Vendredi 14 mars 2008 5 14 /03 /Mars /2008 16:31

ihedn-copie-1.jpg Compte rendu du colloque organisé par l’IHEDN le 25 janvier 2001. Ce CR a été réalisé par Jérôme Bondu et n’engage que son auteur.

Présentation du Colloque :
De nombreux représentants de l’Etat se sont succédés pour affirmer la nécessité d’un engagement de l’Etat au côté des entreprises dans la lutte économique.

Présentation des intervenants :
Les intervenants sont cités par ordre d’intervention. Les fonctions notés ci-dessous sont celles exercées par les intervenants lors de ce colloque (en 2001).
M. Célerier Vice-amiral d’escadre, directeur de l’IHEDN, de l’Enseignement militaire supérieur et du Centre des Hautes Etudes Militaires.
Christian Pierret Secrétaire d’Etat à l’Industrie.
Franck Bournois Professeur.
Claude Revel Déléguée générale de l’Observatoire du marché international de la construction.
Claude Reisman Trésorier payeur général de la région Centre.
Rémy Pautrat Préfet de la région Nord Pas de Calais.
François Goulet  Directeur régional de l’Industrie, de la Recherche et de l’Environnement de la région Aquitaine.
Philippe Clerc Directeur de l’Intelligence Economique à l’Assemblée des Chambres Françaises de Commerce et d’Industrie (ACFCI).
Daniel Cadé Directeur de l’Agence du Réseau de l’Information Active (ARIA) à France Télécom.
Henri Griffon Président de l’Union Nationale des Industries Françaises de l’Ameublement (UNIFA).
Jean-Yves Pageon Direction des relations Economiques Extérieures (DREE).
Didier Lallemand Haut fonctionnaire de Défense au ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie.
Henri Serre Directeur chargé de la sécurité des systèmes d’information au Secrétariat général de la défense nationale (SGDN).
Michel Le Clainche Directeur des Relations avec les publics et de la Communication au Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie.
Jean-Paul Figer Chief technology officer à Cap Gemini.
Pascal Lointier Vice-président du Club des Systèmes d’Information Français (CLUSIF)
Jean-Pierre Cornioux Directeur de la sécurité informatique au groupe Renault.
M. Rena 
Philippe Caduc Directeur général de l’Agence pour le Développement de l’Information Technologique (ADIT).
Henri Martre Président de l’Agence Française de Normalisation (AFNOR).

Introduction par le vice-amiral d’escadre CELERIER, directeur de l’IHEDN, de l’Enseignement militaire supérieur et du Centre des hautes études militaires.

Ouverture des travaux par M. Christian PIERRET, secrétaire d’Etat à l’Industrie
Spécificité de l’IE dans la société du savoir
L’accélération des échanges et le triomphe de l’économie financière ouvrent les frontières de la concurrence. L’obligation de maîtriser le cycle de l’information est la raison d’être de l’Intelligence Economique.
Il y a une nécessité d’une démarche concertée de tous les acteurs dans une démarche d’IE, et l’Etat a un impératif d’expression dans ce domaine. Non seulement il doit sensibiliser les entreprises, mais en plus il doit ouvrir ses informations utiles et stratégiques. Le MININFO à ce titre est dans une phase d’expérimentation d’un système qui aurait pour avantage, non seulement de répondre aux demandes des entreprises, d’accompagner et de conseiller ces dernières dans leur développement, mais aussi d’offrir un seul point de contact pour l’entreprise désirant bénéficier des services de l’Etat.

Sécurité des systèmes d’information
Un des effets pervers du travail en réseau est la création de brèches dans la sécurité. Ainsi tout le monde peut être touché par une action de désinformation. Les entreprises françaises ne sont pas suffisamment mobilisées par rapport aux autres pays.
Là encore l’Etat va apporter une pierre à l’édifice : L’Etat va aller plus loin dans la libéralisation de la cryptologie lors de son projet de loi sur la société de l’information. Il va donner une suite au projet OPIDUM sur la sécurité informatique. Il a fait paraître un guide des bonnes pratiques en matière de « protection informatique » qui débouche sur une normalisation qualité – confiance conclue avec l’AFNOR.

L’Etat a donc un rôle protecteur pour les entreprises. Mais en plus un rôle de partenaire économique. Ceci pour favoriser l’éclosion d’un esprit offensif et l’épanouissement d’un esprit de conquête.

Le panorama des entreprises françaises en matière d’intelligence économique par le professeur Franck Bournois de l’IHEDN
Suite à l’enquête envoyée aux 5000 entreprises de plus de 200 salariés, 1200 réponses ont été reçues. Voici les grandes tendances de cette enquête :
- 52% des entreprises estiment pratiquer l’IES (Intelligence Economique et Stratégique).
- Il y a un lien entre la pratique de l’IES et la rentabilité de l’entreprise.
- Une définition de l’IES doit comprendre ces différentes notions : compétitivité et connaissance des concurrents, outils et techniques, animation de réseaux, implication des acteurs internes et dynamisation, stratégie.
- Le sentiment de guerre économique est réel.
- Parmi les pratiques offensives subies, notons : le lobbying (30%), désinformation (13%), interception d’information (12%), débauchage de cadre (11%).
 -Les entreprises françaises sont en train de mettre au point une ingénierie de l’IES : 20% ont un budget IES, 10% ont un tableau de bord.

L’auteur de l’enquête conclue qu’il y a quatre modèles en France.

Propositions :
- professionnalisation du responsable en IES,
- sensibiliser les salariés,
- clarifier les priorités stratégiques,
- élaborer des outils de pilotage,
- renforcer la coordination Etat – entreprise,
- identifier les attaques,
- Etendre cette enquête aux PME – PMI.


Première partie : La prise en compte de l’intelligence économique par les différents acteurs nationaux et régionaux.

La première table ronde est animée par Jean-Louis Levet, président de l’Association Française pour le Développement de l’Intelligence Economique (AFDIE).
Le thème de cette première table ronde est : pourquoi et comment prendre en compte l’Intelligence Economique  au quotidien?
Les fils conducteurs en seront :
- importance de l’anticipation sur l’adaptation,
- importance des facteurs socio-économiques,
- mobilisation des acteurs.

Claude Revel, déléguée générale de l’Observatoire du marché international de la construction.
Il y une montée en puissance des grandes ONG internationales, au niveau politique et surtout économique, avec un rôle de conseil mais aussi de régulation. Le droit est un levier important pour réguler l’économie, et comme le droit est géré par l’Etat, le rôle de l’Etat en sort légitimé.
Cette montée en puissance de nouveaux acteurs, de nouvelles politiques, implique un effort particulier de recherche d’information (rôle de l’IE) pour savoir, se situer et anticiper.

Claude Reisman, trésorier payeur général de la région Centre.
Un exemple d’initiative de l’Etat pour optimiser ses rapports avec les entreprises. M. Reisman a lancé un nouveau service à destination des entreprises. Le but en était une simplification de la vie des entreprises, une simplification des modalités d’échange avec les structures de l’Etat.
Le moyen : réunir les acteurs (DRIRE, DRCE…) en réseau et faire en sorte que l’entreprise puisse entrer en un point du réseau et que l’information soit diffusée automatiquement à tous ses interlocuteurs institutionnels. Cette expérience a nécessité la mise en place d’outils et une formation spécialisée pour les agents du réseau. Il s’appui sur une charte déontologique. Ce service s’étend petit à petit aux six départements de la région Centre.

Rémy Pautrat, préfet de la région Nord Pas de Calais.
M. Le préfet Pautrat est intervenu sur le thème de l’Etat partenaire en insistant sur 4 points :
- Il faut changer l’image de l’Etat, et passer d’une vision de contrôleur et de sanctionneur, à une vision d’administration partenaire.
- L’Etat dispose d’énormément d’information (80% des informations utiles aux entreprises) pas suffisamment exploitées. Ceci parce que la France a l’obsession du secret. Parce qu’il y a le réflexe néfaste de classifier l’information plutôt que de l’exploiter. L’information qui prend une valeur ajoutée est celle qui circule et non celle qui stagne. Il faut une culture du partage de l’information.
- Il faut une simplification des règles de l’Etat (qui comporte 150 000 lois, 90 000 décrets…)
- L’Etat n’est plus le détenteur de l’intérêt général, c’est désormais les entreprises le véritable détenteur : ce sont ces dernières qui pourvoient l’emploi…

Le Préfet a essayé de mettre en place cette dynamique en Basse-Normandie, par notamment :
- la sensibilisation des acteurs,
- la création d’un réseau d’entreprises sous forme de club,
- l’identification des technologies clef,
- et un essai de favoriser un rayonnement international de la région.

Le Préfet essai de faire de même en Nord-Pas-de-Calais avec :
- une gestion transversale de l’information,
- l’inscription de cette démarche dans le plan Etat-Région,
- la venue des assises nationales de l’AFDIE.

François Goulet, directeur régional de l’Industrie, de la Recherche et de l’Environnement de la région Aquitaine.
Les DRIREs ont un rôle et d’accompagnement des entreprises (apport d’une expertise) et de contrôle. Leur action est souvent groupée avec celles de l’ANVAR, Conseil Régional, Délégation à la Recherche et Développement.

Philippe Clerc, directeur de l’Intelligence Economique à l’Assemblée des Chambres Françaises de Commerce et d’Industrie (ACFCI).
Philippe Clerc nous présente comment les CCI participent à la dynamique d’Intelligence Economique.
Le rôle des CCI est de servir l’entreprise :
- par l’aide à l’anticipation sur son marché,
- par l’aide au partage et à l’élaboration des méthodes de travail,
- par le développement des capacités d’intelligence et d’environnement,
- par la coordination de ses réseaux,
- par un travail sur la sécurisation des échanges,
- par une assistance à la veille,
- par la construction de stratégies d’influence…
L’ACFCI accompagne les CCI dans ces tâches et a la volonté de capitaliser et de mettre en réseau les CCI.

Daniel Cadé, directeur de l’Agence du Réseau de l’Information Active (ARIA) à France Télécom.
La création de l’ARIA remonte à 1995, alors que le PDG de FT chargeait M. Cadé d’une étude sur le coût de l’information stratégique, du partage et de la protection de l’information. L’ARIA aujourd’hui gère, classifie et distribue 100 000 informations par jour. 5000 personnes y travaillent et toutes sont habilitées.

Quels sont les bénéfices d’une telle structure ?
- De connaître les clients, marchés, acteurs, produits, services…
- D’avoir la possibilité d’activer des réseaux pour obtenir des informations.
- D’avoir une vision stratégique commune.
- D’avoir des bénéfices en termes économiques : Economies d’échelle dans l’achat des ressources. Gain de compétences pour les personnes qui ont accès aux ressources. Bénéfices individuels car chacun a un accès individualisé à l’information. Appartenance à une communauté de pratique.

La réussite d’un « projet » est une condition nécessaire à la réussite de l’Intelligence Economique. Cela nécessite entre autre :
- une connaissance des réseaux déjà en place car il faut les intégrer,
- de bien définir les objectifs de performance économiques…

Henri Griffon, président de l’Union Nationale des Industries Françaises de l’Ameublement (UNIFA).
M. Griffon insiste sur la fin de l’Etat protecteur. Il n’y a plus qu’une logique celle du marché. Rappel d’un aphorisme de René Char : « Il faut agir en primitif et prévoir en stratège ».

M. Griffon nous présente le cycle de l’information au sein de l’UNIFA :
En ce qui concerne la collecte des informations, les sources utiles à son travail en matière d’Intelligence Economique sont :
- Les sources formelles : presse, internet…
- Les études de marché. Ces études sont issues d’un institut d’études, dont la création résulte d’une coopération entre les industriels du secteur, les négociants et les clients.
- Les informations sur les innovations. M. Griffon a insisté sur l’importance d’être à l’affût des innovations. Un organisme à été crée à cet effet : le VIA (Valorisation et Innovation dans l’Ameublement).
- Les salons. La France possède la chance d’accueillir des salons de grandes envergures.
- Parallèlement à une diffusion large, il y a une journée par semaine qui est consacrée à l’échange d’information.
Le coût de cette organisation est financé par la taxe para fiscale. En outre les fédérations européennes sont organisées et mettent un soin particulier à capter les financements européens.

Jean-Yves Pageon. Appartient à la Direction des relations Economiques Extérieures (DREE).
LA DREE peut être vue comme une cellule d’IE au sein du ministère de l’Economie, pour son travail auprès des entreprises. 2400 personnes y travaillent dont 2000 à l’étranger (notamment dans les Postes d’expansion Economiques).
M. Pageon insiste sur le changement intervenu au sein de la DREE. Avant la DREE pouvait être vue comme un simple guichet d’information. Maintenant c’est un prestataire de service avec trois missions fondamentales :
- participer au cadre de définition des échanges,
- contribuer au développement international des entreprises françaises,
- informer sur la globalisation.

Les métiers de la DREE sont les suivants :
- sert de centre d’appel pour les entreprises,
- sert à la diffusion de l’information économique,
- c’est un prestataire de mission (notamment de mission de lobbying),
- conseil les entreprises qui débutent,
Mais la transformation n’est pas finie. M. Pageon trace des axes d’amélioration, notamment souligne l’importance du réseau pour harmoniser les pratiques au sein de cette administration, et le travail de certification ISO 9001.

M. Levet conclue cette première table ronde par cet aphorisme, que chacun interprètera à sa manière. Il ne faut pas oublier que l’Arche de Noé a été construite par un amateur, et a résisté au déluge, Et que le Titanic a été construite par des professionnels… et n’a pas résisté à sa première croisière…


Seconde partie : La défense économique

Didier Lallemand, Haut fonctionnaire de Défense au ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie.
M. Lallemand s’interroge sur la défense de l’économie dans une période qui a vu ou voit :
- la chute de l’URSS,
- l’augmentation de la mondialisation avec son cortège de contraintes sur les entreprises,
- l’obligation de travailler en réseau avec des partenaires lointains,
- l’ouverture à la concurrence des entreprises de réseau (comme FT, EDF, GDF …).

La défense de l’économie comprend trois volets :
- L’Etat a besoin de réseaux (transport, téléphone, énergie, paiement…). Ces infrastructures sont vitales et le Ministère doit veiller à leur bon fonctionnement.
- Assurer la protection du patrimoine.
- Limiter les dépendances stratégiques. Une économie qui dépend de quelques grands acteurs, affaiblie la concurrence et augmente la vulnérabilité.

Un principe simple de précaution indique, en terme de vols d’information, de faire attention à l’utilisation que l’on fait d’Internet. De plus des logiciels libres (type Linux) et donc au fonctionnement parfaitement connu peuvent être plus sûrs que des logiciels propriétaires (type Microsoft) dont certaines fonctionnalités restent opaques. Un autre secteur de vulnérabilité pour l’entreprise se situe au niveau des grands cabinets d’audit ou les courtiers en assurance qui travaillent avec des entreprises qui sont concurrentes entre elles. Quelles garanties peut ont avoir de confidentialité des informations.
M. Lallemand conclue sur le fait que les failles dans les systèmes d’informations sont multiples et dangereuses. Néanmoins assurer la sécurité des informations n’implique en aucun cas une paranoïa sécuritaire. Elle demande simplement de ne pas être naïf !

Les réponses au double défi de la défense économique et du développement des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC).

La seconde table ronde est animée par Pierre Gilbertas, consultant en systèmes d’information.

Henri Serre, directeur chargé de la sécurité des systèmes d’information au Secrétariat Général de la Défense Nationale (SGDN).
M. Serre intervient sur le rôle de l’Etat en matière de sécurité informatique :
En matière de cryptologie (art de coder les messages) le nouveau décret de mars 1999 permet un usage libre des clefs de 128 bits. Ceci pour permettre aux entreprises de sécuriser leurs transmissions. Mais cette loi pouvant être utilisée à mauvais escient trois dispositions ont été prises :
- La création de l’Office central de la lutte contre la criminalité informatique.
- La création d’une structure chargée d’assurer la sécurité des systèmes d’information au SGDN.
- La mise en place d’une coopération internationale.
M. Serre insiste sur le fait qu’il faut systématiser la sécurisation des échanges d’information. Il faut savoir quelle est l’offre des produits en la matière. Un travail de formation et de sensibilisation des ressources humaines est nécessaire, et ce à tous niveaux : pratique, juridique et technique.

Michel Le Clainche, directeur des Relations avec les publics et de la Communication au Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie.
Le ministère de l’Economie et des Finances, et de l’Industrie est passé d’une culture du secret à une culture de la communication. Or la sécurité est un élément essentiel de la communication.
A titre du travail de sensibilisation et de formation de ressources humaines, le Ministère a diffusé une brochure à ses 180 000 agents sur ce thème. Cette brochure est disponible à tous sur le site Internet du Ministère, et chaque entreprise est vivement conseillée de la diffuser auprès de ses employés.

Jean-Paul Figer, chief technology officer à Cap Gemini.
Internet est un outil au degré de sécurité nul ! Ceci pour la bonne raison qu’il a été conçu pour assurer la connectivité des machines et non la sécurité.
Quelles solutions envisager ? Il n’y a pas de réponse toute faite, néanmoins voici quelques pistes :
- On peut séparer Internet et Intranet. Mais cela implique que le personnel soit fiable.
- On peut mettre en place une authentification de la machine couplée à un système de cryptage (système à clef publique).
Dans tous les cas l’aspect sécurité est extrêmement important et souffre d’un manque de considération, et d’une prise de conscience en France.

Pascal Lointier, vice-président du Club des Systèmes d’Information Français (CLUSIF).
En matière de sécurité informatique on se heurte à différents problèmes : Le premier est l’insouciance ou la méconnaissance de la personne même d’assurer ce risque, le responsable informatique. En France, il y a un problème de prise de conscience du patrimoine informationnel. D’où une difficulté d’apprécier les risques. Or ce point est majeur.

Quelques pistes pour pallier ces difficultés :
- Traiter la sécurité dans sa globalité.
- Sensibiliser les acteurs à tous niveaux.
- La véritable sécurité n’est pas une défense statique mais une attitude dynamique. Il faut croiser une gestion des risques continue et une gestion événementielle. D’où l’importance de la bonne appréciation des risques, donc de la bonne qualification des personnes chargées de ce travail. A ce titre, il y a actuellement une sur-médiatisation du problème des virus. Cela débouche sur un nouveau risque, celui du « risque d’opinion » lié aux mouvements d’opinion.

Jean-Pierre Cornioux, directeur de la sécurité informatique au groupe Renault.
M. Cornioux va axer sa présentation autour du dilemme suivant : D’une part, toutes les précautions sont-elles prises au niveau des NTIC ? D’autre part, profitons-nous suffisamment de tout ce que pourraient nous apporter les NTIC ?

Renault est très sensibilisé au problème de la sécurité informatique.
- Il travaille avec des pays sensibles au niveau du piratage informatique (Corée, Roumanie…).
- Il échange quotidiennement des informations stratégiques par NTIC avec tous les pays du monde.
- Il travaille en collaboration avec des concurrents (définie par le néologisme de « coopétition » issu de coopération et compétition).
Renault doit donc adopter une stratégie qui n’est pas opportuniste mais construite. Notamment par le développement d’une politique de sûreté globale qui vise à couvrir l’ensemble des éléments du risque.

Le système informatique doit répondre à trois obligations :
- disponibilité et sûreté de l’information.
- Intégrité des données et de leur traitement.
- Confidentialité.

Des actions sont prises dans différentes directions :
- Clairsemer et éclater les risques.
- Prévoir l’aléa.
- Eviter de se mettre dans des zones de vulnérabilité.
- Sensibiliser les employés à un nouveau comportement.
- Se remettre en question de manière permanente.

Pour finir M. Corniou insiste sur les éléments clés d’une démarche sécurité : avoir une approche fractionnée et permanente de la sécurité. Cette approche doit être non traumatisante et valorisante.

M. Rena

M. Rena intervient sur la sécurité du paiement en ligne. En effet le paiement en ligne implique des risques, et une sécurisation est nécessaire. Or trente-deux solutions techniques sont possibles :
- Solution née en France : Adoption du standard cyber-com. Télépaiement sur téléphone mobile.
- Solution qui existe en France et aux Etats-Unis : A chaque transaction un numéro de carte virtuel est transmis en direct par la banque concernée. Les petits montants pourraient être facturés par l’opérateur de téléphonie mobile.
- Solutions essentiellement américaines : trois solutions sont présentées. Solution la plus prisée : l’effort est porté sur la sécurisation du canal de transmission (SSL). Deuxième solution : Il y a création d’un artéfact résident sur le disque dur ou la disquette du consommateur (SET). Troisième solution : portemonnaie virtuel.

Derrière le choix de la solution se cache des enjeux stratégiques :
- Cela aura un impact sur l’importance ou non des cartes de paiement.
- C’est un champ de confrontation entre la conception américaine du commerce (on peut toujours se faire rembourser un achat) et française (une fois la transaction écrite et acceptée, une vente n’est pas retournable).
La réponse à ces problèmes est un enjeu de défense.

Philippe Caduc, directeur général de l’Agence pour le Développement de l’Information Technologique (ADIT).
Les NTIC sont en même temps une menace et une opportunité pour le l’économie. Au titre des menaces, il y a trois aspects :
- Menace technologique, liée à la sécurisation des informations, et incarnée par la puissance du renseignement américain (avec notamment le réseau Echelon dirigé par le NSA).
- Menace économique et financière, incarnée par la bulle spéculative portée sur les entreprises de la nouvelle économie. Avec comme corollaires les turbulences financières qui ont suivi, l’accroissement de la volatilité des devises. Autre corollaire le rapport de force faussé entre les entreprises de la nouvelle et de l’ancienne économie. D’où l’expression américaine « to be amazonned » qui signifie faire faillite à cause d’une entreprise de la nouvelle économie qui « vole » les clients, sans faire la preuve de sa rentabilité et de sa stabilité. Amazone a en effet provoqué la faillite de nombreux éditeurs américains.
- Menace stratégique incarnée par le risque et la facilité du détournement d’image, de la déstabilisation, de la désinformation sur et via Internet. Ce média est en effet un média « sans responsabilisation ». En autres exemples développés par M. Caduc, une enquête de l’ADIT, commandité par Alcatel suite à la baisse de 40% de sa capitalisation boursière, a prouvé que l’origine de cette « attaque » provient d’une banque d’affaire concurrente.

Conclusion des travaux par M. Henri Martre, président de l’Agence Française de Normalisation (AFNOR).
M. Martre commence sur la modestie a adopter vis à vis d’un sujet aussi complexe et évolutif, avant de relever différentes notions :
- l’Intelligence Economique est inséparable de la stratégie.
- L’IE a un coût en terme financier, en temps de travail… Mais c’est un coût qu’il faut accepter car le retour sur investissement est réel.
- Il faut mieux parler de « compétition commerciale que de « guerre économique ». Même si dans les moyens d’attaque et de défense les actions illégales existent.
- Importance des réseaux humains et des réseaux d’organisation.
- Un des obstacles majeur du développement de l’IE en France est que l’information est vue  comme un élément de pouvoir, et qu’il règne un certain individualisme. Par exemple la compétitivité entre les collectivités territoriale existe ! Il faut lutter contre cet état de fait. Au premier chef, l’Etat doit montrer l’exemple et doit en tant que détenteur de 80% de l’information utile aux entreprises, ouvrir cette richesse. A l’Etat actuel doit se substituer l’Etat – partenaire.

Sigles :
IHEDN : Institut des Hautes Etudes de Défense Nationale
DRIRE : Direction Régionale de l’Industrie, de la Recherche et de l’Environnement.
DRCE : Direction Régionale du Commerce Extérieur.
ANVAR : Agence Nationale pour la Valorisation de la recherche.
SGDN : Services Généraux de la Défense Nationale.

Par Jerome Bondu - Publié dans : Intelligence Economique - Communauté : Veille stratégique
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Jeudi 13 mars 2008 4 13 /03 /Mars /2008 06:45
beffa.jpg Jean-Louis Beffa est intervenu hier (mercredi 12 mars 2008) à Science Po *.
 
De son discours, je retiens notamment sa préoccupation envers les « entreprises pilotes d’un pays » qui ont un rang égal aux Etats. Ces entreprises ont d’autant plus de pouvoir qu’elles opèrent dans des secteurs « stratégiques » que sont : l’énergie, les matières premières, l’énergie « agricole », l’eau …
 
Il a aussi évoqué les « fonds souverains » qui après avoir été décriés, ont été appelés pour « sauver » certains entreprises misent à mal par la crise actuelle.
 
Il espère (avec une certaine inquiétude) que « notre système » va savoir s’adapter aux défis qui nous attendent, notamment dans les secteurs cités plus haut, ainsi que dans la maîtrise des technologies clés. Il ne croit pas à une réponse commune européenne, même s’il le regrette. Selon lui, les « réponses communes » se sont arrêtées après l’élargissement. Une manière de recréer une dynamique serait de faire un travail commun entre les pays pionniers de l’Europe que sont l’Allemagne, l’Italie et la France.
 
Jérôme Bondu
 
* Jean-Louis Beffa est intervenu dans le cadre du forum « Economie et société »
Il est Président du Conseil d’administration de Saint-Gobain.
 
Par Jerome Bondu - Publié dans : Géopolitique - Communauté : Veille stratégique
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Mercredi 12 mars 2008 3 12 /03 /Mars /2008 08:41
carlyle.jpg Pierre-Olivier Sarkozy, le demi-frère de Nicolas (ils ont le même père Pal Sarkozy) a été embauché par le fonds d'investissement Carlyle, en tant que co-directeur des services financiers du groupe. 
Olivier Sarkozy travaillait déjà dans la finance à New-York, et était une des vedettes de ce petit milieu. 

Pour le co-fondateur de la compagnie, cité par l'agence Reuters, Olivier Sarkozy a "un réseau et une carrière incroyables qui aideront Carlyle à capitaliser sur les bouleversements dans le secteur des services financiers et d’étendre notre présence sur cette partie importante et croissante de l’économie mondiale".
 
La nomination d’un Français aux plus hauts échelons d’une compagnie internationale est toujours une bonne nouvelle. Mais celle-ci attire notre attention du fait qu’il s’agit, d’une part du demi-frère du président, et que d’autre part le fond Carlyle soit assez décrié dans le milieu de l’intelligence économique pour être l'un des bras armés de la politique intrusive des Etats-Unis dans les économies européennes.
 
Pour mémoire, Carlyle a eu des administrateurs … prestigieux : l’ancien premier ministre britannique John Major, James Baker, ancien secrétaire d’État américain, George Bush père, ancien directeur de la CIA et ancien président des États-Unis, Frank Carlucci, ancien directeur de la CIA et secrétaire à la Défense américain, Karl Otto Pöhl, ex-président de la Bundesbank, la famille Ben-Laden et plusieurs chef d’État et de gouvernement.
 
Si cela peut aider le gouvernement français à décrypter la politique de ce fonds, c’est une excellente nouvelle.
 
Jérôme Bondu
 
 
Sources : VSD et le Figaro
 
 
Par Jerome Bondu - Publié dans : Intelligence Economique - Communauté : Veille stratégique
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Mardi 11 mars 2008 2 11 /03 /Mars /2008 22:43
Je poste aujourd’hui le compte rendu d’un colloque organisé à l’IAE de Paris par M. Jean-Pierre Helfer, directeur du DESS marketing et communication.
C’était le 14 juin 2001 ! Je rappelle que ce qui suit n’engage que son auteur. Les titres des intervenants sont ceux qu’ils avaient à l’époque (et ont pu évoluer).
 
Ce colloque a vu l’intervention de spécialistes de l'Intelligence Economique, qui ont confirmé l'image (déjà forgée à l’époque) de cette discipline, a savoir :
- qu'elle n'est pas assez développée en entreprise,
- qu'elle est un outil pour orienter la stratégie.
 
Sont intervenus :
M. Marti, Président d'Egideria
M. Giraud, Directeur Développement Danone
M. Pellizzari, DG, Division Télécommunication Radiall
M. Ono, PDG de Konika Bureautique France
M. Stoffel, PDG Intranode, solution sécurité internet
M. Bournois, Professeur Paris II
 
Intervention de M. Yves-Michel Marti
- La France connaît une situation paradoxale car le concept de l'IE se développe plus vite que la pratique, pour preuve les nombreuses formations existantes.
- L'Intelligence Economique est un cousin du renseignement. Sa boite à outil vient du renseignement.
- L'IE est aussi une technologie de management (comme le marketing, la qualité…). Donc, il y aura un pic, puis une décrue. Dans vingt ans on en parlera moins.
- Le terme "d'IE" n'est pas très parlant. C'est une mauvaise traduction du terme "Business Intelligence" qui est clairement tourné "affaires". Pour preuve, le mot "veille" perdure en France (bien qu'il soit trop connoté avec la documentation).
- M. Marti répond à une question sur les facteurs déclenchant de l'IE en France : Cela s'est fait en trois phases. Dans les années 70 les Japonais ont beaucoup copié les technologies occidentales. La CIA, a tenté d'endiguer ces pratiques. Mais ne pouvant intervenir sur le plan légal (les pratiques japonaises étant toujours en conformité avec la loi), la CIA a décidé de promouvoir ces pratiques au sein même des entreprises américaines. D'où la création de SCIP en 1985. Dernière phase, à la suite au rapport Martre, la France emboîte le pas des EU.
 
 
Intervention de M. Giraud
Son travail consiste en l'identification des entreprises que DANONE peut racheter. Puis, dans la collecte des informations utiles pour affiner le jugement. Enfin, dans la négociation pour le rachat éventuel.
Dans la phase de collecte des informations : les études sont la source principale. Une information des plus récente est essentielle. Le coût d'acquisition de ce type d'information se chiffre en centaines de millions.
Dans la phase de vérification : un croisement des informations est opéré, des visites sur le terrain sont effectuées. Ils sont extrêmement précautionneux sur les chiffres.
En ce qui concerne la différence de qualité de l'information recueillie dans les différentes zones géographiques :
- Amérique Latine : la récolte d'information est facilitée par le fait qu'il y a beaucoup de grandes entreprises françaises implantées.
- Moyen-Orient : La grande distribution est encore très traditionnelle, d'où une certaine difficulté à capter des informations.
- Europe de l'Est : La qualité des informations a fortement augmenté récemment et se rapproche des standards d'Europe de l'Ouest.
 
 
Intervention de M. Pellizzari
M. Pellizzari se demande pourquoi aucun acteur des télécommunications n'a prévu la "débandade" du secteur.
A posteriori il considère qu'il y avait des signaux parlants (par exemple l'analyse des ratios financiers, les analyses marketing…). Mais à cause d'une sorte de pensée unique ces signaux n'ont pas été pris en compte. Tous les acteurs étaient pris dans une dynamique Internet.
L'IE qui a justement pour but de détecter les signaux faibles, n'a donc pas joué son rôle !
 
 
Intervention de M. Ono
Faisant implicitement référence (sans le nommer) au célèbre MITI, et à son rôle dans la diffusion des informations, M. Ono a indiqué qu'il ne voyait pas de grandes différences entre la qualité et la quantité d'informations dont dispose un manager français et un japonais. M. Ono a insisté sur l'image caricaturale du Japon "pilleur" d'idée.
Sur le point des différences culturelles. M. Ono a avoué avoir subi un grand choc culturel en arrivant en France. Il a résumé son sentiment de la manière suivante :
En France, une conversation se mène de la manière suivante : chacun des interlocuteurs commence par dire "j'ai raison". Puis, ils cherchent un consensus sous la forme "on a raison".
Au Japon, les interlocuteurs portent un message de culpabilité : "j'ai faux" ou "c'est ma faute".
 
 
Intervention de M. Stoffel
Internet est un vecteur d'informations numériques gigantesque. L'information était présente avant, mais n'était pas accessible. Ceci repose en partie sur la puissance des moteurs de recherche, qui passent d'une technologie par "mot clef" à une analyse sémantique de la question posée en langage naturel.
Concernant la sécurité sur Internet, M. Stoffel, nous présente comme danger majeur la dégradation de l'image d'une entreprise. Des hackers se font manipuler dans ce sens. (NB : cela rejoint le message de M. Réfalo au Club IES).
 
 
Intervention de M. Bournois
Franck Bournois présente l'enquête qu'il a menée pour le compte de l'IHEDN . Expliquant le rôle de l'institut dans l'IE, M. Bournois a rappelé que l'ordonnance de 1959 a placé la Défense de la France, comme relevant d'un enjeu global (politique, économique, linguistique…) et non plus du seul ressort de la chose militaire.
Le "benchmarking" qu'il a mené s'est opéré avec un maximum de précautions et de sécurité, garanties par les plus hautes autorités de l'Etat.
Une des conclusions de son étude est que l'Intelligence Economique est bien un outil au service de la stratégie, et que dans l'appellation Intelligence Economique, il faudrait adjoindre le mot stratégique.
 
 
Eléments du débat :
- M. Giraud rappelle que l'Intelligence Economique coûte cher. Mais l'important est de savoir à quoi cela va être utile. Donnant lui-même la réponse, il rappelle que c'est pour l'anticipation, que l'IE est faite.
- M. Pellizzori, insiste sur l'importance des réseaux et raconte une anecdote sur une affaire qui a été conclue en un temps record grâce à la mise en action d'un réseau interpersonnel et international.
- M. Marti, affirme que quand une entreprise veut faire communiquer ses employés, la mise en place d'un portail doit être un aboutissement et non un début. Un important travail d'évaluation doit être mené en amont pour savoir "qui veut savoir quoi, et comment ?".
- M. Bournois et Marti font un recensement des différentes manières (parfois non éthiques, voire non légales) d'obtenir de l'information. Depuis le vol dans les poubelles, en passant par le coaching des cadres dirigeants, l'utilisation de "Mata Hari", et la lecture des rapports d'activités des entreprises dans lesquels des directeurs dévoilent parfois plus qu'il ne faut des stratégies afin de satisfaire l'appétit des actionnaires.
- M. Giraud, continuant sur la phase de collecte, dit utiliser certains PEE , sachant qu'il y a "le pire et le meilleur" en la matière. Une décision doit souvent être prise alors que toutes les informations nécessaires ne sont pas réunies ! L'important est alors d'être sûr des questions fondamentales et d'accepter de faire une impasse sur le reste.
- M. Pellizzari, s'interroge sur les raisons de la meilleure gestion de la crise des télécoms par Nokia. Divers éléments techniques sont mis en avant (meilleures connaissances des clients finaux, maîtrise des terminaux et des réseaux) de même qu'un meilleur rapport avec le client.
 
Jérôme Bondu
 
Par Jerome Bondu - Publié dans : Intelligence Economique - Communauté : Veille stratégique
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Lundi 10 mars 2008 1 10 /03 /Mars /2008 09:29
guerre_1870.jpg Bonne question me direz-vous !
 
Essentiellement parce que nous avions à l’époque trois certitudes :
- La première était que nous possédions les meilleurs outils : en l’occurrence le fusil « chassepot », … qui avait néanmoins le terrible défaut de s’encrasser.
- La seconde était que nos troupes étaient plus mobiles : en l’occurrence plus mobiles que les Prussiens, qui comme tout le monde pouvait le penser à l’époque, étaient amateurs de choucroute, donc plus gras et moins rapides !
- La troisième était que nous avions les généraux les plus intelligents.
 
Des décisions ont été prises sur la base de ces trois idées reçues. Par exemple celle de ne donner aux soldats Français que des cartes des zones allemandes, où la bataille devait bien évidemment se dérouler. Ces mêmes soldats n’avaient pas les cartes des zones françaises où ils se sont fait battre.
 
Mon propos n’est pas de railler -avec le confort que donne une vision historique- une institution ou des erreurs passées. Mais de voir en quoi cette introspection critique pourrait nous être utile aujourd’hui.
 
En d’autres termes, quelles sont les certitudes Françaises de ce début de XXIème siècle ?
 
Ce serait prétentieux de répondre, mais on peut s’amuser à chercher des pistes !
Que croyons-nous acquis ? Où se cachent nos certitudes ? ... Dans la qualité de nos grandes écoles ? Dans la pérennité de notre Culture ? Dans la stabilité géographique de nos frontières ? La force de notre agriculture ? Notre indépendance énergétique ? La prégnance dans la société de l’intérêt général, du rôle de l’Etat ? La capitalisation de nos grandes entreprises, géants mondiaux de l’énergie, du luxe, des transports ou de la distribution ?
 
Méfions-nous du confort et de l’endormissement que provoque infailliblement les certitudes. C’est surement dans un de ces domaines, même si cela nous parait aujourd’hui improbable, que viendra demain notre prochaine désillusion. A moins que l’on y prenne garde !
 
Jérôme Bondu
Par Jerome Bondu - Publié dans : Stratégie - Communauté : Veille stratégique
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