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De nombreux exemples semblent prouver que … « oui ! »
- Une de mes premières expériences de « mobilité interne » s’est passé dans un grand groupe industriel français. Un ingénieur avec qui j’avais sympathisé me présentait ses projets en cours, qu’il
avait du mal à faire aboutir, et des conséquences probables sur sa progression interne. Il était « Chargé de mission », et son prochain poste aurait du être à un niveau de direction. Je m’en
ouvrais plus tard avec un de ses collègues qui trancha rapidement la discussion, il n’ira pas plus loin dans la hiérarchie … « il n’a pas le bon diplôme ».
- Et au-delà du diplôme, c’est parfois la transversalité qui est refusée ! Récemment, Hervé Bommelaer, diplômé de Sciences Po Paris et de l'Essec, a présenté devant les auditeurs
du Club IES les difficultés qu’il a eu de passer de son poste de Directeur Commercial International à un poste dans le … recrutement. Il a réussi, non sans difficultés, et est aujourd’hui
consultant en outplacement chez Leroy Consultants - Groupe BPI. Un changement réussi, d’accord, mais pour lequel il a du passer sous les fourches caudines de deux CDD (malgré son niveau et ses
compétences). Il a écrit par la suite … « Trouver le bon job grâce au réseau ».
- Nous sommes encore dans notre sujet, quand l’un des portes paroles d’un grand parti français explique qu’avec la nomination de Bernard Laporte au poste de secrétaire d’Etat aux sports, on
entretient « la confusion entre le sport, les affaires et la politique ». Je ne connais rien du côté « affaire » du sujet, mais je trouve plutôt intéressant qu’un sportif, ancien entraîneur du XV
de France, participe au « management » (voire à l’entraînement) de la France. La mobilité doit se faire dans ce sens là aussi. Même s’il ne maîtrise pas les arcanes du pouvoir politique, cela ne
pourra qu’apporter un sang neuf à une arène où les vieux lions se dévorent depuis bien longtemps entre-deux. Et puis, s’il participe à ramener la France vers la 4ème place du podium mondial
(comme pour le rugby), ce serait un sacré exploit ! Cassons les stéréotypes. Rappelons-nous qu’une des raisons avancées pour expliquer la défaite de Paris face à Londres, pour
l’organisation des jeux Olympiques en 2012, était que l’équipe anglaise était la seule à présenter dans ses rangs un ancien sportif de très haut niveau ayant des responsabilités
gouvernementales.
Que faire ?
C’est sans doute pour lutter contre ces rigidités, qu’à mon humble niveau, j’ai créé une association pour promouvoir le rôle des historiens en entreprise et aider au recrutement des jeunes
diplômés en histoire (j’ai moi-même un DEA d’histoire). L’association « Histoire et Entreprises » s’est matérialisée récemment par le un blog (que je suis en train de construire).
C’est sans doute pour cela aussi, que j’ai trouvé intéressante l’initiative de l’université de Marne-la-Vallée et de sept grands
groupes de lancer la charte Phénix. Son objectif : fournir un emploi à 70 universitaires (par an) issus des filières littéraires ou de sciences humaines. Ce type d’initiative
pourra contribuer à réduire le fossé entre le monde universitaire et le monde de l’entreprise, et créer des passerelles. C’est un des fruits du travail de la commission du dialogue économique du
MEDEF *. 70 universitaires, cela peut paraître dérisoire, mais ce chiffre montre à quel point on part de loin.
Si l’on doit rappeler un seul chiffre : 19% des créateurs d’entreprise sont autodidactes. Au moins eux, n’ont pas le souci de savoir s’ils ont le bon ou le mauvais diplôme. Ils
avancent !!
Jérôme Bondu
* Le phénix est l’animal mythique qui renaît de ses cendres. Je ne sais pas si cela est du premier ou du second degré ? Manière de signifier que le diplômé en sciences humaines peut «
renaître » en entreprise… Bravo en tout cas à cette initiative.
Ces entreprises sont : PwC, Renault, Axa, Coca-Cola, Siemens, HSBC, Société Générale.
Informations complémentaires : http://www.univ-mlv.fr/universite/actualite/images/charte_phenix.pdf