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Jeudi 30 août 2007 4 30 /08 /Août /2007 00:47


Franchement, je ne m’intéresse pas au Foot, et je n’y connais pratiquement rien, mais un article a attiré mon attention par son titre insolite « Raymond Domenech suspendu pour Italie-France » (dans Le Monde du 29 août).

Qu’un entraîneur soit suspendu est plutôt original. La lecture de l’article m’apprend qu’il a dénoncé une histoire de match acheté en Italie. Je cite Domenech « Ce n'est pas moi qui ai inventé les histoires d'arbitrage en Italie. Il y a eu des matchs achetés. Moi, j'ai connu un France-Italie espoirs, qualificatif pour les JO de Sydney, avec un arbitre acheté. Je me suis rarement fait autant arnaquer ».

Si l’article du Monde traite du problème sans parti pris, Le Figaro et l’Humanité semblent être plus agressifs vis à vis du sélectionneur et dénoncent une mise en scène orchestrée pour s’attirer l’attention des médias ! Les réactions sont dans l’ensemble sont plutôt négatives à son égard.

Et moi qui pensais que l’achat de matchs de Foot était une pratique courante, reconnue et acceptée de tous, … je suis tombé des nues. Depuis une conférence vue il y a plus de 10 ans sur le sujet, où l’intervenant disait que même les matchs entre petits clubs en France étaient achetés, je pensais la chose entendue !

Il semble y avoir beaucoup d’hypocrisie dans le monde du Foot.

Un autre article – qui n’a rien à voir – remet les choses au diapason de l’espoir. Le Figaro (daté aussi du 29 août) fait la présentation de Roelof Frederik (Pik) Botha, ancien ministre des affaires étrangères d’Afrique du Sud. Il a été un des acteurs de la fin du régime de l’apartheid, et un ardent critique de la discrimination raciale. Il relate un des moments forts de son parcours quand en 1886 un journaliste lui demande s’il pense qu’un jour un président noir allait diriger le pays. Botha répond « je n’allais pas lui mentir. J’ai dit que oui et que je serais même prêt à le servir ».

Cette déclaration lui a coûté très cher. Il a perdu la direction de son parti, et de ce fait, la course vers la présidence.
Pik Botha continue ainsi « Sur le coup, j’étais un peu traumatisé par le savon que tout le monde m’a passé. J’avais peur d’avoir brisé ma carrière. Mais rétrospectivement je pense que c’est le meilleur investissement que j’aie jamais fait par rapport à mes compatriotes (…). ».

Comme quoi, avec le recul on ne regrette jamais d’avoir dit franchement ce que l’on pense … Surtout quand l’histoire vous donne raison.

Si vous voyez ce que je veux dire ;-)

 

 

 

Par Jerome Bondu - Publié dans : Social
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Mardi 21 août 2007 2 21 /08 /Août /2007 10:07


J’ai posté récemment un article sur AgoraVox * qui a généré pas mal de réactions. Ce qui m’a surpris, c’est le nombre de personnes qui écrivent sous pseudo.

Internet est quand même un espace de liberté, et nous vivons dans une des démocraties les plus libres au monde. Pourquoi ne pas écrire sous son vrai nom ? Quel est l’enjeu de se cacher ?

D
ans le cadre d’un débat d’idée, se masquer derrière un pseudo permet certainement une plus grande liberté de parole. Surtout pour des personnes dont le métier ou l’employeur oblige à une certaine discrétion, par exemple les fonctionnaires.
Par contre, cela permet aussi de s’affranchir des règles de politesse et de courtoisie. J’ai l’impression que certains écrivent comme ils conduisent. L’anonymat qu’offre le pseudo ou la protection de la voiture (pour continuer la métaphore) permettant des excès de vitesses, queue de poissons, et autres infractions à la bonne conduite.

Ecrire sous son vrai nom, en revanche c’est affirmer sa pensée et son libre arbitre. C’est à mon avis tout l’intérêt du média internet. N’importe qui peut aujourd’hui affirmer ce qu’il pense, et si cela est de qualité, un texte, un article faire le « tour du monde ». Les anciennes discussions de bistrot qui ne pouvaient pas aller bien loin, peuvent aujourd’hui avoir une véritable résonnance.
L’invention des blogs est créatrice d’égalités. Rien n’est plus simple que de s’en créer un et de l’alimenter.
L’écriture est une thérapie bien connue, et écrire sous son vrai nom est à mon avis un véritable facteur d’épanouissement.

Jérôme Bondu

* http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=27924

 

Par Jerome Bondu - Publié dans : Social
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Lundi 13 août 2007 1 13 /08 /Août /2007 09:00

Pour une séparation des pouvoirs législatif, exécutif, judiciaire et … médiatique !

 

 

L’actualité bruisse des liaisons dangereuses entre le pouvoir exécutif et le pouvoir médiatique. Il a d’abord été questions des relations personnelles entretenues par M. Sarkozy et les grands patrons de médias. Plus récemment une émission sur LCP, la Chaîne Parlementaire, a porté le débat sur le concubinage entre les hommes politiques et les journalistes. Or les médias ont un pouvoir incontestable. N’y a-t-il pas lieu d’une réflexion profonde sur une séparation des différents pouvoirs ?

Le président est très proche des magnats français des médias

« Je connais bien votre patron ». Cette phrase aurait été dite à un journaliste par l’actuel président de la République. Et en effet, il en connait un certain nombre.
- M. Martin Bouygues, patron du groupe Bouygues et par conséquent de sa filiale le groupe TF1 (TF1, LCI, TPS...). Il est parrain du fils de Nicolas Sarkozy, et était témoin à son mariage. 
- M. Bernard Arnault, patron du groupe LVMH, incluant des titres comme La Tribune, Investir ou Radio Classique. Nicolas Sarkozy était invité au mariage de la fille de M. Arnault, tandis que M. Arnault était témoin du mariage de M. Sarkozy. 
- M. Serge Dassault, patron de la Socpresse, 1er groupe de presse français, publiant notamment Le Figaro. Nicolas Sarkozy a démêlé, en tant qu’avocat cette fois-ci, la succession de son père Marcel. Nicolas Sarkozy est devenu un familier de son fils aîné Olivier, par ailleurs député UMP. 
- M. Arnaud Lagardère, patron du Groupe Lagardère, premier groupe de media français qui contrôle notamment des grandes radios (Europe 1, Europe 2, RFM...) et des magazines d’actualités (Paris Match...). En avril 2005, le président de l’UMP fut l’invité d’honneur d’un séminaire du groupe Lagardère à Deauville. M. Lagardère le présenta « non pas comme un ami, mais comme un frère ».

Deux affaires ont défrayé la chronique, et illustrent cette proximité :
- En juin 2006, le directeur de Paris Match Alain Genestar, coupable d’avoir publié en couverture une photo de l’épouse du président de l’UMP, est licencié. 
- En mai 2007, Laurent Solly, ancien membre du cabinet de campagne de Nicolas Sarkozy, est nommé à la direction de TF1.

Les pouvoirs précédents ont tous éprouvé le besoin de contrôler les medias.

Cette situation n’est que le dernier avatar d’une longue série. Pour se limiter à la Vème république, on se rappelle combien les pouvoirs gaulliste et pompidolien tenaient les rênes courtes aux medias en général et à la télévision en particulier ; Valéry Giscard d’Estaing et François Mitterand, quant à eux, semblent avoir eu la même démarche en deux temps : tentative sincère de libération en début de mandat, reprise en mains par la suite. On peut se demander si dans ce domaine le plus libéral (ou le plus discret dans son contrôle ?) n’a pas été Jacques Chirac.

Le monde journalistique est proche du monde des médias

LCP a rediffusé réemment l’émission citée en introduction sur les relations entre les hommes politiques et les journalistes « Les hommes politiques et les journalistes vivent-ils en concubinage ? ». Les débats étaient animés par Bruno MASURE, avec Denis TILLINAC écrivain proche de Jacques Chirac, et Jean-François KAHN patron de Marianne.

Bruno Masure a décompté 36 cas de « liaisons sexuelles » officielles ou non, entre journalistes et personnages politiques. Il rappelle combien cette situation serait inconcevable dans un pays anglo-saxon ou scandinave.

Les deux intervenants s’accordent pour souligner combien ces connivences sont le fruit d’une logique : mêmes cursus, même évolution intellectuelle de l’extrême-gauche au libéralisme, débouchant sur un syncrétisme alliant les crédos néolibéraux et libertaires… Les intervenants ont souligné :
- L’homogénéité d’une caste dirigeante post soixante-huitarde parlant le même langage. 
- La dépendance de la presse française. Quand le patron de Presse est aussi marchand d’armes ou patron de BTP, ça réduit son indépendance vis-à-vis de l’Etat, car dans ces deux cas, l’Etat est un interlocuteur voire un client majeur. 
- Une des raisons essentielle de cette dépendance  est la faible solidité financière des médias. La presse française est plutôt pauvre, les ventes de la presse écrite sont régulièrement en baisse, et les revenus de la publicité partent vers le web. 
- Les « services rendus » sont multiformes : les journalistes accompagnent les hommes politiques aux frais de l’Etat. L’Etat distingue des journalistes de son choix par la remise de décorations, … 
- La connivence ne concerne qu’un petit nombre de journalistes qui vivent comme les hommes politiques, dans les mêmes quartiers, fréquentant les mêmes restaurants, … L’essentiel de la profession étant éloigné de ces cénacles.

Séparation des pouvoirs

Une dérive à la Berlusconi est-elle à craindre ? "On est vraiment là dans la méthode Berlusconi et cette collusion des grands médias et du pouvoir politique est complètement indécente" déclare un représentant du PS.

La théorie classique de la séparation des pouvoirs distingue trois fonctions principales au sein des différents régimes politiques : la fonction d’édiction des règles générales constitue la fonction législative ; la fonction d’exécution de ces règles relève de la fonction exécutive ; la fonction de règlement des litiges constitue la fonction juridictionnelle.

Dans la mesure où la l’analyse, le tri, la hiérarchisation, la diffusion et le commentaire de l’information représentent bien une nouvelle forme de pouvoir, d’importance comparable aux trois formes classiques, celui-ci implique nécessairement suivant le principe de Montesquieu (Tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser …), la mise en place d’une séparation d’avec les autres, d’un contrôle et d’une limitation. C’est tout le débat sur le « Quatrième pouvoir ».

Une séparation claire entre le pouvoir politique et le pouvoir médiatique est-elle envisageable ? N’est-ce pas une utopie ? Les règles actuelles (liberté et règles de financement de la presse, droit de réponse, etc.) sont elles suffisantes ? Suffit-il de les faire appliquer ? De les compléter ? Ou faut-il dès maintenant songer à une réorganisation plus profonde ?

Jérôme Bondu et Alain Bondu

 

Par Jerome Bondu - Publié dans : Social
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Mercredi 8 août 2007 3 08 /08 /Août /2007 00:47

 

 

La Tribune publie actuellement une série sur les « grandes dynasties d’entrepreneurs ». A la lecture du numéro daté du 7 août qui relate l’histoire des Dietrich, on ne peut qu’être fasciné par la constance et la persévérance de cette famille qui « rayonne » depuis 14 générations sur l’industrie à partir de sa « base » de Reichhoffen en Alsace. On revoit au travers de cette saga les grandes étapes de l’histoire de France : Louis XIV, la révolution française, la révolution industrielle, la seconde guerre mondiale, … L’entreprise redevenue une PME qui « ne réalise que » 150 millions d’euros de CA, n’en a pas moins un « prestige historique » dont peu d’entreprise de cette taille peuvent s’enorgueillir.


Philippe Lemoine, co-président du groupe Galeries Lafayette et président de LaSer, lors d’une conférence au sein du Club des Vigilants sur le « Rôle de l'entreprise » rappelait l’importance des entreprises familiales dans l’économie. Faite de constance et de prudence, il mettait en exergue leurs bons résultats au regard des entreprises gérées par des fonds de pension dans des optiques souvent court-termistes.


Derrière le magnifique film d’animation PERSEPOLIS de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud (qui a reçu le prix du jury au Festival de Cannes) se cache aussi une histoire dynastique. L’héroïne est l’héritière – non pas d’une fortune financière – mais d’un enseignement et d’une histoire que lui prodigue ses parents et surtout sa grand mère. Issue d'une famille dont les membres ont depuis plusieurs générations joué un rôle important dans la vie du pays. L'enseignement est simple : être soi-même, ne pas se mentir, se respecter est la vrai richesse et la clé de toutes les réussites.


Voilà de bons enseignements pour cette période estivale ;-)

Par Jerome Bondu - Publié dans : Social
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Mercredi 18 juillet 2007 3 18 /07 /Juil /2007 21:55

Le pouvoir de la presse !

Je reprends ici un message que j'ai posté le 6 juillet dans le blog du Club des Vigilants http://www.clubdesvigilants.com .

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Depuis l’élection de Nicolas Sarkozy, les interrogations sur les relations entre « le pouvoir » et « les médias » vont bon train. La proximité supposée et ces implications sont difficiles à mesurer. Par contre, un exemple récent prouve - encore une fois - l’influence énorme des « médias » sur « l’opinion ». Et donc des enjeux de maitrise des médias.
 
 
Lors de l’élection présidentielle, la société Lexis Nexis a mesuré la visibilité des candidats dans la presse la semaine qui précédait le scrutin du 22 avril. Il en ressort un chiffre stupéfiant : le coefficient de corrélation entre le pourcentage de visibilité dans la presse et le pourcentage de vote est de 0,99 !

Voyez plutôt (chiffres en %) :

Pour M. Le Pen, score au premier tour 10,44 / visibilité dans la presse 10,74 M. Bayrou, score 18,57 / visibilité dans la presse 18,86 Mme Royal, score 25,87 / visibilité dans la presse 21,29 M. Sarkozy, score 31,18 / visibilité dans la presse 29,24

Et il en va de même pour tous les candidats. Nous sommes au delà de la simple coïncidence.
De quoi laisser songeur … et incliner à la vigilance.

Par Jerome Bondu - Publié dans : Social
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