Présentation

Flux RSS

 Paperblog : Les meilleurs actualités issues des blogs

Add to Jamespot  http://www.wikio.fr Follow jeromebondu on Twitter

W3C

  • Flux RSS des articles

Intelligence Economique

Mardi 24 juillet 2007 2 24 /07 /Juil /2007 08:21

Compte-rendu de la conférence du Club IES sur le thème "CREER SON ENTREPRISE !"
Conférence organisée le 17 juillet 2007 par les Club Intelligence Economique & Club Entrepreneurs de l’AAE IAE de Paris.
Compte rendu rédigé par Jérôme Bondu, Président du Club IES.

 


Présentation du thème

La création d’entreprise est un élément clé de la richesse d’un pays, et en même temps une aventure passionnante pour celui qui la mène. Mais qui sont les créateurs ? Quels sont leurs parcours, leurs motivations, et les difficultés rencontrées ?

Cette conférence fera intervenir des jeunes créateurs qui ont en commun d’avoir complété leur formation initiale par l’IAE, et d’avoir été intéressé par la dynamique d’intelligence économique.

Chacun a présenté en 15 minutes sa vision : de la création d’entreprise, des difficultés rencontrées, des réussites, et aussi de l’intérêt des outils d’intelligence économique.

 

Prochains rendez-vous du Club IES

Le Club IES de l’AAE IAE organise en partenariat avec Lexis Nexis un cycle de conférences sur la gestion des risques, qui verra les interventions :

En septembre, de M. François Werner, inspecteur général des finances, Directeur de TRACFIN (Traitement du Renseignement et Action Contre les Circuits Financiers Clandestins).
Il présentera le rôle et l’organisation de TRACFIN.

En octobre, de M. Jean-Michel Lavoizard, Directeur du bureau de Bruxelles de la compagnie de competitive intelligence & risk management DILIGENCE International LLC www.diligencellc.com
Ancien officier des forces spéciales, sa dernière affectation a consisté à créer le premier poste français au sein du bureau Opérations spéciales de l'état-major stratégique opérationnel de l'OTAN (SHAPE, Belgique).
Il présentera des cas de « due diligence » a l'international.

En novembre, de M. Thibault du Manoir de Juaye, Avocat à la Cour.
Ancien auditeur de l'IHESI et de l'IHDEN (IE), il est en outre rédacteur en chef de la revue "Regards sur l'Intelligence Économique", dont il est l'un des fondateurs.
Il présentera comment s'appuyer sur des stratégies judiciaires dynamiques pour protéger l’entreprise.

Pour vous inscrire, reportez vous à l’agenda de l’AAE IAE http://www.iae-paris.org/

Pour toutes informations, contactez :
Jérôme Bondu jeromebondu@hotmail.com  http://jerome-bondu.over-blog.com/
Président du Club IES, www.iae-paris.org/gene/main.php?base=3/5/1/8
Solutions Consultant, Lexis Nexis, http://www.lexisnexis.fr

 

Présentation des intervenants
Dans l’ordre d’apparition :
Cyril Golovtchan est créateur de Promorama, site de vente par correspondance de produits Hi-Tech.
Damien Leblond est co-fondateur de Sélescope, cabinet de recrutement.
Martine Bertrand est créatrice de Mine d’Art, société de communication.
Bruno Barandas est créateur de , société de conseil en marketing.

Tous sont passés par l’IAE avant de créer leur entreprise.

 

Cyril Golovtchan est créateur de Promorama, site de vente par correspondance.
http://www.promorama.fr
cgolovtchan@actugame.fr
Profil : Co-auteur du jeu « Maître du Monde » www.maitredumonde.fr . 34 ans

Sa création
Le site Promorama est un site de vente à distance d’appareils Hi-Tech. Le panier moyen est à 2 000 euros. Le CA avoisine les 1,2 millions d’euros.
Un élément clé dans ce type d’entreprise de vente par correspondance est de rassurer le consommateur. L’atteinte de cet objectif est une préoccupation constante. Au début de l’entreprise cela s’est notamment concrétisé par le rappel par téléphone de tous les clients pour demander une évaluation du service. M. Golovtchan a insisté aussi sur la satisfaction clientèle qui est essentielle.
Le remboursement en cas de non satisfaction est automatique. Vouloir gagner un peu de fonds de roulement en allongeant délais de remboursement est contreproductive, nous affirme l’intervenant.

Ses réussites et difficultés
Un des enseignements de cette création a été la prise de conscience de l’importance des forums de discussion sur internet. Des messages négatifs sur les produits ou services peuvent être réellement « destructeur ».
Cette réflexion sur les forums a induit une implication sur les « prescripteurs ». Un prescripteur est une personne dont « l’avis » est écouté et qui fait autorité sur un domaine. M. Golovtchan a dit avoir approché des prescripteur pour mieux connaître leur mode de fonctionnement et mieux cerner les moyens de mettre à profit cette dynamique de recommandation sur internet.

Sa vision de l’IE
A la création de l’entreprise, un benchmark (étalonnage concurrentiel) poussé des solutions concurrentes a été mené. Ce benchmark « fermé » c'est-à-dire sans relation ouverte avec les concurrents a été mené avec minutie. Le processus classique vise à :
- fixer des critères de comparaison,
- collecter les informations sur les concurrents,
- et les comparer avec les relevés en interne. Cela permet d’améliorer la performance de l’entreprise au travers d’indicateurs objectifs.
La collecte des informations est un des points les plus délicats du processus. Dans un respect total de la légalité, on peut téléphoner à un concurrent pour se renseigner sur leurs services s’il n’y a pas d’usurpation d’identité. La récolte d’informations de stagiaires ayant exercé dans une entreprise concurrente est aussi toujours riche d’enseignements.

 
 
Damien Leblond est co-fondateur de Sélescope, cabinet de recrutement
http://www.selescope.com
damien.leblond@selescope.com
Profil : ex-militaire (Marine Nationale), pilote d’hélicoptères.

Sa création
M. Leblond a créé la société Selescope avec un associé il y a environ 1 an. La société est rentable dès le premier exercice. Une vingtaine de clients font déjà confiance à Selescope pour le recrutement, la sélection et l’évaluation du potentiel de leurs cadres et dirigeants. Les prestations réalisées s’adresses aussi bien aux PME qu’aux grands groupes.

Ses réussites et difficultés
M. Leblond insiste sur l’importance de la volonté dans la création d’entreprise. En tant que consultant RH il voit beaucoup de chercheurs d’emploi qui envisagent la création par dépit, car ils ne trouvent pas de travail.
Dans son cas, la création de son entreprise est à la confluence de deux facteurs : d’abord une forte volonté des fondateurs. Ensuite, le support de ses anciens clients, qui l’ont incité à se lancer dans l’aventure. Ce sont eux, raconte M. Leblond, qui leur ont fait prendre conscience de leur approche particulière, de leurs spécificités, de leur valeur en tant que personne, qui était indépendant de la valeur de l’enseigne dans laquelle ils travaillaient. Cela a été l’élément déclencheur pour se mettre à leur compte.

Les difficultés proviennent parfois de domaines inattendus.
- En l’occurrence, les fondateurs de Selescope ont été soutenus dans la phase de préparation par une connaissance. Le recrutement de cette personne, un temps envisagé pour assurer le back-office, n’a finalement pas abouti. Et l’intervenant de noter avec humour que « les cordonniers sont les plus mal chaussés ».
- M. Leblond conseille aussi de ne pas trop se fier aux conseils de personnes extérieures. Lors de la création de la structure, beaucoup de choix ont du être opérés, et ils ont souvent pris les contre pieds des conseils classiques qu’on leur a prodigués. L’important est de prendre les décisions qui correspondent aux objectifs des fondateurs.
Parmi leurs réussites, l’intervenant insiste sur le fait d’avoir réussi à créer de la valeur, sur un marché très concurrentiel, en se distinguant de la majorité des intervenants du secteur. L’approche de Selescope, centrée sur l’évaluation de la personnalité et la mesure l’adéquation homme / poste, ne laisse pas indifférent les prospects, habitués à rencontrer des « traders de CV ». Le candidat est replacé au cœur du recrutement. Enfin, et surtout, avoir privilégié les clients, ne penser l’action que pour les clients (entreprises et candidats !). Si la réflexion est importante, l’action et la capacité à générer des revenus est primordiale. Ce qui l’amène à s’exprimer sur sa vision de l’IE.

Sa vision de l’IE
M. Leblond voit l’IE plus comme un outil de réflexion, là ou la TPE a besoin d’action. Néanmoins, il pense avoir intégré la culture de l’IE :
- Il dit toujours être à l’affut d’informations. Aucune journée se finit sans que son associé ou lui ne ramènent de nouvelles informations pouvant déboucher sur des opportunités d’affaires.
- Cette « écoute de son environnement » est plus une disposition, une culture que le résultat d’un enseignement.
- Il n’y a pas d’outil d’IE utilisés si ce n’est le paramétrage d’alertes sous google.
 


Martine Bertrand est créatrice de Mine d’Art, société de communication.
www.mine-d-art.com
prod@mine-d-art.com
Profil : Master de Physique Théorique Nucléaire au Canada, et chanteuse . 31 ans

Sa création
Dans la création de Mine d’Art, Martine Bertrand insiste sur l’importance de transmettre des valeurs : participer à la création d’une Société (au sens de la cité) plus responsable, être maître de son destin, et aller jusqu’au bout de ses projets. La société de production qu’elle a fondé, propose la création de supports de promotion depuis la réalisation de sites internet jusqu’à la production cinématographique.
La créatrice se trouve dans un domaine où la difficulté majeure est de se faire connaître au sein d’une offre pléthorique. Avec des moyens financiers limités, elle s’investit d’une part dans les outils sociaux : viadeo, LinkedIn, Ziki http://www.ziki.com/fr/people/minedart . Et d’autre part dans l’organisation de rendez-vous réguliers, intitulés « Apéro Mine d’Art ». Ces rendez-vous attirent plus d’une centaine de personnes de tous horizons http://www.lesaperosmeethiques.net/

Ses réussites et difficultés
Mlle Bertrand dit avoir créé son entreprise pour être indépendante, mais l’indépendance a ses revers :
- L’indépendance financière qu’elle a choisie, par exemple, ne lui permet pas un développement aussi rapide qu’elle l’aurait voulu.
- L’indépendance de décision, puisqu’elle travaille seule (même si elle est entourée d’un réseau de contacts) ne lui permet pas de confronter (conforter) ses décisions avec des collègues. Cette « solitude du décideur » requiert une certaine force de caractère.

Toute activité génère des oppositions. Dans le cadre de sa création, Mlle Bertrand a déjà eu à subir les affres de la concurrence. Le nom initial choisi pour ses rendez-vous réseaux étant trop proche d’une marque déposée, elle a du modifier sa communication.

Enfin, le fait d’être une femme dans un milieu d’hommes ne facilite pas les choses. Des rapports purement professionnels ne sont pas facile imposer, quand elle a en face d’elle des personnes qui cherchent à glisser vers une relation amicale, voir plus.

Sa vision de l’IE
Sa pratique de l’IE consiste dans la constitution d’un large carnet d’adresse, une veille concurrentielle constante, et des principes de sécurisation de ses informations. Elle dit par exemple travailler sur deux ordinateurs différents, dont un n’est jamais connecté à internet. C’est le seul moyen de prévenir des tentatives d’intrusion et de destruction de données. Dans le même ordre d’idée, le wifi, système de connexion sans fil, est à proscrire sur le stricte plan de la sécurité.

On sent chez cette créatrice « créative » le bonheur de vivre aventure passionnante.

 
Bruno Barandas est créateur de Neovacom, société de conseil en marketing
http://www.neovacom.com
b.barandas@neovacom.com
Profil : marketing et communication, sérial entrepreneur. 35 ans

Sa création
Bruno Barandas est le seul des intervenants a avoir un passé d’entrepreneur. Il a alterné des postes de salarié dans des grands groupes internationaux, avec des créations d’entreprises qu’il a ensuite renvendues.
Sa dernière création est une société de conseil en « Innovations Marketing ». Chaque innovation donne lieu à la création d’une société dédiée. M. Barandas est ainsi fondateur de :
- Visualead, société de tracking BtoB sur Internet http://www.visualead.fr .
- Visuabag, régie publicitaire de sacs de caisse biodégradables  http://www.neovacom.fr  .

Ses réussites et difficultés
Lors de ses différentes expériences dans des grands groupes, M. Barandas a souvent découvert des idées pouvant déboucher sur des marchés de niche. Les développer en interne peut être long et fastidieux. Tandis que les développer par le biais d’une création de société peut être payant sur de nombreux tableaux. Allant droit au but, l’intervenant évoque la pyramide de Maslow et le besoin de « réalisation de soi ». Le choix de « donner du sens à sa vie » est au cœur de ses motivations.

Les difficultés qu’il a rencontrées sont de trois ordres :
- D’une manière générale, il rappelle qu’innover c’est choisir la difficulté. Parce que l’innovation c’est proposer un nouveau produit ou service, c’est donc sensibiliser à quelque chose qui n’existait pas, faire naître un besoin là où il n’y avait rien, parfois utiliser des mots nouveaux. Les créateurs ont forcément une vision différente, et sont -dans un sens- des gens à la marge.
- Il évoque ensuite la difficulté de savoir s’entourer. « On en peut pas être bon partout », le rôle du chef d’entreprise est aussi de savoir déléguer les compétences qu’il ne maîtrise pas.
- Enfin, la capacité de savoir décider et trancher n’est pas évidente, surtout quand on a un tempérament qui tend aux décisions collégiales et à la participation. Une société requiert un chef et la fixation de directions claires.

M. Barandas a mis en exergue quelques points clés :
- L’importance de la force de vente, car une petite structure a besoin de rentrées d’argent régulières. Le fait d’être créateur, et souvent avec un titre de Président, ne doit pas donner l’illusion que l’on est à l’abri de la prospection. Le PDG doit être le premier à donner l’exemple et doit participer à l’effort commercial.
- La gestion de la trésorerie est une préoccupation constante.
- Enfin, tout cela nécessite d’avoir énormément de convictions et de ténacité.

Sa vision de l’IE
L’intervenant insiste sur le rôle essentiel du « back office » client comme source d’informations. La recherche sur internet étant devenu un réflexe, il est aussi important de gérer sa visibilité sur la toile. Enfin, l’appui sur les partenaires et les réseaux permettent de débloquer des situations.
 

Conclusion

On a retrouvé aux travers des quatre interventions des éléments récurrents :
- La difficulté de trouver des collaborateurs. Sans doute liée à la rigidité de la législation en vigueur dans le domaine des ressources humaines.
- La difficulté de prendre des décisions. Soit parce que l’on est seul. Soit parce que l’on est nombreux.
- L’importance d’internet à toutes les étapes de la vie de l’entreprise, que ce soit pour la veille concurrentielle et le benchmarking, la recherche de prospects, la gestion de sa visibilité, …
- Un certaine défiance envers les principe de l’IE, ou du moins sa présentation théorique. Car tous à des degrés divers pratiquent les principes de l’IE.
- Enfin, tous ont affirmé l’importance de donner du sens à leur action, et l’importance de la motivation.

Compte rendu rédigé par Jérôme Bondu

Par Jerome Bondu - Publié dans : Intelligence Economique
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Jeudi 19 juillet 2007 4 19 /07 /Juil /2007 02:20

Compte rendu de la conférence « Développement de l’IE en France »
Organisée par le Club IES, et animée par Jean-Louis LEVET
CR écrit par Jérôme Bondu

A la lecture de cette conférence organisée il y a plus de 6 ans (15 mars 2001), je m'aperçois que les idées développées sont toujours d'actualité.
 

Résumé de l’intervention
M. Levet a présenté dans les grandes lignes, le développement, le rôle, et la méthodologie de l'Intelligence Economique :
- Dans une première partie, après avoir rappelé que l'IE n'est pas une pratique nouvelle, il a présenté cette discipline par rapport aux autres outils de management.
- Dans un second point, il a souligné que l'Intelligence Economique prend toute sa place dans notre société actuelle, qui est fondée sur la connaissance.
- Enfin, il a présenté l'IE sous un aspect pratique : méthodologie et principes d'action.

 

Présentation de l’intervenant (lors de son intervention – entre temps ses fonctions ont changées)
Jean-Louis Levet est Chef du service du développement technologique et industriel au Commissariat général au Plan. Il est intervenu en tant que président de l'AFDIE. Il est, en outre, initiateur et directeur de la Revue d'Intelligence Economique ; Professeur associé à l'Université de Poitiers ; et responsable du cours d'intelligence économique à l'université de Paris Dauphine. Il est aussi l'auteur de nombreuses publications, dont Sept leçons d'économie à l'usage du citoyen, ed. Seuil, novembre 1999.
M. Levet va diriger la future collection ECONOMICA sur l'Intelligence Economique. Il est l'auteur du premier ouvrage de cette collection : Petit traité d'Intelligence Economique.

 

Introduction

L'IE est d'abord et avant tout un apprentissage de la modestie, car il s'agit bien d'une recherche de ce que l'on ne connaît pas.

 

I- L'Intelligence Économique : de quoi parlons-nous ?
-------------------------------------------------------


Présentation de l'IE dans une dynamique historique.
L'intelligence économique ne date pas d'aujourd'hui ! A leur époque, Marco Polo, Christophe Colomb et COLBERT ont été de véritables " veilleurs ". Loin d'être une mode, l'IE est un outil indispensable pour acquérir des renseignements et pour orienter la stratégie. L'IE peut être définie comme un travail « d'identification, de traitement, d’interprétation et de diffusion des informations utiles pour éclairer la prise de décision, de façon à orienter les stratégies ».

En France, et à l'époque actuelle, on distingue deux étapes dans l'évolution de l'IE, après le Rapport Martre :
- Jusqu'en 1997 : l'accent était mis sur l'organisation et les techniques de l'I.E.
- Depuis 1997 : (et en partie grâce au travail de l'AFDIE), l'accent est porté sur le rôle de l'apprentissage, de la coordination des systèmes d'information, de l'anticipation.
L'IE est en même temps :
- un mode de pensée : " on ne gagne plus tout seul "
- un mode d'action : " la connaissance doit se PARTAGER et non se protéger ".

Une manière de définir l'IE est de la comparer aux autres outils de management, puisque l'IE relie ces différents outils.

 

Quelle est la place de l'IE par rapport aux autres outils de management ?
- Et d'abord, quelle est la différence entre " IE " et " veille " ? Premier point, l'IE rassemble les différentes veilles, qui visent chacune essentiellement une observation de l'environnement extérieur (quel que soit le domaine). Mais l'IE va plus loin que la veille. L'IE intègre les connaissances internes de l'entreprise, et surtout considère l'entreprise et son environnement comme un tout. L'entreprise n'est pas face à un " environnement " mais partie intégrante d'un environnement qu'il s'agit de comprendre, avant de le maîtriser. De plus, la veille induit souvent un comportement de " suiveur " et relève d'une logique de soumission. On accepte implicitement d'être un temps en retard ! L'IE, par son action dans la construction des réseaux, agit sur l'environnement, et permet une meilleure anticipation. Elle est pro-active et doit être plus que de l'adaptation.
- Le benchmarking : Il s'agit d'une certaine forme de veille active.
- Le renseignement : Le renseignement utilise indistinctement information blanche (légalement accessible et éthiquement utilisable) et l'information grise voire noire (ni légale, ni éthique). L'IE se distingue radicalement de ces pratiques. Les gisements d'informations blanches suffisent largement à l'information en entreprise. L'information blanche couvre 80% des besoins informationnels en entreprise.
- Le Management des connaissances. La connaissance est un ensemble de savoirs, savoir-faire, et de potentiels d'une organisation. La gestion des connaissances est un outil de l'IE, et est même le " socle de la démarche de l'IE ".

Or notre société est une société de la connaissance. Quelles en sont les principales caractéristiques ?

 

II- L'économie actuelle, fondée sur la connaissance et l'IE
-------------------------------------------------------------------------------

Passage d'une société de l'information à une société de la connaissance

L'économie actuelle (la nouvelle économie) est caractérisée par le passage d'une société de l'information à une société de la connaissance. Les différentes étapes de ce passage peuvent être décrites comme suit :
- Diffusion de la net économie.
- Diffusion des technologies de l'information. Caractérisée, par exemple, par l'importance donnée à la connaissance du client (connaître son client pour savoir quoi lui vendre). Caractérisée aussi par un changement de la relation client - fournisseur. A titre d'exemple, avant la grande distribution entretenait des relations conflictuelles avec ses fournisseurs alors que de nos jours elle se situe dans une logique de co-construction de valeur ajoutée.
- Economie fondée sur la connaissance : la croissance n'est plus issue de la production d'un travail physique mais de la production de connaissances. Les leviers et moteurs de la croissance sont : la formation, l'éducation, la recherche.

 

Quels sont les enseignements à en tirer ?
- Dans une économie fondée sur la connaissance, le client n'est plus face à l'Entreprise mais dans l'entreprise. C'est lui qui va modifier les modes de fonctionnement de l'Entreprise.

- Le changement n'est plus un événement occurenciel, il est devenu une activité économique permanente. Par conséquent l'innovation, c'est-à-dire la capacité permanente à créer et à vendre, est devenue une nécessité.

- L'entreprise est en prise avec son environnement via son réseau, qui agit comme un capteur. Le réseau est devenu l'outil principal de l'IE, et ce de plusieurs façons : le Réseau constitue le lien entre l'entreprise et son environnement (réseaux d'entreprises, d'institutions, etc). La coordination des réseaux assure une bonne connaissance de l'environnement.

- L'entreprise doit évoluer vers une organisation apprenante caractérisée par moins de hiérarchie, plus de souplesse, favoriser le partage, la réactivité et la créativité (à ce titre, on peut résumer cette idée sous la forme " Passer d'une culture du OU à une culture du ET ").

- Passage, d'une logique d'affrontement, à une logique de complémentarité et d'alliance : " Pour les affronter, je dois coopérer avec eux ". Il y a urgence à développer des pratiques en matière d'affrontement / alliance (concept de la " co-opétition ").

Autant d'éléments qui guident et orientent la pratique de l'IE.


L'IE, en tant qu'outil de management, intervient à tous les niveaux :
- levier pour l'innovation,
- outil de construction des réseaux,
- outil de développement d'une organisation apprenante,
- outil de coopération.
Quels en sont les principes d'action ?

 


III-  Fondements méthodologiques et principes d'action
------------------------------------------------------------------------------

L'IE n'est donc pas une discipline nouvelle. La nouveauté est qu'elle s'inscrit dans la société de la connaissance. Quels en sont les pratiques et les apports pour l'entreprise ?

L'IE assure quatre fonctions essentielles en entreprise :
- Maîtriser les savoirs et savoir-faire : Il faut à la fois protéger et enrichir les savoirs et savoir-faire. Questions à se poser : Par rapport à nos objectifs, de quelles connaissances avons-nous besoin ? Quelles sont celles que nous devons maîtriser ? Quelles sont celles que nous devons acquérir ? …

- Identifier et saisir les opportunités, les risques et les menaces. Le risque majeur est l'obsolescence des savoirs et savoir-faire de l'entreprise. Les menaces sont de plusieurs ordres : attaque de l'image de marque de l'entreprise, menaces liées à la délinquance économique et financière mondiale…

- Coordonner les acteurs et les activités de façon à favoriser l'apprentissage collectif et à développer une culture du partage.

- Développer les stratégies d'influence (et non pas de lobbying !) pour peser en amont sur son environnement. Par exemple en agissant sur la définition des normes. La mise en œuvre de l'IE doit mobiliser l'ensemble des collaborateurs de l'entreprise.

 

Les pratiques de l'Intelligence Économique :

Des constats :
- L'IE n'est plus un sujet tabou, car il n'y a plus de confusion avec des pratiques illicites.
- Il y a un début de sensibilisation aux principes de l'IE.
- Il y a une prise de conscience, dans les entreprises, des relations conflictuelles avec leur environnement et de la nécessité de les faire évoluer vers une relation affrontement / coopération.

Des progrès à faire en France :
- Passer de la sensibilisation à la formation à l'IE.
- Passer d'un travail isolé à un travail en réseau, en co-opération, co-opétition…

Des notions importantes à appliquer :
- L'impulsion doit venir de la Direction. Il faut identifier, dans la structure de l'entreprise, une cellule IE qui doit se situer à la plus grande proximité possible de la Direction. Cette cellule doit être impulsée par la Direction, doit être identifiée, et avoir des missions précises.
- Il faut " avoir un raisonnement économique sur l'Intelligence Économique " : donc avoir un budget IE, mener des audits et études, définir des indicateurs simples pour suivre la création de l'information dans l'entreprise, …
- Enfin -en conclusion- il faut agir avec modestie.


Compte rendu écrit par Jérôme Bondu

 

Par Jerome Bondu - Publié dans : Intelligence Economique
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 17 juillet 2007 2 17 /07 /Juil /2007 16:29

Quel est l’enjeu pour les formations en IE ?

 

 

 

La France a vu naitre depuis plus de 10 ans (approximativement depuis le rapport Martre en 1994) près de 50 formations spécialisées en IE. Le chiffre ne manque pas d’étonner. Pourquoi autant de formations pour un marché de niche ? Pourquoi ce chiffre alors qu’en Angleterre ou au Etats-Unis les formations en IE se comptent sur les doigts de la main ?

 

 

 

La France souffre d’une part, d’une surpondération de la formation initiale dans la vie professionnelle, et d’autre part du cloisonnement des formations. Il est étonnant de voir que jusqu’à l’âge de le retraite, on se réfère à sa formation initiale, réalisée il y a 30 ans. D’aucun jugent que le système aristocratique d’ancien régime a été remplacé avec les mêmes caractéristiques par un système méritocratique où la qualité de la formation remplace la « qualité de la naissance ». Se targuer d’avoir fait telle formation n’a donc plus rien à voir avec les connaissances et les compétences que l’on y a acquises, mais a trait au réseau que l’on y a construit et à la « caste » à laquelle on appartient.

 

 

 

Corolaire de ce phénomène, les formations sont cloisonnées et les étudiants qui en seront diplômés partiront avec une très bonne connaissance du secteur enseigné, mais pas de vue transversale. On y apprend à être le meilleur de sa discipline ; Pas le plus adaptable ni le plus partageur. Deux qualités pourtant essentielles en entreprise. C’est en parti pour lutter contre ces caractéristiques que les formations en IE se sont développées en France.

 

 

 

Elles permettent d’y acquérir des compétences de recherche d’information, d’analyse, mais aussi de gestion des connaissances (knowledge management) de partage, de sécurisation (qui est l’affaire de tous), …

 

 

 

Quant à savoir si leur nombre est trop élevé, la réponse n’est pas aussi simple. Ce qui est sûr, c’est qu’il n’y a pas d’adéquation entre le nombre de diplômés et le nombre de postes disponibles. Réduire les formations est une solution, sensibiliser les entreprises pour qu’elles ouvrent leurs portes à ces compétences en est une autre.

La vérité est surement au milieu.

 

 

 

Pour ma part, je rappelle que j’ai eu le plaisir de faire la formation spécialisée en IE de l’ESIEE (école de la CCIP) le MISTE, et que j’en suis ravi ;-)

 

 

 

Voici la liste de formations spécialisées disponible sur le site de la FEPIE (cette liste n’est bien sûr par exhaustive)

 

 

 

----------------------------

 

 

 

Mastère Veille Stratégique et Intelligence Industrielle, USTL (Lille)

 

 

Master professionnel Intelligence économique et gestion du développement international, Université Marc Bloch (Strasbourg)

 

 

Master professionnel veille et intelligence des organisations, IAE Université de Picardie (Amiens) 

 

 

Mastère Ingénierie en Intelligence Economique, UMLV (Marne la vallée)

 

 

Mastère en Intelligence Scientifique, Technique et Economique, ESIEE (Noisy Champ)

 

 

Institut national des techniques de la documentation, CNAM (Paris)

 

 

Mastère en Stratégie et Intelligence économique, EGE - ESLSCA (Paris)

 

 

Master gestion de l’information dans l’entreprise mention communication, Sc Po (Paris)  

 

 

Licence professionnelle en Intelligence économique, Paris XII (Créteil)

 

 

Mastère en Intelligence Economique, EISTI (Cergy-Pontoise)

 

 

Mastère en IE, EEIE (Versailles)

 

 

Mastère Intelligence Economique et Développement des Entreprises, ICOMTEC (Poitiers)

 

 

Mastère Information Stratégique et Innovation Technologique, ISTIA (Anger) 


 

D.U. Anticiper et décider par l'intelligence économique, Université Lyon II (Lyon)

 

 

Mastère en IE, ISEAG-IAE (Saint Etienne)

 

 

Master Intelligence Économique et Stratégie d'Entreprise, ESC (Toulouse)

 

 

Mastère Intelligence Economique, Université Toulouse1 (Toulouse)

 

 

Mastère intelligence économique et knowledge management, CERAM (SOPHIA ANTIPOLIS)

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Jerome Bondu - Publié dans : Intelligence Economique
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 16 juillet 2007 1 16 /07 /Juil /2007 14:31

Think Tank en Intelligence Economique.

 

Il existe de nombreux clubs de réflexions sur les thèmes de l’IE ; le Club IES en fait partie. J’ai déjà eu l’occasion d’annoncer quelques conférences organisées dans ce cadre sur ce blob, et de déposer des comptes rendus. Il est temps de présenter cette structure un peu plus en détail.

 

J’ai créé ce Club en 2000 au sein de l’Association des Anciens Elèves de l’IAE de Paris. D’une dizaine de membres, nous en sommes aujourd’hui à plus de 400. Ce Club est né de la conviction que le domaine de l’IE ne supportait pas l’enfermement et le cloisonnement. Il était nécessaire de confronter cette discipline à d’autres disciplines, comme la communication, le lobbying, la sécurité, le développement international, les RH, le droit, … C’est pourquoi, au travers de 60 conférences et réunions de travail que j’ai eu l’occasion d’organiser, j’ai toujours pris soin de jeter un éclairage nouveau et complémentaire sur l’IE.

 

Parmi les thèmes traités, on trouvera :

- L’Audit d’Intelligence Economique.

- Les dispositifs territoriaux d’IE.

- L’IE au service de l’industrie touristique

- IE et développement international.

- Le lobbying communautaire.

- Géopolitique du pétrole

- Psychologie de gestion de crise

- Risk mangement et Due Diligence

- Les réseaux humains et le partage des informations en entreprise.

 

Mon objectif est mettre tous les comptes rendus sur ce blog. Ils seront aussi bien sûr disponibles à l’adresse du Club http://www.iae-paris.org/gene/main.php?base=3/5/1/8 . Sur cette vidéo, vous pourrez prendre connaissance de la problématique de l’IE telle que je la perçois : http://www.tivipro.tv/chaine.php?id=1554

 

N’hésitez pas à vous inscrire aux prochains événements (il y a une conférence organisée demain soir – mardi 17 juillet – sur la création d’entreprise. Inscriptions sur http://www.iae-paris.org ).

 

D’autres cercles mènent aussi des réflexions sur le sujet :

Sans être exhaustif, notons les travaux de l’IHEDN http://www.ihedn.fr/associations.php , du groupe Lafontaine http://www.groupelafontaine.com , du Cigref http://cigref.typepad.fr/ , du MEDEF http://www.medef.fr .

De nombreuses formations en IE ont un Club d’IE : EGE http://www.associationege.com/ , Poitiers http://www.ie-poitiers.net/metis.htm , Marne-la-Vallée, ESCP-EAP, Amiens, CERAM, pour ne citer que quelques uns !

 

Ce qui fait de la France un pays très dynamique sur la question.

 

Par Jerome Bondu - Publié dans : Intelligence Economique
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 12 juillet 2007 4 12 /07 /Juil /2007 15:47

Dans la lettre de mission de Nicolas SARKOZY adressée à Christine Lagarde (Ministre de l'Economie, des finances et de l'emploi), il est question d’intelligence économique.

La lettre est parue le 11 juillet 2007 (1)

« Vous veillerez à l'attractivité de notre territoire pour les centres de décision, en particulier en développant et en renforçant nos places financières, et pour les centres de recherche et de développement. Vous participerez à la détermination d'une politique d'intelligence économique et à la mise en place d'instruments opérationnels à cet effet. »


L’actuel président de la république s’était fortement impliqué dans le domaine de l’IE avant d’accéder à la présidence. J’ai notamment pu l’écouter à l’IHEDN (2) en ouverture d’une journée consacrée l’IE.

On peut imaginer que l’effort de l’administration soit encouragé, ce dont on ne peut que se féliciter. En espérant qu’Alain Juillet Haut Responsable à l’Intelligence Economique, qui fait un travail de sensibilisation remarquable, ait des fonctions renforcées. On peut lire sur son site (3)
« l’action de l’État peut aussi être trouvée dans le besoin de donner à toutes nos entreprises les moyens de lutter à armes égales. Si les firmes multinationales ont les moyens d’assurer une veille concurrentielle, ce n’est pas le cas de nos 2 300 000 PME (petites et moyennes entreprises) qui sont souvent le moteur de l’innovation et la principale source de création d’emplois. Il ne doit y avoir aucune ambiguïté sur le rôle de l’État : soutenir et protéger les entreprises françaises ne signifie ni protectionnisme, ni pratiques déloyales.»

(1) http://www.elysee.fr/
(2) http://www.ihedn.fr
(3) http://www.intelligence-economique.gouv.fr/


Par Jerome Bondu - Publié dans : Intelligence Economique
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Sondage sur les réseaux

Participez au sondage sur la pratique des réseaux humains, mis en place par Inter-Ligere ! Cela ne vous prendra que 5 minutes, et vous recevrez les résultats. Cliquez ici.

Recherche

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés