ouverture nécessaire à la tenu de ce poste qui sera certainement compliqué.

 

Jérôme Bondu

 

On pourra lire un historique du développement de l’intelligence économique dans wikipedia 

 

 


Par Jerome Bondu - Publié dans : Intelligence Economique - Communauté : Veille stratégique
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