Vendredi 21 décembre 2007 5 21 /12 /Déc /2007 22:37
drapeau-tricolore.jpg Je ne résiste pas à l'envie de vous faire partager la découverte d'un ouvrage riche en symboles : « Les cahiers de la république. Promenade dans les cahiers d'école primaire de 1870 à 2000 ».
On peut lire dans cet ouvrage richement illustré de reproduction de cahiers d'écolier, ce qui faisait la base de l'enseignement d'alors.  

 
Voici quelques extraits glanées au fil des pages. On y découvre des mots ou structures disparus (patrie, tempérance, service militaire), un modèle qui semble obsolète (respect, libre pensée face à l'opinion), ... Je vous invite à un voyage dans le temps :
 
- Sur l'éducation : « A l'école on n'apprend pas seulement à s'instruire, on apprend à devenir bon et honnête ». « L'instruction civique nous apprend comment le peuple français devenu libre s'est organisé pour protéger ses droits ».
- En classe : « Quand je suis en classe, mon instituteur remplace mes parents et je lui dois comme à eux l'obéissance, le respect, l'affection, la reconnaissance ». « Bien travailler en classe c'est servir sa patrie ». Et pour la définition de la patrie « La patrie est une grande famille où nous sommes tous des frères et des sœurs ».
- Sur le comportement : « La tempérance est la modération de nos désirs et de nos passions. L'homme tempérant obéit toujours à la voix de la raison ». « Il faut penser par soi-même. N'accepte pas l'opinion des autres sans la réfléchir, la « repenser » toi-même ».
- Sur la nature : « Nous ne devons pas maltraiter les animaux domestiques, ni même faire souffrir aucun animal, fut-il nuisible »
- Sur la société : « La gymnastique est un des moyens de fortifier notre santé. Elle améliore notre santé, développe notre adresse et notre courage. Elle nous prépare à accomplir convenablement notre service militaire ». « Nous sommes étroitement solidaires de nos ancêtres. Respectons tous les vieillards parce qu'ils ont participé à l'œuvre dont nous héritons ». « Mieux vaut travailler de gré que de force ».
 
Cela laisse rêveur ...
 
En fin d'ouvrage, on trouve une autre perle. Il s'agit d'une présentation humoristique de l'évolution de la pédagogie. Un groupe d'enseignants s'est amusé à imaginer comment un même problème de mathématique aurait pu évoluer au fil des réformes de l'éducation nationale. Voici quelques extraits :
 
Enseignement type en 1960 : « Un paysan vend un sac de pommes de terre pour 100f. Ses frais de production s'élèvent aux 4/5ème du prix de vente. Quel est son bénéfice ? »
 
Enseignement post mai 68 : « Un paysan vend un sac de pommes de terre pour 100f. Ses frais de production s'élèvent aux 4/5ème du prix de vente, soit 80f. Quel est son bénéfice ? »
 
Enseignement moderne 1970 : « Un paysan échange un ensemble P de pomme de terre contre un ensemble M de pièces de monnaie. Le cardinal de l'ensemble M est égal à 100 et chaque élément PFM vaut 1 f. Dessine 100 gros points représentant les 61 éléments de l'ensemble M. L'ensemble F des frais de production comprennent 20 gros points de moins que l'ensemble M. Représente l'ensemble F comme sous-ensemble de l'ensemble M et donne la réponse à la question suivante : quel est le cardinal de l'ensemble des bénéfices ? (à dessiner en rouge). »
 
Enseignement rénové 1980 : « Un agriculteur vend un sac de pomme de terre pour 100 f. Les frais de production s'élèvent à 80f. Devoir : souligne les mots « pommes de terre » et discute-en avec ton voisin ».
 
Enseignement 2010 : « Qu'est ce qu'un paysan ? Qu'est ce qu'une pomme de terre ? ».
 
Allez, une dernière question pour finir ce post : à votre avis, à quel type d'enseignant a été soumis l'auteur de ce blog ? ;-)
 
Jérôme Bondu
 
Source : « Les cahier de la république. Promenade dans les cahiers d'école primaire de 1870 à 2000 ».
Suzanne Bukiet. Henri Mérou. Editions Alternatives. 2000 


Par Jerome Bondu - Publié dans : Social
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Jeudi 20 décembre 2007 4 20 /12 /Déc /2007 08:21
Le Monde Diplomatique a publié un hors série intéressant sur l'environnement, intitulé sobrement « Atlas environnement. Analyses et solutions ». Une citation vous cueille en première page, et donne nettement la couleur « L'humanité ne se définit pas parce qu'elle créé, mais parce qu'elle choisit de ne pas décrire » Eward Osborne Wilson (1)
 
Parmi les différents chapitres, celui qui a le plus attiré mon attention est celui consacré aux « réfugiés de l'environnement ». Ce sera certainement une des conséquences les plus proches, les plus sinistres et les plus dramatique du réchauffement climatique.
 
Perturbation de l'ordre mondial
Des millions de personnes sont menacées d'émigrations forcée. Cela concerne des zones généralement très peuplée : « C'est le cas dans les grands delta comme ceux du Nil, du Mékong, du Gange et du Brahmapoutre. Mais aussi sur les bandes littorales comme celles du Sud des Etats-Unis, dans les systèmes insulaires peu élevés comme les atolls du Pacifique et de l'océan Indien, ou encore aux marges des déserts comme au pourtour du lac Tchad et à la périphérie de Pékin ».
Les migrations ont en réalité déjà commencées.
La question pour les flots de mirant à venir est savoir où et comment ils iront ?
 
Ethnodiversité en danger
Au delà de l'ordre mondial, il s'agit aussi de la disparition annoncée de « nombre de communautés et de peuples autochtones détenteurs d'un savoir et d'une culture profondément ancrée dans leur environnement ».
 
Nouveaux conquistadores
Je me suis déjà demandé si les conquistadores du continent Sud Américain avaient eu conscience de détruire une civilisation. Il est probable que non. On peut sans doute les créditer de la volonté de soumettre par la force ces terres nouvelles au roi d'Espagne, de l'appât du gain, et du prosélytisme catholique. Mais pas de la volonté d'exterminer les Amérindiens, d'autant que cette anéantissement a surtout été bactériologique, avec l'introduction de maladies européenne (choléra, ...) pour lesquelles les autochtone n'avaient pas de défenses immunitaires. En outre, on sait maintenant que les victoires de Pizarro et autres conquistadores ont été acquises notamment grâce à des alliances avec des peuples indigènes.
Sommes-nous les nouveaux conquistadores ? Sommes-nous en train de détruire des mondes indigènes ? Comme les Espagnols du XVIème siècle, nous n'avons certes pas la volonté de détruire. Mais juste d'étendre une domination politique, de nous enrichir, et de diffuser notre vision du capitalisme (notre nouvelle religion). Comme nous l’avons vu pus haut, l'expérience montre que ce cocktail de motivations est largement suffisant pour provoquer des catastrophes, en déclenchant des forces que l'on ne maîtrise pas.
 
Il est à craindre que le réchauffement climatique sera à des millions de personnes demain, ce que le choléra fut aux Amérindiens hier.
 
Jérôme Bondu
 
(1) Eward Osborne Wilson est entomologiste et biologiste américain.
Par Jerome Bondu - Publié dans : Ecologie
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Mercredi 19 décembre 2007 3 19 /12 /Déc /2007 12:43
Il faut se méfier des idées reçues, et des images mentales automatiques. Les idées associées au requin en sont un parfait exemple. Si on pense au requin, on pense au mangeur d'homme, ... mais qu'en est-il en réalité.
 
L'image du requin
Le mot requin vient de requiem. Car qui voyait un requin pouvait chanter son requiem, tant il est sur qu'il n'échapperait pas à la mort.
 
La réalité éthologique
Issus de la lointaine aire primaire (les plus anciens fossiles connus datent de 430 millions d'années), les requins ont conquis presque tous les milieux marins.
S'ils ont survécus et se sont adaptés, c'est sans doute grâce à leur formidable capacité de prédation. Leurs dents sont placées en rangées parallèles, qui constituent de véritables scies. Elles repoussent en cas de chute. En plus des 5 sens identiques à ceux de l'homme (dont un odorat hors du commun), ils ont un sixième sens nommé électrolocation (sensibilité aux champs électriques produits par le mouvement d'autres animaux) unique dans le monde animal.
 
La réalité du danger
Seuls un vingtaines d'espèces sont potentiellement dangereuses pour l'homme. Selon l'ISAF (1), sur 58 attaques « non provoquées » survenues en 2005, quatre furent mortelles. « Les requins demeurent bien moins dangereux que les abeilles, les guêpes et les serpents qui font beaucoup plus de victimes chaque année » explique Catherine Vadon (2).
 
La réalité écologique
Mais c'est sans doute l'image de puissance qu'il revoit, qui a fait de cet animal un élément important de la mythologie des peuples océaniens. Malheureusement, cette fascination a pris des formes diverses. Et la consommation de ses ailerons est devenue en Chine un signe d'aisance, un plat de prédilection. Aujourd'hui, le poids démographique de la Chine, cumulé avec l'industrialisation de la pêche mène à des aberrations. Les requins sont pêchés en si grande quantité (100 millions par an) qu'ils sont menacés de disparition. Et ceci, pour ne récupérer que leurs ailerons, c'est à dire 3% du poids de l'animal !!! Le requin dont on a coupé les ailerons est rejeté à la mer. S’il y a un cas de gâchis, c’est bien celui là.
« Une vingtaine de pays sont actuellement responsables de 80% des prises mondiales de requins signalés : Indonésie, Taïwan, Inde, Espagne, Etats-Unis d'Amérique, Pakistan, Argentine, Mexique, Malaisie, Japon, Thaïlande, France, ... ». J'ai été étonne de voir que l'Espagne est dans le peloton de tête, et que la France soit en douzième position !
20% des requins sont menacés d'extinction.
 
Image et réalité...
Nous sommes loin de la réalité des requins mangeurs d'homme.
Actuellement, ce serait plutôt tout le contraire.
 
Jérôme Bondu
 
(1) ISAF : Fichier international des attaques de requins.
(2) Source : Le Rotarien. Conférence de Catherine Vadon, maître de conférences au Muséum national d'histoire naturelle de Paris. Elle est aussi commissaire scientifique de l'exposition « Requins », actuellement présentée au Marinarium de Concarneau (jusqu'en mai 2008). 
Par Jerome Bondu - Publié dans : Ecologie
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Mardi 18 décembre 2007 2 18 /12 /Déc /2007 15:14
guerre-information.jpg On entend souvent parler de guerre de l’information. Mais le concept assez difficile à circonscrire. Selon les acteurs qui en parlent (civils, militaires…) les périmètres peuvent varier substantiellement. 

 
J’ai trouvé dans Neteco une interview de Daniel Ventre qui fait une intéressante catégorisation de ce que cela recouvre :

 
Daniel Ventre est Secrétaire général du GERN (Groupe Européen de Recherches sur les Normativités) - GDRE CNRS. Il est aussi Chargé de cours à l'ENST. Et a publié en octobre 2007 "La guerre de l'information" (éditions Hermès-Lavoisier).
 
« La guerre de l’information recouvre tout au partie de ces différents domaines :
- La guerre de commandement et de contrôle (dite guerre de C2, qui consiste à tenter de frapper la tête de l'ennemi)
- La guerre du renseignement (intelligence, reconnaissance, surveillance ou ISR)
- La guerre électronique (brouillage, interception, écoute…) dont l'objectif est la domination du spectre électromagnétique
- Les opérations psychologiques (déception, désinformation, propagande, intoxication…) dites aussi Psyops (de l'anglais Psychological Operations). La déception militaire peut être présentée comme une composante à part entière.
- La guerre des pirates informatiques (dite guerre des hackers, procède par attaques logicielles contre les systèmes d'information adverses). On parle également d'attaques par ordinateurs (ou CNA – Computer Network Attacks) qui consistent à attaquer, dérober, détruire, détériorer l'information contenue dans les ordinateurs/systèmes d'information
- La guerre de l'information économique (via le contrôle de l'information commerciale)
- La cyber-guerre (les combats dans le monde virtuel) »
 
Voila qui a le mérite de bien positionner les choses.
 
Jérôme Bondu
 
Présentation de son livre "La guerre de l'information" :

Cet ouvrage peut être appréhendé comme un outil de réflexion politique et stratégique sur les questions de sécurité et de défense nationale dans un contexte de crises internationales. Quels sont les enjeux de la guerre de l'information, définie comme toute forme d'utilisation à des fins agressives des technologies de l'information et de la communication? 

LIen vers le blog de l'auteur.

 

 


 
Par Jerome Bondu - Publié dans : Gestion des risques
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Mardi 18 décembre 2007 2 18 /12 /Déc /2007 10:05
« De plus en plus de managers s'interrogent sur les limites d'une injonction permanente à la performance. Et n'hésitent plus à développer des approches alternatives. »
 
C'est en ces termes que débute un article de la Tribune (1) qui propose d'en finir avec le culte de la performance. Quelles recettes sont mises en avant ?
 
Assurer une bonne ambiance
Il est bon de rappeler que l'intelligence est un phénomène collectif (voir post précédent). Il en est de même pour la performance, qui est plus collective qu'individuelle. Dans ce cadre, un des moyens alternatifs au culte de la performance, réside dans la création d'une bonne ambiance. Pourquoi n'évaluerait-on pas aussi les managers sur des critères d'ambiance, de bonne humeur, de camaraderie?
 
Valoriser les talents privés
Qui oserait prétendre sérieusement que l'épanouissement ne passe uniquement que par le travail ! Pourtant, c'est parfois comme cela que nombre de managers voient et considèrent leurs collaborateurs. Pourquoi l'espace personnel n'aurait pas sa place dans l'entreprise. Un collaborateur épanoui, à la vie culturelle riche, a des chances d'être plus efficace. Pourquoi l'employeur ne l'aiderait pas dans cette voie, à réaliser ses passions ?
 
Recruter hors norme
D'autres idées sont mises en avant. Comme ce manager qui cherche à faire rentrer des profils très différents, atypiques, pour faire rentrer « la complexité » dans ses équipes. « Je cherche à faire entrer des profils « intrus » venus d'horizons très divers (...) sans liens immédiats apparents avec le cœur de notre activité » explique-t-il.
 
Comme le dit Frédéric Watines, responsable de l'offre RH d'Accenture en France : ne faudrait-il pas « en finir avec un modèle hiérarchique traditionnel dont tout le monde est aujourd'hui fatigué? »
 
Jérôme Bondu
 
(1) Source : La Tribune du 4 décembre. Article de Muriel Jaouen
Par Jerome Bondu - Publié dans : Réseaux humains
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