Benchmarking IE

Vendredi 28 décembre 2007 5 28 /12 /Déc /2007 21:48
Extrait de la thèse professionnelle de Jérôme Bondu, portant sur un "benchmarking des pratiques d'intelligence économique" (voir les autres descriptions d’entreprises). 
Vous trouverez ci-dessous le compte rendu d’entretien de l’entreprise S

 
Présentation des besoins de veille
 
Présentation générale de l'entreprise.
Chiffre d’Affaires : plus de 5 milliards d’euros.
Culture de l'entreprise.
A l’origine, l’entreprise est une diversification de grands groupes, avec un objectif non pas industriel mais financier. Par la suite, il y a eu beaucoup d’investissements en R&D et en marketing. L’entreprise est de taille modeste au niveau mondial, mais à ambition internationale.
Il y a eu de nombreuses fusions, et la culture de l’entreprise est le reflet des spécificités des différentes entités intégrées.
Le cycle de vie des produits est long, la phase de commercialisation dépasse les 15 ans.
L’entreprise fonctionne beaucoup par réseau, et même pour reprendre l’expression de mon interlocuteur « par clan ».
Il y a beaucoup de liberté et d’autonomie.
Environnement concurrentiel.
Le secteur est en phase de concentration. La concurrence est très dispersée, très éclatée. Même le major du secteur n’a qu’une petite part de marché mondial. D’où une certaine difficulté à connaître tous ces concurrents.
Pourtant, de petits acteurs peuvent par le biais d’une alliance devenir dangereux. Aucun concurrent quel que soit sa taille n’est donc à négliger. C’est un secteur où la recherche est très agressive.
Présentation de l'interlocuteur
Mon interlocuteur est responsable de la veille scientifique et concurrentielle, rattaché à la direction scientifique.
Il insiste sur l’importance de bien connaître l’esprit et le fonctionnement de l’entreprise.
 
Présentation du système de veille général :
 
Description du système de veille / IE
Le système de veille qui est présenté ne concerne que le siège (environ 5000 personnes). Une veille est aussi réalisée dans les filiales mais est peu connue de mon interlocuteur.
- origine, création
Une des entreprises à l’origine du groupe actuel, réalisait dès avant les années 1980 une veille très dynamique, et des opérations de benchmarking. Le service qui conduisait cette veille était rattaché directement à la direction.
Par le jeu des fusions acquisitions, l’importance accordée à la veille s’est retrouvé dilué.
- objectifs
 
- effectifs
 
- organigramme de la veille
 
Soutien de la direction
 
- implication de la direction
Le soutien de la direction est faible.
- détection des besoins
 
- implication du personnel
Le personnel n’est pas très impliqué.
- formations, sensibilisation du personnel
 
Structure :
 
- nombre et répartition des entités de veille
- domaines de veille
La veille est conduite dans différentes directions. Une vingtaine d’employés sont concernés :
- Une veille « défensive » est menée. Il s’agit d’une veille dont l’objet est de défendre les produits de l’entreprise qui sont considéré comme un véritable patrimoine à protéger. Cela est en charge de la direction marketing.
- Une veille technologique.
- Une veille brevet, menée par la documentation.
- Une veille marché.
- Une veille marque.
- Une veille réglementaire.
- Une veille financière.
- Une veille scientifique et concurrentielle, dont mon interlocuteur est en charge.
 
La veille est très dispersée. Il s’agit de services qui font de la veille mais chez qui ce n’est pas l’activité première (exception faite de la direction R&D où la veille est centralisée). La veille est souvent une activité secondaire menée à temps partiel. D’où la difficulté de monter un système centralisé.
 
La veille est clairement orientée produit et défense du patrimoine de l’entreprise.
- y a-t-il une coordination ?
Les différents services de veille ne sont pas coordonnés entre eux.
 
Présentation du service veille scientifique et concurrentielle.
 
Présentation
Le service veille scientifique et concurrentielle est composé de 5 employés.
Chacun a un thème particulier. Mais il y a une certaine polyvalence entre veilleurs qui fait que chacun peut répondre à des questions sur les thèmes de ses collaborateurs en leur absence.
Chaque thème correspond à un axe de recherche de l’entreprise. Et le veilleur est intégré au travail de développement des produits.
Soutien de la hiérarchie
La veille souffre d’un manque de reconnaissance.
Détection des besoins
Une détection des besoins est opérée. Mais cela tient de beaucoup au dynamisme du responsable de la veille qui va « chercher » les besoins de ses collaborateurs.
Parallèlement les expressions deviennent spontanées quand nos interlocuteurs ont appris à connaître nos services et ont mis en place avec nous une relation de confiance, interactive.
 
Mon interlocuteur a réussi à faire en sorte que la veille soit totalement impliquée dans le processus de développement des produits. Ce qui fait que les veilleurs sont au cœur des besoins en matière d’information.
 
Le responsable veille présente cette intégration au processus de développement comme un combat gagné, mais qui peut toujours être remis en cause. Ils sont « invités obligatoire » aux réunions.
Les ingrédients de cette réussite sont multiples :
- Le responsable de la veille fait partie de l’entreprise depuis très longtemps et en connaît tous les rouages.
- En outre, il a toujours été rattaché à un membre de la direction d’un bon niveau. Et il y a toujours eu une relation de confiance entre eux.
- Il a toujours été force de proposition. Il faut pouvoir apporter quelque chose, insiste-t-il.
- Enfin, mon interlocuteur insiste sur l’aspect relationnel, assurant qu’il faut savoir s’imposer, et qu’il faut pour cela une certaine ambition, pour soi-même et pour l’entreprise. Le travail de veille dépend fortement de la personnalité qui en a la charge. C’est un domaine où la personne fait le poste, et non l’inverse.
 
Le responsable du service donne aux membres de son équipe un « fonds de commerce » : C’est à dire le sujet, le client, l’équipe, des interlocuteurs… La délégation, l’autonomie et la confiance sont totales. Pour reprendre l’enchaînement d’idée de mon interlocuteur : l’autonomie responsabilise, et la responsabilité donne de la dimension à la personne.
Les membres de l’équipe sont physiquement à côté du responsable (bureaux contigus).
Collecte
Le veilleur se voit attribuer un sujet de veille. Il doit développer son réseau et ses sources en conséquence.
 
Généralement, la procédure est la suivante :
Un veilleur est affecté à un sujet. Il reçoit des demandes d’information, par exemple l’état de la concurrence. La relation est très directe avec le client.
Les recherches à ce stade se font essentiellement via des bases de données externes et internes.
La réponse intervient très rapidement.
Parallèlement le veilleur continue la veille et creuse le sujet.
 
Les sources principales sont :
- Les bases de données externes et internes. Une des bases de donnés interne est réservée au service veille. Pas tant à cause de la confidentialité des informations qui y sont hébergées, que parce que la recherche d’information n’y et pas facile, et qu’il ne peut pas y avoir de formations adéquates pour tous les employés.
- Les communications (publications, revues…), les sites institutionnels et ceux des concurrents.
- Les contacts internes.
- Internet. Divers outils de collecte des informations sont utilisés : des outils gratuits (moteur de recherche google, métamoteur Copernic…). Périclès est aussi utilisé, et est utile pour des besoins récurrents. Un outil ARISEM est en cours de test. Enfin, un outil maison a été développé. Il "tourne toute la nuit", collecte, trie et fait une pré-analyse des informations.
Traitement
L’analyse des informations a pour but de détecter la stratégie des concurrents sur tel produit ou tel marché. Or un produit n’existe pas pour lui-même, il existe dans un contexte donné, qui évolue dans le temps.
Mon interlocuteur insiste sur l’importance de faire des recherches « historiques ». Pouvoir analyser les choses sur le long terme apporte toujours une pertinence à l’analyse, que la collecte d’éléments uniquement récents ne permet pas.
Il est donc fait une large place à l’historique des concurrents et des produits.
Diffusion
Il existe un intranet de la veille. Cet intranet est accessible en deux clics à partir de la page d’accueil général. On peut y trouver principalement :
- les produits de la veille,
- une sélection des faits marquants chez les concurrents,
- une sélection d’articles.
 
Le mail est beaucoup utilisé. La visioconférence sert de temps en temps, mais il faut connaître par ailleurs les personnes (les avoir déjà rencontrées) pour que cet outil soit vraiment utile.
Mémorisation / capitalisation
Une base de donnée produit a été réalisée.
Tous les documents électroniques de veille sont doublés d’une version papier. Mais cela est plus dû à la conception du responsable veille qu’à une politique sécurité.
 
Réflexion sur la corrélation entre "besoins de veille" et "système de veille"
 
Indicateurs d'évaluation de la veille au niveau de l'entreprise
Il n’y a pas d’indicateurs.
Points forts, et points faibles de l'organisation
Les points forts :
- Le fait que le service de veille soit rattaché à un membre de la direction de la recherche.
- L’intégration des équipes de veille dans le processus de développement.
- Enfin, les profils différents et complémentaires des veilleurs. Chaque veilleur a un profil différent qui enrichi le travail de l’équipe. En outre chacun connaît bien l’entreprise et le secteur dans lequel il évolue.
 
Les points faibles :
- Le manque de relation avec la documentation.
- Le manque d’implication du service informatique. De même que la veille est en support pour le développement des produits, l’informatique devrait être en support de la veille. Son rôle est de conseiller et de mettre en place des outils… « qui marchent ».
En outre, les capacités de l’équipe en matière informatique sont hétérogènes. Il faudrait un nivellement par le haut.
- La relation avec les clients doit être privilégiée. Cela passe notamment par la constitution de réseaux forts et étendus dans l’entreprise.
- Enfin, le manque de proactivité et d’initiative de la veille. Jusqu’à présent il n’y a que des réponses à des questions formulées. Il faut élargir la palette de service et devancer les demandes des clients.
Corrélation entre besoins et système de veille
 
Par Jerome Bondu - Publié dans : Benchmarking IE
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Dimanche 23 décembre 2007 7 23 /12 /Déc /2007 22:13
Extrait de la thèse professionnelle de Jérôme Bondu, portant sur un "benchmarking des pratiques d'intelligence économique" (voir les autres descriptions d’entreprises). 
Vous trouverez ci-dessous le compte rendu d’entretien de l’entreprise R
 
 
Présentation des besoins de veille
 
Présentation générale de l'entreprise.
Organisme public.
Taille, secteur d'activité, type de produits.
Nombre d’employés : plus de 20 000.
Culture de l'entreprise.
 
Environnement concurrentiel.
 
Présentation de l'interlocuteur
Mon interlocuteur est responsable d’une cellule en charge de l'intelligence économique et stratégique et du renseignement au sein d’un département d’environ 400 personnes.
Cette cellule est en appui essentiellement aux employés du département, mais aussi de tout l'organisme.
 
Présentation du système de veille général au niveau de l'organisme :
 
Description du système de veille /IE
 
- origine, création
 
- objectifs
L’objectif de l’organisme est de faire de la prospective. L'IE est donc une donnée fondamentale de son activité.
- effectifs
L’organisme compte plus de 30 cellules d’IE. L’effectif des cellules varie de une à près de 10 personnes.
- organigramme de la veille
Il existe un organigramme formel de l’IE dans l'organisme.
Soutien de la direction
 
- implication de la direction
Il existe un responsable de toutes les cellules d’IE, au niveau de la direction.
- détection des besoins de veille au niveau de la direction
Oui.
- implication du personnel
 
- formations, sensibilisation du personnel
Il n'y a pas de diffusion de documents sur l'IE.
 
Par contre, il y a une sensibilisation du personnel :
D'une part, les cellules d'IE font une formation à la demande, de manière informelle.
D'autre part, chaque employé a la possibilité d’assister à deux jours de formation par an sur le thème de l’IE. Mais cela vient en décompte de son quota de jours de formation annuel. Généralement le personnel préfère utiliser ses jours de formation pour des thèmes techniques dans son domaine de compétences, plutôt que pour la veille.
Structure
 
- nombre et répartition des entités de veille
- domaines de veille
Il y a une cellule (de 6 personnes) pour un département de 400 employés. Il y a plus de 30 cellules (effectif variable) dans tout l'organisme.
 
La veille réalisée est plutôt technique.
- coordination
Il y a une coordination entre tous les services de veille de l’organisme.
- mécanisme de circulation des informations
Une base va être mise en service pour permettre l’échange entre toutes les cellules de veille.
 
Présentation du département dont dépend mon interlocuteur.
 
Présentation
La cellule de veille comprend 6 personnes :
- 2 personnes en charge de l’IE (plus une secrétaire).
- L'équivalent de 1,5 personnes en charge de la documentation : gestion du fond documentaire, achats, diffusion.
- L'équivalent de 1,5 personnes en charge du renseignement.
 
Au départ, la cellule était composée de 12 personnes, dont 6 issues de la documentation. Ce sont surtout les documentalistes qui sont partis.
- D'une part, l'informatisation des procédures de gestion des informations a réduit les postes nécessaires en documentation.
- D'autre part, la cellule est rattachée à un département technique. Cela pose un problème, dans le sens où le nombre de postes total étant fixé par avance, à chaque changement (création de poste, mouvement…) il y a concurrence entre les postes de veilleur et de technicien.
 
Le veille thématique réalisée est essentiellement technologique. Mais des demandes ponctuelles englobent des aspects plus larges : produits, marchés, entreprises.
Soutien de la hiérarchie
La direction du département n'est pas impliquée, et entretient peu de contacts avec la cellule. En outre, la cellule n'est pas maître de ses achats (abonnement à des revues, bases de données…), ni de l'informatique.
La cellule est dans l'ensemble, relativement peu connue du personnel.
Détection des besoins
Des thèmes de veille sont :
- imposés par la hiérarchie,
- soulevés par le responsable, en fonction de ce qu’il pense être utile.
De plus, la cellule de veille reçoit de très nombreuses demandes ponctuelles des employés. Ces demandes sont autant du ressort de la documentation que de l’IE ou du renseignement.
Collecte
La cellule d’IE collecte des informations blanches, grises et noires.
 
Sources blanches :
- 50 journaux très spécialisés sont scrutés. A partir de cette source, la cellule de veille réalise une revue de presse.
- Les missions des experts à l’étranger sont suivies de très près. A chaque retour de mission, un compte rendu est demandé. La cellule ne peut pas imposer que le CR soit réalisé, mais dans la pratique se sont toujours les mêmes experts qui partent en mission et ils sont rompus à l’exercice.
Le compte rendu mentionne toutes les personnes rencontrées en mission. Cela permet à la cellule de faire un suivi de carrière pour certaines personnes. Cela permet aussi d'orienter les missionnés dans leurs futurs contacts à prendre.
- Pour certaines cellules : AFP, Reuters…
 
Internet :
La cellule a longtemps été le seul dépositaire de postes internet dans le département. Ce qui lui a valu une certaine notoriété.
Par contre, le service informatique, par les contrôles qu’il opère, nuit à la rapidité du média. Le service informatique vérifie chaque disquette, contrôle les pièces jointes de chaque e-mail en entrée et en sortie.
 
Sources noires.
La cellule peut faire appel à un service spécialisé de renseignement.
Traitement
Les traitements se font à la demande du « client » :
- ce peut être l’envoi régulier de photocopie d’articles de presse, dans le cas d’une demande concernant un thème de veille à traiter sur le long terme,
- ce peut être l’envoi d’une synthèse.
Diffusion
Les différents modes de communication sont les suivants :
A/ L’intranet de la veille, sur lequel on trouve toutes les informations sur la cellule :
- les revues de presse (à partir d'internet et des revues papier),
- la liste des revues à dispositions au centre de documentation,
- la présentation de l’équipe d’IE,
- les thèmes de veille traités,
- tous les documents émis,
- les derniers achats.
Mon interlocuteur me signale qu'au vu du nombre important d’intranets déjà existants, ce média n’est pas la panacée pour se faire connaître. En outre, il n'est pas possible de savoir le taux de fréquentation du site. Aucun outil de suivi de la fréquentation n'est disponible.
 
B/ Une revue de presse « internet » est constituée à partir d’informations trouvées sur internet. Ce document fait une vingtaine de pages et est distribué à 50 personnes (sur les 400 du département). Il n’y a pas d’indicateurs de satisfaction, mis à part quelques retours informels.
 
Pour chaque réponse à une demande d’information, il y une fiche d’appréciation à remplir. Le taux de retour avoisine les 100%, car la cellule insiste pour mettre à jour cet indicateur.
Mémorisation / capitalisation
Tous les documents émis par les cellules d'IE de l'organisme sont conservés dans une base de donnée dédiée.
 
Réflexion sur la corrélation entre "besoins de veille" et "système de veille"
 
Indicateurs d'évaluation de la veille au niveau de l'entreprise
La notoriété du service auprès de ceux qui le connaissent est plutôt bonne. Le service répond toujours aux demandes des « clients » (sauf dans des cas très particuliers, où l’information n’est pas accessible).
Un des problèmes est la multiplication des services de veille au sein de l’organisme. Certains services se « concurrencent » d’une certaine manière. Tous n'ont pas le même budget.
Points forts et points faibles de l'organisation
Points forts :
- Ne refuse jamais une demande.
- Respecte les délais impartis.
 
Points faibles :
- Ne parvient pas à asseoir son image. La cellule reste méconnue des employés. Et plus grave, ignorée de la direction du département.
- Ne parvient pas à toujours répondre aux demandes, pour cause de sous effectif, ou de manque de moyens.
Corrélation entre besoins et système de veille
Oui, dans la mesure des moyens alloués.
Mon interlocuteur me précise qu'il n'y a pas d'uniformité au niveau des moyens alloués aux cellules dans l'ensemble de l'organisme. Chacune réalise son travail en fonction de ses moyens.
Par Jerome Bondu - Publié dans : Benchmarking IE
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Dimanche 23 décembre 2007 7 23 /12 /Déc /2007 22:11
Extrait de la thèse professionnelle de Jérôme Bondu, portant sur un "benchmarking des pratiques d'intelligence économique" (voir les autres descriptions d’entreprises). 
Vous trouverez ci-dessous le compte rendu d’entretien de l’entreprise Q
 
 
Présentation des besoins de veille
 
Présentation générale de l'entreprise.
Ce compte rendu correspond à la description du système de veille dans une branche d'activité d'un groupe qui réalise plus de 15 milliards d'euros de CA.
Cette branche d’activité compte plus de 20 000 employés.
Culture de l'entreprise.
Le partage des informations n'est pas spontané :
- L'intranet est le vecteur d’échange des informations pour l'entreprise et pour le groupe. Les bases Lotus (innombrables, car chacun peut en créer une avec l’aide de l’administrateur et personne ne regarde si une base équivalente n’existe pas déjà) sont migrées sur Intranet.
Une base Documentum sur Intranet est créée pour assurer une dynamique de gestion des connaissances, mais c’est encore une expérience pilote qui ne s'adresse pour l'instant qu'aux experts d’un métier.
- La culture de l’innovation est "poussée" par l’ingénieur brevet de l'entreprise, qui souhaite que les gens déposent spontanément, et qui lutte contre la culture du Not Invented Here (pas inventé ici).
Environnement concurrentiel.
Chaque grand acteur du domaine est bien implanté dans une zone géographique (malgré quelques exceptions).
Certains types de contrats sont autant du ressort de choix politiques, que de choix techniques.
Présentation de l'interlocuteur
Mon interlocuteur est chargé d’expérimenter une méthodologie de veille pour l’entreprise.
Si le projet est accepté, la mise en place de la veille devra donner lieu à une embauche, et il faudra au préalable résoudre le problème de la situation organisationnelle d’un tel poste, ainsi que le budget (deux sujets très sensibles en temps de réorganisation et de restriction des budgets).
 
Présentation du système de veille général :
 
Description du système de veille / IE
Présentation du système de veille de l’entreprise.
- origine, création
Le poste tenu par mon interlocuteur a été créé en 2000.
Aucune structure n’existait auparavant, mais la veille se faisait quand même de façon informelle, au gré des besoins et des possibilités de chacun.
La veille avait été identifiée comme une activité nécessaire par le directeur de la recherche de l’entreprise, qui depuis a changé de poste ! L'entreprise fait figure de pilote au sein du groupe pour la mise en place de la veille.
- objectifs
Les objectifs ont été définis par 4 départements concernés par la veille : les départements marketing, recherche, développement, et marketing-achat.
 
Il s'agit de :
- Faire un état des lieux des technologies et des axes de R&D des concurrents (du ressort des départements : marketing, recherche, marketing-achat).
- Surveiller l'émergence des nouvelles technologies et leur impact sur les produits de l'entreprise (marketing).
- Anticiper les nouveaux entrants - les nouveaux concurrents (marketing).
- Parfaire la connaissance de l’environnement et de son évolution au niveau des normes, des réglementations, des programmes futurs nationaux et européens… (marketing).
- Rechercher des partenaires (recherche).
- Etudier les modes de financement (de l'Union européenne, du gouvernement américain…) et détecter les thèmes susceptibles d’être entendus (recherche, développement).
- Assurer un bon accès à l’information : sources formelles et informelles. Tout type d'information : technique, politique, financier… (recherche, développement, marketing achat).
- Réaliser des analyses concurrentielles et des études de marché mondiales (marketing, développement).
- Déterminer les besoins "actuels" et futurs concernant les fonctions achetées (marketing-achat).
- Connaître les besoins en fonctions achetées sur les projets, et programmes futurs (marketing-achat).
- effectifs
Une personne : mon interlocuteur.
- organigramme de la veille
Aucun.
Les sujets de veille sont déterminés à la direction du groupe. Par contre, les orientations scientifiques / techniques (au sein de ces sujets) sont du ressort de mon interlocuteur assisté des experts de l'entreprise.
Soutien de la direction
 
- implication de la direction
L’activité de veille était soutenue par le directeur de la recherche de l’entreprise. Avec son départ et la réorganisation de l’entreprise, il n’y a plus de soutien.
- détection des besoins
La direction de l’entreprise donne les sujets de veille.
- implication du personnel
Oui, les experts (9 en tout) acceptent de participer au processus de veille et donnent de leur temps. Mais en contrepartie, ils reçoivent un certain nombre d’informations triées, et envoyées à fréquence régulière.
- formations, sensibilisation du personnel
Non.
Structure
 
- nombre et répartition des entités de veille
- domaines de veille
Effectif : un veilleur.
Domaines de veille : Veille technologique, concurrents, produits ponctuelles, en dehors des sujets « de fond ».
- coordination
 
 
Présentation des différentes étapes du cycle de l’information.
 
Soutien de la hiérarchie
 
Détection des besoins ?
Une analyse des métiers et des produits est réalisée. Il en découle un classement par importance stratégique des axes de surveillance.
Collecte
Les différentes sources utilisées :
- Revues, actes de colloques …
- Base de donnée Dialog.
- Internet.
 
Concernant internet, les outils informatiques utilisés sont :
- des méta-moteurs, tous sont gratuits et en ligne.
- des agent de surveillance (E-catch).
- des outils spécialisés, dont Knowledgist qui fait de l’analyse sémantique (édité par Invention-Machine) et qui est en cours de test.
 
Selon le type de recherche l’importance des différentes sources varie.
Traitement
Un premier tri est effectué par mon interlocuteur, puis les informations sont envoyées à un groupe d’experts qui en étudient l’intérêt selon une grille de notation pré-établie.
Diffusion
Les informations importantes sont synthétisées dans une lettre d'information mensuelle. Des "roadmaps" et/ou dossiers de synthèse sont réalisés et mis à jour régulièrement.
 
La messagerie sert d'unique canal de transmission des informations.
Les informations sont diffusées par le veilleur, et transmises :
- aux experts,
- aux groupes de travail,
- aux chefs de service concernés,
- aux directeur(s) R&D.
 
Pour l’instant mon interlocuteur pousse l’information vers les experts, et le retour est informel. Ces derniers partagent l’information (entre eux et en présence du veilleur) de manière informelle en réunion mensuelle.
Pour qu’il y ait un véritable échange formel d’information, ce que souhaite mon interlocuteur, cela demanderait plus de moyens (support et base de donnée), et surtout que l’action « Veille » soit officialisée. Ce qui pour l’instant n’est pas le cas.
Mémorisation / capitalisation
Pour l'instant il n'y a pas d'outil particulier.
Documentum I-Team est prévu pour la fin de l’année.
 
Réflexion sur la corrélation entre "besoins de veille" et "système de veille"
 
Indicateurs d'évaluation de la veille au niveau de l'entreprise
Oui, il existe une grille de notation des informations et une matrice de valeur ajoutée associée.
Points forts, et points faibles de l'organisation
Points forts :
- Experts très impliqués.
- Méthode de travail simple.
 
Points faibles
- Métier non encore reconnu au niveau de la direction de l'entreprise.
Corrélation entre besoins et système de veille
La veille apporte un grand plus aux opérationnels qui ont une vision de ce qui se passe à l’extérieur. Elle apporte aussi le même niveau de connaissance aux décideurs (par le biais de la lettre mensuelle). Les programmes de R&D sont en effet proposés par les opérationnels, validés et budgétés par la direction du groupe sur des critères de concurrence, de risque, de marché etc…
La direction du groupe a un réseau d’information politique, et c’est par la politique que s’obtiennent des affaires. La veille groupe doit donc s'adapter à cette donnée. Il y a un réseau de 60 personnes (dans tous les pays où le groupe est présent) chargé de surveiller les marchés et l’activité des concurrents, et d'en informer la direction générale du groupe.
 
Par contre, une veille technologique doit être menée au sein des branches d'activités car au niveau technologique il y a une marge de progression.
 
Mon interlocuteur ne sait pas comment la veille est menée dans les autres branches du groupe, et a peu d'information sur ce qui est réalisé au niveau corporate.
 
Par Jerome Bondu - Publié dans : Benchmarking IE
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Dimanche 23 décembre 2007 7 23 /12 /Déc /2007 22:10
Extrait de la thèse professionnelle de Jérôme Bondu, portant sur un "benchmarking des pratiques d'intelligence économique" (voir les autres descriptions d’entreprises). 
Vous trouverez ci-dessous le compte rendu d’entretien de l’entreprise P
 
 
Présentation des besoins de veille
 
Présentation générale de l'entreprise
Chiffre d’affaires : plus de 10 milliards d’euros.
Culture de l'entreprise.
La culture de l’entreprise est axée technique et scientifique.
L'horizon de temps est assez long : pour certaines applications, entre l'idée d'un nouveau produit et son utilisation commerciale, des années passent. Dans d'autres cas, le délai entre la recherche et la mise sur marché est plus court. La durée de commercialisation est parfois très longue.
Environnement concurrentiel.
L'environnement concurrentiel est mondial. Selon les domaines la concurrence est plus ou moins agressive.
Présentation de l'interlocuteur
Mon interlocuteur est responsable d'une unité de recherche, ainsi que des systèmes d'information et de documentation qui y sont rattachés (équipe de 5 personnes).
Le centre de recherche dans lequel il travaille est le principal laboratoire de recherche du Groupe. Il a un budget d’environ 30 millions d’euros et emploie plus de 300 personnes.
Mon interlocuteur est ingénieur physicien de formation.
 
Présentation du système de veille général :
 
Description du système de veille / IE
Le compte rendu s’attache uniquement au centre de recherche et non à la totalité du groupe.
- origine, création
La veille technologique est mise en place depuis plusieurs décennies au centre de recherches et au service de propriété industrielle.
- objectifs
Objet : Informer les chercheurs du centre sur les nouveaux développements scientifiques et technologiques dans l'environnement du Groupe, en ce qui concerne leurs axes de recherche.
- effectifs
Il y a trois documentalistes-veilleurs dans l'unité de recherche. En outre tous les chercheurs du centre de recherche (environ 90) pratiquent la veille dans leur domaine.
- organigramme de la veille
Il n'y a pas d'organigramme formel. Mais des missions ponctuelles sont définies. Les chercheurs ont le rôle d'expert analysant l'information recueillie par les veilleurs-documentalistes et la transmettent, selon les cas, aux clients de la recherche.
Soutien de la direction
 
- implication de la direction
La direction demande de tenir compte et de rechercher l'état de l'art pour les grands axes de la recherche pratiquée, ainsi que pour chaque projet.
- détection des besoins
Oui, pour les grandes lignes.
- implication du personnel
Oui, essentiellement des chercheurs qui doivent connaître l'état de l'art et les évolutions probables dans leurs domaines de recherche, pour les projets en cours et les propositions de nouveaux projets.
- formations, sensibilisation du personnel
Essentiellement non formelle, par contact entre veilleurs-documentalistes et chercheurs
Structure
 
- nombre et répartition des entités de veille
- domaines de veille
Pour le centre de recherche, l'unité de recherche centralise la recherche et la diffusion de l'information. Cela n’est pas généralisé, et chaque entité du Groupe a ses propres pratiques.
 
Les domaines de veille sont essentiellement technologiques (scientifique, technique, produits et méthodes des concurrents), mais aussi normative, pour une petite partie réglementaire, juridique, économique.
- coordination
Par les clients de la recherche dans le Groupe.
- mécanisme de circulation des informations
- Entre divisions et chercheurs du centre de recherche : par des réunions et les projets.
- Entre les chercheurs du centre de recherche et de l'unité de recherche : par des contacts personnels et la diffusion par courrier papier ou électronique.
 
Présentation du centre de recherche
 
 
Le centre de recherche
Soutien de la hiérarchie
Oui, pour les grandes lignes et la demande de connaître l'état de l'art avant le démarrage d'un nouveau projet.
Le personnel chercheur est généralement bien impliqué et demandeur.
Détection des besoins
Par des contacts entre les clients de la recherche et les chercheurs d'une part, entre les chercheurs et les veilleurs-documentalistes d'autre part (discussion, participation à des réunions, retour sur la pertinence de l'information fournie).
Collecte
Parcours de revues, analyse de résumés de brevets récents, recherches en ligne et sur Internet, comptes-rendus de visite et de congrès. L'utilisation de bases de données est primordiale.
Pour la recherche sur internet, les outils utilisés sont les suivants : Copernic, BullsEyes, Tierra Highlights2 (outil qui envoie un message d'alerte lors de modification de pages internet).
Traitement
En première ligne par les veilleurs-documentalistes selon leurs connaissances des intérêts des chercheurs dont ils ont la charge, ensuite par les chercheurs.
Les informations brutes mais triées sont analysées par les chercheurs, soit individuellement, soit en équipe.
Diffusion
Les différents canaux de diffusion sont :
- En premier lieu les contacts personnels, par téléphone, courriers papier et électronique,
- Divers outils informatiques ont été mis en place en coopération entre les veilleurs-documentalistes et les informaticiens.
Mémorisation / capitalisation
Dossiers papiers ou bases de données par domaine ou par équipe. L'unité de recherche aide à mettre des bases locales en place et maintient et alimente des bases par domaine.
 
Réflexion sur la corrélation entre "besoins de veille" et "système de veille"
 
Indicateurs d'évaluation de la veille au niveau de l'entreprise
Oui, par enquête annuelle et retour d'info pour chaque information envoyée sur papier ou par mail.
Points forts, et points faibles de l'organisation
La proximité des différents acteurs et la bonne entente qui règne entre les équipes sont un des points forts. Tous sont sur un même site et entretiennent des contacts personnels.
Par contre, il y a un manque de structure et de formalisation des activités de veille.
La veille ou l'IE, telle qu'elle est appliquée, répond-elle bien aux besoins de l'entreprise ?
En général oui, selon les enquêtes.
Par Jerome Bondu - Publié dans : Benchmarking IE
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Dimanche 23 décembre 2007 7 23 /12 /Déc /2007 22:08
Extrait de la thèse professionnelle de Jérôme Bondu, portant sur un "benchmarking des pratiques d'intelligence économique" (voir les autres descriptions d’entreprises). 

Vous trouverez ci-dessous le compte rendu d’entretien de l’entreprise O

 

 
Présentation des besoins de veille
 
Présentation générale de l'entreprise.
CA : plus de 10 Milliards d'euros.
L'entreprise est leader mondial pour quelques-uns de ces produits.
L'entreprise a une structure matricielle classique : directions fonctionnelles et branches opérationnelles (elles-mêmes divisées par sous produits et/ou par zones géographiques).
Culture de l'entreprise.
- Un des vice-présidents supervise la recherche.
- Forte augmentation du périmètre de l'entreprise par croissance externe. L'entreprise est désormais fortement internationalisée.
- Approche par projet.
Environnement concurrentiel.
Le secteur a vu, et est en train de vivre une forte concentration.
Présentation de l'interlocuteur
Mon interlocuteur intégré au sein de la direction marketing corporate (direction fonctionnelle), est responsable (avec titre de directeur) de diverses activités pour le groupe :
- veille technologique et concurrentielle sur les produits,
- étude sur la normalisation et l'environnement produit. Cette activité s'apparente plus ou moins à du lobbying.
 
Il a mis en place le département veille (réflexion courant 1996 et mis en place courant 1997). Son rôle est d'accompagner les projets sur leurs aspects veille technologique et concurrentielle. Cela consiste à :
- Sélectionner des projets corporate sur lesquels des activités de veille vont être menées.
- Définir et réaliser (ou faire réaliser par son équipe) des études de veille. Ceci jusqu'à ce que le produit entre dans une phase de commercialisation.
- Transférer les résultats et la méthodologie de la veille au niveau des branches en charge de la commercialisation du produit. Ces derniers poursuivront une veille commerciale et concurrentielle.
 
Mon interlocuteur se considère comme un prestataire de service dans le cadre général du développement produit.
 
Présentation du système de veille général :
 
 
Cette description ne prend en compte que la veille réalisée par le département marketing corporate.
- origine, création
A la suite d'une demande du vice-président, il y a eu une réflexion sur le rôle que pourrait jouer une veille scientifique et concurrentielle. Il a été décidé que la veille se ferait sur des sujets ciblés, pour éviter une veille "tout azimut" qui serait pauvre en applications concrètes.
Le département de veille (technologique et concurrentielle) a été placé à la direction du marketing.
- objectifs
L'objectif du département veille est d'être en appui à une équipe projet et de prendre en charge les aspects veille technologique et concurrentiel. Une fois le produit (issu du projet) en phase de commercialisation, le département veille, transfert à la branche concernée les résultats et la méthodologie pour prolonger la veille.
 
Parallèlement, une réflexion est menée pour développer et optimiser une méthodologie, des méthodes et des outils de veille.
- effectifs
Quatre personnes constituent le département veille, chacun travaillant à mi-temps ou 3/4 temps : Un directeur (mon interlocuteur), deux chargés d'études et une assistante (ce qui totalise en tout l'équivalent de deux personnes 1/2 à plein temps). Ce faible effectif est compensé par un important travail en réseau. Les trois veilleurs (le directeur et les deux chargés de veille) sont intégrés à des projets. Ils constituent alors une équipe de veille par projet d'environ dix personnes.
- organigramme de la veille
Il n'y a pas d'organigramme formel. Il existe un département veille, dont les membres sont intégrés à des projets corporate.
Soutien de la direction
 
- implication de la direction
Oui. La veille a été initiée et est soutenue par un vice-président.
- détection des besoins
 
- implication du personnel
 
- formations, sensibilisation du personnel
La veille marketing corporate est effectuée par et pour les cadres dirigeants de l’entreprise. Les informations sont issues de sources formelles et des réseaux des veilleurs, et alimentent la réflexion autour de la construction des projets. Le nombre de personnes impliquées est inversement proportionnel à leur statut dans l’entreprise (les chefs de projets, quelques directeurs…).
 
L'objectif de la veille concurrentielle produit est d'être effectuée dans les branches. Cette veille n’est pas décrite dans ce compte rendu.
 
Des formations sont réalisées pour les membres des équipes de veille intégrés aux projets. Ces formations relèvent plus du conseil (voire du dépannage) en hot line que d’une formation « formelle ». Mon interlocuteur remarque que c'est quand une personne peine à collecter ou traiter une information, et "qu'elle décroche son téléphone pour connaître la méthode la plus efficace" que les conseils prodigués sont vraiment intégrés.
Mais ceci est possible car les équipes de veille sont réduites (moins de 10 projets menés en même temps, comprenant chacun environ 10 personnes).
Structure :
 
- nombre et répartition des entités de veille
- domaines de veille
La veille technologique et concurrentielle est assurée par un département de 4 personnes. Le responsable a un titre de directeur.
 
Les autres structures sont :
- la veille concurrentielle, assurée au sein des branches,
- la veille marché et concurrentielle, rattachée à la direction de la stratégie,
- le service brevet et le service documentation, qui travaillent pour l'ensemble des chercheurs et pour la veille.
- coordination
 
 
 
Présentation de la conduite de la veille technologique et concurrentielle au sein d'un projet.
Présentation
Il y a moins de 10 projets suivis par les membres du département veille.
Le directeur de la veille reçoit des demandes de la direction. Il met alors en place une équipe veille pluridisciplinaires constituée approximativement : du chef du projet, d'un animateur, d'une personne chargée du développement, du marketing, de la recherche, de la réglementation, des brevets, de la documentation, de l'analyse.
La personne du département veille qui suit le projet y consacre environ 25% de son temps.
Soutien de la hiérarchie
Outre le soutien du vice-président, mon interlocuteur note que les chefs de projet qui réussissent à amener leur projet en phase de commercialisation sont les meilleurs promoteurs de la veille.
Détection des besoins
Le département veille répond toujours et uniquement à des demandes :
- demande issue d'un chef de projet, pour accompagner le projet dans son développement,
- demande issue d'un cadre de l'entreprise, pour une étude de veille ponctuelle (il y a environ une demande de ce type par mois).
 
Actuellement, il y a beaucoup de sollicitations. Ce qui conduit le directeur du département à traiter les sujets à enjeux majeurs. Le projet doit être structuré. De plus, il doit être "sponsorisé" par un membre du comité directeur.
Collecte
En matière de collecte d'information, la faiblesse numérique du département veille est compensée par le fait que les veilleurs, intégrés à un projet, et leurs équipes, font très largement appel à leurs réseaux.
Les équipes de veille qui constituées pour porter un projet sont pluridisciplinaires. Chacun agit comme un capteur d'information dans son domaine de compétence. Tous (à part les personnes en charge des brevets, de la documentation et de l'analyse) sont choisies et intégrées à l'équipe veille au sein du projet notamment pour leur capacité à tirer partie de leur réseau (mis à côté la nécessité première d'avoir un niveau d'expertise optimal).
 
Les sources d'informations formelles sont :
- le centre de documentation,
- le service brevet,
- les bases de données métier,
- la cellule analyse concurrentielle des produits.
 
Les sources d'information informelles sont :
- les responsables commerciaux,
- toutes les personnes rencontrées lors des diverses réunions, salons, congrès…
 
Les remontées d’information terrain sont très difficiles. Cela demande une présence et des sollicitations constantes.
 
Des outils informatiques classiques sont utilisés : Copernic, DigOut4U. Des outils ont été testés, notamment Sampler. Des formations sur ces outils existent pour les membres des équipes veille.
Concernant l’utilisation possible d’outils intégrés de veille, mon interlocuteur reste interrogatif.
Il a parfois des études de veilles ponctuelles, sur des sujets particuliers et en dehors du scope habituel, à traiter dans un laps de temps assez court. Les outils qui tirent leur force de la constitution d’une base de connaissance ne peuvent pas être utiles dans ce cas. Car on ne peut refaire une nouvelle base de connaissance pour traiter un sujet qui doit être finalisé en 48 heures. Le meilleur rapport "temps passé / qualité de l’information obtenue / coût" reste à ses yeux les moteurs de recherche classiques du web.
Mon interlocuteur précise qu’il insiste pour n’avoir que de l’information sur support électronique. Cela permet de classer, dupliquer, retrouver l’information avec beaucoup plus de facilité qu'avec le support papier.
Traitement
Tout est organisé par projet, et les éléments listés ci-dessous sont répliqués à chaque projet :
 
Une méthode de travail participative est organisée autour de Lotus Notes. Il existe un forum de discussion, et une liste de diffusion (restreints aux membres de l'équipe veille travaillant sur un même projet).
 
Une réunion d’une demi-journée est organisée tous les deux mois. L'organisation suivante permet d’assurer une bonne productivité des réunions :
- Avant la tenue de la réunion, une pré-analyse, réalisée par le chargé de veille intégré au projet, est envoyée aux membres de l’équipe veille, pour discussion sur le forum avant la réunion.
- La réunion sert alors de validation des axes de recherche en partie décelés avant la réunion.
- Après la réunion, le chargé de veille fait une analyse (synthèse) de ce qui s’est passé sur la période écoulée. Cette analyse est diffusée sur deux supports : le bulletin d’information, et la base de donnée veille du projet (voir ci-dessous).
Diffusion
Là encore, tout est organisé par projet :
- Toute information importante est envoyée en alerte sur la messagerie personnelle des intéressés.
- Un bulletin d’information est réalisé tous les 2 ou 3 mois.
- Un rapport pour la direction est édité tous les 6 mois.
- Tous les documents émis sont stockés sur la base de donnée.
- Le site intranet de la veille est accessible en deux clics, à partir du portail d'accueil général.
Mémorisation / capitalisation
Une base de donnée veille regroupe tous les documents émis dans le cadre des projets (bulletins, rapports semestriels, analyses…). Ces documents sont archivés et sont retrouvables via un moteur de recherche. Cette base contient de 500 à 1000 documents par projet.
 
Réflexion sur la corrélation entre "besoins de veille" et "système de veille"
 
Indicateurs d'évaluation de la veille au niveau de l'entreprise
Il n’y a pas d’indicateurs, mis à part une enquête (sondage) réalisée auprès des utilisateurs de la veille, et le compte du nombre de documents émis.
 
Il n’y a pas de calcul de rentabilité de la veille. La veille n’est pas dans une démarche de justification.
 
La veille réalisée est peu connue dans l'entreprise. Mon interlocuteur a espoir que ce service se développe.
Points forts, et points faibles de l'organisation
Points faibles :
1- Lorsqu'un projet arrive en phase de commercialisation, la veille opérée par le département veille est transférée à la branche qui va commercialiser le produit. Ce transfert ce fait au niveau du contenu et des méthodes. Or la greffe est souvent difficile. Il n'est pas rare que le chargé de veille soit "rappelé" au sein de la branche pour assurer le passage du témoin sur une plus longue durée.
2- La remontée d’information (en particulier des commerciaux) est à améliorer. Mon interlocuteur reconnaît la richesse que peuvent représenter des informations systématiquement remontées de tous employés de l'entreprise. Néanmoins, cela implique de motiver les employés, et donc de mettre en place une organisation à part entière (notamment de se faire connaître, et donc d’aller à leur rencontre).
3- L’organisation de veille mise en place correspond à des projets nationaux. Il faudrait une autre organisation pour pouvoir faire face à l’éloignement des acteurs dans le cas de projets internationaux. La visioconférence a été utilisée mais ne donne pas de résultats satisfaisants. Mon interlocuteur insiste sur l’importance d’avoir un contact direct, et voir et rencontrer les personnes avec qui l'on travaille.
4- Des formations "formelles" sont à mettre en place.
 
Points forts :
1- Avoir un soutien haut placé (soutien du vice-président). D’autre part, la direction générale et les chefs de projet ont été convaincu qu’ils ont besoin d’une structure de veille.
2- Assurer une bonne combinaison des informations formelles et informelles, et bénéficier de la qualité des réseaux de chaque membre des équipes de veille.
3- Avoir mis en place un travail en équipe pluridisciplinaire.
4- Avoir formalisé le processus de veille.
Corrélation entre besoins et système de veille
Le département de veille a plus de demande qu’il ne peut en satisfaire.
 
Par Jerome Bondu - Publié dans : Benchmarking IE
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