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Je vous propose un petit jeu. Voici quelques extraits d’une interview d’un ministre. A vous de découvrir de quel secteur il s’agit :
« la priorité absolue est de préserver l’indépendance nationale et européenne en matière de recherche … » « Là encore, l’Europe doit faire attention à sa capacité de recherche pour ne pas
être totalement dépendante des Américains ou des Chinois »
-->On pense naturellement à la Recherche.
« il faut en même temps créer des mécanismes de stabilisation, de gestion de crise »
-->On s’oriente vers la politique étrangère.
« Pour une fois, ayons un débat politique avant le débat budgétaire »
-->S’agit-il de la sécu, de l’éducation nationale ?
« une volonté clairement exprimée d’appliquer aux produits entrants dans l’Union le même niveau d’exigence sanitaire environnementale voir sociétale que nous demandons à nos propres produits
»
-->La santé, l’industrie ?
« une grande politique de souveraineté alimentaire permettant à l’Europe d’être autosuffisante et d’exporter »
-->Vous avez trouvé ? Il s’agit du ministère de l’Agriculture et de la Pêche, par la voix de son ministre Michel Barnier. L’interview fait deux pages et est diffusée dans La Tribune du
lundi 1er octobre.
Pourquoi extraire ces citations de son discours ? Pour mettre en avant la vision stratégique de ce ministre sur son secteur. L’agriculture sera demain, encore plus
qu’aujourd’hui, au centre de grands enjeux. Michel Barnier le rappelle en début d’interview « Avec 9 milliards d’habitants en 2050, la monde va avoir faim ». Tout est dit.
Quelles conséquences :
- Si aujourd’hui la richesse d’un Etat est en partie corrélée à sa richesse énergétique (pétrole, gaz, …) il se peut que demain ce soit corrélée à sa … richesse agricole ! Car si on peut vivre
sans pétrole, on ne peut pas vivre sans manger. La France, actuel second exportateur mondial de produits agricoles aura alors une carte formidable à jouer !
- A ce premier enjeu se calque un second. Il ne suffira pas de produire. Il faudra produire sain, et même bio. Car à quoi servira de grands cheptels s’ils sont contaminés, et
doivent être abattus ? A quoi servira de vastes étendues arables, si les nappes phréatiques pour les arroser son contaminées ?
- Dernier point, la carte géopolitique mondiale s’en trouvera certainement modifiée. Certains Etats, aujourd’hui très riches de leur sous-sol mais composé de terres totalement
improductives, se préparent certainement dès maintenant à ce retournement de situation. Mais que faire quand on ne possède ni bonnes terres ni eau ? La technique peut offrir un palliatif (ex :
dessalement de l’eau de mer). Acheter ou ... prendre les terres de son voisin peut en être un autre.
Jérôme Bondu