Mardi 18 décembre 2007 2 18 /12 /Déc /2007 10:05
« De plus en plus de managers s'interrogent sur les limites d'une injonction permanente à la performance. Et n'hésitent plus à développer des approches alternatives. »
 
C'est en ces termes que débute un article de la Tribune (1) qui propose d'en finir avec le culte de la performance. Quelles recettes sont mises en avant ?
 
Assurer une bonne ambiance
Il est bon de rappeler que l'intelligence est un phénomène collectif (voir post précédent). Il en est de même pour la performance, qui est plus collective qu'individuelle. Dans ce cadre, un des moyens alternatifs au culte de la performance, réside dans la création d'une bonne ambiance. Pourquoi n'évaluerait-on pas aussi les managers sur des critères d'ambiance, de bonne humeur, de camaraderie?
 
Valoriser les talents privés
Qui oserait prétendre sérieusement que l'épanouissement ne passe uniquement que par le travail ! Pourtant, c'est parfois comme cela que nombre de managers voient et considèrent leurs collaborateurs. Pourquoi l'espace personnel n'aurait pas sa place dans l'entreprise. Un collaborateur épanoui, à la vie culturelle riche, a des chances d'être plus efficace. Pourquoi l'employeur ne l'aiderait pas dans cette voie, à réaliser ses passions ?
 
Recruter hors norme
D'autres idées sont mises en avant. Comme ce manager qui cherche à faire rentrer des profils très différents, atypiques, pour faire rentrer « la complexité » dans ses équipes. « Je cherche à faire entrer des profils « intrus » venus d'horizons très divers (...) sans liens immédiats apparents avec le cœur de notre activité » explique-t-il.
 
Comme le dit Frédéric Watines, responsable de l'offre RH d'Accenture en France : ne faudrait-il pas « en finir avec un modèle hiérarchique traditionnel dont tout le monde est aujourd'hui fatigué? »
 
Jérôme Bondu
 
(1) Source : La Tribune du 4 décembre. Article de Muriel Jaouen
Par Jerome Bondu - Publié dans : Réseaux humains
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Mardi 18 décembre 2007 2 18 /12 /Déc /2007 09:50
francois-bernard-hygue.jpg  Conférence organisée par le Club Intelligence Economique et Stratégique de l’AAE IAE de Paris, le 1er février 2007, sur le thème

« LA ROUTE DE LA SOIE »
Animé par Edith et François-Bernard Huyghe 
 
 
Présentation des intervenants
Edith et François-Bernard Huyghe qui ont parcouru la route de la soie dans le cadre des expéditions de l’Unesco ont écrit plusieurs livres sur les routes des techniques et des civilisations, sur le secret et la circulation de l’information. Tous deux dirigent des collections chez un éditeur.
 
En outre François-Bernard Huyghe, docteur d’État en Sciences Politiques, habilité à diriger des recherches en Sciences de l’Information et Communication. Il enseigne l’intelligence économique et la stratégie de l’information à l’Iris, à l’École de Guerre Économique et sur le campus virtuel de l’Université de Limoges. Il mène et dirige des recherches en intelligence stratégique et médiologie.
 
Il intervient comme formateur à HEC, à l’ENA au Centre de recherche sur les Menaces Criminelles Contemporaines DRMCC etc. et est consultant.
- Leur dernier ouvrage : « La route de la soie », chez Payot
- Dernier ouvrage de F.B. Huyghe sur les médias et la guerre de l’information : Comprendre le pouvoir stratégique des médias Eyrolles 2005
 
route-de-la-soie.jpg Routes de la Soie & intelligence économique ! Quels rapports ?
 
La route de la soie, a été une des plus grandes aventures économique du monde. Aventure durant laquelle, on trouve de nombreuses illustrations des principes et méthodes de l’IE :
- la route de la soie est un itinéraire millénaire par où parvenait la soie de Chine vendue à Rome autour de l’ère chrétienne, et dont le nom est devenu un synonyme romantique de « relations entre Orient et Occident »
- l’Intelligence Economique est une discipline moderne qui traite de la façon de protéger, acquérir ou utiliser et diffuser de l’information stratégique pour accroître la puissance économique d’une entreprise ou d’une nation ?
 
La réponse est dans la question : qui dit route, dit circulation de marchandises, de gens, mais aussi d’information. Or les trois ne circulent pas au même rythme ni de la même façon, ni avec les mêmes conséquences.
 
- La soie, d’abord fabriquée uniquement en Chine, traverse toute l’Eurasie, en passant de main en main, de caravane en caravane ou de port en port en plusieurs mois. Elle voyage d’ailleurs avec bien d’autres marchandises, dont les épices, en passant par des intermédiaires qui ont tout intérêt à conserver le monopole du transport sur leur territoire, mais aussi celui de la connaissance des sources d’approvisionnement et de l’origine de ce qu’ils vendent.
- Les gens circulent aussi sur les routes, à grand peine et à grand risque. Très peu d’entre eux accomplissent l’itinéraire complet d’Ouest en Est ou l’inverse, ils le font très tard et ne sont qu’une poignée à écrire des mémoires qui nous soient parvenus (guère avant le XIII° siècle). Ces voyageurs sont des marchands, des ambassadeurs (vrais ou faux) des soldats, mais aussi des prédicateurs qui peuvent consacrer une bonne part de leur vie à un unique voyage.
- Quant à l’information, elle porte sur des connaissances techniques précieuses (qu’est-ce que la soie ? comment est-elle fabriquée ?), sur les pays lointains (leur mœurs, leur système, les possibilités de négoce, d’alliance, et les dangers qu’ils présentent, leur intérêt géostratégique), sur la géographie et les transports …
 
Mais cette information est largement déformée ou recouverte par des incompréhensions, de la désinformation délibérée, des mauvaises interprétations, des récits légendaires qui ont plus de succès que les rapports fiables, des croyances et des mythes que les voyageurs projettent sur tout ce qu’ils voient. Sans compter une autre sorte d’information qui circule et qui est destinée à convaincre ou à sauver les âmes : la prédication (certains diront la « propagande ») des grandes religions avec leurs pèlerins ou leurs prosélytes qui traversent des continents entiers pour répandre (ou recueillir) la parole sacrée. Cette information voyage à travers des écrits, des images et bien sûr la mémoire des hommes qui sont souvent menteurs, hâbleurs ou naïfs.
 
Edith et François-Bernard Huyghe ont exploré durant la conférence trois aspects de cette relation (parmi beaucoup d’autres possibles).
- L’idée même de route de la soie, envisagée comme itinéraire commercial, mais aussi comme lien entre des cultures et des civilisations se développe dans un contexte marqué par la guerre économique et des questions géostratégiques.
- Le secret de la soie (à la fois le fait qu’elle est produite par un vers, et la façon de la fabriquer) a constitué le plus long secret «industriel » de l’Histoire et n’a été percé, au bout de plusieurs siècles, que par de véritables manœuvres d’espionnage. D’autres grands secrets (des épices, du papier, de l’imprimerie, de la poudre…) suivront le même chemin.
- Sur la route de la soie ont proliféré des réseaux marchands ou autres fonctionnant par l’échange des nouvelles et des savoirs, la fausse information chassant parfois la vraie et la conservation de la mémoire posant des questions cruciales.
 
Au total, la route de la soie qui cesse vraiment de fonctionner au seuil de l’ère des grandes découvertes et de l’imprimerie, résume parfaitement la circulation des savoirs pendant ce que nous avons baptisé « l’ère du portage », quand une idée ou une information ne circulait qu’avec l’homme qui la transportait avec lui et à son pas.
 
 
Ce texte est issu du site de François-Bernard Huyghe

Par Jerome Bondu - Publié dans : Géopolitique
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Lundi 17 décembre 2007 1 17 /12 /Déc /2007 10:57
Le pétrole semble être dans bien des pays producteurs, une calamité plutôt qu'une chance. C'est du moins ce que l'on peut comprendre à la lecture du second épisode de la série « Que font-ils de leurs pétrodollars? » édité par La Tribune en date du 13 décembre.
 
Les cas présentés de la Russie, du Venezuela et de l'Iran sont éloquents : d'une part, la richesse issue de l'or noir semble être inversement proportionnelle la force de la vie démocratique « La propension à l'autocratisme est forte dans les pays pétroliers. Avec des budgets financés par les hydrocarbures, les régimes en place ne se sentent pas tenus de rendre des comptes à une population qui ne paye quasiment pas d'impôts pour les services offerts par l'Etat ». D'autre part, sur le long terme les performances économiques des pays pétroliers semblent inférieures aux autres. « La croissance des pays riches en pétrole est inférieure de 1,7 point par an à celle des autres » a calculé une organisation humanitaire britannique citée par le quotidien. L'argent facile n'incite ni à la persévérance ni à la prévoyance. Est-ce que le sentiment d’un faiblesse n’est pas un meilleur aiguillon pour chercher à progresser ?
 
C’est en tout cas une des conclusions de la remarquable conférence de Brigitte Bourny-Romagné (organisée au sein du Club IES) qui était venue nous parler de la « route des épices » !! Quel rapport entre les épices et le pétrole ? me direz-vous !
Cette spécialiste des parfums nous avait brossé les destinées de quatre pays qui ont su développer et profiter du commerce des épices au Moyen-âge : le Portugal, les Pays-Bas, la république de Venise et les pays arabes.
 
Pourquoi ces pays avaient su tirer leur épingle du jeu ? Sa réponse, illustrée de faits historiques précis, était la suivante : tous avaient pris conscience à un moment de leur histoire de leurs faiblesses, les avaient analysées, et s'étaient données les moyens d'y remédier. Pour ne citer qu’un exemple, le « petit » Portugal, adossé à l'Est à l’Espagne, avait compris que son destin se jouerait dans la conquête de sa frontière ouest : c'est à dire l'océan Atlantique.
 
La réussite dépend de la connaissance que l'on a de soi. De ses faiblesses plus que de ces forces. « Connait toi toi-même, et le monde t'appartiendra » avait dit Socrate. Or être sous perfusion de la manne pétrolière n'incite guerre à cette introspection.
 
Fort heureusement en France, nous n'avons pas de pétrole !
 
Jérôme Bondu
Par Jerome Bondu - Publié dans : Géopolitique
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Lundi 17 décembre 2007 1 17 /12 /Déc /2007 10:48
bourny-romagne.jpg Compte rendu de la conférence du 19 octobre 2006, organisée par le Club IES, sur le thème :
« LA ROUTE DES EPICES » OU LES RACINES DU SUCCES EN ENTREPRISE.
Animé par Brigitte Bourny-Romagné
  
Présentation de l’intervenante (2006)
Brigitte Bourny-Romagné est Conseil en stratégie. Auteur des livres « Secrets de plantes à parfum » et « Des épices au parfum ». Après avoir été directrice du marketing pour Yves Rocher, elle crée et dirige en 1996 « Le Monde en Parfum », une nouvelle marque autour d’un concept parfum voyage matière première. En 2000, elle rejoint IFF en tant que directrice de création en charge des nez, puis elle est nommée directrice de la prospective sur les essences naturelles. En janvier 2003, elle crée une activité de conseil spécialisé dans l’audit, la communication et la stratégie d’innovation des marques. Elle est aussi vacataire à l’Ecole Polytechnique dans le master « management de l’innovation. ».
 
Présentation du thème
Mme Bourny-Romagné a présenté une méthode de réflexion originale sur l’innovation et sa conduite au sein de l’entreprise.
A partir d’éléments historiques qui ont façonné l’identité de l’Europe et du monde, notamment le commerce des épices au Moyen Age qui a dynamisé l'économie européenne, elle tirera des enseignements géopolitiques et managériaux applicables à l’économie et aux entreprises d’aujourd’hui.
Certains exemples présentés sont de véritables cas d’écoles en matière d’Intelligence Economique.
 
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Quelle a été la première motivation des hommes pour affronter les mers déchaînées, traverser les déserts, braver la mort et la maladie et se risquer sur les rivages les plus hostiles ? Qu'est-ce qui a fait d'eux des explorateurs, des aventuriers, des pirates ? Les épices...
 
L’Egypte
Les parfums y étaient avant tout dédiés aux Dieux pour qu’ils demeurent dans la vallée du Nil. Les parfums sont obtenus alors par pilonnage des épices ramenées par les Phéniciens ou par les caravanes chamelières.
Ils sont supposés entraîner les mauvais esprits, avoir des vertus purificatrices, fécondantes et permettre l’accès aux forces qui régissent le monde. Les premiers parfumeurs sont donc les grands prêtres.
L’art de l’embaumement nécessite une quantité gigantesque d’épices et de parfums : ils permettent en effet d’accroître la résistance du cadavre aux phénomènes de putréfaction. Il faut, en moyenne, 300 mètres de bandelettes imprégnées pour envelopper un corps et jusqu’à 1 kilomètre s’il s’agit de Pharaon ! Cette consommation énorme pèse sur l’économie du pays, aussi, des expéditions sont menées pour ramener des arbres à encens et à myrrhe des régions somalienne et éthiopienne où ils poussent. Malheureusement, les végétaux ne s’adapteront jamais au climat égyptien, et le pays sera obligé de continuer à importer les précieuses marchandises.
Les parfums et les épices se propagent dans le monde profane en permettant aux hommes de faire face aux aléas climatiques : soleil, chaleur, insectes, vent, sable etc.
Ils entrent également dans la composition de médicaments tels le kyphi ou le hékénou. Mêlés aux boissons, ils deviennent d’efficaces remèdes contre les infections pulmonaires, hépatiques et intestinales.
 
Le rôle clé des Arabes
Ce sont eux qui ouvrent les routes commerciales, dont ils conservent précieusement le secret pendant des siècles. Au IXème siècle, on leur doit l’invention du serpentin à refroidissement, qui affranchit de l’usage des supports huileux pour les parfums. Ils distillent de la myrrhe, de la rose… Arnaud de Villeneuve introduit ce procédé à Montpellier au XIIIème siècle.
 
Le Moyen-Âge
Les parfums et épices sont alors de véritables marqueurs sociaux et les épiciers de l’époque sont l’équivalent de nos joailliers actuels. Pourquoi cet engouement pour les épices ? Trois raisons à cela :
- Cette période est marquée par de nombreux jours saints dans le calendrier : on consomme alors du poisson à la place de la viande. Ce met, fade, ne devient appétissant que par l’ajout d’épices.
- De même, pour des raisons de sécurité et aussi parce que de bonnes odeurs ne peuvent être que l’apanage du Diable, la cuisine est éloignée de la salle où l’on prend ses repas. Les plats arrivent ainsi souvent froids : l’ajout d’épices les rend plus acceptables.
- La diversité culinaire est pauvre : les épices apportent un peu de fantaisie à la gastronomie.
On trouve les épices sur un axe Venise-Bruges. En France, elles sont vendues lors des grandes Foires de Champagne (Troyes, Lagny sur Marne, Provins, Bar sur Aube), événements commerciaux durant 2 mois, parfois 2 fois par an.
 
Venise, l’impératrice du négoce
Son habileté d’innovation acquise lors de la construction de la cité lacustre en fait la ville la plus riche d’Europe. La ville est une réelle « frontière liquide » avec l’Orient, avec lequel elle commerce énormément. Elle sera d’ailleurs excommuniée pour cela.
Les croisades sont l’occasion pour les Vénitiens de s’enrichir : à l’aller, en transportant les Croisés et au retour, en rentrant les calles pleines d’épices. En 1082, Venise obtient l’exemption des droits de douanes dans tout l’empire byzantin contre son aide pour repousser les Normands. La quatrième croisade (1202-1204) fut l’occasion pour Venise d’asseoir sa puissance : la ville demande un prix exorbitant aux Croisés pour la traversée. Le vieux Doge Enrico Dandolo n’accepte de baisser son prix qu’en échange de l’aide des Croisés pour mettre à sac Constantinople, la plus grande rivale de Venise pour les échanges entre l’Orient et l’Occident. L’année 1204 sonne donc le glas de l’empire byzantin, dont Venise acquiert un quart… Venise a désormais le monopole du commerce des épices, la ville devient colonisatrice, avec la mise en place de comptoirs.
 
La Grande Peste, un fléau mondial
De 1321 à 1720, les hommes subissent de plein fouet cette terrible maladie qui décime les populations par où elle passe. Apparue en Chine, la maladie suit la route de la soie (qui est aussi celle des épices) et attaque l’Europe, sortant à peine d’une dure période de famine ayant affaiblie sa population, en 1347.
De 1348 à 1400, la peste frappe par cycles de 5 ans (les cycles seront de 15 ans par la suite). C’est une véritable catastrophe démographique et économique, la population n’ayant pas le temps de se renouveler avant de subir à nouveau une nouvelle attaque… Les gens ne travaillent plus, ne paient plus d’impôts alors que le dispositif sanitaire et sécuritaire de lutte contre la peste coûte très cher… La ville d’Orléans est touchée 22 fois.
L’hygiène est plus qu’approximative : l’Eglise fait régulièrement fermer les bains publics à cause du climat peu chaste qui y règne… Les habits en laine, notamment portés par les plus pauvres pour se protéger du froid, favorisent le développement des puces. On brûle quantité de parfum, censé purifier l’air, on inhale, consomme des plantes aromatiques que l’on porte en permanence sur soi. La thériaque de Venise et de Montpellier, ainsi que l’eau de Damas, sont les médicaments vedette censés lutter contre la maladie.
 
 
Montpellier, première ville du parfum en France
Aux XIIème et XIIIème siècles, la ville se développe grâce au commerce des épices et des plantes tinctoriales avec l’Orient. Disposant de vignes, et grâce à l’intervention d’Arnaud de Villeneuve, la ville s’ouvre très vite à l’art de la distillation, aussi bien de l’alcool que des eaux florales.
Catherine de Médicis, en épousant Henri II en 1547, amène avec elle son parfumeur (accusé aussi d’être empoisonneur) René le Florentin et donne une véritable impulsion à la parfumerie française en introduisant la mode des gants parfumés.
Montpellier bénéficie de plusieurs atouts. D’abord, de part la prospérité du commerce, les matières premières y étaient présentes en abondance. Ensuite, on trouvait dans la campagne environnante une profusion de plantes aromatiques. Tous les éléments étaient réunis pour faire de Montpellier la première ville du parfum en France.
L’activité va pourtant péricliter à partir de 1687 quand un arrêté fixe des droits de douanes exorbitants sur tous les produits alcoolisés, dont les parfums. Cela constitue un frein important à l’exportation des produits, notamment vers Paris. La profession, qui se livrait une concurrence féroce, migre vers la capitale, qui comptera 250 parfumeurs au XVIIIème siècle, et vers Grasse, un temps oubliée à cause de la peste et des bandes armées qui sévissent dans sa campagne. Montpellier demeure néanmoins un centre d’innovation important.
 
Grasse, du cuir au parfum
Un microclimat exceptionnel, un cheptel ovin important, une abondance de sources, une multitude de plantes aromatiques : les conditions sont réunies pour que la ville se spécialise dans la tannerie et notamment dans la confection de gants parfumés, qui seront déclinés sur bien d’autres supports (mouchoirs, éventails etc.)
 
Le compte rendu ci-dessus est une reproduction quasi intégrale d’un compte rendu édité à l’adresse :
Diffusé par l’association GRIVES (Groupe de Recherche et d’Innovation sur le Vieillissement et la Santé), LVMH Recherche Parfums et Cosmétiques et Orléans Val de Loire Technopole.
 
Par Jerome Bondu - Publié dans : Géopolitique
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Vendredi 14 décembre 2007 5 14 /12 /Déc /2007 09:44
Dans le superbe film Canadien « Les Invasions barbares », écrit et réalisé par Denys Arcand, on trouve une phrase qui a été pour moi un catalyseur de plusieurs réflexions sur l’intelligence : « L’intelligence est un phénomène collectif »…
 
En effet, ce n’est pas un phénomène individuel comme on a trop tendance à le penser dans notre pays qui porte très haut le culte de la performance individuelle, notamment pendant les études.
 
Qu’aurait été un certain Alexandre, fil du roi de Macédoine, s’il n’avait été sous le tutorat d’Aristote, lui-même disciple de Platon, lui-même disciple de Socrate !! Sans doute pas grand-chose. En tout cas, il n’aurait certainement pas été connu sous le nom d’Alexandre le Grand. On le voit dans cette chaîne de personnages prestigieux, l’intelligence se partage et se transmet.
 
Elle se partage et se développe aussi en groupe à un moment donné, comme à Florence lors d’une période que l’on a appelé par la suite « Renaissance ». Cette Renaissance a été Italienne avant d’être Européenne. Si le développement des Arts et des Techniques avait été circonscrit à la ville des Médicis, si cette « intelligence » n’avait pas été collective, l’Europe ne serait pas aujourd’hui ce qu’elle est. Il y a de nombreuses époques où des hommes « intelligents » se sont retrouvés assis autour d’une table. Le film de Denys Arcan, les protagonistes citent notamment les pères fondateurs des Etats-Unis, George Washington, Thomas Jefferson, Benjamin Franklin et John Adams.
 
Quant on médialise sur google (néologisme, cf précédent post) l’expression « intelligence collective » on n’obtient qu’environ 500 000 résultats (1).
En seconde position, il y a un article d’Olivier Zara. Il se trouve que j’ai eu l’occasion de le rencontrer il y a quelques années alors qu’il créait sa société à Paris. Il est l’auteur du « Guide pratique de l'intelligence relationnelle », qui est publié sur un site internet à accès payant (27 euros). Ce livre est gratuit pendant l'offre de lancement jusqu’au 31 décembre 2007 !! A saisir ! 
 
olivier-zara.jpg Olivier Zara, est président et fondateur d'Axiopole. Il se définit comme « expert en management de l'intelligence collective ». Sa définition de « l’intelligence collective » est on ne peut plus limpide. C’est selon lui « la capacité à unir nos intelligences et nos connaissances pour atteindre un objectif ». Il n’en fallait pas plus.
Il a écrit en 2004 "Le management de l'intelligence collective, vers une nouvelle gouvernance" en réseau ! On aurait bien besoin de tout cela en France.
 
Allez savoir pourquoi, il a migré il y a quelques années … au Canada !!
 
Jérôme Bondu
 
Pour en savoir plus :
- Interview d’Olivier Zara sur son dernier ouvrage
- La présentation de l’ouvrage sur le site de l’éditeur
 
(1) à comparer avec les presque 2 000 000 de résultats de "star academy"
Par Jerome Bondu - Publié dans : Réseaux humains
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