Vendredi 28 décembre 2007 5 28 /12 /Déc /2007 09:48
observer.jpg Un article de 01Net (1) évoque la propension qu’ont les Américains à vérifier en ligne ce qui apparaît sur eux. Le titre parle de lui-même « 47 % des internautes américains veulent savoir ce qui se dit sur eux en ligne ». Rien que du prévisible. Personnellement, je fais la même chose pratiquement tous les mois. Mais une partie de l’article a attiré mon attention avec un phénomène qui est en émergence et que je pressentais sans avoir de données chiffrées : 


 
Je cite : « Notons qu'aux Etats-Unis, un internaute sur dix travaille dans un domaine où la promotion de son image en ligne (par exemple sur des réseaux sociaux comme Facebook) est devenue incontournable, voire exigée par son employeur. Certaines entreprises ont défini des règles bien précises sur le comportement que leurs collaborateurs se doivent d'avoir en ligne. Il en va ainsi des informations que chacun a le droit (ou pas) de publier. Le phénomène ne serait plus marginal outre-Atlantique et concernerait selon PEW(2) Internet, près de 20 % des employés. »
 
Nous y sommes. Il me semble évident que les entreprises vont de plus en plus, être concernées, voir surveiller, étudier avant embauche, l’image de leurs collaborateurs. D’où l’importance de maitriser sa « réputation numérique ». Alain Lefevre, conférencier du Club IES en 2005 nous avais déjà époque averti de cette tendance. 
 
Jérôme Bondu
 
(1) Article du 18 décembre 2007, écrit par Philippe Crouzilacq, paru dans 01Net

(2) L'enquête du PEW Internet & American Life Project a été conduite par téléphone du 30 novembre au 30 décembre 2006 auprès de 1623 internautes américains âgés de 18 ans et plus.



Par Jerome Bondu - Publié dans : Réseaux humains
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Jeudi 27 décembre 2007 4 27 /12 /Déc /2007 09:24
james-bond.jpg Arriver à quoi ? ...
A dissiper l’image sulfureuse de l’intelligence économique …
Deux articles dans deux des quotidiens français les plus réputés évoquent l’IE en des termes peu flatteurs. 


 
Le premier article vient du Monde, intitulé « Bernard Ramanantsoa : Un stratège à l'école » (1) et présente le parcours du directeur général du groupe HEC Paris. En fin d'article, on trouve mention de la "rocambolesque tentative de déstabilisation de l'Essec" que ce dernier a commanditée.
 
On y lit : « A l'automne 1999, HEC s'inquiète de la montée en puissance de sa grande rivale, et s'adresse à une officine dirigée par Eric Denécé, un ancien des services secrets, spécialiste en intelligence économique, pour discréditer l'Essec via différents forums Internet. Mal ficelée, l'opération tourne court. A la suite d'un différend financier avec HEC, Eric Denécé décide de révéler l'histoire. »
 
« Officine », « services secrets », « discréditer », … tous les mots qui génèrent un amalgame avec les APR d’un côté (Agents Privés de Recherche), et le monde du renseignement de l’autre, y sont.
 
Le second vient des Echos, intitulé « Pourquoi les TPE doivent, elles aussi, publier leurs comptes » (2) et est consacré à une directive qui va permettre aux TPE de ne pas publier leurs comptes.
 
L'intelligence économique y est définie comme « le secret des affaires pour soi-même et l'investigation à l'encontre des autres ». Entre nous la formule est pas mal trouvée. Mais l’IE se retrouve réduit à sa portion congrue, entre « secret » et « investigation ». Les auteurs ont-ils consulté les articles du Blog Intelligence Economique des Echos  (auquel j’ai le plaisir de collaborer) ? Ils y auraient vu que l’IE peut être bien autre chose !
 
Jérôme Bondu
 
(1) Le Monde du 27 décembre 2007. Article écrit par Catherine Rollot
(2) Les Echos du 26 décembre 2007. Article écrit par Patrick Sénicourt, Gérard Varona et Jacky Ouziel.
Par Jerome Bondu - Publié dans : Intelligence Economique
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Mercredi 26 décembre 2007 3 26 /12 /Déc /2007 15:40

nouveau-chaos-mondial.jpg J’ai eu l’occasion d’échanger récemment avec Alain Bauer qui fera au Club IES une conférence le 6 mars 2008. En guide d’introduction à son intervention qui portera sur les « nouveaux risques », voici quelques notes personnelles prises à la lecture de son dernier ouvrage « Le nouveau chaos mondial ».



« Il y a chaos mondial, non pas parce qu’il y aurait quantitativement plus d’insurrections, d’escarmouches, d’attentats terroristes, de micro-conflits, de rébellions qu’auparavant (durant la guerre froide, par exemple), ni même parce qu’il y aurait beaucoup plus de brigands, de rebelles, de dissidents que jadis sur la planète. Il y a chaos mondial par absence de distinction claire entre guerre et paix – et de consensus sur ce qu’est la guerre elle-même. »

C’est en ces termes que, sur la quatrième de couverture, le problème est posé. Et les questions que cela entraîne sont clairement énoncées : « Comment penser aujourd’hui les menaces nouvelles, ou subitement plus graves ? Comment analyser ? Comment prévoir ? À quoi faut-il que l’Europe se prépare aujourd’hui pour pouvoir affronter ces dangers qui émergent ? » Réponses en trois chapitres :

Réalités et origines du chaos mondial

Les menaces viennent d’entités hybrides, se situant dans des zones hors contrôle de la planète. Ces entités sont difficilement « appréhendables », et le danger serait que nous calquions sur ces dernières des schémas stéréotypés, tirés d’une époque révolue. Ainsi les auteurs démontrent que l’on représente souvent l’organisation Al-Qaida à l’image de ce qu’était l’IRA (armée républicaine irlandaise) avec un Etat-Major, une organisation, … Cette « recherche de modèle » freine ou empêche la compréhension de ce qu’est réellement cette nébuleuse.

Ces entités multiformes, que ce soit des milices armées, bandes criminelles, ou groupes de terroristes, occupent des territoires « incontrôlables » que les auteurs appellent « zones grises ». Quand ces zones grises recoupent des zones densément peuplées, par exemple les grandes mégalopoles du sud, le potentiel de dangerosité s’accroît d’autant. Ces mégalopoles concentrent en elles un cocktail explosif : une population tribalisée, ajouté à une une démographie explosive, le fanatisme religieux et des économies parallèles. 

Dans ces conditions, il est impossibles de penser ces danger dans les termes avec lesquels on pensait les « guerres classiques » (Etats en guerres officiellement, armées face à face,…). La guerre est devenue elle même chaotique, dans des rapports de force asymétriques, en terrains non balisés (le théâtre d’opération est mondial), avec des protagonistes non identifiables (la nationalité n’est plus discriminante), et des batailles multiformes (tous les coups sont permis). 
Voilà pour la réalité du chaos mondial. Mais que faire ?

Une conception nouvelle

Face à ces nouvelles menaces, il faut une nouvelle approche. Dans ce domaine, la « pensée française » a une expertise que malheureusement notre histoire récente (attentats) nous a permis de développer. 

Cette « pensée » diffère notamment des pratiques américaines de la « compilation », qui consiste à essayer de tout capter et de tout enregistrer (voir le réseau Echelon). Les auteurs expliquent facilement les failles de cette logique, à commencer par l’impossibilité d’enregistrer le nom d’un individu issu d’une société traditionnelle, à l’orthographe incertaine, au lieu de naissance incertain, au lieu de résidence changeant, et à la filiation « flottante ».

Cette nouvelle méthode, qui mêle géopolitique et criminologie, que les auteur appellent de leur vœux, doit se départir des préjugés, même les plus tenaces et les mieux ancrés dans nos esprits. Ainsi le matraquage médiatique place certains mouvements sous la bannière de l’islam. Les auteurs posent à ce propos la question de savoir si le courant salafi-jihadi est « religieux, stable et rationnel » (comme nous pourrions penser qu’il l’est). Ils démontrent au contraire que la dimension religieuse (islam) ne joue en réalité qu’un rôle de façade. Ils qualifient ce mouvement de « politique, protoplasmique et magique ». Laissons-leur la parole : « Al-Qaida n’est en fait qu’une entité politico-militaire, recouverte d’un vernis religieux : certes enveloppée d’un emballage islamique, l’essence de cette entité est politique ». Mais pourquoi cette vision erronée est si largement colportée, pourrions-nous demander. La réponse intervient quelques lignes plus loin « Trop souvent, en effet, ce courant est vu comme notre reflet inversé, on le considère comme on voudrait qu’il soit ». Des exemples notamment tirés de l’histoire récente de l’Afghanistan explicitent parfaitement cette thèse. 

Autre domaine où « l’acharnement médiatique » fausse la perception de la réalité : la mafia ! Prompte à communiquer régulièrement sur la mort du dernier parrain, les médias aveuglent le public face aux trafics générés par des activités mafieuses en réalité en pleine santé : trafic d’armes légères, contrefaçon, stupéfiants, trafic d’être humain. Sur ce dernier point, les chiffres sont alarmants. Concernant le seul trafic d’être humains « Interpol parle d’un CA de 17 milliards de dollars et de 25 millions de victimes dont un million de femmes et d’enfants livrés chaque année à l’exploitation sexuelle ».

La nécessité d’une refonte de la pensée criminalistique est plus qu’urgente, pour s’adapter à un domaine qui se joue des lourdeurs administratives, des résiliences, des erreurs de perceptions !

Décèlement précoce : principes et concepts utiles

Heureusement dans ce tableau plutôt noir, des points positifs émergent, à commencer par la réussite d’avoir su créer une vision commune au sein de grandes coalition internationales (OTAN, UE, …). 

Les auteurs présentent les principes du décèlement précoce, qui passe d’abord comme nous l’avons vu au chapitre précédent par un travail de reconstruction de la réalité, pour sortir d’une vision étriquée, statique et rétrospective. En écartant les apparence on accède au réel. Première étape essentielle, qui permet de poser rapidement et efficacement des diagnostics. Et qui permet d’agir avec précision et efficacité. 

Faut-il en conclure que le chaos est inéluctable ? « Perdez toute espérance, nous sommes en enfer ! » a dit un chef du mouvement Primer Comando du Capital (PCC), emprisonné à Rio de Janeiro, et dont l’interview est publié en fin d’ouvrage. Certes pas.
Il ne tient qu’à nous de le faire mentir. On ne peut que recommander la lecture de cet ouvrage. La connaissance que chacun en retire est une victoire qui éloigne d’autant le spectre d’un « nouveau chaos mondial ». 

Jérôme Bondu

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« Le nouveau chaos mondial. Penser la sécurité dans un monde chaotique : principes et perspectives ».
Par Alain Bauer et Xavier Raufer
Les éditions des Riaux 2007. 74 pages.

Alain BAUER, expert reconnu en criminologie, a régulièrement un rôle de conseil et de consultation au niveau de l’État comme au niveau international. Il enseigne également dans plusieurs écoles et universités.

Criminologue, essayiste, Xavier RAUFER est un spécialiste international de la criminalité organisée ainsi que du terrorisme. Il est chargé de recherche et d’enseignement dans plusieurs prestigieuses universités et écoles d’officiers.

Alain BAUER interviendra le 6 mars au Club IES. Présentation de la conférence :

 

Par Jerome Bondu - Publié dans : Gestion des risques
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Mercredi 26 décembre 2007 3 26 /12 /Déc /2007 10:26

undefined Compte rendu informel de la conférence de WU JIANMIN du 02 avril 2003 organisée par le Club des Vigilants.
Compte rendu rédigé par Max Gattein, président du Club Convergence Chine-France et Jérôme Bondu, pour le Club IES.




Résumé de la conférence

Selon certaines estimations, au XIXème siècle, la Chine produisait près d’un tiers du PIB mondial. Son objectif pour le XXIème siècle est de revenir à ce niveau. Présentation par son ambassadeur en France des étapes pour réaliser cet objectif.

Présentation de l’intervenant
Son Excellence Jianmin WU est ambassadeur de Chine en France. 


Modernisation de la Chine
La Chine est un pays de vieille civilisation qui a connu des retards dans le passé. Selon l'OCDE, jusqu'en 1820, le PIB de la Chine était le premier au monde, soit 30 % du total; cet organisme prévoit que la Chine sera à nouveau leader à partir de 2020 ce que le gouvernement chinois considère trop optimiste.
Aujourd'hui le PIB chinois totalise 1200 Milliards de dollars, soit 3 à 4 % du total mondial. Pourquoi tant de fluctuations ? 

La Chine a en fait manqué le virage de la révolution industrielle; elle a ensuite subi maintes humiliations internationales et a dû lutter pour sa libération et son indépendance de 1840 à 1949. La période 1949 à 1980 n'a été qu'une succession de guerres régionales en Asie.
La modernisation d'un grand pays requiert un environnement paisible. 

Le grand architecte de cette modernisation fut Deng Xiao Ping; on distingue généralement trois étapes:
De 1980 à 1990 avec un doublement du PIB, 1990 à 2000 avec le même objectif; en fait le doublement fut déjà atteint en 1995. En 2000 le PIB de 1995 par habitant était multiplié par 4; sachant que la population avait augmenté de 30% de 1980 à 2000, il s'agit d'une performance.
L'objectif national de 2001 à 2050 est de rattraper le PIB moyen des pays industrialisés alors qu'il est actuellement de 900 $ en Chine contre 15 à 20000 $ dans les pays industrialisés; cet objectif représente donc un énorme effort.
L'objectif à 20 ans se décompose en un doublement de 2001 à 2010 et d'un autre doublement de 2011 à 2020, soit un taux de croissance annuel moyen de 7.2%
On peut illustrer les changements profonds sur les deux dernières décades: il y a 15 ans encore les denrées alimentaires étaient rationnées; en 2002 Carrefour opérait 35 hypermarchés en Chine et vise 50 magasins à fin 2003.
La qualité de la vie n'en est qu'à ses débuts dans un pays 18 fois plus grand que la France.


Les opportunités
La Chine est en pleine croissance: alors qu'il y a 15 ans n'existait pas d'autoroute, il y en a maintenant plus de 25 000 km.
La Chine profonde, principalement à l'Ouest reste à développer.
Peut-on imaginer une poursuite de cette croissance ? Oui car la Chine suit une voie originale fondée sur le maintien d'une harmonie entre trois facteurs-clés: le développement, la stabilité et la réforme. Ceci avec un contrôle du rythme des changements; en effet, les mentalités n'évoluent que lentement et il faut permettre aux masses de suivre le processus: les chinois doivent pouvoir profiter de ces changements au fur et à mesure. 

Il existe encore d'importantes opportunités de coopération avec le monde extérieur malgré les résultats déjà enregistrés; de 1979 à 89 l'investissement direct total a été de 17 Mds $, de 1990 à 95 118 Mds, et de 1996 à 2000 213 Mds; de 2001 à 2002 il a atteint 100 Mds, soit 450 Mds $ depuis 1979 avec 600 000 joint ventures créées. Il y a donc une vraie accélération de la coopération internationale. 

Pourquoi un tel engouement ? C'est le résultat de l'attrait créé par la stabilité du pays, la croissance de l'économie et la taille du marché.
A cela s'ajoutent pour le futur les retombées de l'organisation par la Chine des Jeux Olympiques de 2008 et de l'Exposition Universelle à Shanghai en 2010.


Les Défis
Le chômage est officiellement estimé à 14 Millions de personnes, dû surtout aux effets de la réforme des entreprises publiques et d'Etat. En plus arrivent chaque année 10 Millions de jeunes sur le marché du travail ce qui doit être compensé par la création de nouveaux emplois.
Un autre défi vient de la grande différence de développement entre les zones côtières et l'intérieur. 

Le gouvernement a prescrit des mesures volontaristes pour le développement des régions de l'Ouest qui représentent 5.3 M km2 et 300 M d'habitants.
Le problème du devenir des campagnes est lancinant avec 900 M d'habitants. 120 M d'habitants des campagnes étaient déjà venus grossir les villes avec des emplois que refusent les citadins; souvent, ils reviennent au "pays" au bout d'environ 2 ans.
Les revenus moyens de l'agriculture sont faibles et la pérennité non assurée, compte tenu de la future concurrence internationale. On étudie actuellement l'intérêt d'instituer des coopératives comme en France. 

Il faudra donc faire preuve de sagesse, de patience et de persévérance.
La politique énergétique repose encore trop sur la ressource thermique avec 80% pour le charbon, causant des dommages importants à l'environnement, et 15% d'hydraulique; le nucléaire compte à peine pour 1% ce qui est à développer.
Qu'en est-il de la nouvelle équipe dirigeante ? ce sont des ingénieurs, bien conscients des défis et problèmes cités plus haut. 


Questions et Débat
Les sources occidentales estiment le chômage plutôt aux alentours de 100 Millions de personnes.
Une des réformes fondamentales touche au système bancaire: c'est un des défis majeurs car il implique l'assainissement des entreprises publiques;
L'expérience montre que les chinois sont beaucoup plus habitués que nous en France aux effets des réformes: ils adhèrent au mouvement. 

Malgré ses ressources naturelles, on remarque la dépendance importante de la Chine de l'extérieur, par exemple le déficit en charbon est de 50 MT par an, il y a aussi le pétrole, le cuivre, le bois etc … La réponse est que jusqu'à maintenant le pays dispose d'un excédent commercial qui lui donne toute facilité pour importer ces produits.
On remarque que les entreprises mixtes (joint ventures) sont à l'origine de 50% de la valeur des exportations; il faudra donc veiller à rendre les autres entreprises compétitives. 

La pollution est souvent citée comme un défi majeur: le gouvernement a promulgué un nouvel arsenal protecteur et c'est un énorme marché qui s'ouvre aux technologies et savoir-faire occidentaux. 

Un facteur souvent cité comme bloquant les initiatives occidentales c'est le risque pour la propriété intellectuelle et la contrefaçon. La Chine s'est récemment dotée d'une législation moderne dans ce domaine, en cas de plainte, les autorités sont réactives; enfin il y a en Chine plus de 10 Millions d'ingénieurs dont les créations doivent être également protégées ce qui constitue une forte motivation nationale.
La sécurité en Chine, c'est d'abord une question de niveau de vie. 

En conclusion, l'ambassadeur constate que la Chine évolue de plus en plus dans un monde multipolaire ce qui exclu l'imposition de la volonté d'une seule grande puissance … 

Max Gattein & Jérôme Bondu

Par Jerome Bondu - Publié dans : Géopolitique
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Mardi 25 décembre 2007 2 25 /12 /Déc /2007 22:35

Chaque révolution apporte son lot de bouleversements. Avec internet et la création des blogs, nous assistons à une révolution de l’écriture, comme l’imprimerie a été une révolution de la lecture il y a 500 ans. Quels vont en être les conséquences ? Pour essayer de les envisager (sans pouvoir les deviner), regardons un peu en arrière.


Quels ont été les apports de la révolution de la lecture ?

Quand on analyse les conséquences de l’invention de l’imprimerie en Europe (1) on est stupéfait de voir à quel point les implications ont rayonnées dans tous les aspects de la vie de l’Homme.
- L’accès de plus en plus facilité à la lecture, donc aux connaissances, a entrainé une démocratisation du savoir et de la culture. Ainsi (corollaire important) qu’un développement de l’esprit critique
- Esprit critique qui s’est notamment exercé dans le champ le plus prégnant de la société de l’époque, le champ religieux ! La confrontation du savoir individuel acquis par la lecture d’une part, et de l’enseignement des " intercesseurs " qu’étaient les membres du clergé d’autre part, a généré une prise de conscience collective. 
- Prise de conscience que l’on peut formuler comme suit "ce que nous disent les membres du clergé et la hiérarchie catholique n’est peut être pas totalement juste". D’où un mouvement en faveur d’une "réforme" de la religion catholique, et d’où l’émergence d’un mouvement de protestation (protestants). Sans une lutte acharnée de la hiérarchie catholique pour la préservation de ses "avantages" (dîme, et autres impôts) le continent aurait surement été emporté par cette vague de réforme plus en phase la révolution intellectuelle induite par la lecture.


Qu’en déduire pour la révolution de l’écriture ?

Dans la situation actuelle, la révolution réside dans la capacité de tout un chacun de pouvoir écrire. Cette révolution de l’écriture aura une portée au moins aussi forte que la révolution de la lecture. 
- Au-delà du développement de l’esprit critique (lecture), la capacité à écrire est une capacité d’influence, et est vecteur d'émancipation.
- Qui a le rôle aujourd’hui du clergé d’alors ? On pense tout de suite aux journalistes, qui jusqu’à présent étaient les "intercesseurs" entre les événements et les lecteurs passifs des journaux (papier, télévisés ou radiophoniques). Mais je pense que l’on peut inclure aussi les hommes politiques. Ces derniers n’ont plus le monopole des bonnes idées pour gérer la citée. Et la capacité d’influence viendra ou passera par les centaines de blogs influents qui feront et déferont les opinions. 
- Quel est le champ prégnant de la société actuelle ? Qu’est ce qui a remplacé la religion ? Quelle "réforme" est en marche, et qui sont les nouveaux "protestants" ? Quelles luttes cela va entrainer, et sous quelles formes ?

Il est sans doute un peu tôt pour le dire. Mais c’est une grille de lecture qui peut être intéressante.

Jérôme Bondu 

(1) Je précise " Europe ", car je laisse de côté la Chine qui a vu la première l’invention de l’imprimerie.

Par Jerome Bondu - Publié dans : Social
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