Gestion des connaissances

Mardi 16 février 2010 2 16 /02 /Fév /2010 20:18
film-OCEANS-affiche.jpgJ’ai été voir récemment le film Océan au cinéma. Un film que je vous recommande. D’une beauté abyssale.

 

Mais ce n’est pas pour cela que je me saisis de mon clavier. C’est parce qu’à l’occasion de cette projection, j’ai eu une prise de conscience sur l’avenir du collaboratif. Et cette leçon m’est venue dans la salle.

 

Explications : j’entrais accompagné dans la salle encore très peu remplie. Nous choisissons une rangée vide, et nous plaçons naturellement au milieu de celle-ci, pour être pile face à l’écran. Sur le siège où j’allais m’assoir, le dossier était encombré d’un manteau, et je demande à la personne assise derrière de bien vouloir l’enlever. Cette dernière me répond « Vous pourriez quand même vous placer ailleurs, il y a plein de la places libres. Faut savoir jouer collectif dans la vie. »

 

Je le remercie encore pour sa réflexion, car elle est à l’origine d’une prise de conscience. Il est évident que son envie que je « joue collectif » était uniquement guidé par son besoin personnel (voir égoïste) d’avoir une vue dégagée sur l’écran.

 

Le collectif et le collaboratif est à la mode. Tant mieux. Mais rien n’empêchera les individualistes de justifier de la préservation de leurs avantages en brandissant cela comme prétexte.

 

J’imagine bien le « petit chef » s’approprier le travail d’un autre en lui disant « OK, c’est toi qui l’a fait, mais dans une équipe, faut savoir jouer collectif ». On peut imaginer aussi l’incompétent masquer sa faute avec le même argument, en brandissant « d’accord, on a raté l’affaire, en parti par ma faute, mais si on avait joué plus collectif ça ne serait pas arrivé », …

 

Appropriation, dépossession, humiliation, … je ne pense pas que la vague du collaboratif gommera les travers du management. Le changement doit venir des relations interpersonnelles.

Le film Océan, qui présente la richesse de la vie marine, avec ses beautés et ses cruautés, est une magnifique métaphore du foisonnement de notre subconscient.

 

A voir absolument !

Jérôme Bondu


NB :
- Pour la petite histoire, je lui ai laissé la vue dégagée sur l’écran. Jusqu’à ce que d’autres personnes viennent s’assoir à la place que j’avais laissée vacante ;-)
- Voir la bande annonce
- Lire le billet sur "Le Nouveau management de l’information" de Christophe Deschamps.


Par Jerome Bondu - Publié dans : Gestion des connaissances - Communauté : Veille stratégique
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Lundi 15 février 2010 1 15 /02 /Fév /2010 09:49

Christophe_deschamps__management.jpgJ’ai lu "Le Nouveau management de l’information" écrit par Christophe Deschamps.

 

Christophe a écrit un livre dense et riche de réflexions. Il met en œuvre son talent d’analyste et de détecteur de tendance.

 

Au fur et à mesure de la lecture, j’ai corné les pages et souligné les paragraphes, pour vous extraire les petites phrases qui font les grands livres… Comme j’ai tapé le texte, je précise que s’il y a des coquilles ci-dessous, elles sont de moi. Je tiens à leur paternité ;-)

 

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Extraits choisis :

 

Sur le management de la connaissance :

 

« Comme à chaque fois que l’on introduit du chaos dans un système organisé, il existe un temps de latence durant lequel les éléments qui le constituent se repositionnent pour le ramener à un état stable.

Le KM peut être vu comme la matérialisation de ce moment. Il peut être considéré comme la réponse du système à l’évolution qu’il subit : le passage de l’ère industrielle fonctionnant comme une mécanique bien huilée – mais éloignant l’homme de ce qui fait sens pour lui (…) - à une ère « para-industrielle » où l’information (…) réintroduit de l’émotion, de l’humain, et donc de la richesse dans celui-ci » P121

 

« De fait la connaissance ne peut être désincarnée, et de nombreux « gourous » du KM le clament depuis longtemps. Peter Druker a expliqué lors d’un colloque que « la connaissance se situe entre deux oreilles et seulement entre deux oreilles » P128

 

« Dave Snowden explique lors d’une conférence « que l’on ne peut pas créer une culture du partage des connaissances, ce que l’on peut faire, c’est accroitre les interactions entre les gens, augmenter leur interdépendance »   P164

 

« La gestion des informations est au cœur du modèle TIICC, puisqu’elle sert notamment de support à la gestion du temps et des contacts, et permet également de gérer le processus créatif. De fait, c’est dans cet athanor numérique que se déroulera la transformation de la matière première, bribes d’informations éparses et parfois contradictoires, en l’or d’une connaissance neuve » P197

 

 

Sur le modèle du web

 

« Notre capacité d’attention se transforme en monnaie sonnante et trébuchante, comme c’était le cas avec le modèle publicitaire de la télévision (très honnêtement décrit par Patrick Le Lay), mais du fait des multiples leviers disponibles sur le web, c’est encore plus vrai pour les acteurs d’internet qui savent capturer ces moments d’attention : Amazon, Google, Last.fm, etc » P142

 

 

Sur les réseaux sociaux

 

[les réseaux sociaux] « rendent effectifs l’adage qui veut que « les amis de mes amis sont mes amis », même si c’est en fait rarement le cas. Ceci n’a d’ailleurs que peu d’importance, car si votre réseau intègre naturellement vos amis, il n’est pas fondé sur l’amitié, mais sur le partage et la réciprocité en cas de besoin. En cela, il ressemble beaucoup à une assurance mutualiste, vous cotisez un peu tout le temps (en informations, mises en relation, intermédiations, conseils etc.) et vous recevez la contrepartie de cette participation lorsque vous en avez besoin. Notez qu’à force de relations numériques, l’amitié (ou sa promesse) peut parfois émerger de votre réseau ». P200

 

 

Sur la technologie :

 

« Doucement, mais sûrement, nous assisterons à un « réenchantement » du monde à travers la technologie (…) Oui, mais attention ! Comme nous l’ont appris les contes de notre enfance, les sortilèges ne sont jamais sans contrepartie et le prix à payer est souvent élevé. Ce sera celui de notre anonymat, du respect de notre vie privée et de notre capacité d’attention ». P61

 

« Le défi des années à venir est bien sûr d’ordre technologique : intégrer la vague des outils 2.0 dans les organisations. Toutefois, il faudra le faire pour de bonnes raisons, au risque, sinon, de connaître de nouveaux échecs. Malgré la fascination que nous pouvons avoir pour la technologie en tant que telle, les seules raisons qui vaillent sont liées au capital humain. Il faut « outiller » au mieux les travailleurs du savoir, parce qu’ils sont au cœur de l’entreprise, ou – plus exactement – parce qu’ils en sont le cœur » P 207

 

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Pour compléter, voici un extrait de la 4ème de couverture :

« Ce livre est né d’un constat : les travailleurs du savoir sont mal équipés. Ils disposent rarement des bons outils pour gérer l’information dans ses différentes dimensions et, bien souvent, ne soupçonnent même pas leur existence. Pourquoi ? Parce que « travailleur du savoir » n’est pas un métier, mais un ensemble de compétences transversales qui ne s’acquièrent pas à l’école, du moins pas encore. Il existe cependant quelques exceptions, des métiers où l’on est « par nature » un travailleur du savoir : journaliste, documentaliste, responsable de veille, chercheur... »

 

Pour ceux qui ne connaissent pas Christophe Deschamps, voici ce qu’en dit Olivier Zara un des gourous de la réputation numérique  « C’est lui qui m’a fait découvrir l’univers de la réputation numérique en février 2006. Il fait une veille remarquable dans l’univers de la gestion des connaissances, mais il est aussi pour moi une source d’inspiration. » On ne peut pas dire mieux !

 

 

Pour en savoir plus:

- Le blog associé au livre.

- La présentation par Christophe dans Outils froids

- Voir l’analyse d’Anthony Poncier et de Bertrand Duperrin.

- Enfin, le lien pour l’acheter sur Amazon.

 


Par Jerome Bondu - Publié dans : Gestion des connaissances - Communauté : Veille stratégique
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Mercredi 3 février 2010 3 03 /02 /Fév /2010 10:25
jerome_bondu_cea.jpgLe pôle scientifique "Ile de Science" a organisé le jeudi 1er octobre à l’INSTN-CEA un colloque passionnant sur les "Pratiques collaboratives en veille".
Les actes du colloque sont disponibles en ligne sur le site d'Ile de Science.

En outre, vous pouvez visionner les interventions au travers d'une interface particulièrement bien conçue.

- Je vous invite naturellement à visionner la mienne : Jérôme Bondu, Interligere. Le titre de mon intervention est "Les nouvelles pratiques du web 2.0 et des réseaux sociaux."
J'y défends l'idée que dans le monde 2.0 ce qui n'est pas partagé, n'est pas visible donc n'existe pas ...

Il y a huit autres vidéos disponibles :

- Bernard Besson, Les méthodes et les réseaux de l'intelligence inventive


- Christophe Labarde, HEC, Un exemple concret de réseau d'anciens : Les HEC

- Laurent Couve, CETIM, Collaborations entre veilleurs et experts dans le cadre d’un projet de veille technologique

- Alain Garnier, Jamespot, Les nouvelles pratiques collaboratives dans l'entreprise 2.0

- Nina Quelenis, IAR, L'Intelligence économique au pôle Industries et Agro-Ressources

- Stanislas Desjonquères, Président des Laboratoires Lyocentre, Retour d'expérience sur la mise en place d'une démarche d'intelligence économique dans une PME

- Christophe Tilquin, AGC Glass, Gestion d'un processus de veille stratégique et technologique centré sur l'informel au sein du groupe verrier ASAHI GLASS

- Jean Pierre Mousnier, Sociologue, Conclusion des rencontres sur les pratiques collaboratives de veille

Vous pouvez lire aussi mes notes (compte rendu informel) de cette journée. Ainsi que mes slides.

Bravo pour l'organisation de ce colloque, qui joint donc les "actes à la parole" (vous apprécirez au passage le jeu de mot à tiroirs) en permettant un véritable partage de cette journée ! Je me permets à ce titre de rappeler les noms des membres du comité d’organisation : Fabienne Delcroix - Ile de Science,  Geneviève Sureau - Ile de Science, Caroline Fayolle - Air Liquide, Michèle Blondel - Danone Research, Françoise Rousseau et Christine Pichot - CEA, Agnès Melot - HEC, Marie Laure Edwards - Institut d’Optique Graduate School, Hélène Lowinger - INRIA, Véronique Bernas - SUPELEC, Jacques Berchon - Université d’Evry Val d’Essonne.

NB : je n'y avais pas pris garde auparavant, mais en copiant ces noms, je viens de me rendre compte que l'essentiel des membres du comité sont ... des femmes ! Sans être féministe, je pense que si nous avions plus de femmes à la tête des services de veille et d'IE, l'image de cette profession en serait totalement changée. C'est d'ailleurs dans cette optique que j'avais organisé en 2004 un colloque sur "les femmes de l'IE", qui avait réuni plus de 500 personnes, dont un nombre impressionnant de DRH (ils représentaient si j'ai bonne mémoire, 25% du public !!).

Sur ce, bon partage ...

Par Jerome Bondu - Publié dans : Gestion des connaissances - Communauté : Veille stratégique
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Lundi 25 janvier 2010 1 25 /01 /Jan /2010 15:15

co-lab.jpgCompte rendu de la réunion animée par Jérôme Bondu, fondateur de la société de conseil en veille Inter-Ligere, dans le cadre du Co-Lab 22 janvier 2010. Cette réunion a permis à une dizaine de professionnels d’échanger expériences et réflexions sur le sujet.

Vouloir améliorer le partage d’information en entreprise, induit forcément une conduite du changement. Le partage d’informations bute sur un certain nombre de problèmes. A titre d’exemple, lorsqu’il y a une mise en place d’espace collaboratif, le comportement classique est de s’inscrire pour tester. Seulement ensuite, si les premières contributions sont intéressantes, de participer.
Quelques blocages ont été identifiés, ainsi que moyens de les dépasser.


Premier blocage : la rétention d’information
Toute personne, tout salarié, collabore à une dynamique s’il y trouve intérêt. Partant de ce principe fondamental, le premier levier pour mettre en place une dynamique de partage, est donc de rechercher « les intérêts », les « motivations » des personnes concernées. Cela revient à détecter l’échelle de valeur de ces personnes.
Un des participants rappelle que dans le monde du renseignement, les américains utilisent l’acronyme MICE, pour désigner les quatre leviers de motivations : Money, Ideology, Comprimise (ou Coercision ! oups … ), Ego. Dans le monde de l’entreprise, on peut déjà plus simplement utiliser la « reconnaissance » !

Second blocage: la perception de l’information
On ne partage des informations que si l’on a conscience que cela peut être utile à autrui. Même si on a la volonté de partager, il faut savoir de quoi les autres ont besoin.
Le second levier vise donc à faciliter pour chacun l’expression de ses besoins.

Troisième blocage: la peur du changement
Toute introduction de nouveau système peut faire peur.
Un témoignage a été rapporté, issu d’une structure où un réseau social interne est en train d’être installé. Une partie du personnel freine son développement. Parmi les raisons évoquées ouvertement, il y a deux arguments « Je n’ai pas le temps » et « Ce n’est pas comme cela que l’on faisait avant ».
Mais dans les raisons non exprimé, nous trouvons la peur de « ne pas y arriver », ainsi que le sentiment de dépossession de son savoir faire liés aux anciennes méthodes qui vont disparaitre.
Quant à la hiérarchie, elle peut craindre une modification substantielle de l’organigramme informel. En effet, ces nouveaux outils risquent d’être témoin d’une surreprésentation des collaborateurs qui ont une appétence pour l’informatique (généralement les plus jeunes). Les anciens (haut dans la hiérarchie) classiquement plus rétifs, et donc moins présents, peuvent légitimement craindre une perte de visibilité.
D’où des questions sur la structuration de ces outils : s’ils sont trop bridés, ils ne sont pas utilisés. S’ils sont trop ouverts, ils peuvent provoquer un rejet.
Le levier de réussite ici, réside dans l’accompagnement à la prise en main de ces outils, et dans le juste paramétrage (entre ouverture et bridage).

Quatrième blocage: savoir quels outils utiliser ?
Quand bien même une entreprise serait décidée à mettre en place des outils pour favoriser le partage d’information, elle peut avoir du mal à choisir la solution idoine.
Différents cas d’entreprise ont été cités.
Dans une entreprise du secteur pharmaceutique, des remontées se font très simplement par mail. Mais une véritable dynamique a été mise en place, avec des gratifications pour les participants.
Un autre participant évoque la société « Buzz and breakfast » qui a développé une plateforme propre à une communauté de pratique  dans une entreprise du secteur de l’énergie.
L’entreprise Jamespot a aussi été citée comme étant des spécialistes de la mise en place de réseaux sociaux d’entreprise.

Enfin, en forme de conclusion, nous nous sommes interrogés sur l’impact de l’arrivée de la génération Y, qui voit les outils web 2.0 non pas comme des outils facultatifs, mais comme des outils essentiels.

Le compte rendu complet est en ligne (et en cours de co-construction, dans un esprit collaboratif) sur http://etherpad.com/B60PKr0e1z

Image : Emilie Ogez présentant le programme de la journée.

Par Jerome Bondu - Publié dans : Gestion des connaissances - Communauté : Veille stratégique
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Samedi 5 décembre 2009 6 05 /12 /Déc /2009 08:00
   
 Présentation sur la réputation numérique
 Au premier plan, Olivier Ab-der-Halden
président de "Paris Ville de Réseaux"
De g à d : Christine Constantin, Pierre Nuyts, intervenant sur les "crises", moi-même, et Olivier Ab-der-Halden.


J'avais annoncé il y a quelques jours la conférence organisée par l'association "Paris Ville de réseaux". L'événement s'est tenu avec succès dans les locaux de l'IGS à Paris.
Outre mon intervention sur la réputation numérique, j'ai eu le plaisir d'écouter la passionnante présentation de M. Pierre Nuyts sur le "Management en période de crise".

J’en retiens trois idées force :
- D’abord, le changement doit prendre en compte les vitesses d’adaptation des collaborateurs. Il faut nécessairement différents modes d’accompagnement en fonction de leur perception du changement.
- Ensuite, il faut aller au plus près des collaborateurs et les accompagner jusque dans leurs activités quotidiennes.
- Enfin, il est important de s’appuyer sur les réseaux internes de l’entreprise.

Au cours de sa conférence, il a présenté une idée sur le partage des informations en entreprise, avec laquelle je suis 100% d’accord, et que j’ai moi-même essayé de formaliser dans différents cadres. Il a parlé du "partage égoïste". Cette idée peut se résumer dans la formule (je la cite de mémoire avec les approximations que cela peut comporter) : "Je partage, car je pense qu’en partageant, je vais recevoir plus que ce que j’ai donné". Enfin, une incitation au partage des informations qui prend en compte la réalité du terrain. J'ai trouvé cela plein de bon sens.

Bravo à Christine Constantin et Olivier Ab-der-Halden, respectivement secrétaire générale et président de l’Association pour leur initiative.

Jérôme Bondu

Par Jerome Bondu - Publié dans : Gestion des connaissances - Communauté : Veille stratégique
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