Intelligence Economique

Lundi 14 juin 2010 1 14 /06 /Juin /2010 18:25
Image-3-0156.JPG  Image-3-0158.JPG

Il semble que la cuvée 2010 d'i-expo ait été de bonne qualité. Les organisateurs avaient annoncé une augmentation significative du nombre de pré-enregistrements par rapport aux années précédentes. Voici quelques notes sur les deux conférences auxquelles j'ai assisté.

Une conférence animée par Anthony Poncier avait pour ambition de présenter des solutions en phase avec le web 2.0. : "Entreprise 2.0 et réseaux sociaux d'entreprise : Retours d'expériences"

Je suis arrivé au moment de la présentation d'XWiki, alors que l'orateur affirmait avec justesse que la démocratisation des solutions qui permettent de rester en veille (bookmark de liens, netvibes, google reader, …) ont multiplié les "centres d'analyse" dans l'entreprise. Des solutions comme Xwiki permettent de centraliser ces "analystes" dispersées, et de créer une intelligence collective. C'est, souligne le fondateur de la société, un levier de productivité important.
Mais l'installation d'un outil n'est pas "tout". Et la démarche demande à être animée. D'où l'importance de nommer un community manager, qui pourra encourager les témoignages, ...

Vint ensuite la présentation de la société Yoolink (qui vient de recevoir le prix de la solution innovante) par Sunny Paris. Il circonscrit bien ses fonctionnalités : La solution ne fait pas de sourcing ! Elle se concentre sur la dimension de partage de l'information, faite par des collaborateurs.

J'ai quitté la réunion alors que Franck La Pinta faisait un retour d'expérience de la création d'une communauté RH au sein de la Société Générale (communauté qui regroupe 2800 personnes dans 80 pays). 
Lui aussi a insisté sur la nécessité d'animer la dynamique, et d'avoir un sponsor fort. D'autant que la plateforme regroupe 90% de lecteurs et seulement 10% de producteurs. Trois communautés ont pour l'instant été ouvertes, et concernent plus 800 collaborateurs.
 


J'ai aussi assisté à plénière "Où va la veille ?" dans une salle comble.

Véronique Mesguich a animé cette conférence passionnante.

Toute médaille à son revers. Et le revers du web 2.0 a bien été décrit par Christophe Deschamps qui a souligné que l'augmentation du nombre d'internautes, du nombre de solutions de diffusion d'informations, conjugué avec l'augmentation de la portabilité de ces outils a entrainé une surinformaiton, une infobésité que l'on peut traduire en "information overload", "knowledge overload", "tools overload", … et last but not least "friends overload" !

Quelles conséquences sur les pratiques de veille ?
- D'abord, des informations ne sont trouvables qu'avec certains outils, c'est ce qu'il a appelé "l'effet silos" dont on aurait pu croire qu'il disparaisse avec la mise en réseau des réseaux.
- Le problème de classement et de mesure du 2.0 a été illustré par une citation de Borgès "On ne peut pas mesurer l'univers, car nous ne savons pas ce qu'est l'univers".
- Il y a une démocratisation des pratiques de veille. Christophe s'est bien gardé de se prononcer sur le fait que ce soit une opportunité ou un danger pour les "veilleurs professionnels".
- Enfin, il a souligné la nécessité d'avoir des solutions qui permettent de simplifier, de mieux appréhender cet univers mouvant. Au nombre de ces solutions il a cité la cartographie et a montré ce que faisait Bscopes.
 

L'intervention de Sébastien Fanget a pu dérouter. Pourquoi inviter un photographe qui dit lui-même ne pas être un veilleur ? Je crois que les organisateurs ont voulu montrer ce que savait faire un "profane" en matière de veille. Et nous n'avons pas été déçu, car il a parfaitement illustré la capacité de tout un chacun de faire de la veille avec des solutions gratuites.
Quelques chiffres : Son lecteur de flux RSS agrège 132 flux, classés dans 26 dossiers. L'analyse lui prend entre 15 et 60 minutes par jour, et il retient une centaine d'informations par semaine! CQFD.


L'intervention suivante a vu Jean-Baptiste Soufron, de Cap Digital, envisager l'avenir de la veille. Il a développé le concept de "Soft Empowerment", qui mélange de deux idées :
- Soft power : la maitrise des logiques de veille vous donne de l'influence dans votre secteur. L'influence liée à la possession de l'information migre doucement vers l'influence liée à la capacité de les diffuser!
- Self empowerment : un individu peut avec des outils grands public devenir un centre d'analyse s'il sait utiliser les outils d'interconnexion des services.

Sa vision de l'avenir :
- Il pense que les outils vont aller vers une simplification. Il assure avec raison que les outils sont de plus en plus compliqués. Les outils du futur seront ceux qui sauront garder des performances élevées (gestion de la complexité), avec une prise en main facile (réduire la complication). Il est bien placé pour rappeler que parfois la vrai innovation, c'est de savoir régresser (comme la fait Google avec son système de classement qui repose en grande partie sur le nombre de liens qui est un gradient de qualité).
- Selon lui les projets qui "marcheront" ne seront plus développés par une seule personne, mais par des réseaux. Les projets qu'il voit défiler à Cap Digital sont de plus en plus portés par des groupes hétérogènes. Cela devient nécessaire par les nombreuses compétences qu'il faut développer derrière un projet.
- L'innovation reste fondamentale.
- Il a finit sa très intéressante présentation en posant ce qui est pour lui le vrai problème d'internet : Jusqu'à pourrons nous garantir une entière liberté de conscience !


Stéphane Rosenvald a présenté les résultats d'une étude internationale.

Enfin, Benoit de Saint Sernin a présenté les modifications qu'il observe dans le cadre de la direction de l'école EEIE.
- Il nous a étonné en disant que les étudiants qui passent la sélection actuelle ont déjà fait de la veille, et qu'ils viennent pour professionnaliser leurs pratiques.
- Il pense que l'avenir de la veille réside dans la capacité d'analyse et de prospective : Les entreprises ne veulent pas avoir des tonnes d'informations. Elles ne veulent pas non plus avoir une information parue hier. Elles veulent savoir ce qui va paraître demain. A la maitrise des outils il faut rajouter une qualité essentielle : la curiosité.

Cette conclusion me permet de rappeler qu'une des conférences d'i-expo avait pour but de présenter le livre blanc de l'ICOMTEC, dirigé par l'indispensable Christophe Deschamps, sur les méthodes d'analyse.


En deux mots, mon avis sur l'avenir de la veille.
Il semble évident que les outils vont se multiplier, tout comme la masse d'informations disponibles sur internet.
Partant de là, le problème ne va pas être de s'informer, mais de résister à la sur-information.
D'où -à mon avis- un retour aux réseaux humains et à l'importance des informations issues des personnes que l'on connait.
On fait l'expérience avec twitter de la pénibilité d'une multiple redirection d'un même message. On peut imaginer qu'un jour un système de dédoublonnage des informations devienne aussi important qu'un "fire-wall". Une sorte de "fire-information"

Une citation pour finir "L'information va remplacer l'argent, qui lui même a remplacé la force comme vecteur de pouvoir."


Par Jerome Bondu - Publié dans : Intelligence Economique
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Vendredi 11 juin 2010 5 11 /06 /Juin /2010 09:50



Au sortir de la remise des prix du Trophée Sun Tzu, Karen MONDRAGON, étudiante de la promotion 2010 du master IE de l’Icomtec, et vice présidente de l’association Metis, a bien voulu se prêter au jeu d’une courte vidéo.

Avec beaucoup d’entrain et de dynamisme, elle a présenté le livre blanc sur l’analyse réalisé par sa promotion, et dirigé par Christophe Deschamps.

Par Jerome Bondu - Publié dans : Intelligence Economique - Communauté : Veille stratégique
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 9 juin 2010 3 09 /06 /Juin /2010 16:56

atelier_sage.jpg
Le mardi 29 juin de 8h30 à 11h

L'Institut Sage organise des ateliers pratiques sur l'intelligence économique :
"Veiller, protéger, influencer : les outils opérationnels au service de votre développement"

dans les locaux de « l’Atelier BNP Paribas » 14 rue Bergère – Paris 9e.


Programme de la matinée :
8h30-10h30 trois ateliers pratiques, au choix :
- Atelier 1 : Information et veille : venez faire vos premiers pas ! animé par Benoît de Saint Sernin, Ecole européenne d’intelligence économique et Jérôme Bondu, Inter-Ligere
Comment la veille et l’information peuvent vous offrir des opportunités de croissance ?
Comment mettre en place rapidement et à moindre coût les bons outils ?

- Atelier 2 : PME , 1ères victimes du vol de données : optimisez votre protection en France et à l’international, animé par Sylvain Poupeau, Scarabe et Cyril Pattegay, CGPME IDF
Comment sécuriser les données de votre PME ?
Quelles sont les actions à mener pour une démarche de développement à l'international ?

- Atelier 3 : Réseaux et influence : les clés de succès pour sécuriser votre développement, animé par Bertrand Charles, Consors Intelligence
Comment identifier les acteurs influents sur vos projets ?
Comment influer sur votre environnement pour sécuriser vos projets stratégiques ?

10h30-11h Speed Coaching
Le speed coaching vous permettra, si vous le souhaitez, d’échanger pendant quelques minutes sur votre problématique personnelle avec les intervenants experts présents aux ateliers.

Attention : les places sont limitées et réservées aux dirigeants d’entreprise.

L’accès à ces ateliers est gratuit. S'inscrire !

----------------------

Un mot sur l'Institut Sage qui a eu cette bonne initiative :
- L'Institut Sage accompagne les dirigeants dans leurs démarches de création de valeur pour l'entreprise. Le dirigeant est l'homme clé dans l'entreprise : il porte la vision, définit la stratégie et décide le quotidien et le futur de l'entreprise. En complément des initiatives des organismes traditionnels d'accompagnement des entrepreneurs, l’Institut Sage intervient pour fournir des informations pratiques aux dirigeants et faciliter le retour d’expérience.

- Son objectif est de participer activement au développement des PME françaises : anticipation des mutations économiques, dynamisation des pratiques des organisations et identification des nouveaux enjeux entrepreneuriaux.

Par Jerome Bondu - Publié dans : Intelligence Economique - Communauté : Veille stratégique
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 5 juin 2010 6 05 /06 /Juin /2010 10:04


challenge.jpg Je relaye une bonne idée de Jacqueline Sala, dans laquelle je serai parti prenante.

---------------------------------



Extraitde son site :


A l’occasion de la 6ème édition des Rencontres ICC, le Challenge « Veille » vise à valoriser des initiatives qui, dans les domaines de la veille, l’analyse décisionnelle ou de l’intelligence collective, ont mis la maîtrise de l’information au cœur de leur stratégie :
- dans les modèles de management, création de valeur, transfert de savoir, conduite de projet…
- dans les technologies, les services, les usages …

Illustré par la présentation d’un retour d’expérience concret, le dossier de candidature devra apporter des éléments permettant de juger des objectifs du projet, de son caractère innovant et des résultats obtenus.
Ce challenge est ouvert à tout acteur (entreprise, professionnel, éditeur, société de conseil, collectivité locale, organisme public, business school ou université, association…) en France et dans toute la zone francophone.

Le jury, présidé par François Jakobiak, est composé de 2 collèges :
- un premier collège composé du comité scientifique ICC2010
- un second collège composé du public ICC.

Partenaires :  Parmi les partenaires du Challenge ICC, nous pouvons citer : Veille.ma, ACRIE Réseau, Interligere, AEGE, …

Comment participer ?
La sélection se fera à partir des dossiers de candidature (voire conditions de participation) à partir du 1er juin 2010. Ces propositions seront publiées sur les sites www.veillemag.com et www.icc2010.info et relayées par les sites partenaires, à partir du lundi 12 juillet jusqu’au vendredi 10 septembre 2010, date de clôture du challenge. Elles resteront librement consultables par tous et transmises au comité scientifique.

Les candidats seront invités à venir présenter leur réalisation dans le cadre du forum ICC le mardi 12 octobre. Ils disposeront de 30 minutes pour rappeler les principales caractéristiques de leur projet, échanger et répondre aux questions du public et aux représentants du jury.

A l’issue de cette communication , le comité scientifique d’une part, les participants du public d’autre part remettront leurs votes.

Après dépouillement des bulletins, deux prix seront remis:
- le prix du public ICC.
- le prix du Jury.

Prix « Challenge Veille »
La remise des prix aura lieu le mercredi 13 octobre dans l’espace VIP de l’exposition.
Seront invités l’ensemble des candidats, la presse et professionnelle, les partenaires et sponsors, les intervenants, conférenciers et exposants ICC.
Cette remise de prix sera suivie d’un cocktail.

Calendrier
Ouverture des candidatures : Mardi 1er Juin 2010
Mise en ligne : à partir du 12 juillet 2010
Clôture des candidatures : Vendredi 10 septembre 2010
Présentation Session ouverte ICC : Mardi 12 octobre 2010.
Remise de prix : Mercredi 13 octobre 2010.

Conditions de participation
Le Challenge VEILLE est ouvert à tout acteur (entreprise, professionnel, éditeur, société de conseil, collectivité locale, organisme public, école ou université, association…) en France et dans toute la zone francophone.

Date de dépôt du dossier de candidature : à partir du 1er juin 2010
Date de cloture : vendredi 10 septembre 2010.
Frais de dossier, participation et communication ICC : 480 euros


Téléchargez le PDF.

Participez au Challenge.

Par Jerome Bondu - Publié dans : Intelligence Economique - Communauté : Veille stratégique
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 23 mai 2010 7 23 /05 /Mai /2010 10:07

les_echos.jpgVoici quelques notes sur les interventions auxquelles j'ai assisté, lors du colloque Intelligence Economique des Echos, organisé en partenariat avec notamment l’Académie de l’IE et le Club des Vigilants.

Les Echos s’investissent toujours autant dans la dynamique de l'IE, avec un blog dédié, et plusieurs autres manifestations organisées sur le sujet (voir le compte rendu colloque IE d’avril 2009).


 

1/ Il y a eu une table ronde intéressante sur l'apport de l'IE dans les ressources humaines.
Ce rapprochement entre deux fonctions qui souvent s’ignorent m’a paru très pertinent. Si la dynamique de l’IE est plutôt proche du marketing ou de la stratégie, elle aurait tout aussi bien pu être pilotée par les ressources humaines compte tenu de la conduite du changement qu’elle implique.

Stéphane MILHET, Directeur des ressources humaines de Roche, a notamment souligné que la modification de l'environnement dans l'industrie pharmaceutique imposait des adaptations.
- Cette adaptation se marque notamment dans le domaine de la formation. L'apport des nouvelles technologies et la dématérialisation des rapports humains a impacté le travail des visiteurs médicaux. Cela a impliqué une modernisation des formations et l'apport de nouvelles compétences.
- Cela se marque aussi dans le recrutement. L'entreprise a promu le recrutement par cooptation, notamment via les réseaux sociaux. Le maillage se fait notamment à partir de deux réseaux sociaux professionnels : Linkedin et Viadeo. L’intégration de ces nouveaux outils a permis la découverte de nouveaux profils de candidats.
- Facebook ou Twitter ne sont pas utilisés jusqu'à présent, notamment pour des raisons de sécurité.
- Pour faciliter ces transitions, l'entreprise a mis en place de pilotes et a fait un benchmarking avec des pays qui ont été précurseurs.

Paul-Dominique POMART, Président de l’AFREF, et Responsable de la formation et du développement des compétences chez Bayard Presse a développé des anecdotes porteuses de sens.
Il lui semble que la différentiation entre les entreprises se situe de plus en plus sur l'humain :
- Cela se matérialise notamment en amont de la chaîne de traitement de l’information, dans la capacité des collaborateurs à recueillir et diffuser de l'information ;
- Et en aval, dans la capacité des décideurs à prendre en compte ces informations et à les accepter.
Dans le travail de gestion des compétences, il faut de plus en plus de s'intéresser à l'externe car les frontières de l'entreprise sont de plus en plus perméables et poreuse. La mobilité est grandissante et impose un suivi long terme des collaborateurs.

Durant le débat, il a été souligné que les techniques de recrutement évoluent régulièrement, et que chaque mode a ses excès. La mode des réseaux sociaux ne fera sans doute pas exception.

Luc Doublet, président de Doublet SA, a précisé avec humour que dans son entreprise « l'homme n'étant pas une vache ou un minerai », on n'utilise pas le mot « ressources humaines », mais « valeurs humaines ». Le titre même de DRH (directeur des ressources humaines) est donc à ses yeux inadapté. Un auditeur a suggéré le titre de «  directeur de la richesse humaine » ce qui permettrait de garder le sigle DRH !

NB : Un colloque est prévu sur le sujet de l’IE et RH le 10 juin, organisé par le Club DéciDRH et le MEDEF Ile-de-France.

2/ Intervention d’Alain Juillet
En début d'après midi Alain Juillet (voir Wikipedia ou un bon article de l'Expansion) a rappelé que la performance d'une entreprise vient en partie de la fierté d'appartenance des collaborateurs à leur structure. Cette fierté d’appartenance vient elle-même de la connaissance qu’ils peuvent avoir de leur entreprise, qui elle-même découle de l'engagement du chef d'entreprise à fixer un cap ! Il faut donc que le chef soit convaincu, qu'il pousse tout le monde dans la bonne direction, par sensibilisation, par la formation, par la communication, …

Le développement de la culture d'entreprise est essentiel. Si les salariés n'ont pas confiance dans leurs dirigeants ils ne s'investiront pas.

Mais le rôle des collaborateurs va au-delà de la création de valeur, et englobe des aspects sécurité : Il faut rappeler aux gens que toutes les fuites d’informations, contribuent à réduire l'emploi et la durée de vie de l'entreprise. On parle beaucoup du développement durable, mais le concept d'emploi durable devrait être un concept aussi porteur.

Il faut que les dirigeants voient leur entreprise avec objectivité et lucidité, et que cela implique d'accepter des remises en cause. Cela rejoint une des préoccupations que M. Martre a notamment soulevé lors de sa dernière conférence au Club IES.
L'information remontée par les veilleurs doit être honnête, objective et fiable. Il ne faut pas tordre la réalité pour plaire au chef. Dans la remontée d'information, il faut éliminer les filtres successifs qui tordent la réalité.

M. Juillet a conclu sur les problèmes de sécurité, qui doivent se concevoir sur trois niveaux : Sécurité physique; Sécurité pratique; Sécurité électronique.
Il a rappelé à ce propos deux anecdotes :
- Dans le passé, les Chinois ont mis en compétition les trois plus grands producteurs de trains au monde. Au bout d’une compétition qui a durée deux ans, ils ont déclaré qu'ils n'achetaient plus. Et pour cause, ils avaient acquis suffisamment d'informations pour développer leur propre train !
- Cinq ans après la vente du TGV aux Coréens, ils ont développé eux-aussi un « clone » du TGV français, et l'ont commercialisé. Heureusement Alstom avait entre temps développé une nouvelle version qui a « ringardisé » la précédente.
D’où cet appel de l’ancien HRIE : Il faut que les entreprises aient en tête que la copie ne peut être compensée que par de la R&D. Il faut une capacité de renouvellement et d'adaptation des produits.


3/ Enfin, j’ai assisté à une seconde table ronde sur la E-reputation.

Philippe LAURIER, Enseignant-chercheur à Polytechnique et Télécom ParisTech, a rappelé en introduction que le combat sur les rumeurs et la réputation est souvent asymétrique. On retrouve généralement en opposition des grandes entreprises contre petits acteurs ; Des structures statiques contre des structures mobiles, …

Yann LE BEL, Conseiller Intelligence Economique auprès du Secrétaire général de la SNCF a présenté plusieurs cas réels où la réputation de la SNCF a été mise en cause.
- Il a présenté le cas d’une tentative de phishing, avec l’envoi d'un mail frauduleux. La SNCF a réagi avec rapidité et ouverte, en présentant un message d’information sur la première page du site commercial, accompagné d’une communication avec les médias. Cette réaction a prouvé son efficacité, car il n’y a pas eu de perte de confiance des clients. L'analyse de cette affaire a prouvé par la suite que cette attaque était structurée et n'est pas le fait d'un individu isolé.
- Il a présenté ensuite un second cas, ou contrairement à l’affaire précédente, la SNCF a décidé de ne pas réagir. Entre noël et nouvel an 2009, un montage vidéo a été diffusé présentant de manière assez défavorable des contrôleurs de TGV. Contre toutes attentes, cette publicité qui joue sur le second degré a été bien perçu par le public, en interne, et même par les contrôleurs de train. Les différentes directions ont été consultées sur la conduite à tenir, et avaient des positions différentes : les directions juridique et sécurité étaient plutôt favorables à une action en justice avec demande de retrait. Les directions de la communication et des RH étaient plutôt favorable au statu quo. C’est ce qui a été choisi, et la vidéo est toujours accessible sur internet sans que cela ne pénalise l’entreprise.

Dans tous les cas a conclu M. Le Bel :
- Il faut savoir prendre en compte différentes échelle de temps : temps technique, temps juridique, temps de communication.
- Il est important d'avoir des équipes pluridisciplinaire qui ont un pouvoir de décision équivalent.


Samuel MORILLON, Directeur général de Cybion a introduit deux idées :
- La première est qu’internet n’est pas un espace où la part de voix de chacun est similaire. En réalité une minorité fait l'opinion. Et il a été calculé que 70% des messages sont issus de près de 100 000 personnes.
- Le web entraine dans son sillage un changement des comportements sociaux.

Il a ensuite présenté une méthode de gestion de la réputation numérique :
- Il faut mesurer le risque. Cela passe notamment par la détermination de l’origine de l’attaque, pour voir si elle vient d’une minorité, d’un mouvement communautaire, ou d’une majorité. La cartographie des risques aide à visualiser des situations souvent complexes.
- Il faut choisir entre répondre ou laisser faire. Et il faut parfois savoir mettre son « orgueil dans sa poche ».
- Enfin, il faut différencier ce que l'on peut faire en préventif et en curatif.

Il a présenté quelques cas symptomatique de la gestion de réputation numérique : Ainsi il a fait remarquer que BP gère pour l’instant assez bien la marée noire provoquée par un défaut d’une de ses plateformes au large de la Louisiane. La société pétrolière occupe le terrain en proposant d’elle-même de très nombreuses vidéos, en faisant pointer vers leur site de très nombreux mots clés relatifs à cette catastrophe. Ils maitrisent donc la diffusion d'informations et les opposants ont pour l’instant peu de visibilité. Cela est en train de changer avec les échecs dans le colmatage de la fuite et l’exaspération qui s’en suit, mais pour l’instant ils ont bien géré le début de crise.

Jérôme Bondu

Par Jerome Bondu - Publié dans : Intelligence Economique
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires

Sondage sur les réseaux

Participez au sondage sur la pratique des réseaux humains, mis en place par Inter-Ligere ! Cela ne vous prendra que 5 minutes, et vous recevrez les résultats. Cliquez ici.

Recherche

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés