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Mardi 20 janvier 2009 2 20 /01 /Jan /2009 09:17

Alors qu’en 2008 la vente des films français à l'étranger a battu un record (voir le billet d’hier), je me suis rappelé avoir participé à l’organisation en 2006 d’une conférence très intéressante animée par Olivier-René Veillon sur le thème : Le cinéma français face au cinéma américain : les enjeux stratégiques, d’influence et de géopolitiques

 

La conférence a été organisée le lundi 9 janvier 2006 dans les salons du Cercle France Amériques, par Hi Team, le Cercle France Amériques, l’IFIE et le Club IES.

 

Olivier René Veillon est un spécialiste du domaine

(NB : La biographie suivante date de l’intervention) Ancien élève de l’Ecole Normale Supérieure, ancien Délégué Général de TV France International, il a été chargé de la promotion des programmes audiovisuels français sur le marché international. Directeur International du Groupe Téléimages, puis Directeur Général Adjoint de MK2, il est, depuis le printemps 2004, Directeur de l’Etablissement public «Commission du Film d’Ile-de-France».
Par ailleurs, il enseigne l’Ecole Supérieure de Commerce de Paris et à l’Université Ibéro-américaine (Mexico). Il a publié plusieurs essais sur les arts visuels et le cinéma, notamment «Le Cinéma Américain» (éditions du Seuil).

 

La commission du Film d'Ile de France, une démarche offensive

L’Ile-de-France concentre sur son territoire 90% des industries du cinéma et de l’audiovisuel français. Elle est aujourd’hui confrontée à une concurrence internationale croissante. La Région a mis en place la Commission du film d’Ile-de-France qui a vocation à conduire une démarche offensive en lui donnant les moyens de renforcer sa présence sur le marché international.

 

Compte rendu de l’intervention

A l’origine du cinéma, l’invention des frères Lumière donne à la France un rôle de leader. Ces derniers ont même réussi à lui donner une dimension mondiale. Les œuvres produites sont des adaptations d’œuvres littéraires, de feuilletons et de séries populaires.

Toutefois avec la guerre de 1914, une rupture se produit au niveau géopolitique et esthétique. Le cinéma américain, à l’abri des effets de la Première Guerre mondiale, se développe et devient une référence mondiale. Hollywood devient un mythe de la nation avec ses grands studios. Le cinéma de genre, notamment le comique lance des stars comme Charlie Chaplin embauché par Mack Sennett en 1914.

 

Dans les années 1920, le système des grands studios installés à Hollywood a pris son essor. Les cinq plus grands (les majors) ont pris le contrôle de toute la chaîne cinématographique de la production à la distribution et ceci au niveau mondial. Première major, la Warner Bros a réussi à s’imposer auprès du public avec sa vedette Rintintin, le fameux berger allemand.

 

Un deuxième décrochage entre le cinéma américain et les autres cinémas se produit en 1929 avec l’arrivée du parlant. Le coût des films quadruple et les structures françaises n’ont pas les moyens nécessaires pour suivre l’évolution technologique. Dès lors, deux modèles différents ont coexisté : le premier américain avec sa capacité à créer des grandes productions diffusées mondialement, et le second, avec des structures de taille plus réduites qui diffusent leurs films au niveau national. Seul l’Inde fait exception à la règle. Son mode de fonctionnement complexe et opaque « freine la conquête » du pays par le réseau de distribution américain.

 

Aujourd’hui, le cinéma mondial est très limité. Deux pays (en dehors de l’Inde dont on a vu la particularité) s’en sortent mieux que les autres face aux Etats-Unis : la France et la Corée. Toutes deux réussissent à exister par l’adoption de logiques nationalistes. La France soutient son cinéma au travers d’un fond de soutien reversé via le Centre National de la Cinématographie ; et la Corée en imposant une diffusion dans ses salles de 50% de films nationaux.

 

Si la France produit environ 200 longs métrages (à peu près autant que les Etats-Unis), les différences en termes d’investissement sont très fortes : d’un coût moyen de 5 millions d’euros le film français est bien moindre que celui du film américain de l’ordre de 35 millions d’euros. Toutefois grâce à des projets originaux, la France arrive à sortir des films qui ont une diffusion mondiale.

 

Aujourd’hui, le défi à relever est de faciliter la fluidité du financement des films en Europe. Des accords entre les organismes comme ceux existants entre la Commission du Film d’Ile de France avec Berlin, la région du Brambourg, le Lazio et Madrid permettent de commencer à y répondre.

Par Jerome Bondu - Publié dans : Géopolitique - Communauté : Veille stratégique
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