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Mercredi 13 mai 2009 3 13 /05 /Mai /2009 09:58
Les Echos ont organisé un grand colloque sur le thème de l’IE, le 29 avril 2009, au pôle Léonard de Vinci. Le Club IES était partenaire de cet événement de qualité.

Le grand quotidien de l’économie a déjà manifesté son intérêt pour le sujet en ouvrant un blog dédié, piloté par l’Académie de l’IE dont j’ai le plaisir d’être membre.

 

Les notes ci-dessous (postées en deux parties) ne prétendent pas à former un compte rendu, mais à rendre compte de quelques éléments qui ont attirés mon attention.

Précaution d’usage : J’ai essayé de retranscrire le plus fidèlement possible l’expression des intervenants (les citations qui sont en italique). Mais les informations ci-dessous ne prétendent pas être une retranscription fidèle des propos tenus.

 

Introduction d’Alain Juillet, Haut responsable chargé de l’intelligence économique.

Sur le thème : L’intelligence économique, un outil de gouvernance et de stratégie de l’entreprise.

 

Pour ce qui est sans doute sa dernière grande intervention publique en tant que HRIE, Alain Juillet a laissé un certain nombre de conseils et mises en garde. J’en ai retenu trois.

Selon lui, la profession doit :

- Etre plus pratique : Si la France perd des grands contrats à l’international c’est que nous sommes mauvais dans la pratique de l’IE. Cela cadre bien avec un billet précédent qui faisait suite à la conférence de M. Alaoui. La France est incontestablement puissante dans le conceptuel (l’abstraction). Mais plus faible dans la mise en pratique opérationnelle de l’IE.

- Etre plus offensif : Il faut progresser aussi bien en défensif qu’en offensif. On doit se préparer en Europe à voir arriver des concurrents très puissants. Les barrières, qu’elles soient normatives ou autre vont tomber. M. Juillet a rappelé une citation de Michel Porter « le secret de la réussite réside dans la connaissance des concurrents ».

- Etre plus international : Il faut développer la recherche d’information à l’international. Il faut pratiquer le renseignement économique de manière légale.

Je trouve personnellement cette expression « renseignement économique légal » étonnante. La proximité sémantique avec « le renseignement d’Etat » qui a ses propres règles, me fait craindre des futures confusions journalistiques.

 

Concernant son départ : Il a dit qu’il vient du privé. Qu’il a fait un passage dans l’administration qui a duré 7 ans. Maintenant que sa mission est remplie, il va retourner dans le privé.

Il a été longuement applaudi, témoignage de la reconnaissance de la profession envers le travail accompli.

 

1er table ronde: Comment utiliser, hiérarchiser et exploiter ses sources d’information ?

 

Intervention de M. Bernard Besson, en tant qu’administrateur de l’AFDIE.

- M. Besson a repris le thème du renseignement (introduit par M. Juillet) pour rappeler qu’il « n’est pas un délit ».

Le renseignement est légal. C'est l'espionnage qui est illégal. Le renseignement  d'Etat, du fait du Secret Défense peut le cas échéant se soustraire à la Justice de manière légale alors qu'il pratique des méthodes intrusives. Il appartient alors à la Justice de demander la levée du Secret Défense. Dans le cadre de l'entreprise il est possible de parler de renseignement économique dès lors que celui ci est légal.

 

- M. Besson a ensuite insisté sur son thème favori du questionnement, comme posture préalable à une dynamique d’IE. J’ai beaucoup aimé le raccourci « On a les informations que l’on mérite » que M. Besson a développé comme suit : Une donnée (informationnelle) qui touche une personne qui ne se pose pas de questions, reste une donnée. La personne ne sait pas l’exploiter. La même donnée qui touche une autre personne qui elle se pose des questions, qui s’interroge, qui sait la recouper, la partager, et en un mot l’exploiter, peut faire évoluer cette donnée vers une « information », c'est-à-dire un élément moteur d’action.

 

Pour en savoir plus sur les travaux de M. Besson et Possin, vous pouvez voir leur interview, une série d’articles sur l’intelligence des risques, ainsi que le CR de son intervention au Club IES sur l’audit de l’IE.

 

Intervention de Christophe Coutenceau, Président du Groupe Technologies Avancées au sein de l’Association des diplômés de HEC; Directeur du développement de Ricoh.

M. Coutenceau a parlé du travail collégial mené au sein du groupe HEC.

Je trouve personnellement heureux de voir que la grande école de commerce semble avoir passé l’éponge sur les frasques passées et s’intéresse à nouveau publiquement à l’IE. Je note néanmoins que ce groupe de travail s’appelle « Technologies Avancées » et non « intelligence économique ».

 

Intervention de M. Hervé L’Huillier, Directeur adjoint intelligence économique, Total

M. L’Huillier fait la distinction entre son travail et celui réalisé par la direction de la veille qui utilise des plateformes de veille pour faire notamment des revues de presse. Son rôle nous dit-il est différent. Et pour le décrire, il commence par énumérer tout ce que ne fait pas sa cellule : ni veille, ni stratégie, ni lobbying, ni sécurité, ni sûreté, … Un sourire traverse la salle. Que font-ils donc ? Et bien le plus difficile explique l’intervenant, … Sa cellule essaye de faire « de l’intelligence » (au sens de la définition de M. Besson). Il s’explique à peu près en ces termes :

Son travail consiste à se questionner. A trouver les bonnes questions et à essayer d’y répondre. Cela se heurte à trois obstacles :

- D’abord, celui de saisir les bonnes questions. Nous sommes dans un monde relatif et non absolu. Il n’y a pas de « bien » et de « mal ». Il y a « mieux » et « moins bien ». Il y a « vite », « moins vite », et « trop tard ».

- Ensuite, celui de trouver les bonnes sources pour pouvoir y répondre. Et là, la critique est de rigueur : On ne peut pas considérer que parce que c’est dans la presse que c’est parfait. Ce n’est pas une matière première garantie.

- Enfin, celui d’avoir la liberté d’analyse. Les veilleurs savent bien que remontrer une information qui va à l’encontre de la pensée ambiante ou d’une position officielle d’un directeur est difficile. M. L’Huillier explique à ce niveau : il faut une liberté de penser. Mon métier est aussi de challenger la pensée commune.

 

Intervention de M. Stéphane Rosenwald, Président du Groupe Professionnel IES au sein de l’AA ESCP-EAP et CEO de RV Conseil.

Il a notamment parlé de l’effet revitalisant de l’IE auprès des collaborateurs en période de crise.

 

Intervention de M. Denis Berthault, Directeur des opérations de Lexis Nexis Analytics

Avant de parler des solutions offertes par Lexis Nexis, notamment dans le cadre du rachat de Datops, M. Berthault a remis Google à sa place : L’information de qualité ne va pas rester gratuite longtemps sur Google. Le métier de Google n’est pas de fournir de l’information de qualité, mais de vendre de la publicité !

Cela me semble tout à fait pertinent de désacraliser Google, qui n’est ni plus ni moins qu’une sorte de régie publicitaire. Cela change la perspective !

Pour creuser cette idée, vous pouvez vous reporter au livre blanc sur la recherche d’information gratuite et en ligne où Google est présenté avec toute une série d’autres outils pertinents. 

 

2eme table ronde: Quel accompagnement et quelles ressources à disposition des entreprises dans la mise en place de leur intelligence économique ?

 

Intervention de M. Cyril Bouyeure, Coordinateur interministériel à l’Intelligence Economique, Ministère de l’économie, de l’industrie et de l’emploi.

M. Bouyeure a présenté son rôle, son action et nous a notamment annoncé le lancement d'un site dédié à l'IE Voir son interview.

 

Intervention de Mme Agnès Bricard, Membre du conseil supérieur, Ordre des Experts Comptables.

Mme Bricard a relevé à juste titre que : Le monde de l’intelligence économique est totalement opaque. Il est difficile de savoir « qui est qui ». Elle a d’ailleurs remercié publiquement Philippe Clerc qui lui a permis de connaître les acteurs importants, et de comprendre le rôle de chacun.

L’implication des experts comptables dans une dynamique d’intelligence économique est à mes yeux un événement fondamental. Cette corporation de 18 000 personnes va être sensibilisé à l’IE, et vont par ricochet sensibiliser leurs clients, entreprises, PME PMI.

 

Intervention de M. Michel Dieudonné, Vice-président en charge de l’IE à l’Assemblée des Chambres Françaises de Commerce et d’Industrie (ACFCI).

M. Dieudonné a relaté une expérience intéressante de mise en place d’une veille partagée dans des entreprises de fabrication de lunettes dans le Jura. L’agressivité de concurrents, la perte de part de marché, ont forcé ces entreprises qui ne voyaient pas auparavant l’intérêt de mutualiser une veille, à fédérer leurs forces.

 

Intervention de M. Rémy Pautrat, Président de l’IERSE.

- M. Pautrat avec le dynamisme qu’on lui connait, a d’abord rappelé sa découverte de l’IE. C’était aux Etats-Unis en 1985. Il a découvert la puissance d’un système d’Etat en IE au travers de la « Small Business Administration ».

- De retour en France et avec la position de préfet, il a compris l’importance des PME-PMI pour le développement économique territorial, et les faiblesses du dispositif français de soutien. D’abord les besoins des PME Françaises, leurs soucis et leurs contraintes, sont mal compris par l’administration. « Le temps n’est pas le même pour les PME et pour l’administration ». Cela est d’autant plus dommageable qu’elles ont un rôle primordial, notamment pour le tissu industriel : « Je suis un grand admirateur, un amoureux inconditionnel des PME-PMI. C’est avec les PME et dans les territoires que la bataille économique va se jouer ».

- M. Pautrat (qui fut préfet évaluateur) nous rappelle que celui qui occupe le poste de préfet a un devoir de prospective, pour projeter le territoire dans le futur. Il a battu en brèche l’idée que seul les organismes étatiques étaient dépositaires de l’intérêt général et que les PME soient des structures commerciales donc intrinsèquement tournées vers un intérêt individuel (à opposer à l’intérêt général). Les intérêts des deux sont intimement liés. [Claude Revel développe cette idée dans son ouvrage Nous et le reste du monde]. 

- Il a créé dans les départements où il a exercé une mission d’aide aux entreprises, et doute (et déplore) que ce type d’initiative n’aient pas été développées dans chaque préfecture. Il demande qu’il soit créé dans chaque préfecture un pôle économique pour aider les entreprises, diffuser la culture IE, faire comprendre l’aide que peut fournir l’Etat.

- Si cela n’est pas déjà en place c’est que des freins existent, qu’il a d’ailleurs bien identifié : l’habitude, la routine, la procédure. Comme les préfets ne sont pas évalués sur ces éléments, il n’y a aucun intérêt pour eux à s’activer dans ce domaine.

(voir le compte rendu de son intervention au Club IES, et son interview en marge du colloque)

 

Intervention de M. Jean-Bernard Pinatel, Président de la Fédération des Professionnels de l’Intelligence Economique (FEPIE).

La FEPIE va délivrer un certificat des professionnels de l’IE, avec pour prochain objectif de délivrer une certification aux formations en IE.


Lire la seconde partie.

Par Jerome Bondu - Publié dans : Intelligence Economique - Communauté : Veille stratégique
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