Benchmarking IE

Dimanche 23 décembre 2007 7 23 /12 /Déc /2007 22:05

Extrait de la thèse professionnelle de Jérôme Bondu, portant sur un "benchmarking des pratiques d'intelligence économique" (voir les autres descriptions d’entreprises).

Vous trouverez ci-dessous le compte rendu d’entretien de l’entreprise N

 

 
Présentation des besoins de veille
 
Présentation générale de l'entreprise
CA : plus de 5 milliards d’euros.
Forte présence internationale.
 
L’entreprise a grandi par fusions et acquisitions.
Le cycle de vie des produits est d’environ 5 à 10 ans (à partir de la conception, jusqu’au remplacement). La phase de conception/développement dure de 2 à 3 ans.
L’entreprise a plusieurs grandes activités.
Culture de l'entreprise.
- La culture de l’entreprise est plutôt technique. Elle a une forte expertise en R&D et une bonne capacité à gérer des projets mondiaux. Mais il y a une évolution progressive vers une culture de marché. Les trois activités de l’entreprise et leurs différentes Divisions sont toutes des centres de profit.
- D’autre part, l’entreprise évolue d’une culture nationale à une culture internationale. Elle privilégie un fonctionnement en réseau.
Environnement concurrentiel.
Le marché est très concurrentiel. La restructuration du secteur conjuguée à la mondialisation a eu un effet très violent. Les concurrents sont bien identifiés mais leur stratégie reste à être décryptée.
Présentation de l'interlocuteur
Mon interlocuteur est responsable du benchmarking et de l’intelligence économique pour une des activités du groupe.
 
Présentation du système de veille général :
 
Description du système de veille / IE
Le système de veille présenté dans ce paragraphe concerne l’ensemble du groupe.
- origine, création
La question de l’origine de la veille est complexe, car le groupe actuel résulte de la fusion de différentes entreprises.
Néanmoins, et pour schématiser :
- La veille technologique date d’il y a 20 ans.
- La veille concurrentielle est plus récente, 10 ans.
- Un intérêt est porté à l’intelligence économique depuis 1 an.
- objectifs
Trois objectifs sont fixés pour la veille :
- fournir aux décideurs tout élément utile pour agir,
- être capable de se positionner par rapport à l’environnement technico-économique,
- créer de la valeur.
- effectifs
Vu les restructurations récentes, mon interlocuteur ne connaît pas les effectifs de la veille au niveau groupe. Ce doit être l'équivalent de 21 personnes à plein temps.
- organigramme de la veille
Il n’y a pas d’organigramme.
Soutien de la direction
 
- implication de la direction
Le PDG de l’entreprise a un conseillé scientifique qui est fortement impliqué dans la veille.
 
L’implication de la direction se manifeste par :
- l’attribution des ressources budgétaires ( qui couvrent les participations aux salons, des moyens informatiques…),
- l’attribution des priorités. Tous les «  veilleurs » ont un statut de cadre. Leur travail de veille (qui pour 50% n’est pas une activité à plein temps) est notamment jaugé lors de leur entretien individuel avec la DRH.
- détection des besoins
La détection des besoins de veille se fait de manière informelle à travers les différents comités de la direction. Il n’y a pas de plan directeur de la veille.
- implication du personnel
Cela dépend fortement des individus.
Pour tout un chacun, rien n’est formalisé, même si cela entre pour partie dans les définitions de fonctions.
Par exemple :
- les acheteurs doivent faire une veille produit/marché
- les experts techniques sont responsables de l’état de l’art dans leur domaine.
 
Différents facteurs expliquent la difficulté de diffuser les réflexes de veille :
- Il y a une réticence certaine à partager l’information. Il y a encore trop de cas, regrette mon interlocuteur, où « l’information n’est pas donnée à untel car il n’a pas le bon niveau hiérarchique, et peu importe qu’il en ai besoin ou pas… ».
- En outre, les employés ne peuvent s’impliquer dans la veille car ils sont surchargés de travail. Les fusions acquisitions successives, accompagnés de « dégraissement » du personnel ont réduit leur marge de liberté.
- Enfin, il y a une méconnaissance de l’organisation. Les personnes qui ont une information ne savent souvent pas à qui la donner (bien que l’entreprise possède un intranet, des organes de communication…).
- formations, sensibilisation du personnel
Rien. Des projets sont à l’étude.
Structure
 
- nombre et répartition des entités de veille
- domaines de veille
Il y a un conseiller scientifique, qui est impliqué dans la prospective et la gestion des connaissances.
La direction marketing groupe mène une veille marché.
Des différentes activités du groupe, mon interlocuteur va n’en présenter qu’une seule.
Dans cette activité, il y a :
- un veilleur à la direction marketing,
- trois veilleurs (veille technologique, réglementaire, et brevet) à la direction technologique,
- un chargé de benchmarking et IE (mon interlocuteur) à la direction business development.
- En outre, une veille achat est réalisée à la discrétion de chaque acheteur. Cette activité est intégrée à leur description de poste. L’activité achat est très importante : elle représente une grande partie de la valeur des produits.
- coordination
Il n’y a pas de coordination pour l’instant.
 
Toujours au sein de l’activité dans laquelle mon interlocuteur est intégré, le mécanisme de circulation des informations est le suivant :
 
- Il y a des rapports hebdomadaires.
Chaque fin de semaine chaque employé (à partir de N-4 par rapport à la direction) rapporte les faits marquants de la semaine à son supérieur. Son supérieur en fait de même après réception des informations de ses subordonnés, et ainsi de suite. Mon interlocuteur souligne, que d’un niveau à l’autre, les remontées peuvent être fortement édulcorées.
- Des rapports mensuels fonctionnent sur le même principe.
- Suite à cette remontée d’information, il y a redescente des informations. Mais cela est laissé à la discrétion des hiérarchiques qui ne sont pas obligé de diffuser l’information à leurs subordonnés.
 
Parallèlement, il y a un usage extensif de l’e-mail.
L’intranet joue aussi un rôle dans la circulation des informations.
Dès la page d’accueil, l’intranaute peut aller sur des rubriques : projets, clients et concurrents. Sur cette dernière rubrique, gérée par la veille concurrentielle, sont disposés des liens vers les sites des concurrents, ainsi que des synthèses. Il y a aussi la possibilité de s’abonner à des lettres d’informations, comprenant des informations de la veille.
 
Présentation du rôle du conseiller scientifique.
 
Présentation
Le conseiller scientifique opère au niveau groupe. Il dispose d’une assistante et d’un webmaster. Il travaille sur un projet de gestion des connaissances.
Soutien de la hiérarchie
 
Détection des besoins
Ses sujets de recherche sont du ressort de sa sensibilité personnelle.
Collecte
Deux types de sources :
- Achat d’information auprès de divers organismes (AFP*, études de synthèse de divers cabinets…).
- Son réseau personnel, très conséquent, constitué d’experts hors de l’entreprise. Cette personne est en déplacement 4 jours par semaine, aussi bien en France qu’à travers le monde.
Traitement
 
Diffusion
Sont diffusés :
- des synthèses confidentielles destinées à la direction générale,
- une revue de presse sur l’intranet. Il s’agit d’une information brute (résumé d’un article) avec lien vers le document complet. Cette formule est à l’étude, et fonctionne avec un cercle restreint d’utilisateurs, en vue d’une future extension.
 
 
Présentation de la veille concurrentielle
 
 
Veille concurrentielle
Présentation
La cellule de veille concurrentielle appartient à la direction marketing et communication. L’équivalent de deux personnes ½ y travaillent.
Soutien de la hiérarchie
Elle est soutenue par la direction depuis environ deux ans.
Détection des besoins
La détection des besoins se fait essentiellement via deux canaux  :
- Des demandes ponctuelles sont faites, pour la plupart issues de la direction.
- Les veilleurs de la cellule sont intégrés à divers groupes de travail. Par ce biais, ils reçoivent des demandes de veille des membres de ces groupes.
Collecte
Les informations sont récoltés via 3 canaux :
- Suivi de la presse écrite économique (type Les Echos…), et de la presse spécialisée internationale.
- Visite des sites Web des concurrents. Mon interlocuteur note que les agents d’alertes utilisés ne donnent pas entièrement satisfaction.
- Interview des commerciaux. Il n’y a pas de remontée d’information automatique. Les veilleurs vont les voir. Néanmoins, il y a un essai de mettre en place la pratique du rapport d’étonnement.
- Utilisation du web.
Traitement
Des synthèses sont réalisées suivant un canevas type.
Des grilles de lectures sont fournies comme élément d’aide à la décision pour les décisions stratégiques.
Diffusion
La diffusion des résultats du travail de veille se fait :
- par voie hiérarchique, auprès des principaux directeurs,
- via l’intranet, auprès de quelques éléments du réseau formel,
- auprès des membres des réseaux informels du veilleur (ses relations).
D’une manière générale cette veille est très orientée hiérarchie.
Mémorisation / capitalisation
Il n’y a pas d’indicateur.
La mémorisation passe par les documents mis en accès sur l’intranet.
 
Présentation de la veille technologique
 
 
Veille technologique
Présentation
La cellule de veille technologique est composée de trois personnes :
- un responsable de la cellule,
- un veilleur brevet,
- un assistant webmaster.
La cellule est intégrée au centre de recherche.
Soutien de la hiérarchie
Le soutien de la hiérarchie se manifeste par la reconduction du budget de la cellule (qui est stationnaire depuis quelques années).
Détection des besoins
Les travaux de veille sont fixés de deux manières :
- Par des demandes ponctuelles. La cellule gère également le centre de documentation, ce qui permet aux personnes qui viennent prendre des documents d’avoir un contact avec les veilleurs et de leur faire leur demande directement.
- Parallèlement, il y a un suivi de certains sujets récurrents (étude de tous les brevets d’un concurrents, étude de tous les articles consacrés à tel sujet…).
Collecte
La collecte des informations se fait :
- principalement via l’interrogation de bases de données (Questel*, INPI*…),
- par l’étude des périodiques spécialisés,
- très peu par l’étude du web. Les outils utilisés sont classiques (Google, Copernic). L’installation d’autres outils est limitée par des problèmes techniques (notamment la taille de la mémoire vive).
Traitement
Aucun traitement n’est réalisé sur les informations techniques. L’information brute est envoyé aux experts, qui sont seul maître pour faire l’état de l’art dans leur domaine. Concrètement, au dire de mon interlocuteur, cela conduit dans bien des cas à leur envoyer une information qu’ils n’ont hélas pas le temps de traiter.
Néanmoins, une exception est faite pour la veille brevet. Un traitement statistique est opéré (par exemple la construction d’histogrammes) et une revue de presse réalisée.
Diffusion
- L’information recherchée suite à une demande particulière, est diffusée au demandeur, avec copie aux personnes qui pourraient être intéressées (diffusion large).
- Une revue de presse est réalisée. La liste des personnes qui y est abonnée est constituée, concède mon interlocuteur, plus en fonction d’un niveau hiérarchique, que d’un réel besoin des utilisateurs.
Il n’y a pas d’indicateurs à ce niveau.
Mémorisation / capitalisation
La mémorisation se fait de manière très empirique :
- il s’agit d’armoires dans la cellule de veille !,
- de la base de donnée personnelle de chaque veilleur.
- en outre, il est offert la possibilité de partager des fichiers entre des personnes qui veulent mettre en accès partagé des documents. Cela permet un travail collaboratif.
 
Présentation de l'activité benchmarking et IE
 
 
Responsable benchmarking et intelligence économique
Objectif
Les objectifs sont doubles :
D’une part, traquer de l’information produit pour assister les différentes branches d’activités dans la préparation des appels d’offres. Son travail est alors une aide à la résolution de problèmes.
Savoir qui fait quoi ? Chez les clients, quelle structure de coût est mise en place ? Comment s’insérer et capter de la valeur ?
 
D’autre part, faire de la prospective. Participer à la conception du plan R&D, du plan innovation, et de la politique industrielle. Cet objectif est très large, le but étant d’identifier les tendances fortes, et mon interlocuteur le résume en ces termes « savoir d’où l’entreprise vient, où l’on est, et où l’on peut aller ».
Soutien de la hiérarchie
La volonté de la direction est manifeste, mais récente.
 
Détection des besoins
Les thèmes de recherche sont définis selon l’orientation stratégique de l’entreprise. Néanmoins ce poste bénéficie d’une large autonomie.
Collecte
Les différents moyens de collecte d’information sont :
- Interview d’experts, par téléphone ou en créant des lieux d’échange (déjeuner, cocktails…).
- Participation à des salons, congrès, réunions d’experts… Une part importante du travail de mon interlocuteur se fait hors de l’entreprise.
- Achats d’études à des prestataires extérieurs.
- Recherche sur web visible pour les informations formalisées (site d’entreprise).
- Recherche sur le web invisible pour des informations non formalisées (listes de diffusion, pages personnelles, bases de données universitaires…).
 
La source majeure d’information étant son carnet d’adresse, composé d’acteurs technico-économiques, internes et externes à l’entreprise. Les acteurs internes lui servant dans un premier temps à dresser un état des lieux de la question, avant d’aller cherche des compléments d’information à l’extérieur. Son carnet d’adresse est composé de plus de 900 contacts.
Traitement
Le traitement consiste en un recoupement d’informations.
Toute information récupérée est stockée dans différents dossiers.
Il y a une élaboration et une mise à jour périodique des dossiers de synthèse.
Les outils utilisés ne sont que des outils bureautiques. Notamment PowerPoint qui permet d’avoir des synthèses toujours prêtes.
Diffusion
Les différents canaux de diffusion sont les suivants :
- Il y a des informations flashs vers des décideurs clés. Ce type de diffusion est utilisée très modérément, pour ne pas saturer le récipiendaire. Le danger est que cette personne, à force de recevoir des informations, ne les lisent plus.
- Il y a un rapport hebdomadaire et mensuel à la direction.
- Il y a une liste de diffusion par groupe projet.
- Il y a enfin, des envois d’informations ciblées à tout ceux qui en ont besoin, pour décider ou agir.
 
Les transmissions d’information se font par écrit (e-mail) ou par oral. Car souligne mon interlocuteur « certaines choses ne s’écrivent pas ».
Mémorisation / capitalisation
Au niveau de la mémorisation, il n’y a que le disque dur de l’ordinateur, ainsi que des dossiers papier, avec une nomenclature arborescente.
 
Des indicateurs sont en cours de mise en place.
Par exemple au niveau de la formalisation des demandes.
Mon interlocuteur s’est inspiré de la « fiche action » de François Jakobiak.
 
Réflexion sur la corrélation entre "besoins de veille" et "système de veille"
 
 
Cette partie évaluation, concerne surtout le système mis en place dans l’activité pour laquelle travaille mon interlocuteur.
Indicateurs d'évaluation de la veille au niveau de l'entreprise
Les indicateurs sont inexistants ou en cours de mise en place.
Points forts, et points faibles de l'organisation
Les points forts :
- Il y a une prise de conscience de l’intérêt de la veille.
- Les moyens de communication modernes utilisés (e-mail, intranet) suppriment toutes barrières, et permettent à toutes personnes dans l’entreprise d’avoir accès aux résultats de la veille. Les réactions des lecteurs prouvent qu’il y a un auditoire pour ces travaux, même si se sont en général les personnes directement concernées par le sujet traité qui réagissent, et qu’il y a une grande majorité d’indifférents.
- Le travail de veille est de proposer un certain nombre d’outils en terme de réponse ou de résolution de problèmes (donner des grilles de lecture : par exemple des matrices avantages-inconvénients, ou opportunités-risques…). C’est une démarche « boîte à outils ».
 
Les points faibles :
- Trop d’informations sans valeur ajoutée sont encore traitées.
- Il y a encore trop de dispersion d’information. La diffusion n’est pas assez ciblée.
- Il n’y a pas de coordination entre veilleurs, or des synergies sont possibles et exploitables.
- Le tissu relationnel est à développer pour ceux qui font de l’IE.
- Il y a aussi un problème de compétences linguistiques. La veille prend ses sources dans toutes les langues. Or il n’est pas évident de pouvoir tirer le meilleur parti de documents en allemand, espagnol, japonais,…
- Les employés ont beaucoup de mal à exprimer leurs besoins en information. De même il faut leur apprendre à se servir de l’information que l’on met leur disposition. Il y a des formations à mettre en place.
Corrélation entre besoins et système de veille
Répondre aux besoins de la veille est un objectif en perpétuelle construction. Néanmoins, les missions de veille sont bien établies et le besoin est structuré. Si les ressources sont suffisantes, les résultats de la veille pourront être à la hauteur.
 
Par Jerome Bondu - Publié dans : Benchmarking IE
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Dimanche 23 décembre 2007 7 23 /12 /Déc /2007 22:03

Extrait de la thèse professionnelle de Jérôme Bondu, portant sur un "benchmarking des pratiques d'intelligence économique" (voir les autres descriptions d’entreprises). 

Vous trouverez ci-dessous le compte rendu d’entretien de l’entreprise M

 

 
Présentation des besoins de veille
 
Présentation générale de l'entreprise.
CA : autour de 10 milliards d'euros.
Culture de l'entreprise.
L'entreprise est cloisonnée.
La technologie est mature.
Environnement concurrentiel.
En ce qui concerne la concurrence, des acteurs évoluant auparavant dans des domaines proches de celui de l'entreprise, ont petit à petit débordé sur le marché de l'entreprise.
Les investissements étant assez lourds, il en résulte un système de relation entre concurrents fait de coopération et de compétition (coopétition).
Présentation de l'interlocuteur
L'interlocuteur travaille au sein d'un cabinet d'information de la direction.
- Il prépare des dossiers sur tous types de sujets.
- Il participe à la communication, via l'édition d'un journal interne. Il travaille à la bonne circulation de l'information dans l'entreprise.
 
La description du système de veille de l’entreprise ne va pas tout englober, et va s’attacher à trois points :
- une présentation du système de veille au niveau général,
- une présentation de la veille technologique de la direction recherche,
- une présentation de la veille réalisée par mon interlocuteur au titre de son activité au sein du cabinet d’information de la direction.
 
Présentation du système de veille général :
 
Description du système de veille / IE
 
- origine, création
Les différentes entités de veille ont été installées par à-coups et selon un processus assez long. L'implication de la direction est relativement faible.
Une des veilles (veille réglementaire sur les normes, et sur l'Europe) a été installée suite à des déconvenues face à des concurrents. L'implication des employés concernés a alors été forte, et ces deux veilles sont maintenant considérées comme très efficaces.
- objectifs
 
- effectifs
 
- organigramme de la veille
La veille n'est pas structurée.
Soutien de la direction
Le soutien de la direction est faible.
- implication de la direction
 
- détection des besoins de veille au niveau de la direction
Partiellement. La direction fournit les thèmes des dossiers à traiter à son cabinet d’information.
- implication du personnel
Une réponse globale concernant toute l'entreprise est difficile à donner.
Néanmoins, au sein de la direction de la recherche, la veille est parfaitement intégrée puisque chaque projet doit consacrer un pourcentage fixe de son budget à des activités de veille.
- formations, sensibilisation du personnel
Au sein de la direction de la recherche, les chefs de projet sont formés à la veille.
Structure
 
- nombre et répartition des entités de veille
- domaines de veille
Il y a différentes entités :
 
- La veille axée sur les grands enjeux est gérée et animée par la direction de la stratégie..
- La veille technologique est gérée par la direction de la recherche.
- La veille réglementaire sur les normes et technologies environnementales, est en grande partie gérée par la direction de la recherche.
- La veille financière est gérée par la direction financière.
- La veille concurrentielle / marché est gérée par la direction marketing.
- En outre, une veille régionale (France) est menée.
- Enfin, une veille réglementaire européenne est menée avec beaucoup de vigilance. Cette veille porte sur la préparation des lois dans l'Union, et l'observation de l'application de ces lois dans les différents pays de l'Union. Cette veille est confiée en interne à des pilotes, et est répartie dans les directions intéressées.
- coordination
Il n'existe que peu de coordination entre les différentes entités de veille.
 
Néanmoins, l’information circule entre les différentes entités de veille, par le biais des réunions inter-veilleurs, et via des bulletins de veille.
 
Présentation du réseau de veille général, commun à toute l'entreprise
 
Détection des besoins ?
 
Collecte
En ce qui concerne les moyens de collecter des informations, mon interlocuteur précise quelques éléments :
- Il existe un service SVP, où tout un chacun peut demander des informations.
- Des alertes à la DG sont possibles dans des cas très délimités.
- Plusieurs personnes sont chargées d'alimenter un bulletin mensuel : 15 à 20 contributeurs internes, avec l’appui d’un réseau d’experts externes.
Traitement
En ce qui concerne le traitement des informations pour la construction du bulletin : une petite cellule de 5 personnes est chargée de traiter les informations, aidée en cela par les veilleurs du réseau.
Les contributeurs envoient des documents finalisés, il y a peu de traitement à faire.
Animation de la veille
L'animation de la veille passe par l'organisation de réunions entre veilleurs :
- Il y a deux réunions annuelles accueillants les pilotes et les clients de la veille.
- En outre, une grande réunion annuelle est organisée hors des locaux de l’entreprise.
Diffusion
Il y avait la publication d’un bulletin mensuel (environ 100 pages), et de bulletins thématiques. Ces documents papier étaient diffusés à environ 150 personnes (membres du réseau veille, contributeurs…) dont les décideurs de l’entreprise.
Ces publications vont être progressivement remplacées par une diffusion électronique. Mon interlocuteur me précise que cette transition se fera avec vigilance. Des réticences se sont manifestées arguant du manque de poids d’une version électronique. L’échéance de la sortie de l’édition papier permettait en effet d’impliquer les contributeurs, et de donner du poids à la sortie de ce document.
Mémorisation / capitalisation
Un logiciel est en cours de développement pour la capitalisation des informations, leur validation et leur diffusion.
 
Présentation du système de veille Technologique
 
Présentation
La veille technologique représente une centaine de projets de recherche répartis en une dizaine de domaines techniques.
 
Soutien de la hiérarchie
La veille suit une doctrine qui veut que personne ne soit affecté uniquement à cette activité, mais que la veille soit intégrée à chaque projet de R&D. La veille est donc tout à fait décentralisée. Chaque projet de recherche doit consacrer 10% de son budget à des activités de veille. Cela peut être affecté à une veille brevet, une activité de benchmarking, une veille concurrentielle.
Un chef de projet est un "manager de compétences". Il peut sous-traiter tout ou partie des aspects de recherche à l'intérieur ou à l'extérieur de l'entreprise.
Certains projets de recherche sont uniquement des projets de veille. Ce qui fait dire à mon interlocuteur que la veille n'est pas forcément bien considérée, puisqu'on préfère l'appellation "projet de recherche" à celui pourtant plus adéquat de "projet de veille".
 
Au sein de la direction de la recherche, il n'y a pas de veille structurée thématique, ni par grands domaines d'activités de l'entreprise, ni par pays / organismes. Il n'y a pas non plus de veille brevet en tant que telle, la technologie étant mature et "nécessitant" peu d'innovations brevetables.
Dans le passé la mission d'une veille thématique, par pays ou par organisme était attribuée à des personnes "haut placées". Mais cette activité passait en dernier sur leurs priorités, et en fin de compte, n'était pas réalisée. Une autre tentative d'affecter cette activité à des personnes moins haut placées est en cours.
Le fait que la doctrine veuille que personne ne fasse de la veille à plein temps (mais qu'une majorité en fasse à temps partiel) nuit sans doute à la structuration de cette activité.
Les veilles thématiques « urgentes » sont, si le besoin s’en fait sentir, traitées dans le cadre d’un projet de R&D ou d’une étude spécifique, de type prospective.
Il n’y a pas d’animation du réseau de veille technologique.
Par contre il y a une sensibilisation. Dans la formation des chefs de projet, il y a un module de veille.
Détection des besoins
 
Collecte
Un service (que nous allons appeler « service documentation ») est chargé de la gestion de l’information, de la capitalisation de l’information et de la veille. Ce service comprend la documentation et la médiathèque. Il regroupe environ 10 personnes. C’est un service d’appui à la veille.
Traitement
 
Diffusion
Un bulletin est édité semestriellement. Il comporte :
- un ou deux articles de fond sur un problème scientifique,
- des brèves de veille de quelques lignes. Ces brèves sont envoyées par les chefs de projet sollicités par le rédacteur du bulletin.
Le bulletin de veille de la direction de la recherche est multi-domaines. Ce qui fait que différentes directions s’y intéressent. Il est diffusé en interne à la Direction de la Recherche, et aux membres des autres réseaux de veille de l’entreprise, ainsi qu’aux décideurs.
 
Chaque année le chef de projet présente à un Comité de Pilotage l’avancée du projet, dont une partie est consacrée à la veille.
Mémorisation / capitalisation
Il existe une base Lotus Notes sur la vielle technologique (la doctrine, les outils), qui n’enregistre qu’un très faible trafic.
Indicateurs
Points forts :
- Le fait que chaque projet ait une composante veille est un des points forts du système.
- Certains documents édités par la veille sont multi-domaines (bulletin de la veille de la direction de la recherche) et sont donc facteur de décloisonnement.
 
Points faibles :
- L’organisation de la veille est verticale. Si une veille est réalisée au sein de chaque projet, le compte rendu des travaux n’est fait qu’en comité de pilotage. Les membres du comité sont donc les seuls à bénéficier des travaux de veille réalisés. Une organisation plus horizontale, avec une circulation de l’information entre les différents projets pourrait être trouvée. Il n’existe pas, d’ailleurs, de réseau structuré des chefs de projets.
- Il y a un manque en terme d’animation à la direction de la recherche.
- Les employés de la direction de la recherche sont des chercheurs, qui font une veille très axée sur le côté technique de leur projet. Ils n’intègrent pas (ou peu) d’autres aspects (économiques, marché…).
 
Présentation de la veille au sein du cabinet d’information de la direction
 
Soutien de la hiérarchie
Le cabinet est une structure de réalisation de dossiers pour la direction. Les thèmes sont demandés par la direction, et sont très ciblés.
Détection des besoins
 
Collecte
Mon interlocuteur, par ailleurs intégré à la direction de la recherche, sous-traite la recherche d’information sur internet au service documentation. Des outils informatiques ont été achetés et sont en cours d’essai.
Il puise aussi ses informations dans les conférences, salons et séminaires… ainsi que via ses réseaux internes et externes.
 
Pour initier un système de partage des informations avec les chefs de projets, mon interlocuteur évoque l'importance de la réciprocité. En échange aux informations obtenues, il diffuse des informations, issues par exemple des bulletins de l’ADIT (auxquels peu de personnes ont accès), ou des remontées d’information de la veille régionale.
Mon interlocuteur insiste aussi sur l’importance d’avoir un bon relationnel.
Traitement
 
Diffusion
 
Mémorisation / capitalisation
 
 
Réflexion sur la corrélation entre "besoins de veille" et "système de veille"
 
Indicateurs d'évaluation de la veille au niveau de l'entreprise
 
Points forts, et points faibles de l'organisation
Le réseau de veille réglementaire marche bien.
La direction de la recherche a intégré l'activité de veille au sein de même de la réalisation des projets.
Corrélation entre besoins et système de veille
Mon interlocuteur s’interroge sur l’opportunité d’un outil de gestion de la veille au niveau général.
 
Par Jerome Bondu - Publié dans : Benchmarking IE
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Dimanche 23 décembre 2007 7 23 /12 /Déc /2007 22:01
Extrait de la thèse professionnelle de Jérôme Bondu, portant sur un "benchmarking des pratiques d'intelligence économique" (voir les autres descriptions d’entreprises). 
Vous trouverez ci-dessous le compte rendu d’entretien de l’entreprise L
 
 
Présentation des besoins de veille
 
Présentation générale de l'entreprise.
CA : plus de 10 milliards d’euros.
Culture de l'entreprise.
L’entreprise a une double culture : recherche et marketing.
Cette dualité se retrouve :
- au niveau des employés, qui sont en majorité des docteurs ingénieurs, et des diplômés d’écoles de commerce. Des passerelles entre ces deux « mondes » sont créées au sein de l’entreprise.
- au niveau de la création des produits. L’innovation trouve sa source dans les demandes du marketing, et dans les propositions des laboratoires.
 
En outre l’entreprise a une tradition orale (faible utilisation de l’écrit) et favorise l’auto apprentissage. L’avancement se fait au mérite. A chacun de faire ses preuves.
Environnement concurrentiel.
La concurrence est très offensive et agressive. Le secteur voit des mouvements de rachat d’entreprise, et de conquête de nouveaux marchés.
Présentation de l'interlocuteur
Mon interlocuteur est directeur de la veille technologique
 
Présentation du système de veille général :
 
Description du système de veille / IE
 
- origine, création
La veille a été implantée au début des années 1990, et a été portée par la direction générale. L’actuel « champion » de la veille, est un ancien chercheur, très sensibilisé à l’innovation et aux brevets, au poste de vice-président.
- objectifs
Les objectifs de la veille sont d’orienter et d’alerter la recherche et le marketing.
- effectifs
Près de 40 personnes ont une « casquette veille ».
- organigramme de la veille
La veille technologique a été développée en premier. Elle se situe à la direction de la recherche.
La veille marketing est décentralisée et les services de veille marketing calqués sur l’organisation de la société.
Il n’y a pas d’organigramme formel de la veille.
Soutien de la direction
 
- implication de la direction
La direction soutient la veille.
Mais mon interlocuteur tempère aussitôt : Les entreprises sont toutes dans des situations où le court terme prévaut sur le long terme. Où la rentabilité des investissements doit être immédiate. Dans ce cadre, il est très difficile de demander des investissements pour un domaine comme la veille, qui travaille justement sur le long terme. En outre, il est fréquent que la veille se développe suite à un problème.
Or l’entreprise va plutôt bien ! Ce qui est tout à fait positif en soi, mais n’incite pas à investir dans « l'assurance ».
 
Le PDG est plutôt sensibilisé à la veille concurrentielle, tandis que le vice-président l’est à la veille technologique.
- détection des besoins de veille au niveau de la direction
Oui.
- implication du personnel
L’entreprise est d’une telle taille qu’une réponse globale est difficile. De plus la veille est encore une discipline jeune au sein de l’entreprise.
D’une manière générale, chaque service de veille a ses pratiques :
- certaines veilles sont faites pour le management,
- certaines veilles passent par la création d’un réseau international, et s’appuient sur l’implication de ses membres.
- formations, sensibilisation du personnel
Il y a des formations, mais trop peu. A réactualiser.
Structure
 
- nombre et répartition des entités de veille
- domaines de veille
Pour schématiser, il y a trois domaines principaux de veille :
- La veille technologique.
- La veille concurrentielle et marketing (qui englobe l’observation des marchés).
- La veille réglementaire.
- coordination
L’idée d’une coordination se met doucement en place, à l’instigation d’un des veilleurs, et avec le soutien d’un membre du comité de direction.
Le système est en gestation. Néanmoins, cela prendrait la forme de réunions entre responsables de veille. Pour éviter que ces réunions ne soient le cadre de débats théoriques, des objectifs pratiques ont été fixés. Par exemple, l’examen d’un concurrent, d’un marché… La diversité des approches (les participants représentent les différentes veilles de l'entreprise) permettrait d’aborder le sujet sous toutes ses facettes, pour fournir une réponse globale.
 
La préparation de ce type de réunion n’est pas une chose facile, et peut soulever des réticences. Cela demande non seulement un gros travail relationnel, mais en plus de mettre en place une organisation savamment pensée. A titre d’exemple, mon interlocuteur me précise que l’animation de ces réunions, se fait de manière tournante.
 
Présentation du service de veille technologique.
 
Présentation
La veille technologique se place au sein de la direction de la recherche
La structure est décentralisée. Le responsable de la veille coordonne et pilote les différents veilleurs, mais n’a pas de liens hiérarchiques avec eux. Cette structure se calque sur l’organisation de la direction de la recherche, ceci pour être au plus près des besoins locaux.
Soutien de la hiérarchie
Le directeur de la veille technologique est directement rattaché au vice-président en charge de la recherche.
Détection des besoins
Il y a un système à trois étages :
- Dans la majorité des cas, ce sont les veilleurs qui établissent leurs propres sujets de veille. Cette veille est faite par secteur.
- Un veilleur sur un site déporté, a un rôle de « détecteur » des sujets de veille. Sa fonction est d’aller à la rencontre des employés et de faire remonter leurs attentes. Il fait une veille territoriale tous types de produits confondus.
- Enfin, il y a une veille opportuniste, "conduite à l’intuition" et au savoir -faire.
 
Il y a très peu de demandes, et encore moins de retours. Quand il y a des demandes de la direction, les tenants et les aboutissants de cette demande ne sont pas connus. Le veilleur ne connaît pas la portée de son travail.
Collecte
Les sources principales sont :
- sources généralistes (par exemple Reuter…),
- bases brevets,
- publications des concurrents,
- sources internes à l’entreprise : journal interne, bases personnelles des veilleurs…
- internet pour le suivi de sites scientifiques.
 
La collecte est d’une part un travail humain, réalisé par les veilleurs. - Ce sont des anciens chercheurs. Ils sont choisis pour leur bonne connaissance du métier, et de l’entreprise. Ce sont des personnes qui ont eu des responsabilités. Chaque veilleur a mis en place sa propre organisation.
- Lors de grands congrès, un système de récolte des informations est mis en place (sensibilisation avant l’événement, et débriefing).
- La documentation est dissociée de la veille, ce que déplore mon interlocuteur.
 
Des outils informatiques sont aussi utilisés.
- Active Watch (Arisem) est, de l’avis de mon interlocuteur, un outil puissant mais complexe. Il est difficile de mesurer le retour sur investissement. Si le coût financier et humain d’un tel outil est quantifiable, son efficacité est lui très difficilement mesurable.
- Il considère que les outils informatiques de collecte et de prétraitement de l’information sont « un mal nécessaire ». Cette étape du circuit de l’information doit être automatisée au maximum pour permettre aux veilleurs de se concentrer sur l’analyse, où réside l’essentiel de la valeur ajoutée.
 
Mon interlocuteur me présente une anecdote qui met bien en scène le rôle des différents moyens de collecte des informations, et l’importance du travail d’équipe : La politique brevet d’un concurrent a d’abord alerté l’attention de l’ingénieur brevet. Ceci a été permis grâce aux outils de bibliographie qui permettent de visualiser graphiquement l'évolution des dépôts de brevets. L’intuition de l’ingénieur brevet, fin connaisseur du concurrent et de sa gestion des brevets, s’est trouvée corroborée par le rapport d’étonnement d’un veilleur. Ce dernier a été surpris par les thèmes d’intérêt d’un concurrent, lors d’un salon.
L’apport des informations collectées par un outil informatique, couplés à une information grise, à une bonne connaissance des concurrents, à des initiatives individuelles, et à bon partage de l’information…, tout cela produit le renseignement utile. Avec deux ans d’avance, la stratégie du concurrent a été détectée.
Traitement
Le traitement est essentiellement une activité humaine, même si quelques outils de cartographie peuvent aider à l’analyse : Data View a été utilisé pour l’analyse brevet. Leximind est un outil de cartographie intéressant qui peut isoler des signaux faibles.
Le traitement se fait « dans la tête des gens ». Mais des réunions de travail, par les échanges qu’elles permettent, sont souvent très utiles.
Diffusion
Il y a deux notions importantes :
- La diffusion doit se faire en fonction de l’utilisateur final. Il est impensable d’envoyer le même document à la direction générale et à un chercheur.
- La fraîcheur et l’élaboration des analyses sont deux notions antagonistes. Plus un document est élaboré, plus cela demande du recul.
 
Quatre types de produits sont diffusés :
- Des alertes ou flashes d’information. Diffusés très rapidement, ils ne peuvent être élaborés.
- Un journal bi-mensuel. Il s’agit d’une sélection d’articles commentés. Ce journal est disponible sur intranet. Un e-mail avec un lien cliquable est envoyé directement aux personnes intéressées. La diffusion est assez large.
- Des synthèses.
- Des dossiers d’orientation stratégique. Le degré d’élaboration est très poussé. Cela s’adresse à la direction.
Mémorisation / capitalisation
Une base de donnée disponible sur l’intranet de la veille capitalise les documents de veille. Les pages consacrées à la veille y sont accessibles en un clic à partir de la page d’accueil.
La recherche des documents se fait en mode plein texte. A chaque article, le nom du rédacteur / veilleur est mentionné, avec possibilité de lui écrire, et de recevoir l’intégralité du texte par mail. Bien que ce système soit convivial et facile d’utilisation, ces fonctionnalités sont sous utilisées.
 
Réflexion sur la corrélation entre "besoins de veille" et "système de veille"
 
Indicateurs d'évaluation de la veille au niveau de l'entreprise
Il y a quelques indicateurs. Par exemple, le responsable de la veille sait que 80% des personnes qui reçoivent le journal (par le mail avec un lien cliquable) le consultent.
Points forts, et points faibles de l'organisation
Les points forts :
Les chercheurs qui reçoivent les produits de la veille sont intéressés et le font savoir. Il y a un bon répondant lors de sollicitations individuelles.
 
Les points faibles :
- Retour (feed back) spontané trop faible. Il y a une absence totale d’information sur l’utilisation qui est faite des produits de la veille.
- Bien que la veille opportuniste soit développée, il y a une volonté d’avoir plus de formalisation des besoins de veille.
- Mon interlocuteur regrette aussi que la veille ne soit pas prise en compte dans l’évaluation des individus. La direction des ressources humaines devrait être impliquée pour que cette fonction transverse et "décloisonnante" soit valorisée.
- La veille devrait être plus moderne, dans le sens où la collecte d’information devrait être fortement informatisée. Ceci pour permettre aux veilleurs de se concentrer sur l’analyse des informations qui est l’activité avec la plus forte valeur ajoutée.
 
Corrélation entre besoins et système de veille
Si l’on prend en compte les moyens alloués, on peut considérer que les résultats de la veille sont positifs. L’esprit de la veille progresse au niveau de l’ensemble de l’entreprise, dont le personnel est plus enclin à s’impliquer.
Mon interlocuteur conclue sur ces derniers points :
- La veille doit être pensée en terme de valorisation de l’individu, et il faut agir pour une reconnaissance du métier.
- Le contact humain est d’une importance fondamentale pour l’activité de veille. Il faut que les veilleurs soient proches pour assurer une cohésion de l’équipe.
- Enfin, il s’interroge sur la faisabilité d’une grande direction de l’information qui engloberait la communication, la veille, la gestion documentaire et la gestion des connaissances.
 
Par Jerome Bondu - Publié dans : Benchmarking IE
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Dimanche 23 décembre 2007 7 23 /12 /Déc /2007 22:00
Extrait de la thèse professionnelle de Jérôme Bondu, portant sur un "benchmarking des pratiques d'intelligence économique" (voir les autres descriptions d’entreprises). 
Vous trouverez ci-dessous le compte rendu d’entretien de l’entreprise K
 
 
Présentation des besoins de veille
 
Présentation générale de l'entreprise.
Très petite entreprise.
Culture de l'entreprise.
 
Environnement concurrentiel.
 
Présentation de l'interlocuteur
Responsable de la veille.
 
Présentation du système de veille général :
 
Description du système de veille / IE
La veille est effectuée par une personne à temps plein avec l’assistance de stagiaires. Elle consiste essentiellement en une veille concurrentielle. Cette personne a été recrutée en 1999 à cet effet.
Elle mène une veille pour l'entreprise en même temps qu’elle offre (le cas échéant) des prestations de veille pour les clients de l’entreprise.
- origine, création
 
- objectifs
 
- effectifs
 
- organigramme de la veille
 
Soutien de la direction
 
- implication de la direction
La direction estime que le travail de veille concurrentielle est nécessaire. Néanmoins, en période de restriction budgétaire, le poste « veille » est recentré sur d’autres activités, commerciales notamment, plus « rentables ».
- détection des besoins de veille au niveau de la direction
 
- implication du personnel
Dès l'entrée en fonction du responsable veille, il a mené une réflexion sur son rôle au sein de l'entreprise, et vis à vis de ses collègues (audit des besoins internes).
- Il a ainsi réalisé une typologie des services qu'il pouvait rendre aux différents collaborateurs
- Il a fait un essai de calcul de rentabilité de son poste. En calculant d'une part, l'apport de son travail de veille, en rapport aux services facturés aux clients (gains). D'autre part, les coûts engendrés (salaire, adhésion à des bases de données). Ce type de calcul est extrêmement difficile. Il a été tenté dans une phase de justification de son travail, pour affirmer la légitimité de son poste. Situation à laquelle sont confrontés beaucoup de veilleurs.
L'expérience qu'il en retire est qu'il est très difficile de faire ce genre de calculs sauf à développer une activité véritablement rentable, possible dans une agence conseil, auprès de ces clients (démarche proactive et commerciale de conquête de clients). Choix qui n’a pas été adopté par la Direction.
- formations, sensibilisation du personnel
 
Structure
 
- nombre et répartition des entités de veille
- domaines de veille
 
- coordination
 
 
Présentation du système de veille
 
Détection des besoins
Les besoins émanent des collaborateurs.
Il exige qu'une demande écrite soit formulée (ce qui n'est pas systématique dans les structures de petite taille) avec des indications précises sur :
- la problématique (fond). Cadrage de la demande,
- le type de rendu souhaité (forme),
- délai de délivrance du document.
En outre, parallèlement à la constitution du document, il est demandé un feed-back régulier aux clients de l'étude.
Collecte
La recherche des informations se fait des sources les plus générales vers les plus précises.
1/ Pour dégrossir le sujet :
- moteurs et annuaires généralistes,
- sites de presse, de gouvernement, des universités, sites officiels,
- bases de données,
2/ Pour des recherches précises :
- moteurs spécialisés (outils DigOut4U, Copernic),
- contacts avec ses relations (interne ou externe à l'entreprise),
- salons spécialisés,
- presse écrite spécialisée et news groups spécialisés.
3/ Pour les recherches pointues :
- sites très spécialisés, et mailing listes.
Traitement
 
Diffusion
Le responsable de la veille a différents modes de diffusion :
- D'une part, il répond aux demandes ponctuelles des collaborateurs.
- D'autres part, il diffuse une revue de presse mensuelle.
- Enfin, il envoie des messages "à chaud" quand une information importante mérite d'être envoyée sur-le-champ. Ces messages sont à destination de la direction et des collaborateurs concernés.
 
Canal de diffusion privilégié : le mail, puis la presse, sans oublier les discussions informelles et les réunions de travail
Mémorisation / capitalisation
Un projet d’intranet a été évoqué dans une optique de capitalisation des connaissances, mais n'a pas été mené à bien.
 
Réflexion sur la corrélation entre "besoins de veille" et "système de veille"
 
Indicateurs d'évaluation de la veille au niveau de l'entreprise
Il y a toujours des retours de ses collaborateurs, envers qui il a une relation de client / prestataire de service. Ces retours sont très souvent informels.
 
La veille est essentiellement vue comme un centre de coût… mais indispensable à la bonne marche de la structure. La Direction pense que la veille doit être réalisée par l’ensemble des collaborateurs qui doivent apprendre à mieux connaître leurs clients et leur environnement.
Points forts, et points faibles de l'organisation
 
Corrélation entre besoins et système de veille
 
Par Jerome Bondu - Publié dans : Benchmarking IE
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Dimanche 23 décembre 2007 7 23 /12 /Déc /2007 21:58
Extrait de la thèse professionnelle de Jérôme Bondu, portant sur un "benchmarking des pratiques d'intelligence économique" (voir les autres descriptions d’entreprises). 
Vous trouverez ci-dessous le compte rendu d’entretien de l’entreprise J
 
 
Présentation des besoins de veille
 
Présentation générale de l'entreprise.
Magazine d'information hebdomadaire international.
Culture de l'entreprise.
Très forte culture de la gestion des informations : collecte via des informateurs, traitement, diffusion…
 
Le magazine a une vocation continentale, et une approche « terrain ».
Environnement concurrentiel.
 
Présentation de l'interlocuteur
Coordinateur des services de la rédaction, interface avec la direction de la publication.
 
L'intérêt de cet entretien est de détecter si des méthodes d'investigation, des méthodes de collecte et de traitement des informations, propres au monde journalistique sont susceptibles d'être utilisées dans le monde de l'entreprise.
L'essentiel du compte rendu est consacré aux méthodes de collecte des informations, et notamment à la gestion du réseau d'informateur.
 
La présentation du système de veille général est sans objet.
Ce compte rendu a été rédigé en grande partie par l’intéressé.
 
Présentation des techniques de collecte et de traitement de l’information
 
Détection des besoins
Les sujets de veille sont déterminés par l'environnement :
Le positionnement de la publication vis-à-vis des organes de presse « à chaud », que sont les quotidiens, la radio et la télévision, déterminent les sujets à traiter.
Nous partons de l’hypothèse que notre lectorat recherche une mise en perspective que les organes à chaud ne peuvent lui procurer.
 
L’actualité détermine en premier lieu les choix éditoriaux. Certaines sections peuvent être toutefois décalées (les sujets Société par exemple)
La publication défend une réputation d’originalité, d’où la recherche de sujets nouveaux (qui sont souvent des sujets anciens vu d’un angle nouveau). Ce dernier aspect fait souvent la différence, vu que l’actualité appartient à tout le monde.
 
Le pouvoir de la direction se limite à l’angle du traitement du sujet, car c’est ce qui fonde une ligne éditoriale. Les sujets s’imposent souvent d’eux-mêmes. Une exception : le directeur peut susciter des articles sur des sujets que le journal maîtrise mieux que ses concurrents.
Collecte
Nous partons du principe que notre lecteur est une personne bien informée. Pas question, donc de lui resservir ce qu’il sait déjà (ou qu’il pourrait savoir en ouvrant des livres ou même d’autres journaux).
 
A- Internet est précieux dans la recherche d'information brute, mais n'apporte aucunes informations originales.
Aucun outil informatique particulier n'est utilisé. Il s'agit essentiellement des moteurs de recherche classiques, et de certains moteurs spécialisés dans le domaine d'intérêt du journaliste.
 
B- Bases de données professionnelles :
Le fil de l’AFP ainsi que les dépêches des agences concrétisent cette matière brute qu’est l’actualité. Les dépêches sont souvent à l’origine de nos articles. Indépendamment des styles et des lignes éditoriales, nous essayons tous de créer une plus-value informative à partir de la brève d’agence. En ce sens, les agenciers sont les tauliers de la profession.
 
C- L’élément clé est certainement le carnet d’adresse. Lequel doit être cultivé, et doit faire l'objet de beaucoup d'attention. Un bon réseau d’informateur est primordial. Des contacts occasionnels peuvent déboucher sur un papier intéressant mais le coût sera plus élevé (car le besoin de vérification et de recoupement est plus important).
 
En ce qui concerne la motivation des "capteurs d'information" : Dans le monde journalistique, un informateur peut être désintéressé et peut trouver gratifiant le fait de contribuer à l’accouchement d’une vérité. Mais les risques de manipulation sont sérieux, les fausses confidences et les fuites calculées sont courantes. En règle générale, un informateur requiert (et doit obtenir) l’anonymat au nom du secret de la source. Dans la mesure où les magazines d'information tablent rarement sur le caractère sensationnel de l’info, les informateurs sont rarement rétribués à la pièce mais cela arrive pour « les gros coups » lorsqu’ils sont matérialisés par un support matériel (écrit, photo…). C’est ce support matériel qui justifie, dans ce cas la rétribution.
Les relations de confiance sont la base des rapports avec les informateurs. Qu’ils soient ou non des familiers, les informateurs s’entretiennent (contacts fréquents, envoi d’exemplaires..).
Personnellement, je n’ai pas de méthode standard, mais je considère mes informateurs d’abord comme des partenaires et parfois comme des amis.
 
Les contacts lorsqu’ils sont « impliqué » dans l’information, se soucient d’abord de l’impact que la publication aura sur leur image. Lorsque leur contribution est anonyme, mes contacts ressentent plutôt l’impression valorisante d’avoir participé à un travail collectif, de manière générale, ils tiennent à renouveler l’expérience.
 
Ceci dit, la contrainte est également présente, même si elle prend des formes plus douces dans la pratique. C’est le cas des personnes sollicitées pour une info qu’ils ne peuvent refuser car d’autres pourront de toute façon la fournir.
De manière générale, nous journalistes jouons sur la duplicité des sources pour mettre à l’aise nos contacts (« on ne saura pas que c’est vous qui avez parlé car vous n’êtes pas le seul à savoir ») mais en même temps, le procédé peut parfois ressembler à une forme de chantage (« de toute façon si vous ne parlez pas, d’autres parleront, alors autant que ce soit vous ! »)
Traitement
Il ne s’agit pas réellement d’analyser les données mais plutôt de les traiter à la lumière d’un plan d’article qui peut, soit préexister soit naître de la matière recueillie. Une fois que l’angle de l’article est retenu, il s’agit d’écarter sans état d’âme les infos qui ne cadrent pas avec. La sélection part du principe que l’on ne peut pas tout dire, mais que l’on peut aspirer à l’exhaustivité sur un aspect donné.
 
Le recours aux consultations "d'experts" devient de plus en plus courant. Notre travail nous amène à solliciter les opinions qui « font autorité » dans un domaine donné. La méthode : les écouter, puis traduire leur pensée dans la langue de tous les jours (sans toutefois faire du simplisme).
 
Il n'y a pas d'outils informatiques particuliers qui soient utilisés. Il s'agit essentiellement des outils bureautique.
Les opérations "copier-coller" permettent notamment de réorganiser après coup des données récupérées dans le désordre. La transcription des infos s’effectue encore à la main, du moins au premier stade.
Diffusion
 
Mémorisation / capitalisation
 
 
Réflexion sur la corrélation entre "besoins de veille" et "système de veille"
 
Indicateurs d'évaluation de la veille au niveau de l'entreprise
 
Points forts, et points faibles de l'organisation
Le monde journalistique a une forte expérience dans l'utilisation des sources informelles.
Corrélation entre besoins et système de veille
 
 
Par Jerome Bondu - Publié dans : Benchmarking IE
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