Mercredi 30 janvier 2008
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Bruno Bettelheim a mis en valeur les messages véhiculés par les contes pour enfants. Intéressons-nous
aux contes modernes.
D’abord à « Madagascar » des Studios Walt-Disney. Ce dessin animé met en scène quatre animaux d’un zoo New-Yorkais, qui se
retrouvent sur l’île de Madagascar. Cette île, qui vit à l’état sauvage, voit le peuple des Lémuriens régulièrement attaqués par des prédateurs. Nos quatre New-Yorkais vont (un peu malgré eux)
délivrer les « pauvres » lémuriens de leurs « méchants » prédateurs.
Au second degré, on peut décrypter un message politique :
- Les Lémuriens sont commandés par un roi fantoche, dont la seule qualité s’emble d’être de bien savoir danser. Ce roi fantoche n’a aucune
considération pour ses sujets, et est prêt à sacrifier les plus faibles (enfants). Il a un conseiller (plutôt « sage »), mais dont il ne veut pas entendre les recommandations. Ce roi
veut instrumentaliser les animaux New-yorkais pour chasser les prédateurs. Un enchaînement de circonstances va faire que son but va être atteint.
- Une fois la "mission salvatrice" accomplie les héros décident de repartir chez eux au zoo de New-York, mais ne le peuvent ! Ils sont bloqués
sur place …
- Personnellement j’y ai vu une « allégorie » de la politique d’interventionnisme des Etats-Unis, et notamment de la guerre en Irak !
On sait que le FBI ou la NSA peuvent passer des « commandes » auprès des Studios pour des films qui mettent en valeur les Services américains. Est-ce que cela a été le cas pour
Madagascar … ?
Les messages sont tout aussi forts dans Azur et Asmar ou Kirikou, films d'animation de Michel Ocelot, mais
empruntent un tout autre versant.
- Les héros avancent en posant (et se posant) des questions. Aucune question n’est taboue.
- Le mal n’est pas inné, mais le résultat d’une souffrance (comme c’est le cas de la sorcière Karaba).
Ces dessins animés créent des référentiels importants pour les enfants, et il est bon là comme ailleurs de préserver la diversité des
cultures.
Jérôme Bondu