Vendredi 26 octobre 2007 5 26 /10 /Oct /2007 22:20

Pensée du jour !

Je ne résiste pas à l'envie de partager avec vous cette superbe pensée, que je tiens d’un grand professionnel de l’IE, …
"Rien ne sert d'accumuler les infos, … surtout dans la tête des cons !"

On dirait du Audiard ...

Replacée dans son contexte, il y a derrière cette phrase lapidaire une critique du système d'intelligence américain. Le "tout technologique" les a porté vers l'accumulation des données, des informations. Avec le déficit de capacité de traitement que l'on connait. Mais peu importait, l'important c'était de capter, de stocker, d'assurer la rapidité des transferts d'information. 

Il y a une autre phrase que j'aime beaucoup, et qui résume aussi la situation dans un style assez voisin : 
"Quand on a un marteau entre les mains, tous les problèmes ont la forme d'un clou". 

Jérôme Bondu

Par Jerome Bondu - Publié dans : Intelligence Economique
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Vendredi 26 octobre 2007 5 26 /10 /Oct /2007 10:37

Serge Perrine a fait une présentation intéressant mardi 23 octobre au sein du GCIC, sur l’ouvrage qu’il a dirigé dans le cadre de l’INHES * « Intelligence économique et gouvernance compétitive ».

Présentation de l’intervenant :
Serge Perrine, X et Sup Télécom Paris est Docteur en Mathématiques de l’université de Metz, et titulaire d’un DEA d’histoire de droit de l’université Nancy 2. Il a mené une carrière alternant des activités administratives, de recherche, et opérationnelles. Il est actuellement secrétaire du conseil scientifique de France Telecom.

L’ouvrage qu’il a coordonné se présente en trois parties :
- La première partie met l'accent sur l'État stratège et partenaire. Elle souligne le rôle important joué par les institutions telles que le ministère de l'Intérieur, la DST ou les RG (NB : l’ouvrage est paru avant les mouvements de rapprochement de ces entités).
- La deuxième partie porte sur le caractère polymorphe de l'IE. Elle aborde les aspects normatif, juridique et économique de l'IE. Ce qui est tout à fait en phase avec le colloque organisé le lendemain par l’IFIE et l’ACFCI (et qui fera l’objet d’un prochain post).
- La troisième partie présente cette discipline comme un outil essentiel de la gouvernance politique.
Ont contribué à cet ouvrage des plumes prestigieuses (j’ai noté à la volée les contributions de MM. Besson, Pautrat, Pepin, Picard, qui sont intervenus au Club IES).

Parmi les éléments de la présentation de M. Perrine, j'ai noté ces quelques points :
D’abord cette digression historique, où il a rappelé que la réflexion sur la mesure de la valeur de l’information n’est pas récente, et remonte aux années 50 (Kenneth Arrow, Machlup, Georges Stigler, …).
- Le problème du calcul de cette valeur est plus que complexe. Les paramètres sont multiples. Il en a illustré notamment un, de manière simple et très parlante, avec le cas de figure suivant : « La première fois que l’on donne une information importante à quelqu’un, cela a de la valeur. Si une autre personne la donne une seconde fois, cela n’en a plus ». Pourtant il s’agit de la même information… Il n’y a donc pas de valeur intrinsèque aux informations. Une analyse de la valeur ne peut se faire sans une approche globale.
- Serge Perrine a aussi insisté sur le fait que l’économie de la connaissance reste à construire, et à comprendre. Mais que cela ne doit pas nous empêcher de se l’approprier. Il a eu là encore l’image juste en rappelant que « l’on n’a pas attendu Newton pour tirer profit des lois de la mécanique que nous ne comprenions pas alors ».
- Au niveau normatif, il a insisté sur la "soft law" qui n’impose rien en frontal, mais n’en modifie pas moins fortement l’accès aux marchés.
- Dans le cadre de l’adaptation de l’IE aux PME, il a réduit l’écart entre grande et petites entreprises, on rappelant que le processus « de se poser des bonnes questions » est le même quelque soit la taille de la société.

Enfin, Serge Perrine a conclu par cette citation lourde de sens "tout dirigeant est responsable de ce qu’il choisi d’ignorer". Les hauts responsables administratifs en France, en tout cas, ne pourront pas ignorer ce riche ouvrage, car l’INHES a fait une large diffusion et leur en a envoyé un exemplaire !!

Jérôme Bondu

* Institut national des hautes études de sécurité (INHES) - ex IHESI
Ouvrage édité à La documentation Française – 2006

Par Jerome Bondu - Publié dans : Intelligence Economique
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Jeudi 25 octobre 2007 4 25 /10 /Oct /2007 00:54

On entend de plus en plus le terme « googliser » ou faire du « googling ». Le fait de rechercher sur internet des informations sur un contact, une structure, est devenu un réflexe largement répandu. Ce que les veilleurs faisaient dès les années 2000 est maintenant passé dans la pratique courante.

Par contre, appeler cela googliser est gênant, parce que cela met en avant une marque commerciale. Le terme "exclu" de fait d’autres outils tout aussi utiles : yahoo, kartoo, exalead, technorati … En outre, qui nous dit que Google existera encore dans 5 ans ? Ce ne serait pas le premier moteur de recherche « star » à disparaitre. L’algorithme "page rank" a ses défauts. Je me souviens de la première fois que l’on m’a parlé de Google fin 2000, et de sa progression fulgurante (de mémoire, alta vista était à l'époque un des grands moteurs de référence, ... qui s'en souvient aujourd'hui ?). Qu’un autre moteur ait une idée de génie, et je suis sûr que Google serait chassé aussi vite qu’il a chassé ses prédécesseurs.

Faisons vivre la langue. Pourquoi ne pas inventer un nouveau mot ?

Un média est un moyen de diffusion d'informations (comme la presse, la radio, la télévision). Media est le pluriel du mot latin medium (intermédiaire).
Rechercher sur internet pourrait s’appeler « médialiser », jonction de « média » et « d’analyser ». Médialiser c’est faire une analyse de ce qui se dit sur internet, le média des média.

Le mot est très peu usité. Il est donc "libre". D’ailleurs, il ne donne qu’à peine une centaine de résultats sur … google. Je sais, je viens de le médialiser ;-)

Jérôme Bondu

Par Jerome Bondu - Publié dans : Intelligence Economique
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Mercredi 24 octobre 2007 3 24 /10 /Oct /2007 07:26

Le classement de Shanghai a porté sur la place publique un fait qui est en train de devenir un lieu commun : la France se positionne souvent mal dans les classements internationaux. Pourquoi cela ? Sûrement pas à cause d’une volonté de nuire à l’hexagone, car même les classements que « nous » menons ne nous sont pas forcément favorables.

Ainsi le « Classement mondial de la liberté de la presse 2007 » mené par Reporters Sans Frontières (1) place le pays des lumières et des libertés en … 31ième position. Que se passe-t-il ?

On peut lire cette analyse sur le site de RSF. En France « les journalistes ont été épargnés par les violences qui les avaient touchés fin 2005 lors d’un conflit syndical, en Corse, et pendant les manifestations dans les banlieues. Cependant, de nombreuses inquiétudes demeurent en raison de cas de censure persistants, de perquisitions dans des rédactions et d’un manque de garanties concernant la protection du secret des sources. » Directement devant nous, nous trouvons la Namibie (26ème), la Jamaïque, l’Australie, le Ghana et la Grèce (30ème).

Le fait que la France remonte de 6 positions par rapport à l’année précédente n’est d’aucune consolation. Et il est à parier, que le mouvement de concentration des médias en quelques mains proches du pouvoir ne va pas arranger notre prochain classement …

Jérôme Bondu

(1) Voir le classement sur http://www.rsf.org/article.php3?id_article=24011
Les cinq premiers sont : l’Islande, la Norvège, l’Estonie, la Slovaquie et la Belgique.

 

Par Jerome Bondu - Publié dans : Géopolitique
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Mardi 23 octobre 2007 2 23 /10 /Oct /2007 09:32

Le 16 octobre, au Palais Garnier, les meilleurs entrepreneurs français de l’année 2006 ont été salués par un public admiratif dans une salle comble.

Cette cérémonie organisée de main de maître par le magazine l’Entreprise et Ernst & Young a vu plusieurs prix décernés : celui de l’entreprise d’avenir, le prix de l’engagement sociétal, …

Il a été rappelé l’importance des moyennes entreprises : Les PME de moins de 500 salariés représentent plus de la moitié de la valeur ajoutée produite en France, représentent 60% des salariés, et ont créés près de 1,8 millions d’emplois entre 1985 et 2000. Rappelons aussi que 19% des entrepreneurs sont autodidacte !

Les présentations et discours des finalistes étaient admirables de simplicité, de bon sens et de dynamisme. Voici quelques extraits piochés sur le livret « L’ambition de grandir – paroles d’entrepreneurs » distribué lors de cette riche soirée.
Rien de révolutionnaire, mais des petites phrases frappées au coin du bon sens :
- « L’échec n’est pas accepté en France » Hervé Hillion, Headlink partners
- « Il faut que l’école explique le rôle des entrepreneurs par le biais de professeurs qui croient à ce qu’ils disent » Denis Payre, Kiala
- « Il y a une grande habitude de travail entre les Allemands et les relations entre PME et grands groupes sont meilleures qu’en France, les effets de réseau sont beaucoup plus forts » Jacqueline Chaize, Danfoss Socla
- « La législation est si compliquée qu’il faudrait embaucher un avocat pour la comprendre »

Le prix de l’entrepreneur a été décerné à Annette Roux et Bruno Cathelinais, dirigeants de l’entreprise familiale Bénéteau. Qu’est ce qui fait leur succès ? Ces deux patrons ont mis en avant un certain nombre de facteurs, dont les sept suivants que je vous livre « bruts » : la capacité d’innovation, la libération de la créativité des collaborateurs, la création d’une culture d’entreprise, la valorisation des collaborateurs, l’écoute, la focalisation vers l’export, et enfin la veille permanente.
Ce leader de la voile, qui fait 1 milliard d’euros de CA, emploi toujours 80% de ses 6 000 salariés sur le site originel en Vendée.

Jérôme Bondu

Par Jerome Bondu - Publié dans : Stratégie
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