Jeudi 27 mars 2008 4 27 /03 /Mars /2008 09:41

reseau_echelon.jpg Durant 5 jours des experts sont restés enfermés dans une salle pour simuler une cyber attaque d’envergure … C’est ce que rapporte 01Net.

 

Extraits : « Des dizaines d'experts en sécurité des systèmes informatiques, une quarantaine d'entreprises privées et de nombreuses agences gouvernementales, voici le gros des troupes qui se sont retrouvées mobilisées pour "Cyber Storm II", la dernière simulation de cyberattaque organisée par le gouvernement américain.

 

Pour cet exercice, les participants sont restés cloîtrés pendant cinq jours dans une pièce remplie d'ordinateurs et située au siège des services secrets à Washington, rapporte l'AFP. Les autorités ont dû faire face à quelque 1800 attaques simulées, allant de l'incursion de hackers à une attaque informatique de très grande ampleur. L'information a été rendue publique jeudi 13 mars, après la fin des hostilités, mais il faut dire que le sujet est sensible (…).

 

Selon le Government Accountability Office (chargé d'auditer les politiques du gouvernement), 20 des 24 agences fédérales américaines serait aujourd'hui vulnérables aux cyberattaques. Et celles-ci viennent désormais d'horizons très variés, qui vont du simple hacker au crime organisé, voire à la tentative d'intrusion dirigée par des gouvernements étrangers ».

 

Le site ZATAZ ajoute « Le scénario, des pirates informatiques tentent par n'importe quel moyen d'accéder aux données des ordinateurs du gouvernement des Etats-Unis, du Royaume-Uni et de trois autres pays (Australie, Nouvelle-Zélande et le Canada). »

Comme par hasard on retrouve les 5 membres du réseau Echelon (système mondial d'interception des communications privées et publiques)*. J'en déduis que ce serait donc plus un test de la résistance du réseau Echelon que des structures proprement américaines !
Apparemment cette coincidence n'a pas été relevé par les sources françaises !?
Seule une source australienne l'évoque franchement "It's all part of Cyber Storm II, electronic war games the US is conducting with its military allies, the United Kingdom, Australia, Canada and New Zealand, who are also its partner in the ECHELON electronic surveillance network."
De mémoire, c'est aussi une source australienne qui la toute première avait évoqué l'existance de ce réseau de surveillance ...

 

On se rappelle que des attaques (bien réelles) avaient été perpétrées vers des sites gouvernementaux allemands, français, britanniques, …. (voir billet précédent). Les services chinois avaient alors été montrés du doigt. L'Estonie notamment avait fait les frais trois semaines durant d'une cyberattaque qui a mis à terre les réseaux informatiques de la plus grande banque du pays.

 

Fidèle à leur positionnement, les Etats-Unis communiquent facilement sur ce type d’information. La France, traditionnellement plus discrète, mène aussi très certainement des simulation similaires. C’est du moins à espérer. Le cout de Cyber Storm II ?  6,2 millions de dollars américains.

 

Jérôme Bondu

 

* Echelon est un nom de code utilisé pendant de nombreuses années par les services de renseignements américains pour désigner une base d'interception des satellites commerciaux. Par extension le Réseau Echelon désigne le système mondial d'interception des communications privées et publiques, élaboré par les États-Unis, le Royaume-Uni, le Canada, l’Australie et la Nouvelle-Zélande dans le cadre du Traité UKUSA (UKUSA Agreement). Source : Wikipedia

 

Pour mémoire, le mot yakuza (prononcé yakouza, assez proche de UKUZA) désigne le membre d'un groupe du crime organisé au Japon.

Entre le nom du réseau (Echelon : à consonance française) et le nom du traité (UKUSA : à consonance Japonaise) le contre espionnage américain ne manque ni d’humour ni de culture ;-)  


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Pour aller directement aux sources :

1/ L'article de Philippe Crouzillacq, 01net., le 14/03/2008

 

2/ L'article de Zataz

 

3/ La présentation de l'exercice par le Homeland Security américain : Fact Sheet: Cyber Storm II: National Cyber Exercise


4/ La source australienne Tech News Review


Par Jerome Bondu - Publié dans : Gestion des risques - Communauté : Veille stratégique
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Mercredi 26 mars 2008 3 26 /03 /Mars /2008 00:12

medicaments-copie-3.jpg Vous pouvez être certain que les conseils prodigués auront d’autant plus d’effets.

Pourquoi cela ?

 

Une étude vient de paraître dans un tout autre domaine, mais dont il me semble que l’on peut faire un parallèle intéressant. Dans le cadre d’une étude de psychologie, des groupes de patients ont été soumis à divers traitement placebo (sans aucun effet pharmacologique). Ils devaient acheter ces placebos, qui n’étaient pas tous au même prix !

Et devinez quels placebos ont eu les meilleurs résultats … les plus chers et ceux donnés avec le plus de conviction !

 

A la lecture de ces résultats (cités dans un article du monde *), je n’ai pu m’empêcher de penser à diverses réflexions entendues ça et là, sur les cabinets de conseils qui facturent très cher des études et audits, pour finalement administrer des solutions déjà décidées en interne par le patron, ou latentes dans l’entreprise.

 

Souvent, on met en avant que le choix qu’un cabinet prestigieux est une protection pour le décideur. On peut rajouter à la lumière de cette étude, que le choix d’un cabinet cher est aussi un gage de réussite. Tout est dans le prix, et la manière d’administrer la solution.

 

Jérôme Bondu

 

Source :

« Vous souffrez ? Prenez donc un placebo... cher » , article d’Alexandre Roos, paru dans Le Monde du 07 mars 2008.
Par Jerome Bondu - Publié dans : Stratégie
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Mardi 25 mars 2008 2 25 /03 /Mars /2008 09:35

drapeauUS.jpg Le Medef et le Mouvement Européen ont organisé une conférence sur le thème « Europe-Amérique : je t’aime … moi non plus » au siège du Medef le 18 mars 2008.

 


Parmi les (très bons) intervenants, j’ai pris en note quelques-une des remarques de Joachim Bitterlich, Ambassadeur e.r., et vice-président exécutif des affaires internationales de Veolia environnement.

 

Sur l’affaire EADS/Boeing, et sur la réaction américaine, il a eu des mots qui tranchent avec toute retenue diplomatique. Voulant expliciter la réaction américaine, il a dit « Imaginez l’ennemi éternel gagner un gros contrat sur votre marché intérieur ».

A la lumière de cette réflexion, on peut présager que Boeing n’en restera pas là, et qu’ils épuiseront tous les recours, ne serait-ce que pour une question d’image vis-à-vis de leurs compatriotes. EADS peut se préparer à la bagarre.

 

Sur l’élection américaine, et le positionnement des différents candidats dans la relation transatlantique : même si McCain connaît mieux l’Europe que les autres prétendants, il a aplani les différences entre eux « Ne vous trompez pas. La différence sera très faible (…). L’Amérique sera plus ouverte, mais l’horizon sera le même ».

 

Sur le sujet de l’indépendance européenne en matière de défense, un autre intervenant (je crois qu’il s’agissait de Laurent Cohen-Tanugi, avocat) a fait remarquer deux choses :

- D’abord l’immaturité européenne : « la méthode communautaire n’est pas en place ».

- D’autre part, que les Etats-Unis ont une attitude ambivalente : s’ils attendent –sans doute sincèrement- que les Européens soient autonomes en matière de défense, cela ne les empêchent pas de freiner la mise en place des « outils » de cette autonomie.

 

Pour finir, (et je crois que c’est John Rossant, vice-président de la communication et des affaires publiques de Publicis Groupe, qui a amené cela), les liens transatlantiques ont été réaffirmés. Quelque soit la place que prendront les nouvelles puissances internationales (Chine, Inde, …) les liens issus de l’histoire, de la culture, ... entre EU et UE persisteront, et même auraient plutôt tendance à se renforcer.

 

Entre la remarque sur « l’ennemi éternel » et la réaffirmation des liens inaltérables, cette conférence a bien illustré des relations du type « je t’aime … moi non plus » …

 

Jérôme Bondu
Par Jerome Bondu - Publié dans : Géopolitique
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Samedi 22 mars 2008 6 22 /03 /Mars /2008 21:16

pollution_mer.jpg Définir ce qu’est un signal faible n’est pas aisé. Si l’on se réfère à Wikipédia « les "signaux faibles" sont des informations partielles et fragmentaires fournies par l’environnement, éventuellement en parallèle avec des signaux forts, qui sont porteuses d’un "ordre" spécifique et reconnues comme telles par l’organisation après un traitement approprié ».

 

Cette définition peut amener un commentaire. Selon un professionnel de l’Intelligence Economique reconnu, cette expression ne correspondrait à rien. En effet, la détection d’un signal (quel qu’il soit) est la réponse à une interrogation. Si on ne se formule aucune question, aucun signal ni faible ni fort ne viendra nous alerter.

 

Je souscris assez à cette vision, et à mes yeux, la notion de « signal faible » est liée à la prise de conscience d’une problématique, à partir d’une donnée, ou d’un élément d’information qui agit comme un catalyseur. On était sensibilisé à une problématique (une question) de manière diffuse, un signal vient nous la révéler.

 

Révélateur, c’est exactement le sentiment que j’ai eu à la lecture d’un article du monde « Voyage dans la poubelle du Pacifique »*. Un marin décrit un endroit particulier du Pacifique où par le jeu des courants, s’accumule « une soupe de plastique ». Que se passe-t-il ? « Le plastique a beaucoup de qualités. Il est peu cher, pratique et très résistant. Trop résistant, justement … ». C'est-à-dire que tout le plastique qui a été conçu depuis son invention, et qui a échappé au retraitement, … est encore dans la nature. Et pour longtemps ! On parle d’une durée de vie de l’ordre de cinq siècles, dans le meilleur des cas ** !

 

Que faire ? Se passer du plastique paraît difficile. D’où cette idée que je me suis formulée (à partir de ce … « signal faible ») que celui qui arriverait à développer un plastique biodégradable, ou un composé qui ait des caractéristiques proches du plastique, toucherait le jackpot. Cela me semble un des domaines de recherche les plus prometteurs qui soient. Qu’en est-il ? Ne serait-ce pas un enjeu qui mériterait un investissement aussi important que la recherche de l’autonomie énergétique, avec l’important développement du nucléaire civil en France ?

 

D’autres éléments passent aussi entre les mailles du retraitement. Et notamment ceux que l’on attend le moins. Ainsi « les résidus des pilules de contraceptifs, d'antibiotiques ou d'antidépresseurs (…) [passent] à travers le filtre des stations d'épuration des eaux usées, qui ne sont pas conçues pour les éliminer, et [finissent] dans les rivières. » On a déjà noté des « changements de sexe chez des poissons, provoqués par des perturbateurs endocriniens, ou l'apparition de souches résistantes aux antibiotiques chez certaines bactéries ».***

 

Le développement de produits de grande consommation ayant un impact minimal sur l’eau est un enjeu majeur.

 

Dernier point sur la définition du « signal faible » : Sa détection n’a de sens que si l’analyse que l’on en tire est suivie … d’action !

 

Jérôme Bondu


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Sources :

* « Voyage dans la poubelle du Pacifique », article de Gaël Dupont dans Le Monde du 19 mars 2008.

 

** Ekopedia 

 

*** « L'effet des résidus de pilules contraceptives sur les poissons », article de Gilles van Kote dans Le monde du 20 mars.

  

Par Jerome Bondu - Publié dans : Ecologie - Communauté : Veille stratégique
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Vendredi 21 mars 2008 5 21 /03 /Mars /2008 22:34

Vous trouverez sur le site de l’IRIS le rapport (PDF 1,75 mo) d’Alain Bauer au Président de la République, ayant pour titre : «Déceler-Étudier-Former : une voie nouvelle pour la recherche stratégique. Rapprocher et mobiliser les institutions publiques chargées de penser la sécurité globale» 

Outre Alain Bauer, président, la mission comportait les membres suivants :
- Philippe DELMAS, président de Ph D Associates
- Valérie DEROUET, directeur des affaires Homeland Security, Areva
- Cédric LEWANDOWSKI, contrôleur général, EDF
- Xavier RAUFER, criminologue, DRMCC Paris II
- Pierre V. TOURNIER, directeur de recherches au CNRS, Centre d’histoire sociale du XXe siècle (Université Paris 1 Panthéon Sorbonne)

On y lira notamment pages 40, 41 et 42, trois propositions d’organigrammes : missions, liens, structures.

Sur le même site vous pourrez visionner une
interview d’Alain Bauer.

Jérôme Bondu

Par Jerome Bondu - Publié dans : Gestion des risques - Communauté : Veille stratégique
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