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Ce blog comprend les comptes rendus des conférences du "Club Intelligence Economique et Stratégique", présidé par Jérôme Bondu, ainsi que des réflexions personnelles sur l'IE, les réseaux humains, le lobbying, l'innovation, ...
A ne pas lire au bureau sous peine de rameuter par vos rires tout le service ...
Comme d'habitude, les perles du bac sont un vrai moment de bonheur. C’est à mourir de rire. Pour vous
appâter, je vous mets ci-dessous mes dix préférées… A voir sur L'internaute
Il ne faut pas prendre des vessies pour des lanternes !
Quelques lignes pour féliciter l’AEGE, qui a tenu hier soir son 5eme gala de l’intelligence
économique. Dans le cadre prestigieux autant qu’agréable de l’Ecole Militaire, on a pu croiser des professionnels de l’IE, venant bien sûr en majorité de l’EGE, mais aussi d’autres
formation.
Il y décrit les liens qui existent entre Olivier Buquen et
la société Mikado, qui a remporté un appel d’offres (pour un budget de 122 500 € HT) lancé par le délégué interministériel à l'intelligence économique.
Au vu des nombreuses réactions que son très bon travail d’investigation a soulevé, on peut parier que le
débat n’en restera pas là.
Il semble que la cuvée 2010 d'i-expo ait été de bonne
qualité. Les organisateurs avaient annoncé une augmentation significative du nombre de pré-enregistrements par rapport aux années précédentes. Voici quelques notes sur les deux conférences
auxquelles j'ai assisté.
Je suis arrivé au moment de la présentation d'XWiki, alors que l'orateur affirmait avec justesse que la démocratisation des solutions qui
permettent de rester en veille (bookmark de liens, netvibes, google reader, …) ont multiplié les "centres d'analyse" dans l'entreprise. Des solutions comme Xwiki permettent de centraliser ces
"analystes" dispersées, et de créer une intelligence collective. C'est, souligne le fondateur de la société, un levier de productivité important.
Mais l'installation d'un outil n'est pas "tout". Et la démarche demande à être animée. D'où l'importance de nommer un community manager, qui pourra encourager les témoignages, ...
Vint ensuite la présentation de la société Yoolink (qui vient de recevoir le prix de la solution innovante) par Sunny Paris. Il circonscrit
bien ses fonctionnalités : La solution ne fait pas de sourcing ! Elle se concentre sur la dimension de partage de l'information, faite par des collaborateurs.
J'ai quitté la réunion alors que Franck La Pinta faisait un retour d'expérience de la création d'une communauté RH au sein de la Société Générale (communauté qui regroupe 2800 personnes dans 80
pays).
Lui aussi a insisté sur la nécessité d'animer la dynamique, et d'avoir un sponsor fort. D'autant que la plateforme regroupe 90% de lecteurs et seulement 10% de producteurs. Trois communautés ont
pour l'instant été ouvertes, et concernent plus 800 collaborateurs.
J'ai aussi assisté à plénière "Où va la veille ?" dans une salle comble.
Véronique Mesguich a animé cette conférence passionnante.
Toute médaille à son revers. Et le revers du web 2.0 a bien été décrit par Christophe Deschamps qui a souligné que l'augmentation du nombre d'internautes, du nombre de solutions
de diffusion d'informations, conjugué avec l'augmentation de la portabilité de ces outils a entrainé une surinformaiton, une infobésité que l'on peut traduire en "information
overload", "knowledge overload", "tools overload", … et last but not least "friends overload" !
Quelles conséquences sur les pratiques de veille ?
- D'abord, des informations ne sont trouvables qu'avec certains outils, c'est ce qu'il a appelé "l'effet silos" dont on aurait pu croire qu'il disparaisse avec la mise en réseau des réseaux.
- Le problème de classement et de mesure du 2.0 a été illustré par une citation de Borgès "On ne peut pas mesurer
l'univers, car nous ne savons pas ce qu'est l'univers".
- Il y a une démocratisation des pratiques de veille. Christophe s'est bien gardé de se prononcer sur le fait que ce soit une opportunité ou un danger pour les "veilleurs professionnels".
- Enfin, il a souligné la nécessité d'avoir des solutions qui permettent de simplifier, de mieux appréhender cet univers mouvant. Au nombre de ces solutions il a cité la cartographie et a montré
ce que faisait Bscopes.
L'intervention de Sébastien Fanget a pu dérouter. Pourquoi inviter un photographe qui dit lui-même ne pas être un veilleur ? Je crois que les organisateurs ont voulu montrer ce que savait faire
un "profane" en matière de veille. Et nous n'avons pas été déçu, car il a parfaitement illustré la capacité de tout un chacun de faire de la veille avec des solutions
gratuites.
Quelques chiffres : Son lecteur de flux RSS agrège 132 flux, classés dans 26 dossiers. L'analyse lui prend entre 15 et 60 minutes par jour, et il retient une centaine d'informations par semaine!
CQFD.
L'intervention suivante a vu Jean-Baptiste Soufron, de Cap Digital, envisager l'avenir de la veille. Il a développé le concept de "Soft Empowerment", qui mélange de deux idées
:
- Soft power : la maitrise des logiques de veille vous donne de l'influence dans votre secteur. L'influence liée à la possession de l'information migre doucement vers l'influence liée à la
capacité de les diffuser!
- Self empowerment : un individu peut avec des outils grands public devenir un centre d'analyse s'il sait utiliser les outils d'interconnexion des services.
Sa vision de l'avenir :
- Il pense que les outils vont aller vers une simplification. Il assure avec raison que les outils sont de plus en plus compliqués. Les outils du futur seront ceux qui sauront garder des
performances élevées (gestion de la complexité), avec une prise en main facile (réduire la complication). Il est bien placé pour rappeler que parfois la vrai innovation, c'est de savoir régresser
(comme la fait Google avec son système de classement qui repose en grande partie sur le nombre de liens qui est un gradient de qualité).
- Selon lui les projets qui "marcheront" ne seront plus développés par une seule personne, mais par des réseaux. Les projets qu'il voit défiler à Cap Digital sont de plus en plus portés par des
groupes hétérogènes. Cela devient nécessaire par les nombreuses compétences qu'il faut développer derrière un projet.
- L'innovation reste fondamentale.
- Il a finit sa très intéressante présentation en posant ce qui est pour lui le vrai problème d'internet : Jusqu'à pourrons nous garantir une entière liberté de conscience !
Stéphane Rosenvald a présenté les résultats d'une étude internationale.
Enfin, Benoit de Saint Sernin a présenté les modifications qu'il observe dans le cadre de la direction de l'école EEIE.
- Il nous a étonné en disant que les étudiants qui passent la sélection actuelle ont déjà fait de la veille, et qu'ils viennent pour professionnaliser leurs pratiques.
- Il pense que l'avenir de la veille réside dans la capacité d'analyse et de prospective : Les entreprises ne veulent pas avoir des tonnes d'informations. Elles ne veulent pas non plus avoir une
information parue hier. Elles veulent savoir ce qui va paraître demain. A la maitrise des outils il faut rajouter une qualité essentielle : la curiosité.
Cette conclusion me permet de rappeler qu'une des conférences d'i-expo avait pour but de présenter le livre blanc de l'ICOMTEC, dirigé par l'indispensable Christophe Deschamps, sur les méthodes d'analyse.
En deux mots, mon avis sur l'avenir de la veille.
Il semble évident que les outils vont se multiplier, tout comme la masse d'informations disponibles sur internet.
Partant de là, le problème ne va pas être de s'informer, mais de résister à la sur-information.
D'où -à mon avis- un retour aux réseaux humains et à l'importance des informations issues des
personnes que l'on connait.On fait l'expérience avec twitter de la pénibilité d'une multiple redirection d'un même message. On peut
imaginer qu'un jour un système de dédoublonnage des informations devienne aussi important qu'un "fire-wall". Une sorte de "fire-information" …
Une citation pour finir "L'information va remplacer l'argent, qui lui même a remplacé la force comme vecteur de pouvoir."
Au sortir de la remise des prix du Trophée Sun Tzu, Karen MONDRAGON, étudiante de la promotion 2010 du master IE de l’Icomtec, et vice présidente de l’association Metis, a bien voulu se prêter au jeu d’une courte vidéo.
Avec beaucoup d’entrain et de dynamisme, elle a présenté le livre blanc sur l’analyse réalisé par sa
promotion, et dirigé par Christophe Deschamps.
Voici une courte vidéo de Laurent Gaildraud juste après la remise du trophée Sun Tzu.
Le sujet de l’édition 2010 tient en quelques lignes énoncées par le fondateur du prix Laurent Gaildraud :
"Dans cette édition, il s’agissait d’une OPA hostile de NOKIA sur PALM. Les participants étaient du coté de NOKIA et devaient éviter la flambée du prix de PALM, phénomène inhérent à toute OPA et
fort couteux au prédateur."
Christophe Stalla-Bourdillon et Andréa Brignone ont fait une analyse des
résultats. J'en retiens trois choses :
Si un prédateur veut diffuser des rumeurs pour faire baisser le prix d'une proie (ou éviter que son prix
d’opéable ne monte trop), il doit le faire de manière mesurée. Car si la rumeur fait perdre trop de valeur à l'entreprise cible, le prédateur fait au final une mauvaise opération. D'où la
technique qui consiste à attaquer quelque chose qui peut être facilement « renouvelable » comme … la vision ou la stratégie de la direction. C'est pour cela que beaucoup des OPA voient
fleurir des critiques à l'encontre du management de la cible, avec la « promesse » que son remplacement permettra de créer de la valeur pour l'actionnaire.
Seconde idée, la rumeur doit toucher le « public cible », donc généralement les actionnaires. Un
des groupes participants au concours avait envisagé de construire une affaire de mœurs pour déstabiliser le management de la cible. Outre le fait que cela ne soit ni éthique ni légal, cela risque
en plus d’être inopérant. Car comme le soulève un des membres du jury : le développement d'une affaire de mœurs dans les milieux financier n'aura pas forcément l'impact voulu. Car c'est un
milieu qui a une conception spécifique de l'éthique, qui est plus liée à une bonne gestion des fonds.
Enfin, j'ai apprécié la métaphore suivante : Dans un duel à trois, celui qui meurt en premier est celui qui
paraît le plus agressif, car il concentre les premiers tirs des deux autres. Belle image à méditer…
La remise du prix a donné lieu à une petite séquence technologique, avec la liaison par Skype d'une des
membres de l’équipe lauréate qui se trouvait en Grèce.
Le trophée a été remis par Jérôme Cail de Lexis Nexis (partenaire de l'opération) à Henri Samier, directeur du mastère « Innovation et intelligence économique » à l'Université d'Angers.
Henri Samier a souligné l'importance de la prise en compte de la rumeur dans la stratégie
d'entreprise. Non seulement parce que cela existe, mais aussi parce que cela permet de sortir du cadre classique de la gestion d'entreprise, et permet d'envisager les ruptures, de plus en plus
fréquentes dans un monde mouvant. Concourir à ce prix, ajoute-t-il, dont les participants sont des équipe et non des personnes individuelles, permet de souligner que la valeur réside plus dans le
collaboratif et les réseaux humains que dans l’individu seul.
J'ai eu le plaisir de remettre avec Julien Flandrois directeur marketing et commercial de
KB Crawl (second partenaire avec de l'opération) le second prix à l'équipe de l'ICOMTEC.
Participez au sondage sur la pratique des réseaux humains, mis en place par Inter-Ligere ! Cela ne vous prendra que 5 minutes, et vous recevrez les résultats. Cliquez ici.