Il fallait s’en douter. Un cas d’usurpation d’identité sur Facebook est relayé par la Radio Canada.
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Il fallait s’en douter. Un cas d’usurpation d’identité sur Facebook est relayé par la Radio Canada.
Article de François
Jakobiak
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Cet article faisait partie du numéro spécial sur l’IE de la Revue de l’Association des Diplômés de l’IAE de paris. Ce numéro 170 paru en mai 2003, intitulé « Intelligence Economique, un outil au
service de la compétitivité », a été coordonné par Jérôme Bondu.
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A l’ère des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication (NTIC), les réseaux ont une importance considérable . La conjonction de l’informatique et des télécommunications a
conduit à la télématique dont les réseaux techniques alimentent les entreprises en information professionnelle innervant des réseaux humains, ensembles de personnes devant réaliser des actions
communes .
Rôle confirmé des réseaux structurés de spécialistes :
- Au niveau des opérationnels, les entreprises ont toujours constitué des réseaux de cadres et techniciens spécialisés
pour optimiser leurs productions sur des sites dispersés et répondre aux contraintes de compétitivité et de concurrence. Des réunions périodiques de responsables, organisés en groupes ou comités,
et un échange permanent sont nécessaires. La messagerie électronique, l’Internet, l’Intranet sont venus améliorer les traditionnels échanges téléphoniques et la télécopie.
- Les directions fonctionnelles ont également besoin de réseaux. Ainsi la R&D possède généralement un réseau de spécialistes d’information documentaire. Les fonctions traditionnelles et
vitales : achats, comptabilité, logistique, puis les nouvelles fonctions apparues à la fin du XX ème siècle : cercles de qualité, veille technologique, knowledge management… utilisent aussi les
réseaux informatiques, l’Internet, l’Intranet, pour constituer leurs réseaux humains de spécialistes.
Rôle croissant des réseaux diffus :
Outre ces réseaux structurés, il existe des réseaux diffus, informels. La numérisation généralisée de l’information a créé des outils
d’informatique nomade répondant fort bien aux besoins des membres de ces réseaux:
-micro ordinateurs portables, - organiseurs, -téléphones mobiles, -appareils photo numériques, -mini-magnétophones numériques… Un système centralisé et hiérarchisé ne donnant généralement pas
satisfaction, c’est une "fédération" de réseaux souples, de dimensions réduites, qu’il faut constituer et éventuellement coordonner de manière discrète, non contraignante.
L’exemple des réseaux de l’intelligence économique :
Rappelons que L'intelligence économique peut être définie comme l'ensemble des actions coordonnées de recherche de traitement et de distribution, en vue de son exploitation, de l'information
utile aux acteurs économiques.
Membre de la commission Martre, j’ai appris que, pour développer l’intelligence économique en entreprise, il faut mettre en place une organisation décentralisée, en réseaux.
a- Les réseaux structurés d’information documentaire constitués d’ "observateurs" professionnels de l’information, pourvoyeurs d’information publiée.
b-Les réseaux de "correspondants", salariés de l’entreprise, captant les renseignements pour les communiquer à un expert bien déterminé. Ils constituent des "réseaux de complicité" où chacun est
convaincu de l’intérêt de communiquer les informations informelles, toujours collectées dans le respect de l’éthique. (2) La liaison entre membres est souple ; elle devient effective pour un
motif précis : communication d’un "scoop", mise à jour d’un dossier partagé, rendez-vous, …, et l’élément concerné du réseau est alors "activé".
c- Les réseaux d’experts du domaine d’activité de l’entreprise, chargés d’analyser, valider, synthétiser l’information brute qu’ils ont reçue et de créer des synthèses, destinées aux :
d- Réseaux de décideurs, qui vont utiliser ces outils d’aide à la décision pour prendre leurs décisions stratégiques.
Le problème de la coordination des réseaux se pose : réseaux flexibles ne veut pas dire anarchie. Cette coordination intègre les caractéristiques de l’entreprise car
l’intelligence économique doit être créée sur mesure et varie largement d’une société à l’autre.
Il est recommandé d’avoir un coordinateur du réseau d’observateurs, mais la coordination ne s’impose pas au niveau des réseaux de correspondants où chacun travaille pour un groupe d’experts
déterminé et adresse ses renseignements uniquement à l’animateur du groupe.
La coordination au niveau des groupes d’experts peut se concevoir par grandes familles : produits, procédés, applications, prospective, zones géographiques. Elle est souhaitable pour favoriser la
synergie entre entités de fonctions différentes, aider l’innovation, la réflexion stratégique, l’anticipation.
Conclusion, tendances de l’évolution :
Le management des connais sa n c e s (knowledge management ou KM) jouera un rôle positif dans le fonctionnement optimisé des réseaux de
personnes dans l’entreprise.
Dans l’optique KM, le Groupware est un élément clé des réseaux de partage de connaissances. Nous trouvons, sur le site (1) : le Groupware peut être compris comme un ensemble de méthodes et
de techniques de travail en équipe, ces méthodes et techniques étant "instrumentées" par des outils logiciels
conçus pour améliorer les mécanismes de communication, de coopération et de coordination, spécifiques aux processus de travail. (Serge K.Levan)
Les groupes d’experts de l’I.E. qui reçoivent, valident, analysent l’information pour en réaliser une synthèse précise, pour action, sont des constituants actifs, des utilisateurs majeurs du
Groupware et le rôle des réseaux humains dans l’entreprise, déjà considérable va encore s’accroître sous l’impulsion des techniques de knowledge management.
Par François JAKOBIAK
Ouvrages cités :
- Anonyme : Intelligence Economique et stratégie des entreprises. Rapport XIème Plan. La Documentation française, Paris, 1994.
- François JAKOBIAK : L’intelligence économique en pratique, 2ème édition, Les Editions d’Organisation, 2001.
Biographie (mai 2003)
François JAKOBIAK, créateur de la société EXISTRAT (Exploitation des Informations Stratégiques) en 1994, est consultant et enseignant en veille stratégique et intelligence économique (dans divers
DEA, DESS, Mastères). Auteur, depuis 1988, de six ouvrages d'information scientifique, technique et stratégique, dont le dernier, "L’intelligence économique en pratique" (1998, Editions
d’Organisation) a été réédité en 2001, il coopère aussi, en 2003, avec l’Ecole des Mines de Paris pour des sessions de formation permanente. Il vient de créer SYMEXIP®, Système Modulaire
d’Exploitation de l’Information Professionnelle.
Courrier Cadres dans son numéro du 12 octobre 2007 publie un article qui propose « trois méthodes pour booster son réseau ».
On y trouve tous les fondamentaux sur le sujet. Sa lecture compète sera très intéressante pour les rétifs du réseau. Pour les initiés, je relaye ces trois extraits !
1- D’abord cette belle citation « Networking or not working » que nous rapporte Hervé Bommelaer « c’est ainsi que les Nord-Américains résument l’impact du réseau sur une
carrière. » On ne saurait être plus concis.
Il continue plus loin « la première chose à faire, quand on se lance dans le networking, c’est de se décomplexer ».
2- Nicolas Moinet explique plus loin en partie l’origine de ce complexe : « Il est vrai que la plupart des jeunes diplômés français sont formés à cette idée que la réussite est affaire de
brio intellectuel, de cartésianisme et de compétence, tandis que l’aptitude à se créer un carnet d’adresses, pourtant fondamentale, est pudiquement occultée ».
Cela est bien dit.
Mais en ce qui concerne « nos élites », il faut être plus nuancé. On leur met souvent sur le dos deux maux contradictoires : D’une part on les accuse d’hyper intellectualisme, et
d’occultation du réseau. Et dans le même temps, on fustige les copinages entre grands corps. Si les réseaux des X, de l’ENA, d’HEC ou de ScPo (pour citer ceux le plus souvent mis en avant) sont
efficaces, c’est que les membres se serrent les coudes, et donc qu’ils ont compris tout l’effet « levier » des réseaux.
3- Dernier point intéressant de l’article : Une comparaison des trois principaux réseaux sociaux. Le benchmarking analyse de nombreux critères. Je ne reprends ici que les
indicateurs numériques et géographiques.
- LinkedIn revendique 11 millions de membres et est surtout implanté aux Etats-Unis.
- Xing revendique 2 millions, surtout en Europe.
- Viadéo revendique 1,3 millions de membres essentiellement en France.
Le reste est à lire dans Courrier Cadres du 12 octobre 2007 …
Jérôme Bondu
Didier Naud, de DEMOS Institut, a fait une conférence très intéressante sur les réseaux et l’innovation, lors de ICC 2007. Les vertus d’une organisation en réseau semblent favoriser
l’innovation. La vitesse des échanges, l’interactivité forte, la modularité, … contribuent à créer des conditions de collaboration qui multiplient les probabilités de voir émerger
des idées nouvelles. Mais ce n’est pas si simple …
Certaines idées son en décalage par rapport au consensus ambiant sur le sujet. C’était rafraîchissant. Voici quelques éléments présentés de manière très synthétique. Ce « compte rendu » écrit à
chaud ne prétend ni à l’exhaustivité ni à l’exactitude.
Il y a trois types de réseaux :
- La structure commando, qui fond vers son objectif en abatant tous les obstacles dans l’entreprise,
- la structure fantôme, qui n’a pas de ressources propres, et qui dépend des structures formelles pour se développer,
- la structure matricielle, fondée sur la coopération.
La création d’un réseau en entreprise, répond à des besoins diverses :
- accélérer la propagation des informations (vitesse),
- facilité la réversibilité : une idée émise par la hiérarchie doit pouvoir être critiquée au sein du réseau, et amendée (d’où l’idée de réversibilité) si besoin est,
- créer de la compacité : les idées s’accumulant dans les points nodaux du réseau, il en ressort plus facilement des idées nouvelles,
- favoriser la délocalisation : le réseau doit être lui-même géniteur de sous-réseaux au sein de l’entreprise pour impliquer différentes « zones » de l’entreprises (moins irriguées en
idées).
Mais la création de réseaux implique aussi l’émergence de nouvelles contraintes :
- Ainsi l’intervenant introduit l’idée de cancérisation du réseau. Dans le sens où au sein du réseau (ou entre réseaux « concurrents ») une lutte « naturelle » va s’opérer (loi des
densités). Les zones vives vont avoir tendance à absorber les zones plus faibles. Cela va nécessairement entraîner des luttes, des coalitions.
- Un réseau ne porte pas forcément en lui les valeurs de coopération et de partage. Un réseau peut très bien être instrumentalisé ou orienté. Pour imposer cohésion et équivalence, le réseau
doit être « travaillé » dans le bon sens.
Ce sont des phénomènes qu’il est important de prendre en compte.
L’épanouissement d’un collaborateur dans un réseau ne va pas de soi. Cela requiert des capacités et aptitudes :
- un niveau d’autonomie,
- une relation pacifiée au pouvoir,
- une bonne gestion émotionnelle,
- une capacité à gérer des relations « à parité » avec les autres,
- une capacité à supporter les frustrations,
- une aptitude à la reconnaissance chaleureuse de l’autre,
- une aptitude à faire croître en autonomie les membres du réseau,
- une neutralisation de ses préjugés,
- une communication précise et dépourvue de zones d’ambiguïté.
Ce message m’a particulièrement intéressé. Car il est rare de souligner que le travail en réseau n’est pas facile, qu’il requiert une acceptation de certaines valeurs (même si l’intervenant n’a
pas prononcé le mot). Finalement, on peut se demander si le management hiérarchique n’est pas plus « reposant » pour le salarié que le management en réseau, qui demande un investissement
personnel plus important, un travail sur soi, donc une plus grande maturité !
Parallèlement le management en réseau requiert de la part des managers de favoriser des espaces d’argumentation. Cela suppose de partir du principe que les collaborateurs :
- son sincères (qu’ils ne mentent pas),
- qu’ils sont pertinents (dépositaire d’une compétence utile),
- qu’ils acceptent la règle du jeu de la recherche du meilleur argument (recherche objective).
Le management en réseau requiert donc aussi de la part du manager un investissement important.
Favoriser l’innovation revient à créer les conditions d’émergence de l’intempestif, dont le réseau peut être un des cadres d’épanouissement. Reste à savoir le mettre en œuvre !!
Jérôme Bondu