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Samedi 20 octobre 2007 6 20 /10 /Oct /2007 15:15

besson-possin.jpg    Article de Bernard Besson

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Cet article faisait partie du numéro spécial sur l’IE de la Revue de l’Association des Diplômés de l’IAE de paris. Ce numéro 170 paru en mai 2003, intitulé « Intelligence Economique, un outil au service de la compétitivité », a été coordonné par Jérôme Bondu.
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L'audit d'un système d'intelligence économique doit permettre à l'entre prise d'apprécier l'efficacité de sa propre intelligence collective, d'en mesurer le coût et les effets. L'audit peut être confié à une équipe interne ou sous-traité à un cabinet spécialisé. Dans les deux cas la démarche obéira au même processus.

Tout audit commencera par une évaluation financière de la production informationnelle. L'intelligence économique existe déjà au sein de l'entreprise. Même en l'absence de toute formulation, celle-ci représente déjà un coût.

Le budget de l'intelligence économique est une réalité. Il appartiendra à l'auditeur de le rendre visible. Le recueil, la mémorisation, la traduction, l'analyse, le partage, la diffusion, la protection de l'information coûtent du temps et de l'argent.

A ce coût du savoir qui a une tendance à l'augmentation, il conviendra d'ajouter le coût de l'ignorance qui peut se révéler parfois exorbitant.

La lecture du budget d'intelligence économique permettra à l'entreprise de définir un "coût informationnel moyen". A partir de celui ci l'entreprise verra mieux quelle partie, quels objectifs d'intelligence économique, elle peut valablement sous-
traiter à l'extérieur. Elle pourra ainsi comparer des prix de revient. Après l'audit budgétaire, il conviendra de mesurer un certain nombre de facteurs dont la présence ou l'absence conditionneront l'efficacité d'un système d'intelligence économique balbutiant ou performant.

Les auditeurs vérifieront l'état des projets manageriaux. Existe-t-il un programme d'intelligence économique ? L'entreprise est-elle capable d'exprimer des besoins précis en la matière ? Sait-elle traduire ses besoins en questions pertinentes ? Est-elle capable de prospective et cette prospective, débouche-t-elle sur l'appréhension de l'environnement ? Un système d'intelligence doit déboucher sur la perception concrète de menaces et d'opportunités de toute nature. Cette perception peut être mesurée.

Les auditeurs évalueront également les capacités de l'entreprise dans le domaine du partage de l'information et des compétences. Un système d'intelligence économique ne se limite pas à l'aspiration de données. Les informations recueillies doivent être partagées afin d'être validées et déboucher sur des connaissances nouvelles. Cette capacité plus ou moins vivante peut être également auditée.
Une intelligence économique opérante repose sur un système de réseaux convenablement articulé.
L'entreprise a-t-elle une vue précise des réseaux existants sur lesquels elle peut s'appuyer ? A-t-elle la capacité d'identifier et de créer des réseaux pour soutenir chacun de ses projets ? Ses systèmes d'information sont-ils utilisés à bon escient ? Les auditeurs vérifieront également les capacité d'influence de l'entreprise sur son environnement. Ils mesureront sa faculté à repérer et à intégrer les réseaux d'influence susceptibles de l'aider à anticiper sur des réglementations, des normes, des appels d'offre, des alliances dans tous les domaines.

Les auditeurs vérifieront également dans quelle mesure l'entreprise est consciente de sa propre image auprès de ses fournisseurs, de ses clients, de ses partenaires commerciaux ou industriels. A-telle les moyens humains et informationnels de l'améliorer ?

En mesurant au plus près la densité et la vitesse du cycle de l'information reliant tous les acteurs internes du système, les auditeurs prendront littéralement le pouls de l'intelligence collective. Plus que la diffusion de l'information, ils mesureront le nombre des questions et des réponses. Chaque audité sera consulté en tant que producteur et consommateur d'information. Existe-t-il au sein de l'entreprise une véritable économie d'échange ?

Après avoir évalué l'utilisation des réseaux, les auditeurs se pencheront sur la mémoire de l'entreprise. Celle-ci est-elle capable de centraliser en un lieu unique des informations de toute provenance afin de les croiser et de découvrir des liens, des indices, de détecter des menaces ou opportunités ?

Cette mémoire commune a-t-elle dépassé le stade du stockage et de l'entrepôt pour devenir un carrefour accessible au plus grand nombre ?

Comment est-elle gérée ? Les auditeurs vérifieront également la capacité de l'entreprise à transformer l'information orale en information écrite afin d'en assurer la diffusion optimum. A cette occasion les auditeurs tenteront d'évaluer le degré de rétention d'information dont souffre l'entreprise. Ils essaieront d'en analyser les causes qui pour être commune à toutes les organisations, peuvent correspondre ici ou là à des situations particulières.

La capacité de l'entreprise à revenir sur ses échecs passés afin d'en tirer des conclusions utiles sera également examinée. Pour être essentiellement prospective l'intelligence économique n'en est pas moins historique.

Un système efficace d'intelligence économique doit être convenablement animé. Faute de délégué général à l'intelligence économique, les auditeurs devront repérer et désigner les femmes ou les hommes susceptibles d'accomplir cette mission à temps plein ou partiel.

Il s'agit ici de l'aspect sans doute le plus délicat d'une démarche d'audit car il touche au devenir professionnel des personnes.

L'éthique et la déontologie qui doivent accompagner, pour des motifs d'efficacité, tout système d'intelligence économique feront également l'objet d'une évaluation, voire de conseils. Aucun système d'intelligence économique ne peut valablement prospérer sans confiance, c'est-à-dire sans transparence.

Le management est-il en mesure d'expliquer clairement et simplement la raison d'être et le fonctionnement d'un système d'intelligence économique ? A-t-il la capacité de ?? face aux questions et inquiétudes légitimes des personnels ?

Un système d'intelligence économique doit créer de la valeur pour les personnels, les clients, les actionnaires et l'ensemble des partenaires.

Cette création de valeur pourra prendre différentes formes mais devra faire l'objet d'une évaluation.

Les auditeurs s'intéresseront également à l'intelligence des risques industriels, environnementaux et juridiques, à leur évaluation et à leur prévention.

Les politiques de sécurité et de sûreté dans le domaine des malveillances seront également analysées. L'aspect défensif viendra compléter l'aspect offensif. Un audit d'intelligence économique obéit à un processus logique et linéaire. La démarche doit suivre un programme et déboucher sur un document écrit qui dans la plupart des cas servira de première pierre à un système naissant ou permettra d'améliorer ce qui existe déjà. L'audit s'articulera autour d'un bilan de l'existant accompagné de recommandations afin de combler des lacunes ou de redresser des dysfonctionnements.

L'audit ne juge pas des personnes, il ne remet pas en cause l'organigramme de l'entreprise mais lui permet une vision d'elle-même originale et souvent inattendue.

En tant que démarche ordonnée l'audit mesure une réalité souvent diffuse et invisible. Il restitue à un moment donné l'image d'une intelligence collective. Il agit comme un miroir et permet à l'entreprise de se regarder sous un angle de vue inhabituel.

L'entreprise n'ayant pas le monopole de l'intelligence économique l'audit peut s'appliquer à des administrations ou des intelligences économiques territoriales. Des expériences sont en cours et montrent que la mutualisation de l'intelligence économique entre partenaires privés et publics obéit aux mêmes critères et appelle les mêmes fonctions. Dans tous les cas de figure, l'audit reste une aventure humaine passionnante et enrichissante.

Par Bernard BESSON

Biographie (mai 2003)
M. Besson est membre du CIEM et du bureau élargi de l’Association Française pour le Développement de l’Intelligence Economique (AFDIE). Membre associé au CISP, il est commissaire divisionnaire au ministère de l’Intérieur et membre du Centre d’études et de prospective stratégique. Il enseigne l’intelligence économique à Marne la vallée, et est l’auteur de plusieurs romans policiers. M. Possin est commissaire divisionnaire honoraire de la Police nationale, il a été membre du cabinet d'audit et contrôle de l'IGPN. Il est vice-président du groupe d’intelligence économique de l’IHESI et exerce en tant que conférencier. M. Possin est par ailleurs consultant d’entreprise dans le domaine de l’intelligence économique et de la sûreté/sécurité.

Par Jerome Bondu - Publié dans : Intelligence Economique
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