Réseaux humains

Jeudi 29 novembre 2007 4 29 /11 /Nov /2007 09:56
face.jpg Il fallait s’en douter. Un cas d’usurpation d’identité sur Facebook est relayé par la Radio Canada.
  
Les faits :
- Adam Morrison, étudiant, a créé son profil sur le site Facebook. Mais sa photographie et son identité ont été utilisés par un « faussaire » pour créer un second « faux compte » au nom … d’Adam Morrison.
- Le vrai Morrison s’est rendu compte de la supercherie quand quatre policiers se sont présentés chez lui pour lui demander pourquoi il avait écrit sur Facebook qu'il voulait tuer un grand nombre de personnes, comme lors de la tuerie de l'école de Columbine !!
- L’affaire est rentrée dans l’ordre, du moins pour le pauvre étudiant, après que la police ait effectuée des vérifications sur son ordinateur.
 
L’article conclue : « Les policiers précisent qu'ils ont poursuivi leur enquête auprès des administrateurs de Facebook, mais sans succès. Selon le chef adjoint de la police de Charlottetown, Richard Collins, il sera difficile de trouver le coupable de ce vol d'identité. »
 
Trois niveaux d’analyse :
- Premier point : la police surveille Facebook ! Mais l’internet offre un certaine forme d’impunité.
 
- Second point, n’importe qui ayant déjà créé un profil sur Facebook (ou tout autre réseau social) s’est déjà rendu compte de la facilité de la procédure, et de la facilité qu’il y aurait à usurper le profil de quelqu’un.
L’impossibilité de contrôle est un des problèmes majeurs de ces outils. Cela va, soit freiner les adhésions, soit au contraire pousser une majorité à s’inscrire pour « occuper le terrain » et minimiser la survenance de la mésaventure citée plus haut. En effet, plus un profil créé est en lien avec de nombreux contacts, plus la tâche du faussaire sera ardue pour crédibiliser un « faux double ». Le profil d’Adam Morrison devrait être une proie facile, car tout juste créé, il avait sans doute peu de liens, et certainement aucune visibilité.
 
- Dernier élément : On peut s’attendre à voir apparaitre sur ces réseaux sociaux une forme de « violence sociale ». Les cas de figure peuvent être multiples. Avec certaines fonctionnalités de Facebook, il est facile de dénigrer quelqu’un d’autre. On peut imaginer le cas d’un élève qui serait chassé de tous les « groupes virtuels » de copains de son école, qui aurait son mur (fonctionnalité de Facebook) rempli de tags pas très sympa. On peut imaginer des cas de dépression pour cause « d’ostracisme virtuel ».
 
Pour information, Adam Morrison a décidé d'annuler son véritable compte sur Facebook !
 
Jérôme Bondu
 
Par Jerome Bondu - Publié dans : Réseaux humains
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Jeudi 8 novembre 2007 4 08 /11 /Nov /2007 21:04
P1010542.JPG Compte de la conférence du 23 octobre 2007 organisé par le Club IES sur le thème
 
STRATEGIES RESEAUX : COMMENT BOOSTER SA CARRIERE ?
Animé par Hervé Bommelaer
 
Compte rendu écrit par Jérôme Bondu.
 
Présentation du thème
- Que l’on veuille trouver un premier emploi, se repositionner, ou évoluer en interne, on se pose toujours les mêmes questions : Comment sortir du lot, comment mettre en valeur ses compétences, comment utiliser au mieux ses contacts, comment entrer en contact avec les bonnes personnes ?
- Hervé Bommelaer a apporté les réponses aux questions que chacun se pose au moins une fois dans sa carrière !
 
Présentation de l’intervenant
M. Hervé Bommelaer est licencié en droit, diplômé de Sciences Po Paris et de l'Essec.
Il est consultant en pilotage de carrière et outplacement chez Leroy Dirigeants - BPI Group.
Il est l’auteur d'un ouvrage sur la recherche d'emploi : "Trouver le bon job grâce au Réseau" Editions d'Organisation, et il publie prochainement chez le même éditeur : « Booster sa carrière grâce au Réseau ».
 
Parcours. Pourquoi s’être intéressé au réseau ?
Après avoir passé près de 22 ans dans le domaine commercial, Hervé Bommelaer a décidé de changer de métier. Il s’est alors heurté à deux obstacles :
- La dictature du CV. Lu en 20 secondes puis écarté.
- Le copié-cloné. Pour occuper un poste, on recherche généralement une copie conforme de celui qui l’occupait précédemment.
Pour mettre en œuvre son projet de changement de domaine, M. Bommelaer a bénéficié d’un outplacement et à découvert le rôle et l’importance du réseau. Et comme la littérature était très peu développée dans le domaine à cette époque, il a écrit un livre intitulé « Trouver le bon job grâce au Réseau ». Son second livre, « Booster sa carrière grâce au Réseau », bientôt en librairie, vient éclairer la gestion du Réseau quand on est en poste

Introduction
- Le réseau n’est pas un outil infaillible, et ne fonctionne pas sur tout le monde. 15% de la population est réfractaire au réseau.
- Le réseau nécessite une initiation et puis surtout de la pratique. « C’est comme le vélo », expliquer comment cela fonctionne ne suffit pas. Pour comprendre comment avancer, il n’y a qu’un moyen, c’est essayer.
- On peut réseauter en amateur ou en pro. La différence entre les deux, est d’une part, que le réseautage professionnel se fait avec une connaissance, non plus intuitive mais concrète des rouages. D’autre part que l’on se fixe des objectifs.
Durant son intervention, M. Bommelaer va présenter les neuf points clés de sa démarche.
 
Les neuf points clés de la démarche réseau
Pour booster sa carrière grâce au Réseau, il est recommandé de :


1- Intégrer les fondamentaux du Networkig.
Voici quelques pistes données par notre intervenant :
- Le socle du Réseau, c’est la confiance : celle que l’on inspire et celle que l’on accorde. Sans confiance, le Réseau ne fonctionne plus.
- Il faut privilégier des relations de professionnel à professionnel. Dès que l’affectif rentre en ligne de compte (par exemple quand on fait intervenir amis, parents, …) cela peux pervertir les objectifs initiaux.
- Le modèle qui fonctionne le mieux est celui de « gagnant-gagnant ».
- Adhérer aux valeurs du Réseau : la solidarité, le partage, les échanges et la bienveillance. Cette bienveillance, ne doit pas confiner à l’aveuglement. Tout réseau comporte des membres à « éviter » (quels qu’en soient les raisons). Membres que l’intervenant identifie comme « toxiques ». Il image d’ailleurs très bien ce point en expliquant que ces personnes sont comme la goutte d’encre qui va suffire pour teinter un verre d’eau claire.
- Enfin, essayer de créer des liens durables. A traiter le Réseau comme un kleenex (on prend puis on jette), c’est la certitude de laisser derrière soi une image peu flatteuse.
- Il est conseillé d’être, en moyenne, dans trois réseaux existants: une association d’anciens élèves, une association professionnelle, une association « plaisir » (hobbies, sport, …).


2- Déterminer son positionnement
Sans réflexion en amont, il n’y a pas de bon Networking. Pour se connaître et connaître ses besoins, un bilan de compétence peut être utile. Il sera important de rechercher ses atouts et ses points de différence (ou pour dire la même chose autrement, ses « avantages compétitifs »).
Une fois établi son positionnement, il faut « verrouiller » sa communication. Par exemple, notre intervenant nous conseille de se préparer à se présenter quel que soit le format : en 2 minutes, 1 minute, 30 secondes, 15 secondes. Cet exercice doit être fait avec beaucoup de sérieux : il faut écrire sa présentation. Se chronométrer. Se tester devant des amis.
Une structure de présentation classique comporte :
- une présentation de l’état civil : « marié, deux enfants, diplômé de …
- la présentation du métier : « je suis consultant en …
- un déroulé professionnel : « j’ai été 5 ans chargé de mission, avant de devenir …
- et pour finir, une présentation des compétences ou du projet (il faut être très lisible) : « je souhaite un poste de … dans le secteur … ».


3- Identifier ses objectifs
Le problème de la pratique du Réseau et des réseaux, est que cela est … agréable ! Si l’on veut parvenir à ses fins sans s’installer dans une routine plaisante, il faut s’imposer un objectif et un timing.
Sans objectifs, on fait du « réseau – salon de thé ». Il faut, conseille M. Bommelaer, déterminer un objectif principal (évoluer vers tel poste, développer une expertise, devenir consultant, etc.), qui peut être décliné en objectifs intermédiaires. A partir de cela, on peut fixer un planning, avec des délais et engagements, éléments indispensables pour avancer.


4- Choisir des contacts cibles
Dans le droit fil de ce qui a été dit précédemment, on peut aller de contacts intéressants en contacts intéressants, sans réellement progresser vers le but fixé. Il faut « s’imposer » des contacts cibles prioritaires et secondaires. A ce titre, la détection des « connecteurs » est essentielle. Les connecteurs sont des personnes qui sont en relation avec beaucoup de monde et qui pourront vous appuyer dans telle ou telle démarche.
Cela n’empêche pas, bien sûr, de faire preuve de souplesse et de profiter des rencontres d’opportunités.

5- Sortir de son réseau proche
M. Bommelaer rappelle ici la loi des « liens faibles », qui veut que plus une personne est proche de vous, moins elle sera efficace. Inversement, plus elle sera éloignée, plus elle pourra vous être utile. Expliquons en deux mots ce paradoxe : une personne proche de vous, vous appréciera pour ce que vous êtes, plus que pour ce que vous faites. A la limite, il connaîtra à peine votre métier et vos compétences (il est d’ailleurs intéressant de faire l’expérience de demander à un contact proche d’essayer de décrire ce que l’on fait !). Inversement, un contact éloigné pourra avoir à cœur de vous aider à titre professionnel, et ce faisant, de se rapprocher de vous.
Ainsi, il pourra être utile de réactiver ses relations anciennes, de se créer de nouveaux contacts, de demander des recommandations et introductions pour sortir de son réseau proche et rencontrer de nouveaux … liens faibles !

6- Savoir demander
On a vu dans le paragraphe précédent qu’il ne faut pas hésiter à demander des recommandations. Or ce n’est pas si facile. Surtout quand « demander » n’est pas dans sa culture (quand on a été élevé avec ces trois préceptes : « on ne demande pas », « on ne parle pas de soi », « on ne parle pas à table »). Dans le monde professionnel, si on ne demande pas, ... on est sûr de rien obtenir. Il est rare, souligne M. Bommelaer, que l’on obtienne une grosse augmentation, sans l’avoir demandée.
Pour se mettre le pied à l’étrier, on peut (avant de demander) proposer son aide. La phrase magique est alors « En quoi puis-je vous être utile ? ». Donner, est la meilleure manière de se préparer à recevoir.
Mais il faut savoir ensuite « quoi demander ». Demander un conseil, un tuyau, est un bon commencement. Il ne faut pas brûler les étapes. Il est bien connu que, lorsqu’on recherche un emploi, on peut tout demander à un contact sauf …un job. Car comme notre interlocuteur n’est généralement pas en mesure de nous en « offrir » un, on le met (et on se met) dans une position délicate.

La meilleure formule, pour un appel téléphonique, pourrait être :
- « j’appelle de la part de … (pour mettre en avant sa recommandation)
- Je vous appelle pour … (pour préciser l’objet de l’appel)
- Est-ce que vous avez quelques instants à m’accorder ? (par courtoisie, pour être sur de ne pas déranger – éviter la formule négative « j’espère que je ne vous dérange pas ») »

7- Etre visible et lisible en interne
Une bonne intégration en entreprise, demande souvent un travail préliminaire de détection des réseaux interne et des personnes clés (hiérarchie informelle, experts, …). D’ailleurs dans le cadre de son activité professionnelle, M. Bommelaer a eu l’occasion de mener un travail de détection des réseaux pour un client qui allait intégrer une structure nouvelle à Dubaï. Comme tout travail dans des secteurs géographiques « confinés », avec une vie d’expatrié, rater son intégration aurait été catastrophique. Et ce client voulait mettre toutes les chances de son côté.
Il est important, une fois ce travail fait, d’être visible auprès des réseaux et personnes importantes, et d’être lisible (d’être clair sur ses intentions, objectifs, …). Il faut écouter les autres et communiquer sur vous, sur ce que vous faites. Utiliser les espaces libres (déjeuner) pour rencontrer des collaborateurs. Participer à la vie de l’entreprise. Plus on est présent, plus on est à l’aise, plus on a des résultats.
Cela passe par une bonne capacité d’écoute et d’interaction.

8- Etre visible et attractif à l’extérieur
L’ensemble de ces actions ne doit pas se faire au détriment des liens avec l’extérieur. L’idéal est de pouvoir (car il faut bien savoir gérer son temps) continuer à veiller sur son marché, sur les opportunités et les compétences recherchées.
Rester visible pour l’extérieur peut passer par l’écriture d’articles dans des magazines spécialisés, le maintien de contact avec des journalistes du secteur, l’animation d’un blog, l’inscription à des associations d’anciens élèves (notamment pour que les données dans l’annuaire ne soient pas obsolètes), l’envoi annuel de votre Cv aux chasseurs de têtes.
L’attractivité se fait par le contrôle de son image, notamment sur le web. Cela peut passer par exemple par la création de profil dans des réseaux sociaux (Viadeo, LinkedIn).
La mise à profit des déjeuners peut passer par le principe du One Two Two :
- un déjeuner par semaine avec des gens qui nous sont proches,
- deux déjeuners, avec des collaborateurs en interne que l’on voit peu,
- deux déjeuners, avec des personnes en externe.
En tout cas, ne déjeunez jamais seul. Et ne déjeunez jamais toujours avec les mêmes personnes.

9- S’organiser pour suivre son réseau en professionnel
Des petits détails peuvent avoir un rôle important, comme le fait de toujours avoir ses cartes de visite sur soi.
Tout aussi important est le fait de suivre ses rencontres réseau sur un tableau dédié pour pouvoir en mesurer la progression. Autre conseil pratique : la mise à profit d’événements qui permettent des reprises de contacts faciles, comme les cartes de vœux du nouvel an. Pour avoir un maximum de visibilité, on peut viser de les écrire dès le début novembre, pour les envoyer en premier.

Il faut des règles, de l’entraînement, de la pratique, … et savoir mesurer les bénéfices.


Conclusion
Hervé Bommelaer nous exhorte à l’action. « Ne laissez pas votre carrière entre les mains d’un tiers, qu’il soit votre patron, le DRH, ou même votre père ! »
 
Mais il faut savoir être patient. Le réseau est chronophage. Et on ne peut pas en accélérer les effets « on ne tire pas sur la plante pour qu’elle pousse plus vite ».
 
Les Anglos-Saxons ont cette formule très explicite qui résume bien le message de cette soirée
« Networking or Not Working » !
 
 
Compte rendu rédigé par Jérôme Bondu
Diffusable sous réserver de mentionner l’auteur et le Club IES.
 
Par Jerome Bondu - Publié dans : Réseaux humains
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Samedi 20 octobre 2007 6 20 /10 /Oct /2007 15:19

jakobiak.jpg Article de François Jakobiak

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Cet article faisait partie du numéro spécial sur l’IE de la Revue de l’Association des Diplômés de l’IAE de paris. Ce numéro 170 paru en mai 2003, intitulé « Intelligence Economique, un outil au service de la compétitivité », a été coordonné par Jérôme Bondu.
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A l’ère des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication (NTIC), les réseaux ont une importance considérable . La conjonction de l’informatique et des télécommunications a conduit à la télématique dont les réseaux techniques alimentent les entreprises en information professionnelle innervant des réseaux humains, ensembles de personnes devant réaliser des actions communes .

Rôle confirmé des réseaux structurés de spécialistes :
- Au niveau des opérationnels, les entreprises ont toujours constitué des réseaux de cadres et techniciens spécialisés pour optimiser leurs productions sur des sites dispersés et répondre aux contraintes de compétitivité et de concurrence. Des réunions périodiques de responsables, organisés en groupes ou comités, et un échange permanent sont nécessaires. La messagerie électronique, l’Internet, l’Intranet sont venus améliorer les traditionnels échanges téléphoniques et la télécopie.
- Les directions fonctionnelles ont également besoin de réseaux. Ainsi la R&D possède généralement un réseau de spécialistes d’information documentaire. Les fonctions traditionnelles et vitales : achats, comptabilité, logistique, puis les nouvelles fonctions apparues à la fin du XX ème siècle : cercles de qualité, veille technologique, knowledge management… utilisent aussi les réseaux informatiques, l’Internet, l’Intranet, pour constituer leurs réseaux humains de spécialistes.

Rôle croissant des réseaux diffus :
Outre ces réseaux structurés, il existe des réseaux diffus, informels. La numérisation généralisée de l’information a créé des outils d’informatique nomade répondant fort bien aux besoins des membres de ces réseaux:
-micro ordinateurs portables, - organiseurs, -téléphones mobiles, -appareils photo numériques, -mini-magnétophones numériques… Un système centralisé et hiérarchisé ne donnant généralement pas satisfaction, c’est une "fédération" de réseaux souples, de dimensions réduites, qu’il faut constituer et éventuellement coordonner de manière discrète, non contraignante.

L’exemple des réseaux de l’intelligence économique :
Rappelons que L'intelligence économique peut être définie comme l'ensemble des actions coordonnées de recherche de traitement et de distribution, en vue de son exploitation, de l'information utile aux acteurs économiques.
Membre de la commission Martre, j’ai appris que, pour développer l’intelligence économique en entreprise, il faut mettre en place une organisation décentralisée, en réseaux.
a- Les réseaux structurés d’information documentaire constitués d’ "observateurs" professionnels de l’information, pourvoyeurs d’information publiée.
b-Les réseaux de "correspondants", salariés de l’entreprise, captant les renseignements pour les communiquer à un expert bien déterminé. Ils constituent des "réseaux de complicité" où chacun est convaincu de l’intérêt de communiquer les informations informelles, toujours collectées dans le respect de l’éthique. (2) La liaison entre membres est souple ; elle devient effective pour un motif précis : communication d’un "scoop", mise à jour d’un dossier partagé, rendez-vous, …, et l’élément concerné du réseau est alors "activé".
c- Les réseaux d’experts du domaine d’activité de l’entreprise, chargés d’analyser, valider, synthétiser l’information brute qu’ils ont reçue et de créer des synthèses, destinées aux :
d- Réseaux de décideurs, qui vont utiliser ces outils d’aide à la décision pour prendre leurs décisions stratégiques.

Le problème de la coordination des réseaux se pose : réseaux flexibles ne veut pas dire anarchie. Cette coordination intègre les caractéristiques de l’entreprise car l’intelligence économique doit être créée sur mesure et varie largement d’une société à l’autre.
Il est recommandé d’avoir un coordinateur du réseau d’observateurs, mais la coordination ne s’impose pas au niveau des réseaux de correspondants où chacun travaille pour un groupe d’experts déterminé et adresse ses renseignements uniquement à l’animateur du groupe.
La coordination au niveau des groupes d’experts peut se concevoir par grandes familles : produits, procédés, applications, prospective, zones géographiques. Elle est souhaitable pour favoriser la synergie entre entités de fonctions différentes, aider l’innovation, la réflexion stratégique, l’anticipation.

Conclusion, tendances de l’évolution :
Le management des connais sa n c e s (knowledge management ou KM) jouera un rôle positif dans le fonctionnement optimisé des réseaux de personnes dans l’entreprise.
Dans l’optique KM, le Groupware est un élément clé des réseaux de partage de connaissances. Nous trouvons, sur le site (1) : le Groupware peut être compris comme un ensemble de méthodes et de techniques de travail en équipe, ces méthodes et techniques étant "instrumentées" par des outils logiciels
conçus pour améliorer les mécanismes de communication, de coopération et de coordination, spécifiques aux processus de travail. (Serge K.Levan)
Les groupes d’experts de l’I.E. qui reçoivent, valident, analysent l’information pour en réaliser une synthèse précise, pour action, sont des constituants actifs, des utilisateurs majeurs du Groupware et le rôle des réseaux humains dans l’entreprise, déjà considérable va encore s’accroître sous l’impulsion des techniques de knowledge management.

Par François JAKOBIAK

Ouvrages cités :
- Anonyme : Intelligence Economique et stratégie des entreprises. Rapport XIème Plan. La Documentation française, Paris, 1994.
- François JAKOBIAK : L’intelligence économique en pratique, 2ème édition, Les Editions d’Organisation, 2001.

Biographie (mai 2003)
François JAKOBIAK, créateur de la société EXISTRAT (Exploitation des Informations Stratégiques) en 1994, est consultant et enseignant en veille stratégique et intelligence économique (dans divers DEA, DESS, Mastères). Auteur, depuis 1988, de six ouvrages d'information scientifique, technique et stratégique, dont le dernier, "L’intelligence économique en pratique" (1998, Editions d’Organisation) a été réédité en 2001, il coopère aussi, en 2003, avec l’Ecole des Mines de Paris pour des sessions de formation permanente. Il vient de créer SYMEXIP®, Système Modulaire d’Exploitation de l’Information Professionnelle.

(1) www.mainconsultants.com 

Par Jerome Bondu - Publié dans : Réseaux humains
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Jeudi 4 octobre 2007 4 04 /10 /Oct /2007 16:03

Courrier Cadres dans son numéro du 12 octobre 2007 publie un article qui propose « trois méthodes pour booster son réseau ».

On y trouve tous les fondamentaux sur le sujet. Sa lecture compète sera très intéressante pour les rétifs du réseau. Pour les initiés, je relaye ces trois extraits !

1- D’abord cette belle citation « Networking or not working » que nous rapporte Hervé Bommelaer « c’est ainsi que les Nord-Américains résument l’impact du réseau sur une carrière.  » On ne saurait être plus concis.
Il continue plus loin « la première chose à faire, quand on se lance dans le networking, c’est de se décomplexer ».

2- Nicolas Moinet explique plus loin en partie l’origine de ce complexe : « Il est vrai que la plupart des jeunes diplômés français sont formés à cette idée que la réussite est affaire de brio intellectuel, de cartésianisme et de compétence, tandis que l’aptitude à se créer un carnet d’adresses, pourtant fondamentale, est pudiquement occultée ».

Cela est bien dit.
Mais en ce qui concerne « nos élites », il faut être plus nuancé. On leur met souvent sur le dos deux maux contradictoires : D’une part on les accuse d’hyper intellectualisme, et d’occultation du réseau. Et dans le même temps, on fustige les copinages entre grands corps. Si les réseaux des X, de l’ENA, d’HEC ou de ScPo (pour citer ceux le plus souvent mis en avant) sont efficaces, c’est que les membres se serrent les coudes, et donc qu’ils ont compris tout l’effet « levier » des réseaux.

3- Dernier point intéressant de l’article : Une comparaison des trois principaux réseaux sociaux. Le benchmarking analyse de nombreux critères. Je ne reprends ici que les indicateurs numériques et géographiques.
- LinkedIn revendique 11 millions de membres et est surtout implanté aux Etats-Unis.
- Xing revendique 2 millions, surtout en Europe.
- Viadéo revendique 1,3 millions de membres essentiellement en France.

Le reste est à lire dans Courrier Cadres du 12 octobre 2007 …
Jérôme Bondu

Par Jerome Bondu - Publié dans : Réseaux humains
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Mercredi 3 octobre 2007 3 03 /10 /Oct /2007 23:19

Didier Naud, de DEMOS Institut, a fait une conférence très intéressante sur les réseaux et l’innovation, lors de ICC 2007. Les vertus d’une organisation en réseau semblent favoriser l’innovation. La vitesse des échanges, l’interactivité forte, la modularité, …  contribuent à créer des conditions de collaboration qui multiplient les probabilités de voir émerger des idées nouvelles. Mais ce n’est pas si simple
Certaines idées son en décalage par rapport au consensus ambiant sur le sujet. C’était rafraîchissant. Voici quelques éléments présentés de manière très synthétique. Ce « compte rendu » écrit à chaud ne prétend ni à l’exhaustivité ni à l’exactitude.

Il y a trois types de réseaux :
- La structure commando, qui fond vers son objectif en abatant tous les obstacles dans l’entreprise,
- la structure fantôme, qui n’a pas de ressources propres, et qui dépend des structures formelles pour se développer,
- la structure matricielle, fondée sur la coopération.

La création d’un réseau en entreprise, répond à des besoins diverses :
- accélérer la propagation des informations (vitesse),
- facilité la réversibilité : une idée émise par la hiérarchie doit pouvoir être critiquée au sein du réseau, et amendée (d’où l’idée de réversibilité) si besoin est,
- créer de la compacité : les idées s’accumulant dans les points nodaux du réseau, il en ressort plus facilement des idées nouvelles,
- favoriser la délocalisation : le réseau doit être lui-même géniteur de sous-réseaux au sein de l’entreprise pour impliquer différentes « zones » de l’entreprises (moins irriguées en idées).

Mais la création de réseaux implique aussi l’émergence de nouvelles contraintes :
- Ainsi l’intervenant introduit l’idée de cancérisation du réseau. Dans le sens où au sein du réseau (ou entre réseaux « concurrents ») une lutte « naturelle » va s’opérer (loi des densités). Les zones vives vont avoir tendance à absorber les zones plus faibles. Cela va nécessairement entraîner des luttes, des coalitions.
- Un réseau ne porte pas forcément en lui les valeurs de coopération et de partage. Un réseau peut très bien être instrumentalisé ou orienté. Pour imposer cohésion et équivalence, le réseau doit être « travaillé » dans le bon sens.
Ce sont des phénomènes qu’il est important de prendre en compte.

L’épanouissement d’un collaborateur dans un réseau ne va pas de soi. Cela requiert des capacités et aptitudes :
- un niveau d’autonomie,
- une relation pacifiée au pouvoir,
- une bonne gestion émotionnelle,
- une capacité à gérer des relations « à parité » avec les autres,
- une capacité à supporter les frustrations,
- une aptitude à la reconnaissance chaleureuse de l’autre,
- une aptitude à faire croître en autonomie les membres du réseau,
- une neutralisation de ses préjugés,
- une communication précise et dépourvue de zones d’ambiguïté.
Ce message m’a particulièrement intéressé. Car il est rare de souligner que le travail en réseau n’est pas facile, qu’il requiert une acceptation de certaines valeurs (même si l’intervenant n’a pas prononcé le mot). Finalement, on peut se demander si le management hiérarchique n’est pas plus « reposant » pour le salarié que le management en réseau, qui demande un investissement personnel plus important, un travail sur soi, donc une plus grande maturité !

Parallèlement le management en réseau requiert de la part des managers de favoriser des espaces d’argumentation. Cela suppose de partir du principe que les collaborateurs :
- son sincères (qu’ils ne mentent pas),
- qu’ils sont pertinents (dépositaire d’une compétence utile),
- qu’ils acceptent la règle du jeu de la recherche du meilleur argument (recherche objective).
Le management en réseau requiert donc aussi de la part du manager un investissement important.

Favoriser l’innovation revient à créer les conditions d’émergence de l’intempestif, dont le réseau peut être un des cadres d’épanouissement. Reste à savoir le mettre en œuvre !!


Jérôme Bondu

Par Jerome Bondu - Publié dans : Réseaux humains
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