Vendredi 25 janvier 2008
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Le colloque sur l’Intelligence Economique et la Francophonie (annoncé dans deux posts précédents*) s’est tenu hier.
D’emblé, on peut féliciter les organisateurs, au premier rang desquels l’ACFCI**, pour l’idée de ce colloque et la qualité de son
organisation.
Des actes rendront avec exhaustivité la teneur des débats. Je me contenterais de reprendre ici quelques éléments des interventions d’Alain Juillet et
de Philippe Clerc.
Alain juillet, haut responsable à l’intelligence économique a fait un constat et a émis une volonté
Le constat
Alain juillet commence par rappeler qu’il est essentiel de sortir (enfin) du nombrilisme franco-français. Il cite Jacques Attali quand ce dernier
affirme que nous rentrons dans un monde composé de nouveaux paradigmes, sous le signe de la « guerre de la connaissance ». Nos systèmes doivent évoluer, être repensés. Et c’est
justement là un des rôles que l’on peut attribuer à l’Intelligence Economique.
L’intervenant reprend les qualités intrinsèques de l’IE, et met en regard ce que pourrait apporter une ouverture à la
francophonie :
- L’IE demande de travailler avec humilité. Le point de départ de toute démarche est de reconnaître que nous ne sommes pas les
meilleurs.
Travailler au niveau de la francophonie nous permet de nous confronter facilement à des autres systèmes, et donc de pouvoir analyser les forces et
faiblesses.
- L’IE demande un travail en réseau.
La francophonie comprend des pays qui ont l’habitude de travailler en réseau. L’intelligence collective dans le réseau des francophones est un levier
formidable.
- L’IE demande d’être toujours le plus réactif possible. Si on détecte un marché, il faut y être le premier (c’est la prime au
leader).
On peut s’appuyer sur le monde francophone composée de capteurs présents partout dans le monde.
- Au-delà de la réaction, l’IE demande aussi de la volonté d’anticipation.
La francophonie, présente sur tous les continents, est un outil à la mesure de ces besoins d’anticipation.
Alain Juillet, dans une vision décloisonnante de l’IE, a rappelé qu’il y a de nouveaux territoires où exploiter l’intelligence économique :
l’intelligence culturelle, juridique, sportive, sociétale, … il émet ainsi l’idée de changer l’expression « intelligence économique » vers « l’intelligence
stratégique ».
Le haut responsable à l’IE émet une volonté
Que l’univers de la francophonie soit une force comparable à d’autres mouvements linguistiques ! Il rappellera l’expression « Qui
n’avance pas recule ». Le monde bouge. Si nous ne bougeons pas nous serons rapidement dépassés. Et cela se marquera concrètement en termes de chômage, de déstructuration de la société,
de destruction culturelle… Il termine en assurant que chacun a sa place, chacun peut (et doit) travailler « à la construction de la maison commune ». Un challenge à la mesure de la
« maison francophone ».
Philippe Clerc, directeur IE à l'ACFCI, rappelle l'importance de l'intelligence sociale et la coopération
La création d’un réseau d’intelligence économique au sein du monde francophone, impliquera de plus fortes coopérations, et la mise en œuvre au sein
des participants des principes d’intelligence sociale.
L’exacerbation de la concurrence nous mènerait tout droit à la conflagration, s’il n’y avait des possibilités de coopération entre les acteurs
économiques. Le travail sur les « sphères d’influence » (voir le CR de d’Aveni) peut être un outil qui remplace (et dans un sens adoucit) l’âpreté de la lutte économique.
La coopération qui peut se faire au sein d’un groupe de personnes, d’entreprises ou de pays induit l’idée de socialisation, et donc d’intelligence
sociale. Ce concept a été très bien développé par « l’école suédoise de l’IE ».
- Une de ces caractéristiques réside dans la volonté d’apprendre des autres, de se placer en position d’« apprenant ». Une diaspora est un
bon exemple de réseau efficace, apprenant, réticulaire.
- Toutes formes de coopérations commencent par la compréhension de l’autre, à mettre en regard de la connaissance de soi. On revient là à une des
bases de la vie sociale.
Jérôme Bondu
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** colloque organisé le 24 janvier 2008 l'Assemblée des Chambres françaises de Commerce et d'Industrie (ACFCI), l'Organisation internationale de la
Francophonie (OIF), l'Agence universitaire de la Francophonie (AUF), le Forum francophone des affaires (FFA), l'Institut catholique de Paris (ICP) et le Pôle universitaire Léonard de Vinci
(PULDV)
* Voir aussi les deux précédents posts :