Géopolitique

Jeudi 19 février 2009 4 19 /02 /Fév /2009 08:14

Je vous recommande l’interview d’Olivier Poivre d'Arvor, patron de Culturesfrance, organisme chargé des échanges culturels internationaux.

 

L’article porte en partie sur la polémique suscitée par la réduction des crédits alloués à la culture par le ministère des affaires étrangères. Mais mis à part cet aspect conjoncturel, l’article présente des éléments de fonds sur le sujet de la visibilité de la France à l’étranger.

 

Trois extraits pour vous donner envi de lire l’article :

 

« Notre présence à l'étranger est un enjeu majeur, mais son mode actuel est largement obsolète. La notion même de "centres culturels", à l'heure de la mondialisation et de la dissémination des savoirs, n'est plus partout aussi opérante.

Ils ont été inventés au début du XXe siècle et redéfinis après 1945 avec trois fonctions :
- L'apprentissage de la langue, qui passe désormais par d'autres circuits.
- L'activité culturelle, mais qui irait voir un spectacle ou une exposition dans un centre culturel étranger d'une grande capitale d'un pays développé ? Il s'agit désormais de travailler hors les murs.
- Enfin, les bibliothèques, et on a aujourd'hui d'autres outils. »

 

 

« (…) il faut réinvestir nos moyens sur les fondamentaux : nos établissements dans les pays émergents, là où la liberté d'expression, les droits de l'homme sont une "marque" française »

 

« Les Britanniques ont le British Council, les Allemands le Goethe Institut, les Espagnols le Cervantès, et nous, dans la bonne tradition française, nous avons une sorte de plateau de fromages qui ne permet pas de nous identifier. »

 

Jérôme Bondu


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Propos recueillis par Josyane Savigneau, diffusée dans Le Monde du 14/02/09. Lire l’article complet.

Culturesfrance est l’opérateur délégué des ministères des Affaires étrangères et de la culture et de la communication pour les échanges culturels internationaux. Trois axes majeurs définissent sa politique d’intervention
:

- Accompagner la création française au-delà des frontières...

- Dialoguer avec les cultures du monde...

- Développer les expertises et les réseaux...


On pourra lire sur le même sujet les billets :
Conficius Institute & Alliances françaises
Les enjeux de la langue : Francophonie et Intelligence Economique

Par Jerome Bondu - Publié dans : Géopolitique - Communauté : Veille stratégique
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Samedi 14 février 2009 6 14 /02 /Fév /2009 10:46

 

Le titre peut paraitre choquant, mais il illustre une réalité.

Et pour exprimer cette réalité, je laisse le clavier à une spécialiste du domaine, Stéphanie Gourdon :


"Les concurrents de la destination France, autrefois au nombre de 50, sont aujourd’hui plus de 580 (a)… Ce chiffre, brut – et brutal – présenté officiellement par la Direction du Tourisme il y a quelques années, révèle à lui seul parfaitement la situation concurrentielle féroce que connaît le pays et la fragilisation de sa position sur l’échiquier mondial qui en découle. Mais qui a réagi à cette menace ?

 

Si la France peut encore se prévaloir selon les statistiques, d’occuper le premier rang des destinations mondiales pour le nombre d’arrivées (82 millions en 2007), elle ne parvient toujours pas à remonter dans le classement des destinations en termes de dépenses et se cantonne à la troisième place avec 54,2 milliards de dollars, place qu’elle occupe depuis des années maintenant, loin derrière les Etats-Unis (96,7) et l’Espagne (57,8).

 

En tant que destination leader subissant la pression de la concurrence, elle doit aujourd’hui faire face à certaines problématiques sous-tendant des enjeux forts, dont les principales sont l’érosion de la fréquentation touristique et des dépenses, un phénomène de rejet de la population par rapport à une sur fréquentation  et une congestion de certains espaces et périodes, une perte de compétitivité des entreprises touristiques ou encore la prévision d’augmentation des flux à 10-20 ans qu’il va falloir gérer.

 

En un mot, il devient primordial de prendre enfin les décisions qui s’imposent pour maintenir un niveau de compétitivité et de performance des entreprises, en même temps qu’un niveau d’attractivité de nos territoires qui soient satisfaisants, pour (re)gagner des parts de marché sur nos concurrents actuels et émergents. L’enjeu étant, au-delà de simplement survivre, de déployer une véritable stratégie de puissance, permettant de continuer d’occuper la place qui est la nôtre à l’international. En effet, tout comme elle peine à élaborer une politique culturelle qui lui permette de rayonner et conserver son influence à l’étranger, la France peine à comprendre les enjeux stratégiques que revêt le tourisme et scie la branche sur laquelle elle est assise.

 

Pendant qu’elle s’obstine à comptabiliser les touristes qui ne font que la traverser et se félicite du nombre croissant d’arrivées, un nombre – croissant lui aussi – de destinations n’hésitent pas à investir à coups de milliards de dollars, pour préparer le tourisme de demain, que ce soit parce qu’elles s’ouvrent enfin comme la Chine ou parce qu’elles préparent l’après-pétrole…

 

Si les actions à déployer sont connues et appelées de leurs vœux par la plupart des acteurs touristiques, il en est une, essentielle, trop souvent occultée : la mise en œuvre d’une véritable politique concertée d’Intelligence Economique appliquée au tourisme, aussi qualifiée par le Haut Responsable à l’Intelligence Economique, Alain Juillet, d’« intelligence touristique ». Cette politique devrait bien sûr associer toutes les forces vives, dans le cadre d’un partenariat public-privé intelligent.

 

Malheureusement des freins demeurent, tels notre fameux "esprit de clocher", qui nous empêche depuis toujours de nous unir pendant que les autres avancent, l’absence d’homogénéité des systèmes d’observation, la fâcheuse tendance à nous voiler les yeux et boucher les oreilles pour continuer de dormir sur nos lauriers ou encore cette déconcertante habitude à accumuler les rapports sans les assortir des moyens à la hauteur des objectifs…

 

Le dernier en date, réalisé par le Boston Consulting Group, a d’ailleurs été présenté cet été lors des Assises Nationales du Tourisme et je me souviens avoir entendu avec plaisir Hervé Novelli, Secrétaire d’Etat chargé du Commerce, de l’Artisanat, des Petites et Moyennes Entreprises, du Tourisme et des Services, évoquer – une première - dans son discours de clôture « la mise en place d’une observation et de statistiques fiables, sur des méthodes éprouvées permettant une véritable action d’Intelligence Economique ». Les actions réellement mises en place depuis illustrent néanmoins le chemin qu’il reste à parcourir, avant de que de voir mise sur pied une vraie politique d’Intelligence Economique, aujourd’hui réduite à sa portion congrue".

 

Stéphanie Gourdon

Professionnelle du tourisme. Auditrice à l'Ecole de Guerre Economique

stephanie.gourdon (at) aege (point) fr

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(a) : Précisions sur l'augmentation de la concurrence touristique : 
- Extrait du site
Tourisme.gouv.fr :
"Bien que première destination touristique mondiale, la position de la France est de plus en plus menacée : on comptait 50 destinations concurrentes il y a 20 ans, il en existe quelques 580 aujourd'hui, avec des offres extrêmement compétitives." 27-10-2004
- Extrait de la clôture des Assises nationales du Tourisme : "La concurrence internationale s'amplifie, la compétition entre destinations s'aiguise. Le nombre de destinations touristiques répertoriées dans le monde, pays régions ou villes, est passé en 20 ans de 50 à plus de 580." 01/12/2004

Voir sur le même sujet le billet d'hier.

Par Jerome Bondu - Publié dans : Géopolitique - Communauté : Veille stratégique
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Jeudi 12 février 2009 4 12 /02 /Fév /2009 09:31
 "Vers une remise en cause du TNP" : C’est le titre d’un chapitre du dernier livre de Sophie Chautard sobrement intitulé « L’Iran ».

 

L’auteur traite abondamment de la question du nucléaire, et donne les clés de compréhension de cet épineux problème international.

 

Car si tout pays a le droit de développer le nucléaire civil, le développement de la technologie du nucléaire militaire est sévèrement encadré. Outre les 5 grandes puissances nucléaire (Chine, Etats-Unis, France, Grande Bretagne, Russie) le feu nucléaire a aussi été développé par l’Inde, Israël, et le Pakistan. La Corée du Nord l’a aussi acquis.

L’obtention par un pays comme l’Iran, qui se montre régulièrement sous ses angles les plus belliqueux, serait une menace pour les pays de la région (et même l’Europe de l’Est qui serait à portée de tir). En outre, cela sonnerait le glas du TNP – Traité de Non Prolifération déjà écorné par certains pays signataires.

 

 

Un des éléments que je retiens de cet ouvrage est la citation d’un universitaire iranien, opposant au régime en place « pour consolider sa position à l’intérieur, ce clan (au pouvoir) cherche à créer un conflit avec l’extérieur de façon à imposer à la société le silence et l’obéissance ».

 

Jérôme Bondu

 

« L’Iran », de Sophie Chautard.

Edition Studyrama

Sur le sujet, voir aussi le court article de
l'Express du 12 février.
Le compte rendu de la
conférence de M. Nicoullaud sur l'Iran sera en ligne prochainement.

Par Jerome Bondu - Publié dans : Géopolitique - Communauté : Veille stratégique
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Jeudi 12 février 2009 4 12 /02 /Fév /2009 09:25



Pierre Verluise vient de faire paraitre un ouvrage intéressant « Fondamentaux de l’Union européenne ».


Voici ce qu’en dit le dossier de presse : Les élargissements de l’Union européenne en 2004 et 2007 ne sont pas des jeux à somme nulle. L’intégration de douze nouveaux États a partiellement modifié ses caractéristiques. Elle accentue, d’abord, une tendance antérieure au dépeuplement et au vieillissement. Elle se traduit, ensuite, par l’adhésion d’États moins riches mais désormais généralement caractérisés par une croissance économique rapide. L’UE doit maintenant relever de nombreux défis pour devenir un acteur géopolitique de premier plan.



Pierre Verluise est Docteur en Géographie politique de l’Université Paris – Sorbonne. Il dirige le site géopolitique http://www.diploweb.com/. Chercheur à l’IRIS. Directeur du séminaire « Géopolitique de l’Union européenne » au Collège interarmées de défense (Ecole de guerre, Paris). Enseignant à l’ISIT et à l’Université de Cergy. Auteur de huit ouvrages et de nombreux articles.



Fondamentaux de l’Union européenne
Paris : Ellipses, 8 décembre 2008.

En savoir plus : http://www.diploweb.com/Fondamentaux-de-l-Union-europeenne.html


Par Jerome Bondu - Publié dans : Géopolitique - Communauté : Veille stratégique
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Mercredi 4 février 2009 3 04 /02 /Fév /2009 22:15

Dans le cadre de la préparation à la conférence du 10 février sur l’Iran, je vous signale le compte rendu d’une conférence organisée par l’IFRI sur « La nouvelle société iranienne ».

Cette conférence a été prononcée le 13 janvier 2009, par Farhad Khosrokhavar, directeur de recherche à l’EHESS et membre du CADIS. Le compte rendu a été rédigé par Clément Therme, assistant de recherche à l’Ifri.

Farhad Khosrokhavar aborde la question de la « nouvelle société iranienne » sous l’angle de la situation de la jeunesse de Qom. 

Télécharger le compte rendu [PDF - 4 pages].

 

 

Par Jerome Bondu - Publié dans : Géopolitique - Communauté : Veille stratégique
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