Jeudi 20 mars 2008 4 20 /03 /Mars /2008 17:22

Marc Ullmann, fondateur du Club des Vigilants, a posté le billet ci-dessous sur le site du Club. Je le reprends en totalité. Son idée est tellement bonne, qu'il est possible qu'elle ne voit jamais le jour (comme nombre de bonnes idées). 

 

Jérôme Bondu

 

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"Dans ma jeunesse, j’ai travaillé à la Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier et me souviens de la genèse de cette première institution européenne. Jean Monnet est parti de la conviction que l’Europe ne se ferait pas d’un coup mais pas à pas.
 
 
Voulant commencer par créer une « solidarité de fait », il a pensé que le charbon et l’acier, qui avaient été utilisés pour faire la guerre, pouvaient être un symbole de reconstruction pacifique et servir de base tant à la réconciliation franco-allemande qu’à l’unité de l’Europe. Il a persuadé Robert Schuman, alors ministre français des Affaires étrangères, de lancer l’idée et s’est assuré qu’elle serait bien reçue par Konrad Adenauer, le chancelier allemand, et fortement appuyée par l’Administration américaine.

 

L’Europe d’aujourd’hui ne ressemble pas à celle dont rêvait Monnet mais la CECA a néanmoins servi de socle à une prise de conscience européenne. Maintenant, les menaces visent l’humanité entière et il s’agit de faire émerger une conscience planétaire. D’où la question : existe-t-il un domaine qui aiderait à cristalliser une « solidarité de fait » à l’échelle mondiale, un domaine où l’urgence et la gravité des problèmes justifieraient la mise en commun de certains pouvoirs et de certaines ressources ?

 

Après avoir beaucoup consulté et beaucoup réfléchi, je suis arrivé à la conclusion que la création d’une Communauté Mondiale de l’eau (CME) serait la plus prometteuse des initiatives possibles. Les hommes, après tout, peuvent vivre sans pétrole, ils ne peuvent pas vivre sans eau. Des guerres peuvent éclater pour le contrôle des ressources. Des populations peuvent migrer pour fuir la sécheresse. L’insalubrité peut provoquer des épidémies. Emotionnellement c’est intolérable. Rationnellement, la nécessité de l’action crève les yeux. De plus, le problème de l’eau est au cœur des préoccupations mondiales. Le forum qui a réuni récemment à Mexico près de 5.000 représentants d’Etats, d’institutions internationales, d’experts et de professionnels l’a amplement démontré : guerres et paix, agriculture et mégalopoles, santé et développement, tout ne dépend pas de l’eau mais l’eau affecte tout.

 

Le chemin à parcourir avant qu’une CME fonctionne est si périlleux, les problèmes à traiter sont si complexes et les parties prenantes si nombreuses, que l’initiative ne peut être lancée dans le cadre modeste du Club des Vigilants. Nous pouvons seulement réfléchir aux processus qu’il conviendrait d’enclencher. Concrètement, il s’agirait surtout de :

- trouver la ou les personnalités les plus aptes à prendre l’initiative et chercher les moyens de les convaincre ;

- dresser la liste des pays qui accepteraient de se placer sur la ligne de départ et négocieraient un éventuel traité ;

- définir les points qui, dans cet éventuel futur traité, devraient être considérés comme primordiaux.

Une réflexion préliminaire est en route sur ces trois points. Ceux qui voudraient contribuer à cette étude de faisabilité seraient les bienvenus."
 
Posté par Marc Ullmann, le 22/06/06 sur
http://www.clubdesvigilants.com

 

Par Jerome Bondu - Publié dans : Ecologie
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Lundi 17 mars 2008 1 17 /03 /Mars /2008 21:30

arbre-copie-1.jpg Prenez le temps de lire le texte ci-dessous issu de "Louanges de l'eau" de Paul Valéry. Je n'ai pas pour habitude de poster des textes littéraires (sans doute le devrais-je), mais celui-là vaut que l'on y passe une à deux minutes.

- D'abord, parce que l'eau est l'élément indispensable à toute vie. Le rappeler ne fait pas de mal.
- Ensuite, parce que c'est une préparation (comme une autre) pour la conférence de M. Donzier sur la
géopolitique de l'EAU, organisée par le Club IES le 10 avril. A ne pas manquer !
- Enfin, parce que c'est une belle allégorie de l'intelligence collective. Si chaque goutte d'eau est une intelligence individuelle, les torrents et nappes phréatiques sont les réseaux humains, et les plantes et arbres sont nos organisations intelligentes. 

Extrait de Louanges de l'eau

«Parfois, visible et claire, rapide ou lente, elle se fuit avec un murmure de mystère qui se change tout à coup en mugissement de torrent rebondissant pour se fondre au tonnerre perpétuel des chutes écrasantes et éblouissantes, porteuses d'arcs-en-ciel dans la vapeur.

Mais tantôt, elle se dérobe et s'achemine, secrète et pénétrante. Elle scrute les masses minérales ou elle s'insinue et se fraie les plus bizarres voies. Elle se cherche dans la nuit dure, se rejoint et s'unit à elle-même; perce, transsude, fouille, dissout, délite, agit sans se perdre dans le labyrinthe qu'elle crée; puis elle s'apaise dans des lacs ensevelis qu'elle nourrit de longues larmes qui se figent en colonnes d'albâtre, cathédrales ténébreuses d'où s'épanchent des rivières infernales que peuplent des poissons aveugles et des mollusques plus vieux que le déluge.

Dans ces étranges aventures, que de choses l'eau a connues!? Mais sa manière de connaître est singulière. Sa substance se fait mémoire: elle prend et s'assimile quelque trace de tout ce qu'elle a frôlé, baigné, roulé: du calcaire qu'elle a creusé, des gîtes qu'elle a lavés, des sables riches qui l'ont filtrée. Qu'elle jaillisse au jour, elle est toute chargée des puissances primitives des roches traversées. Elle entraîne avec soi des bribes d'atomes, des éléments d'énergie pure, des bulles de gaz souterrains, et parfois la chaleur intime de la terre.

Considérez une plante, admirez un grand arbre, et voyez en esprit que ce n'est qu'un fleuve dressé qui s'épanche dans l'air du ciel. L'eau s'avance par l'arbre à la rencontre de la lumière. L'eau se construit de quelques sels de la terre une forme amoureuse du jour. Elle tend et étend vers l'univers des bras fluides et puissants aux mains légères.»

Paul VALÉRY, Louanges de l'eau, La Pléiade, p. 202, 203, 204.


Source Image : 
Délit de poésie 

Par Jerome Bondu - Publié dans : Ecologie
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Dimanche 16 mars 2008 7 16 /03 /Mars /2008 15:18
jean_francois_donzier.jpg Jeudi 10 avril 2008 à 19H15, le Club IES
vous invite à une conférence-débat sur le thème crucial de la pénurie d’eau dans le monde et des implications géopolitiques que cela va entrainer : 
 
VA-T-ON VERS UNE GUERRE DE L’EAU ?
Animé par Jean-François Donzier 
 
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> THEME
Comment et pourquoi les problèmes liés à l’EAU risquent de redessiner la carte du monde dans les prochaines années.
- Les forces en jeux.
- Les risques.
- Les atouts de la France et de l’Europe.
 
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> INTERVENANT
Jean-François DONZIER est Directeur Général de l'Office International de l'Eau (OIEau) et Secrétaire Technique Permanent du Réseau International des Organismes de Bassin (RIOB)
 
Ingénieur Général du Génie Rural des Eaux et des Forêts, et ingénieur Agronome de l'Institut National Agronomique de Paris ; M. Donzier a de nombreux mandats internationaux : il est Vice-président du Centre Mexicain de Formation à l'Eau et à l'Assainissement (CEMCAS - Mexique), Administrateur du Global Water Partnership, de la Fondation des Eaux de Gdansk (GWF - Pologne) et du Secrétariat International de l'Eau (SIE - Canada), du Centre International des Technologies de l’Environnement du PNUE à Osaka, Membre de l'Académie de l'Eau de Norvège, ainsi que de la Commission française pour l'UNESCO et expert auprès de la Ville de Paris pour les services des eaux.

Voir le billet
Va t’on vers une crise mondiale de l’eau ?
 
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> DÉROULEMENT DE LA SOIRÉE
19h15 - 19h30 : Accueil des participants
19h30 - 20h30 : Présentation
20h30 - 21h00 : Débat avec la salle
21h00 - 21h50 : Cocktail dînatoire
 
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> LIEU
Amphithéâtre de l’IAE de Paris - 21 rue Broca Paris 5ème
M° Censier Daubenton (ligne 7). Plan d’accès
 
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> INSCRIPTION OBLIGATOIRE
Inscription uniquement en ligne
Tarif unique 10 euros (paiement en ligne ou par chèque).
 
Jérôme Bondu
 
Président du Club IES
Consultant indépendant en intelligence économique et communication - Inter Ligere 
 
 
 
Par Jerome Bondu - Publié dans : Géopolitique - Communauté : Veille stratégique
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Samedi 15 mars 2008 6 15 /03 /Mars /2008 07:54
tigre.jpg Si l’intelligence est collective, la bêtise l’est certes aussi
 
Ainsi ces ex-salariés de l’entreprise Lenoir et Mernier, basée à Bogny-sur-Meuse (Ardennes) et mise en liquidation judiciaire, menacent de polluer la Meuse
 
Claude Choquet porte-parole des salariés a déclaré avoir positionné une cuve d’acide chlorhydrique au-dessus d’une bouche d’égout reliée à la Meuse et menace le déversement de 30 000 litres.
 
Quand bien même le désespoir ces ex-salariés soit extrême, ce que l’on peut concevoir, comment arriver à ce chantage écologique ?
 
Cela illustre le peu d’intérêt pour la chose « écologique », et finalement que sur un autre plan la disparition des tigres n’émeuvent pas grand monde. Cela se reflète même dans les articles sensés alerter sur cette autre « catastrophe ». J’ai lu dans le journal Metro du 13 mars à propos des tigres qu’il « reste environ 3500 exemplaires à travers le monde » …
Le mot « exemplaire » me laisse songeur. Si on parle d’exemplaires à propos d’êtres vivants, pourquoi pas de stocks, de dépréciation, …
 
J’imagine bien une discussion entre parents et enfants dans quelques dizaines d’années :
« - Dis, papa-maman, est-ce qu’il reste des tigres sur terre ?
- Non, nous n’en avons plus d’exemplaires !
- C’est triste.
- Non, nous avons décodé leur génome avant l’épuisement du stock. On pourra en produire si la demande reprend dans les zoos. Mais le coût est important, et le RIO pratiquement impossible. »
 
Jérôme Bondu
 
NB : pour la petite histoire, concernant l’ultimatum de pollution de la Meuse, un médiateur inattendu est apparu : le bourgmestre de Dinant en Belgique !
Catastrophé par la nouvelle, il a franchi la frontière et s'est imposé en tant que médiateur, évitant la catastrophe écologique pour cette rivière qui traverse aussi sa ville. L'ultimatum a été reporté à mardi. Les rivières traversent les frontières, comme les bonnes et mauvaises actions. Mais encore une fois, quelle image pitoyable de la France !
Lire sur le sujet : "Les animaux ont-ils une âme ?
 
 
Par Jerome Bondu - Publié dans : Ecologie
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Vendredi 14 mars 2008 5 14 /03 /Mars /2008 16:31

ihedn-copie-1.jpg Compte rendu du colloque organisé par l’IHEDN le 25 janvier 2001. Ce CR a été réalisé par Jérôme Bondu et n’engage que son auteur.

Présentation du Colloque :
De nombreux représentants de l’Etat se sont succédés pour affirmer la nécessité d’un engagement de l’Etat au côté des entreprises dans la lutte économique.

Présentation des intervenants :
Les intervenants sont cités par ordre d’intervention. Les fonctions notés ci-dessous sont celles exercées par les intervenants lors de ce colloque (en 2001).
M. Célerier Vice-amiral d’escadre, directeur de l’IHEDN, de l’Enseignement militaire supérieur et du Centre des Hautes Etudes Militaires.
Christian Pierret Secrétaire d’Etat à l’Industrie.
Franck Bournois Professeur.
Claude Revel Déléguée générale de l’Observatoire du marché international de la construction.
Claude Reisman Trésorier payeur général de la région Centre.
Rémy Pautrat Préfet de la région Nord Pas de Calais.
François Goulet  Directeur régional de l’Industrie, de la Recherche et de l’Environnement de la région Aquitaine.
Philippe Clerc Directeur de l’Intelligence Economique à l’Assemblée des Chambres Françaises de Commerce et d’Industrie (ACFCI).
Daniel Cadé Directeur de l’Agence du Réseau de l’Information Active (ARIA) à France Télécom.
Henri Griffon Président de l’Union Nationale des Industries Françaises de l’Ameublement (UNIFA).
Jean-Yves Pageon Direction des relations Economiques Extérieures (DREE).
Didier Lallemand Haut fonctionnaire de Défense au ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie.
Henri Serre Directeur chargé de la sécurité des systèmes d’information au Secrétariat général de la défense nationale (SGDN).
Michel Le Clainche Directeur des Relations avec les publics et de la Communication au Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie.
Jean-Paul Figer Chief technology officer à Cap Gemini.
Pascal Lointier Vice-président du Club des Systèmes d’Information Français (CLUSIF)
Jean-Pierre Cornioux Directeur de la sécurité informatique au groupe Renault.
M. Rena 
Philippe Caduc Directeur général de l’Agence pour le Développement de l’Information Technologique (ADIT).
Henri Martre Président de l’Agence Française de Normalisation (AFNOR).

Introduction par le vice-amiral d’escadre CELERIER, directeur de l’IHEDN, de l’Enseignement militaire supérieur et du Centre des hautes études militaires.

Ouverture des travaux par M. Christian PIERRET, secrétaire d’Etat à l’Industrie
Spécificité de l’IE dans la société du savoir
L’accélération des échanges et le triomphe de l’économie financière ouvrent les frontières de la concurrence. L’obligation de maîtriser le cycle de l’information est la raison d’être de l’Intelligence Economique.
Il y a une nécessité d’une démarche concertée de tous les acteurs dans une démarche d’IE, et l’Etat a un impératif d’expression dans ce domaine. Non seulement il doit sensibiliser les entreprises, mais en plus il doit ouvrir ses informations utiles et stratégiques. Le MININFO à ce titre est dans une phase d’expérimentation d’un système qui aurait pour avantage, non seulement de répondre aux demandes des entreprises, d’accompagner et de conseiller ces dernières dans leur développement, mais aussi d’offrir un seul point de contact pour l’entreprise désirant bénéficier des services de l’Etat.

Sécurité des systèmes d’information
Un des effets pervers du travail en réseau est la création de brèches dans la sécurité. Ainsi tout le monde peut être touché par une action de désinformation. Les entreprises françaises ne sont pas suffisamment mobilisées par rapport aux autres pays.
Là encore l’Etat va apporter une pierre à l’édifice : L’Etat va aller plus loin dans la libéralisation de la cryptologie lors de son projet de loi sur la société de l’information. Il va donner une suite au projet OPIDUM sur la sécurité informatique. Il a fait paraître un guide des bonnes pratiques en matière de « protection informatique » qui débouche sur une normalisation qualité – confiance conclue avec l’AFNOR.

L’Etat a donc un rôle protecteur pour les entreprises. Mais en plus un rôle de partenaire économique. Ceci pour favoriser l’éclosion d’un esprit offensif et l’épanouissement d’un esprit de conquête.

Le panorama des entreprises françaises en matière d’intelligence économique par le professeur Franck Bournois de l’IHEDN
Suite à l’enquête envoyée aux 5000 entreprises de plus de 200 salariés, 1200 réponses ont été reçues. Voici les grandes tendances de cette enquête :
- 52% des entreprises estiment pratiquer l’IES (Intelligence Economique et Stratégique).
- Il y a un lien entre la pratique de l’IES et la rentabilité de l’entreprise.
- Une définition de l’IES doit comprendre ces différentes notions : compétitivité et connaissance des concurrents, outils et techniques, animation de réseaux, implication des acteurs internes et dynamisation, stratégie.
- Le sentiment de guerre économique est réel.
- Parmi les pratiques offensives subies, notons : le lobbying (30%), désinformation (13%), interception d’information (12%), débauchage de cadre (11%).
 -Les entreprises françaises sont en train de mettre au point une ingénierie de l’IES : 20% ont un budget IES, 10% ont un tableau de bord.

L’auteur de l’enquête conclue qu’il y a quatre modèles en France.

Propositions :
- professionnalisation du responsable en IES,
- sensibiliser les salariés,
- clarifier les priorités stratégiques,
- élaborer des outils de pilotage,
- renforcer la coordination Etat – entreprise,
- identifier les attaques,
- Etendre cette enquête aux PME – PMI.


Première partie : La prise en compte de l’intelligence économique par les différents acteurs nationaux et régionaux.

La première table ronde est animée par Jean-Louis Levet, président de l’Association Française pour le Développement de l’Intelligence Economique (AFDIE).
Le thème de cette première table ronde est : pourquoi et comment prendre en compte l’Intelligence Economique  au quotidien?
Les fils conducteurs en seront :
- importance de l’anticipation sur l’adaptation,
- importance des facteurs socio-économiques,
- mobilisation des acteurs.

Claude Revel, déléguée générale de l’Observatoire du marché international de la construction.
Il y une montée en puissance des grandes ONG internationales, au niveau politique et surtout économique, avec un rôle de conseil mais aussi de régulation. Le droit est un levier important pour réguler l’économie, et comme le droit est géré par l’Etat, le rôle de l’Etat en sort légitimé.
Cette montée en puissance de nouveaux acteurs, de nouvelles politiques, implique un effort particulier de recherche d’information (rôle de l’IE) pour savoir, se situer et anticiper.

Claude Reisman, trésorier payeur général de la région Centre.
Un exemple d’initiative de l’Etat pour optimiser ses rapports avec les entreprises. M. Reisman a lancé un nouveau service à destination des entreprises. Le but en était une simplification de la vie des entreprises, une simplification des modalités d’échange avec les structures de l’Etat.
Le moyen : réunir les acteurs (DRIRE, DRCE…) en réseau et faire en sorte que l’entreprise puisse entrer en un point du réseau et que l’information soit diffusée automatiquement à tous ses interlocuteurs institutionnels. Cette expérience a nécessité la mise en place d’outils et une formation spécialisée pour les agents du réseau. Il s’appui sur une charte déontologique. Ce service s’étend petit à petit aux six départements de la région Centre.

Rémy Pautrat, préfet de la région Nord Pas de Calais.
M. Le préfet Pautrat est intervenu sur le thème de l’Etat partenaire en insistant sur 4 points :
- Il faut changer l’image de l’Etat, et passer d’une vision de contrôleur et de sanctionneur, à une vision d’administration partenaire.
- L’Etat dispose d’énormément d’information (80% des informations utiles aux entreprises) pas suffisamment exploitées. Ceci parce que la France a l’obsession du secret. Parce qu’il y a le réflexe néfaste de classifier l’information plutôt que de l’exploiter. L’information qui prend une valeur ajoutée est celle qui circule et non celle qui stagne. Il faut une culture du partage de l’information.
- Il faut une simplification des règles de l’Etat (qui comporte 150 000 lois, 90 000 décrets…)
- L’Etat n’est plus le détenteur de l’intérêt général, c’est désormais les entreprises le véritable détenteur : ce sont ces dernières qui pourvoient l’emploi…

Le Préfet a essayé de mettre en place cette dynamique en Basse-Normandie, par notamment :
- la sensibilisation des acteurs,
- la création d’un réseau d’entreprises sous forme de club,
- l’identification des technologies clef,
- et un essai de favoriser un rayonnement international de la région.

Le Préfet essai de faire de même en Nord-Pas-de-Calais avec :
- une gestion transversale de l’information,
- l’inscription de cette démarche dans le plan Etat-Région,
- la venue des assises nationales de l’AFDIE.

François Goulet, directeur régional de l’Industrie, de la Recherche et de l’Environnement de la région Aquitaine.
Les DRIREs ont un rôle et d’accompagnement des entreprises (apport d’une expertise) et de contrôle. Leur action est souvent groupée avec celles de l’ANVAR, Conseil Régional, Délégation à la Recherche et Développement.

Philippe Clerc, directeur de l’Intelligence Economique à l’Assemblée des Chambres Françaises de Commerce et d’Industrie (ACFCI).
Philippe Clerc nous présente comment les CCI participent à la dynamique d’Intelligence Economique.
Le rôle des CCI est de servir l’entreprise :
- par l’aide à l’anticipation sur son marché,
- par l’aide au partage et à l’élaboration des méthodes de travail,
- par le développement des capacités d’intelligence et d’environnement,
- par la coordination de ses réseaux,
- par un travail sur la sécurisation des échanges,
- par une assistance à la veille,
- par la construction de stratégies d’influence…
L’ACFCI accompagne les CCI dans ces tâches et a la volonté de capitaliser et de mettre en réseau les CCI.

Daniel Cadé, directeur de l’Agence du Réseau de l’Information Active (ARIA) à France Télécom.
La création de l’ARIA remonte à 1995, alors que le PDG de FT chargeait M. Cadé d’une étude sur le coût de l’information stratégique, du partage et de la protection de l’information. L’ARIA aujourd’hui gère, classifie et distribue 100 000 informations par jour. 5000 personnes y travaillent et toutes sont habilitées.

Quels sont les bénéfices d’une telle structure ?
- De connaître les clients, marchés, acteurs, produits, services…
- D’avoir la possibilité d’activer des réseaux pour obtenir des informations.
- D’avoir une vision stratégique commune.
- D’avoir des bénéfices en termes économiques : Economies d’échelle dans l’achat des ressources. Gain de compétences pour les personnes qui ont accès aux ressources. Bénéfices individuels car chacun a un accès individualisé à l’information. Appartenance à une communauté de pratique.

La réussite d’un « projet » est une condition nécessaire à la réussite de l’Intelligence Economique. Cela nécessite entre autre :
- une connaissance des réseaux déjà en place car il faut les intégrer,
- de bien définir les objectifs de performance économiques…

Henri Griffon, président de l’Union Nationale des Industries Françaises de l’Ameublement (UNIFA).
M. Griffon insiste sur la fin de l’Etat protecteur. Il n’y a plus qu’une logique celle du marché. Rappel d’un aphorisme de René Char : « Il faut agir en primitif et prévoir en stratège ».

M. Griffon nous présente le cycle de l’information au sein de l’UNIFA :
En ce qui concerne la collecte des informations, les sources utiles à son travail en matière d’Intelligence Economique sont :
- Les sources formelles : presse, internet…
- Les études de marché. Ces études sont issues d’un institut d’études, dont la création résulte d’une coopération entre les industriels du secteur, les négociants et les clients.
- Les informations sur les innovations. M. Griffon a insisté sur l’importance d’être à l’affût des innovations. Un organisme à été crée à cet effet : le VIA (Valorisation et Innovation dans l’Ameublement).
- Les salons. La France possède la chance d’accueillir des salons de grandes envergures.
- Parallèlement à une diffusion large, il y a une journée par semaine qui est consacrée à l’échange d’information.
Le coût de cette organisation est financé par la taxe para fiscale. En outre les fédérations européennes sont organisées et mettent un soin particulier à capter les financements européens.

Jean-Yves Pageon. Appartient à la Direction des relations Economiques Extérieures (DREE).
LA DREE peut être vue comme une cellule d’IE au sein du ministère de l’Economie, pour son travail auprès des entreprises. 2400 personnes y travaillent dont 2000 à l’étranger (notamment dans les Postes d’expansion Economiques).
M. Pageon insiste sur le changement intervenu au sein de la DREE. Avant la DREE pouvait être vue comme un simple guichet d’information. Maintenant c’est un prestataire de service avec trois missions fondamentales :
- participer au cadre de définition des échanges,
- contribuer au développement international des entreprises françaises,
- informer sur la globalisation.

Les métiers de la DREE sont les suivants :
- sert de centre d’appel pour les entreprises,
- sert à la diffusion de l’information économique,
- c’est un prestataire de mission (notamment de mission de lobbying),
- conseil les entreprises qui débutent,
Mais la transformation n’est pas finie. M. Pageon trace des axes d’amélioration, notamment souligne l’importance du réseau pour harmoniser les pratiques au sein de cette administration, et le travail de certification ISO 9001.

M. Levet conclue cette première table ronde par cet aphorisme, que chacun interprètera à sa manière. Il ne faut pas oublier que l’Arche de Noé a été construite par un amateur, et a résisté au déluge, Et que le Titanic a été construite par des professionnels… et n’a pas résisté à sa première croisière…


Seconde partie : La défense économique

Didier Lallemand, Haut fonctionnaire de Défense au ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie.
M. Lallemand s’interroge sur la défense de l’économie dans une période qui a vu ou voit :
- la chute de l’URSS,
- l’augmentation de la mondialisation avec son cortège de contraintes sur les entreprises,
- l’obligation de travailler en réseau avec des partenaires lointains,
- l’ouverture à la concurrence des entreprises de réseau (comme FT, EDF, GDF …).

La défense de l’économie comprend trois volets :
- L’Etat a besoin de réseaux (transport, téléphone, énergie, paiement…). Ces infrastructures sont vitales et le Ministère doit veiller à leur bon fonctionnement.
- Assurer la protection du patrimoine.
- Limiter les dépendances stratégiques. Une économie qui dépend de quelques grands acteurs, affaiblie la concurrence et augmente la vulnérabilité.

Un principe simple de précaution indique, en terme de vols d’information, de faire attention à l’utilisation que l’on fait d’Internet. De plus des logiciels libres (type Linux) et donc au fonctionnement parfaitement connu peuvent être plus sûrs que des logiciels propriétaires (type Microsoft) dont certaines fonctionnalités restent opaques. Un autre secteur de vulnérabilité pour l’entreprise se situe au niveau des grands cabinets d’audit ou les courtiers en assurance qui travaillent avec des entreprises qui sont concurrentes entre elles. Quelles garanties peut ont avoir de confidentialité des informations.
M. Lallemand conclue sur le fait que les failles dans les systèmes d’informations sont multiples et dangereuses. Néanmoins assurer la sécurité des informations n’implique en aucun cas une paranoïa sécuritaire. Elle demande simplement de ne pas être naïf !

Les réponses au double défi de la défense économique et du développement des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC).

La seconde table ronde est animée par Pierre Gilbertas, consultant en systèmes d’information.

Henri Serre, directeur chargé de la sécurité des systèmes d’information au Secrétariat Général de la Défense Nationale (SGDN).
M. Serre intervient sur le rôle de l’Etat en matière de sécurité informatique :
En matière de cryptologie (art de coder les messages) le nouveau décret de mars 1999 permet un usage libre des clefs de 128 bits. Ceci pour permettre aux entreprises de sécuriser leurs transmissions. Mais cette loi pouvant être utilisée à mauvais escient trois dispositions ont été prises :
- La création de l’Office central de la lutte contre la criminalité informatique.
- La création d’une structure chargée d’assurer la sécurité des systèmes d’information au SGDN.
- La mise en place d’une coopération internationale.
M. Serre insiste sur le fait qu’il faut systématiser la sécurisation des échanges d’information. Il faut savoir quelle est l’offre des produits en la matière. Un travail de formation et de sensibilisation des ressources humaines est nécessaire, et ce à tous niveaux : pratique, juridique et technique.

Michel Le Clainche, directeur des Relations avec les publics et de la Communication au Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie.
Le ministère de l’Economie et des Finances, et de l’Industrie est passé d’une culture du secret à une culture de la communication. Or la sécurité est un élément essentiel de la communication.
A titre du travail de sensibilisation et de formation de ressources humaines, le Ministère a diffusé une brochure à ses 180 000 agents sur ce thème. Cette brochure est disponible à tous sur le site Internet du Ministère, et chaque entreprise est vivement conseillée de la diffuser auprès de ses employés.

Jean-Paul Figer, chief technology officer à Cap Gemini.
Internet est un outil au degré de sécurité nul ! Ceci pour la bonne raison qu’il a été conçu pour assurer la connectivité des machines et non la sécurité.
Quelles solutions envisager ? Il n’y a pas de réponse toute faite, néanmoins voici quelques pistes :
- On peut séparer Internet et Intranet. Mais cela implique que le personnel soit fiable.
- On peut mettre en place une authentification de la machine couplée à un système de cryptage (système à clef publique).
Dans tous les cas l’aspect sécurité est extrêmement important et souffre d’un manque de considération, et d’une prise de conscience en France.

Pascal Lointier, vice-président du Club des Systèmes d’Information Français (CLUSIF).
En matière de sécurité informatique on se heurte à différents problèmes : Le premier est l’insouciance ou la méconnaissance de la personne même d’assurer ce risque, le responsable informatique. En France, il y a un problème de prise de conscience du patrimoine informationnel. D’où une difficulté d’apprécier les risques. Or ce point est majeur.

Quelques pistes pour pallier ces difficultés :
- Traiter la sécurité dans sa globalité.
- Sensibiliser les acteurs à tous niveaux.
- La véritable sécurité n’est pas une défense statique mais une attitude dynamique. Il faut croiser une gestion des risques continue et une gestion événementielle. D’où l’importance de la bonne appréciation des risques, donc de la bonne qualification des personnes chargées de ce travail. A ce titre, il y a actuellement une sur-médiatisation du problème des virus. Cela débouche sur un nouveau risque, celui du « risque d’opinion » lié aux mouvements d’opinion.

Jean-Pierre Cornioux, directeur de la sécurité informatique au groupe Renault.
M. Cornioux va axer sa présentation autour du dilemme suivant : D’une part, toutes les précautions sont-elles prises au niveau des NTIC ? D’autre part, profitons-nous suffisamment de tout ce que pourraient nous apporter les NTIC ?

Renault est très sensibilisé au problème de la sécurité informatique.
- Il travaille avec des pays sensibles au niveau du piratage informatique (Corée, Roumanie…).
- Il échange quotidiennement des informations stratégiques par NTIC avec tous les pays du monde.
- Il travaille en collaboration avec des concurrents (définie par le néologisme de « coopétition » issu de coopération et compétition).
Renault doit donc adopter une stratégie qui n’est pas opportuniste mais construite. Notamment par le développement d’une politique de sûreté globale qui vise à couvrir l’ensemble des éléments du risque.

Le système informatique doit répondre à trois obligations :
- disponibilité et sûreté de l’information.
- Intégrité des données et de leur traitement.
- Confidentialité.

Des actions sont prises dans différentes directions :
- Clairsemer et éclater les risques.
- Prévoir l’aléa.
- Eviter de se mettre dans des zones de vulnérabilité.
- Sensibiliser les employés à un nouveau comportement.
- Se remettre en question de manière permanente.

Pour finir M. Corniou insiste sur les éléments clés d’une démarche sécurité : avoir une approche fractionnée et permanente de la sécurité. Cette approche doit être non traumatisante et valorisante.

M. Rena

M. Rena intervient sur la sécurité du paiement en ligne. En effet le paiement en ligne implique des risques, et une sécurisation est nécessaire. Or trente-deux solutions techniques sont possibles :
- Solution née en France : Adoption du standard cyber-com. Télépaiement sur téléphone mobile.
- Solution qui existe en France et aux Etats-Unis : A chaque transaction un numéro de carte virtuel est transmis en direct par la banque concernée. Les petits montants pourraient être facturés par l’opérateur de téléphonie mobile.
- Solutions essentiellement américaines : trois solutions sont présentées. Solution la plus prisée : l’effort est porté sur la sécurisation du canal de transmission (SSL). Deuxième solution : Il y a création d’un artéfact résident sur le disque dur ou la disquette du consommateur (SET). Troisième solution : portemonnaie virtuel.

Derrière le choix de la solution se cache des enjeux stratégiques :
- Cela aura un impact sur l’importance ou non des cartes de paiement.
- C’est un champ de confrontation entre la conception américaine du commerce (on peut toujours se faire rembourser un achat) et française (une fois la transaction écrite et acceptée, une vente n’est pas retournable).
La réponse à ces problèmes est un enjeu de défense.

Philippe Caduc, directeur général de l’Agence pour le Développement de l’Information Technologique (ADIT).
Les NTIC sont en même temps une menace et une opportunité pour le l’économie. Au titre des menaces, il y a trois aspects :
- Menace technologique, liée à la sécurisation des informations, et incarnée par la puissance du renseignement américain (avec notamment le réseau Echelon dirigé par le NSA).
- Menace économique et financière, incarnée par la bulle spéculative portée sur les entreprises de la nouvelle économie. Avec comme corollaires les turbulences financières qui ont suivi, l’accroissement de la volatilité des devises. Autre corollaire le rapport de force faussé entre les entreprises de la nouvelle et de l’ancienne économie. D’où l’expression américaine « to be amazonned » qui signifie faire faillite à cause d’une entreprise de la nouvelle économie qui « vole » les clients, sans faire la preuve de sa rentabilité et de sa stabilité. Amazone a en effet provoqué la faillite de nombreux éditeurs américains.
- Menace stratégique incarnée par le risque et la facilité du détournement d’image, de la déstabilisation, de la désinformation sur et via Internet. Ce média est en effet un média « sans responsabilisation ». En autres exemples développés par M. Caduc, une enquête de l’ADIT, commandité par Alcatel suite à la baisse de 40% de sa capitalisation boursière, a prouvé que l’origine de cette « attaque » provient d’une banque d’affaire concurrente.

Conclusion des travaux par M. Henri Martre, président de l’Agence Française de Normalisation (AFNOR).
M. Martre commence sur la modestie a adopter vis à vis d’un sujet aussi complexe et évolutif, avant de relever différentes notions :
- l’Intelligence Economique est inséparable de la stratégie.
- L’IE a un coût en terme financier, en temps de travail… Mais c’est un coût qu’il faut accepter car le retour sur investissement est réel.
- Il faut mieux parler de « compétition commerciale que de « guerre économique ». Même si dans les moyens d’attaque et de défense les actions illégales existent.
- Importance des réseaux humains et des réseaux d’organisation.
- Un des obstacles majeur du développement de l’IE en France est que l’information est vue  comme un élément de pouvoir, et qu’il règne un certain individualisme. Par exemple la compétitivité entre les collectivités territoriale existe ! Il faut lutter contre cet état de fait. Au premier chef, l’Etat doit montrer l’exemple et doit en tant que détenteur de 80% de l’information utile aux entreprises, ouvrir cette richesse. A l’Etat actuel doit se substituer l’Etat – partenaire.

Sigles :
IHEDN : Institut des Hautes Etudes de Défense Nationale
DRIRE : Direction Régionale de l’Industrie, de la Recherche et de l’Environnement.
DRCE : Direction Régionale du Commerce Extérieur.
ANVAR : Agence Nationale pour la Valorisation de la recherche.
SGDN : Services Généraux de la Défense Nationale.

Par Jerome Bondu - Publié dans : Intelligence Economique - Communauté : Veille stratégique
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