Mardi 20 janvier 2009 2 20 /01 /Jan /2009 15:05

On ne peut être que ravis qu’accède à la présidence des Etats-Unis quelqu’un qui semble incarner des forces de solidarité, d’équité, de courage et de justice. Quelqu’un qui, de par son parcours, a démontré son courage et sa détermination. Un métis que les américains voient comme ressortissant de la communauté noire, quarante ans après l’assassinat raciste de Martin Luther King.

 

Néanmoins, sans vouloir jouer les Cassandres, on peut éprouver un certain malaise vis-à-vis de cet engouement actuel.

 

D’abord, Obama soulève des espoirs irraisonnés.

Du Kenya à Paris, d’ici ou d’ailleurs, on trouve des gens pour se féliciter de son accès au pouvoir. Mais le président des Etats-Unis, ne pourra rien pour eux. Pire, il est évident que sa politique servira d’abord (voire uniquement) les intérêts des Etats-Unis, quels qu’en soient les dégâts collatéraux. Il est à la tête d’un navire qui prend l’eau, et ne pourra pas s’occuper des autres bateaux à la dérive.

 

Ensuite, le fait qu’il soit démocrate ne signifie en rien qu’il sera un meilleur partenaire commercial. C’est sous Bill Clinton que l’Advocacy Center (bien connus des professionnels de l’intelligence économique) a été mis en place, organisme qui n’est autre qu’une « machine de guerre commerciale » pour aider les entreprises américaines à obtenir des contrats à l’international.

 

Au plus bas dans l’opinion mondiale, les Etats-Unis ont eu la force, mais aussi -il faut le dire- « l’intelligence marketing », d’élire un président qui a retourné l’opinion publique mondiale. Après avoir représenté l’horreur de Guantanamo et d’une guerre pour le moins douteuse en Irak, voici les dés relancés.

 

On peut être surpris par l’opinion des Français qui estiment la France rétrograde en matière d’intégration. Tout dépend des indicateurs que l’on prend. Un exemple parmi d’autres : celui des mariages mixtes entre personnes originaires d’Afrique noire et « blancs de souche » (il se trouve que c’est le cas d’Obama). En France 2% des couples sont dans ce cas. Aux Etats-Unis, ils ne sont que 0.02%*. Il ne faut pas oublier que parmi les électeurs d’Obama, il y avait des républicains qui dégoûtés de la politique de Bush fait un « vote sanction », au profit de celui qu’ils appellent le « niger » (négro)**.

 

Enfin, si Obama a souvent dit durant sa campagne électorale qu’il voulait être élu sur ses compétences et non sur le symbole que pourrait représenter son accession à la Maison Blanche, il faut bien avouer qu’il joue maintenant à plein la carte symbolique. D’Abraham Lincoln à Martin Luther King, il essaye de profiter au maximum d’un effet porteur.

 

On peut pronostiquer qu’Obama va vers des difficultés importantes. Le réveil sera d’autant plus brutal que l’état de grâce a été sublimé. Il a su jouer du marketing et a maintenant une popularité très positive mais « irrationnelle ». Or les difficultés auxquelles il devra faire face sont très réelles, et demanderont beaucoup de temps. La « mode » passera, le peuple se lassera, et sa popularité risque de changer de polarité de manière tout aussi irrationnelle.

 

Jérôme Bondu

 

*Chiffres cités de mémoire, issus d’une conférence d’Emmanuel Todd. La France est un pays où le taux de mariage mixte est extrêmement fort :17% (chiffre encore cité de mémoire).

** Information entendue sur France Inter.





Source photo : philippe-raviart.net

Par Jerome Bondu - Publié dans : Géopolitique
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Mardi 20 janvier 2009 2 20 /01 /Jan /2009 09:17

Alors qu’en 2008 la vente des films français à l'étranger a battu un record (voir le billet d’hier), je me suis rappelé avoir participé à l’organisation en 2006 d’une conférence très intéressante animée par Olivier-René Veillon sur le thème : Le cinéma français face au cinéma américain : les enjeux stratégiques, d’influence et de géopolitiques

 

La conférence a été organisée le lundi 9 janvier 2006 dans les salons du Cercle France Amériques, par Hi Team, le Cercle France Amériques, l’IFIE et le Club IES.

 

Olivier René Veillon est un spécialiste du domaine

(NB : La biographie suivante date de l’intervention) Ancien élève de l’Ecole Normale Supérieure, ancien Délégué Général de TV France International, il a été chargé de la promotion des programmes audiovisuels français sur le marché international. Directeur International du Groupe Téléimages, puis Directeur Général Adjoint de MK2, il est, depuis le printemps 2004, Directeur de l’Etablissement public «Commission du Film d’Ile-de-France».
Par ailleurs, il enseigne l’Ecole Supérieure de Commerce de Paris et à l’Université Ibéro-américaine (Mexico). Il a publié plusieurs essais sur les arts visuels et le cinéma, notamment «Le Cinéma Américain» (éditions du Seuil).

 

La commission du Film d'Ile de France, une démarche offensive

L’Ile-de-France concentre sur son territoire 90% des industries du cinéma et de l’audiovisuel français. Elle est aujourd’hui confrontée à une concurrence internationale croissante. La Région a mis en place la Commission du film d’Ile-de-France qui a vocation à conduire une démarche offensive en lui donnant les moyens de renforcer sa présence sur le marché international.

 

Compte rendu de l’intervention

A l’origine du cinéma, l’invention des frères Lumière donne à la France un rôle de leader. Ces derniers ont même réussi à lui donner une dimension mondiale. Les œuvres produites sont des adaptations d’œuvres littéraires, de feuilletons et de séries populaires.

Toutefois avec la guerre de 1914, une rupture se produit au niveau géopolitique et esthétique. Le cinéma américain, à l’abri des effets de la Première Guerre mondiale, se développe et devient une référence mondiale. Hollywood devient un mythe de la nation avec ses grands studios. Le cinéma de genre, notamment le comique lance des stars comme Charlie Chaplin embauché par Mack Sennett en 1914.

 

Dans les années 1920, le système des grands studios installés à Hollywood a pris son essor. Les cinq plus grands (les majors) ont pris le contrôle de toute la chaîne cinématographique de la production à la distribution et ceci au niveau mondial. Première major, la Warner Bros a réussi à s’imposer auprès du public avec sa vedette Rintintin, le fameux berger allemand.

 

Un deuxième décrochage entre le cinéma américain et les autres cinémas se produit en 1929 avec l’arrivée du parlant. Le coût des films quadruple et les structures françaises n’ont pas les moyens nécessaires pour suivre l’évolution technologique. Dès lors, deux modèles différents ont coexisté : le premier américain avec sa capacité à créer des grandes productions diffusées mondialement, et le second, avec des structures de taille plus réduites qui diffusent leurs films au niveau national. Seul l’Inde fait exception à la règle. Son mode de fonctionnement complexe et opaque « freine la conquête » du pays par le réseau de distribution américain.

 

Aujourd’hui, le cinéma mondial est très limité. Deux pays (en dehors de l’Inde dont on a vu la particularité) s’en sortent mieux que les autres face aux Etats-Unis : la France et la Corée. Toutes deux réussissent à exister par l’adoption de logiques nationalistes. La France soutient son cinéma au travers d’un fond de soutien reversé via le Centre National de la Cinématographie ; et la Corée en imposant une diffusion dans ses salles de 50% de films nationaux.

 

Si la France produit environ 200 longs métrages (à peu près autant que les Etats-Unis), les différences en termes d’investissement sont très fortes : d’un coût moyen de 5 millions d’euros le film français est bien moindre que celui du film américain de l’ordre de 35 millions d’euros. Toutefois grâce à des projets originaux, la France arrive à sortir des films qui ont une diffusion mondiale.

 

Aujourd’hui, le défi à relever est de faciliter la fluidité du financement des films en Europe. Des accords entre les organismes comme ceux existants entre la Commission du Film d’Ile de France avec Berlin, la région du Brambourg, le Lazio et Madrid permettent de commencer à y répondre.

Par Jerome Bondu - Publié dans : Géopolitique
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Lundi 19 janvier 2009 1 19 /01 /Jan /2009 09:50

 

J’ai toujours été passionné par les outils d’influence d’une part, et par la Culture d’autre part. D’où mon intérêt pour le cinéma, point de convergence de ces deux mondes.

 

Cet intérêt remonte bien avant ma découverte de l’intelligence économique. Je me rappelle notamment, jeune étudiant, avoir sympathisé avec un groupe d’étudiants étrangers. Alors que je leur demandais pourquoi ils avaient choisi la France pour faire leurs études, deux d’entre eux (deux Coréennes très exactement) me répondirent que c’est parce qu’elles avaient vues le film « Le Grand Bleu » de Luc Besson et qu’elles voulaient connaître le pays qui avait produit ce film… !

 

Nous ne sommes pas dans l’anecdotique. La vision des choses formate la pensée. En temps de guerre le cinéma est un outil de propagande. En temps de paix, c’est un outil d’influence.

 

Si l’exemple cité plus haut est certes marginal, l’imprégnation -l’osmose- entre ce que l’on regarde est ce que l’on « veut devenir » est forte.

 

Tout ceci pour introduire une bonne nouvelle : Le cinéma français s'est très bien vendu à l'étranger en 2008, attirant près de 78 millions de spectateurs hors du sol national. C’est un score en hausse de 16% sur un an et un record depuis quinze ans.

Selon Unifrance, l'organisme qui promeut le septième art français à l'international, ces résultats sont dus à quatre films « formatés pour un public international » : Babylon A. D., Astérix aux Jeux olympiques, Taken et Le Transporteur 3.

 

Bien vendus à l’étranger, les films français ont aussi été plébiscités … en France, au premier rang desquels « Bienvenu chez les Chtis », voir un précédent billet sur le film). Ils se sont arrogé une part de marché de 45,7 %, devançant celle des films américains (44,5 %). Depuis vingt-deux ans, c'est seulement la deuxième fois que l'industrie nationale dépasse la machine hollywoodienne.

 

Je place cette bonne nouvelle au même rang que la hausse de la natalité française. Ce sont des indicateurs positifs d’un regain de croissance (donc de confiance) qui sont sous valorisés. Certes, ils n’ont pas le même poids que des indicateurs financiers (type PIB, productivité) mais leur impact à long terme n’en est pas moins fort.

 

Jérôme Bondu

 

Sur le même sujet, lire l'article : Les enjeux de la langue : Francophonie et Intelligence Economique

 

Par Jerome Bondu - Publié dans : Géopolitique
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Dimanche 18 janvier 2009 7 18 /01 /Jan /2009 15:29
Voici une annonce pour un poste de International Business Intelligence Manager.


Référence : 2629PH
Lieu : Non précisé

Descriptif : Laboratoire pharmaceutique international en forte croissance, nous recherchons un International Business Intelligence Manager h/f.

Sous la responsabilité du Global Marketing Services Director, vous apportez votre expertise des chiffres, des tableaux de bord, du marché et de la concurrence à l’ensemble de l’équipe.
Vous participez au recueil des données quantitatives et qualitatives utiles à l'analyse de la performance des marques et des produits du laboratoire.
Vous mettez en place une plateforme unique au sein du Marketing études pour les informations recueillies et contrôlez la qualité des données à exploiter.

Egalement responsable d’une des gammes, votre mission consiste à mettre en place des études quantitatives, qualitatives et ad hoc, les tableaux de bord et les bases de données des produits dont vous avez la responsabilité.
Vous synthétisez les informations en fonction des problématiques à illustrer. Après analyse, vous rédigez des propositions en faisant ressortir les grandes tendances en vue du positionnement et des concepts marketing.
Enfin, vous préparez le lancement d’une nouvelle gamme thérapeutique.

Pharmacien avec 3ème cycle Marketing, Ingénieur ou diplômé(e) d'une école de commerce, vous justifiez d'une expérience solide de 4/5 ans à un poste similaire. Votre rigueur, votre organisation, votre curiosité et vos capacités d'analyse et de synthèse seront les garants de votre réussite à ce poste. La maîtrise de l'anglais est indispensable.

Si vous êtes intéressé(e), merci de répondre en ligne ou d'adresser votre dossier de candidature sous la référence 2629PH par courrier ou par mail à :
ANTENOR 88, avenue du Général Leclerc 92514 BOULOGNE BILLANCOURT chr2(at)antenor.fr

 

Par Jerome Bondu - Publié dans : Intelligence Economique
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Mardi 13 janvier 2009 2 13 /01 /Jan /2009 20:19

 

 Mardi 10 février 2009 à 19H15 le Club IES (AAE IAE de Paris) en partenariat avec  l’ACEDS
vous invite à la conférence-débat sur le thème:

IRAN : entre fantasmes et réalités
Animé par François Nicoullaud

 


THEME

Parmi les pays qui se retrouvent régulièrement sur le devant de la scène internationale, l’Iran est sûrement l'un des moins bien connus. Les paradoxes sont multiples : l’Iran est un pays d’Orient mais dont le nom signifie « pays des Ariens » ; pays d’une civilisation pluri-millénaire mais qui a connu récemment une révolution d'une violence inouïe ; pays musulman mais d’une branche distincte (et rivale) du sunnisme ; pays dont les richesses pétrolières et gazières sont indispensables mais mis au ban des nations pour terrorisme, et pour vouloir se doter de l'arme atomique...
Cette conférence visera à dissiper les fantasmes pour mieux saisir la réalité.


INTERVENANT
François Nicoullaud, ancien diplomate, a été en poste à l'ONU, au Chili, à Berlin, à Bombay et ambassadeur en Hongrie et en Iran (2001-2005). Il a travaillé à Paris sur les questions de non-prolifération nucléaire, ainsi que sur les questions de coopération culturelle et d'aide au développement. Il a également exercé au ministère de l'intérieur et au ministère de la défense. Il est aujourd'hui président de l'association Français du
Monde-ADFE, qui défend les intérêts des Français à l'étranger.



DÉROULEMENT DE LA SOIRÉE
- 19h15 - 19h30 : Accueil des participants, et mot de bienvenu par Jérôme Bondu (Club IES) et Guy Corre (ACEDS)
- 19h30 - 20h30 : Intervention de François Nicoullaud
- 20h30 - 21h00 : Débat avec la salle
- 21h00 – 21h50 : Cocktail dînatoire



LIEU
Amphithéâtre de l’IAE de Paris - 21 rue Broca Paris 5ème
M° Censier Daubenton (ligne 7) -
Plan d’accès.



INSCRIPTION OBLIGATOIRE
Inscription uniquement en ligne à partir de l’agenda :
iae-paris.org (en date du 10 février)
Tarif membres du Club IES et de l'ACEDS : 10 euros (paiement en ligne ou par chèque).
Tarif extérieurs : 15 euros (paiement en ligne ou par chèque).


Jérôme Bondu
Président du Club IES


Par Jerome Bondu - Publié dans : Géopolitique - Communauté : Veille stratégique
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