Social

Jeudi 5 juin 2008 4 05 /06 /Juin /2008 07:00

Dans le cadre de ce que l'on pourrait appeler une veille sociale, je vous conseille de lire le dossier du Club des Vigilants sur l'intervention de François Olivennes, professeur spécialiste de la reproduction assistée.

Ce dossier intitulé "Reproduction, éthique et génétique" présente d'une manière très abordable les risques induis par les progrès dans la génétique.

Quelques extraits : "La révolution génétique est en marche. Pour le meilleur, quand il s’agit de prévenir la naissance d’enfants anormaux ou le développement chez les adultes de pathologies graves. Elle peut aussi, si on n’y prend garde, tourner au cauchemar."

Quelques exemples de dérives possibles :
- détecter (et donc choisir) le sexe,
- la couleur des yeux, des cheveux, ...

On lit plus loin dans le dossier :
"Rien, en effet, ne peut empêcher un "farfelu" d’installer son laboratoire de dépistage dans une île peu regardante et de proposer, au mépris de toute règle éthique, tout diagnostic que le génie génétique rend possible. D’autant que les prélèvements se conservent, voyagent. (...)

En lisant à livre ouvert dans la cellule, les prouesses de la médecine génique risquent, si l’on n’y prend pas garde, de déboucher sur la traque de la moindre imperfection. Le cauchemar de la quête de l’homme "zéro défaut" ne sera pas loin. D’autant que les différences culturelles ne facilitent guère l’émergence d’un ordre éthique mondial. "

C'est plus qu'un "signal faible" !

Voir le dossier (3 pages en PDF) sur le site du
Club des Vigilants.

Jérôme Bondu

Par Jerome Bondu - Publié dans : Social - Communauté : Veille stratégique
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Samedi 31 mai 2008 6 31 /05 /Mai /2008 09:11

On parle beaucoup de partenariat public-privé, et notamment de collaboration entre universités et entreprises. Il faut y arriver. Mais les barrières sont fortes, et les cultures très différentes.

 

Il suffit de penser à la différence de « positionnement » entre un universitaire et un chef d’entreprise pour mesurer le choc des cultures :

 

- Les universitaires sont jugés sur leurs publications (donc sur leurs capacités à communiquer les résultats de leurs recherches). Plus ils publient, plus ils sont valorisés. Ils n’en ont généralement pas de rétributions financières. Ils gèrent leurs recherches sur le long terme.

 

- Les entreprises sont jugées sur leurs ventes, marges, capitalisation, et autres indicateurs généralement financiers. Une information publiée mais non protégée est perdue. L’entreprise se gère souvent sur le court terme.

 

On ne saurait être plus différents.

Néanmoins, les uns ont besoins des autres. Et pour une amélioration de la compétitivité globale, un « modus vivendi » devrait être trouvé.

 

Jérôme Bondu

 

Par Jerome Bondu - Publié dans : Social - Communauté : Veille stratégique
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Mardi 8 avril 2008 2 08 /04 /Avr /2008 07:00

 

Le record d’entrée de « La grande Vadrouille » battu par « Bienvenu chez les Ch’tis » !! Qui l’eût cru ? Le succès du film a fait couler beaucoup d’encre et de pixels. Quelles sont les raisons de son succès ? Quelles conclusions en tirer ? Voici quelques idées éparses, que nous vous laissons la sagacité de mettre en cohérence !

 

I- Les raisons du succès

 

Beaucoup d’articles se sont penchés sur cette question. Tous relèvent la performance des acteurs, un bon rythme de gags, mais surtout des bons sentiments, un film réellement sincère et attachant.

 

Que relève-t-on du côté de l’analyse marketing :

- Benchmarking : Dany Boon avait depuis plusieurs années testé sur scène ses meilleurs sketches et les réactions du public. Il a pu choisir les meilleurs d’entre eux pour son film.

- Teasing : Le film a été diffusé en avant première dans le Nord, et a rencontré tout de suite le succès. La presse nationale, s’en faisant l’écho, a mis l'eau à la bouche des spectateurs du reste de la France.

- Le bouche à oreille. Comme « Le fabuleux destin d’Amélie Poulain », le film a bénéficié d'un excellent bouche à oreille qui incite même un public rétif au cinéma à retourner devant le grand écran.

Mais le marketing n’est pas tout. C’est un film qui a une véritable substance, qui véhicule un véritable message social.

 

Le message social

Je cite le journal L’Internaute qui fait cette bonne analyse : « La comédie de Dany Boon prône la tolérance et le respect des inégalités. Les Ch'tis présentés dans le film ouvrent les bras aux "autres" tout en sachant affirmer leur identité locale. Les spectateurs français sont sensibles à cet élan national qui, au-delà des différences, des codes régionaux, des classes sociales et des préjugés, les unit. » *

Respecter son identité, tout en se fondant dans la société, est un thème plutôt porteur dans notre France du XIXème siècle.

 

Mais il y a autre chose. Ce film est une revanche des gens ordinaires, attachés à leurs cultures régionales, et souvent ridiculisés par l’arrogance parisienne (Deschiens, Groland) et anémiées par une certaine forme de totalitarisme centralisateur.

 

Le Nord a particulièrement subi le poids des préjugés. D’abord sur le temps qu’il y fait (alors que l’ensoleillement et la pluviométrie sont sensiblement équivalent à Paris). Ensuite sur l’image sociale, d’un « pays » dévasté par le chômage, la drogue, l’immigration et la prostitution.

 

 

II- Quelles conclusions en tirer ? Quelles opportunités ?

 

Le Nord une seconde fois à l’honneur

Bien que le Nord soit très souvent présenté sous un jour misérabiliste, ce n’est pas la première fois qu’il est à l’honneur. Pierre Perrin (interprété par la suite par Bourvil) avec sa chanson « un clair de Lune à Maubeuge » qui a fait un tube en 1962, l’avait déjà affirmé :

« Tout ça ne vaut pas

Un clair de lune à Maubeuge

Tout ça ne vaut pas

Le doux soleil de Tourcoing ...»

(les nostalgiques retrouveront le texte complet de la chanson en fin d’article **).

 

On a d’ailleurs beaucoup reparlé de Bourvil pour remarquer les similitudes avec Dany Boon, alors que le film du Ch’ti vient de battre le record tenu depuis 1966 par la « Grande Vadrouille », dans lequel s’était illustré le comique Normand.

 

Pour la petite histoire, Maubeuge a bénéficié des retombées de cette chanson pendant des années ! Une « kermesse de la bière » a été organisée chaque été jusque dans les années 80. Puis Didier Fusillé a repris le flambeau en créant les Festiv’Eté (appelé par la suite Folie’s). Il s’est par la suite illustré en assurant la direction artistique de Lille 2004 – Capital Européenne de la Culture.

 

Bergues (et non pas Beurgue) pourrait capitaliser de la même manière. Avec un atout en plus. Il ne sera pas nécessaire comme à Maubeuge de créer un événement ex nihilo. Bergues a en effet le privilège d’ouvrir la période du carnaval avec le défilé de la première « Bande », quelques semaines avant le point d’orgue du Carnaval de Dunkerque.

 

Renaissance

La région Nord fut une des plus riches de France avant la fermeture des mines, la crise du textile, et les deux guerres mondiales ont qui désigné la frontière Nord comme une vulnérabilité nationale. Elle le redeviendra pour de multiples raisons. Outre sa proximité avec Londres et Bruxelles, si l’on plonge dans les longues racines de l’Histoire, on trouvera qu’elle se positionne sur un des axes majeurs de l’activité économique de l’Ouest de l’Europe. Le long couloir qui part de la Lombardie et qui rejoint les ports d’Amsterdam et d’Anvers (et même, au-delà, les ports hanséatiques) a toujours été une artère économique qui a irrigué différents cœurs matérialisés par des foires, telles celles de Provins près de Paris ou de Lille (dont la « grande braderie » est encore la vivante héritière). Ce couloir avait été dévolu à Lothaire, fil de Charlemagnes (né dans l’actuelle Belgique***). De la Lotharingie (Pays de Lothaire), peu de gens savent qu’il nous reste le nom d’une région, la Lorraine (contraction de Lotharingie).

 

D’ailleurs dans le cadre d’une vision Européenne, le département du « Nord » devrait perdre tôt ou tard son nom, qui ne rime à plus rien. Quand le Nord était au nord de la France cela pouvait avoir un sens. Mais maintenant que la région est à l’Ouest de l’Europe cela mérite réflexion. Une appellation du type Flandres-Avesnois (ou Flandres-Hainaut-Avesnois) aurait le mérite de mieux représenter les « pays » qui la compose, et d’être plus flatteur à l’oreille. Autant on n’a pas envie d’aller en vacances dans le Nord, autant l'on peut tout à fait imaginer faire du tourisme culturel en Flandres, ou se mettre au vert en Avesnois (Petite suisse du Nord). Le changement de nom des Côtes-du-Nord en Côtes d’Armor prouve la faisabilité de la chose.

Déjà le Grand Lille a vu le jour, bien avant que naisse le Grand Paris. D’ailleurs il existe l’association « Grand Lille à Paris », pour les « amis » du Nord qui vivent dans la Capitale, et dont j’ai le plaisir de faire partie.

 

Une renaissance des régions verra sans doute le jour dans le cadre d’une intégration européenne plus poussée, et sera le corolaire « naturel » d’un « affaiblissement » des frontières nationales. Les départements vont s’effacer (voir le billet à ce sujet) comme échelon administratif redondant.

 

 

Le succès fait toujours des envieux !

Face au succès phénoménal du film et aux recettes qu’il génère, quelques élus du conseil régional du Nord-Pas-de-Calais commencent à regretter la subvention de 600 000 euros qu'ils ont allouée aux producteurs pour le lancement du film. Certains en réclament le remboursement ! Quelle tristesse ! Jamais 600 000 euros d’un conseil régional n’ont été aussi bien employés pour valoriser une région. Auraient-ils pensé cet argent mieux utilisé si ce film avait été un bide ?

 

Jérôme Bondu

 

Source :

* L'internaute 

 

*** A propos de Charlemagne, il est amusant de relever dans cet article que les deux empereurs qu’à compté la France à ce jour viennent d’au-delà des « frontières » actuelles. Charles le Grand (Carolus Magnus) serait aujourd’hui Belge. Il est né près de Lièges, fief de la future dynastie carolingienne. Napoléon est Corse, île devenue département français très peu de temps avant sa naissance.

 

** UN CLAIR DE LUNE À MAUBEUGE

Paroles: Pierre Perrin et C. Blondy, musique: Pierre Perrin, 1962

Trouvé en première réponse de Google sur un site Russe !!

 

Je suis allé aux fraises

Je suis revenu de Pontoise

J'ai filé à l'Anglaise

Avec une Tonquinoise

Si j'ai roulé ma bosse

Je connais l'univers

J'ai même roulé carrosse

Et j'ai roulé les "r"

Et je dis non

Non non non non

Oui je dis non

Non non non non

Non non non non

 

Tout ça ne vaut pas

Un clair de lune à Maubeuge

Tout ça ne vaut pas

Le doux soleil de Tourcoing

Coin coin

Oh, je vous en prie, hein!

Tout ça ne vaut pas

Une croisière sur la Meuse

Tout ça ne vaut pas

Des vacances au Kremlin

Bicètre

 

J'ai fait toutes les bêtises

Qu'on peut imaginer

J'en ai fait à ma guise

Et aussi à Cambrai

Je connais toutes les mers

La mer rouge la mer nouère

La mer diterrannée

La mer de Charles Trenet

 

Et je dis non

Non non non non

Oui je dis non

Non non non non

Non non non non

 

Tout ça ne vaut pas

Un clair de lune à Maubeuge

Tout ça ne vaut pas

Le doux soleil de Roubaix

Coin coin

Vous êtes ridicule

Tout ça ne vaut pas

Une croisière sur la Meuse

Tout ça ne vaut pas

Faire du sport au Kremlin

Biceps

 

Par Jerome Bondu - Publié dans : Social
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Lundi 7 avril 2008 1 07 /04 /Avr /2008 06:55

 

 
Nous sommes dans la société de l’information, avec ses avantages et ses inconvénients, et les transformations que cela induit. Deux événements récents viennent le rappeler. Ils n’ont à priori rien en commun, mais …


Il y a d’abord la condamnation d’Eric Dupin, éditeur du site Fuzz . Le site Fuzz a été condamné parce qu’un internaute a posté un lien vers une information « people ». En l’occurrence, l’info annonçait une liaison entre un acteur et une chanteuse ! L’acteur s’estimant attaqué sur sa vie privée, a intenté un procès, et gagné.
Extrait du jugement : « Le tribunal a estimé que la société BLOOBOX NET opérait un choix éditorial au sein du FUZZ.FR lui donnant par la même la qualité d’éditeur au sens de l’article 6.III.1 de la loi pour la confiance dans l’économie numérique. »
--> Un bloggeur est donc responsable, et donc condamnable, sur le contenu de son blog, même si dans le cas d’un site participatif, l’information a été postée par un autre !


Il y a ensuite le contenu de la banderole « de la honte » que des supporters du Club de Foot Paris - Saint-Germain ont fait apparaître au Stade de France : "Pédophiles, chômeurs, consanguins : bienvenue chez les Ch'tis". Si les porteur de banderole seront à coup sur condamnés, le Club pourrait l’être aussi.
--> Un club serait donc responsable, et donc condamnable, sur le contenu d’un message, même si ce message a été diffusé par un supporter.


Deux cas très différents, … mais au fond pas tant que cela. On peut y voir deux manifestations d’un même mouvement, celui d’une réflexion et donc d’une nouvelle législation sur la propriété des informations, et la responsabilité des contenants sur les nouvelles formes de contenu.

Trop responsabiliser les contenants (blogs, sites, … clubs de foot, …) va pétrifier la liberté d’expression.
Déresponsabiliser ces mêmes supports, va immanquablement créer des dérives.
La sagesse est certainement au milieu.

Jérôme Bondu
Par Jerome Bondu - Publié dans : Social
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Dimanche 6 avril 2008 7 06 /04 /Avr /2008 14:37

 

Petite question en passant :
Quel phénomène provoque chez l’Homme une combinaison entre la dopamine et la phényléthylamine sur les circuits neuronaux menant du système limbique au cortex cérébral ?
 

Vous ne voyez pas ? Je vous aide.

Cela provoque chez l’homme une activation du noyau préoptique médian de l'hypothalamus en relation avec l'amygdale limbidique.

 

Encore un indice ?

Chez la femme le même phénomène  provoque une modification qui commence dans le noyau ventro-médian de l'hypothalamus et l'aboutissement est sous contrôle cortical droit directement en relation avec le système limbique.

 

Voyons, c’est pourtant simple. Il s’agit du coup de foudre !

 

C’est l'interaction des deux niveaux cérébraux, cortical et limbique, qui nous maintient, contrairement aux autres animaux, en permanence en alerte pour une relation amoureuse.

 

Haaa, c'est beau la science ?

 

Jérôme Bondu

 

Source :
Info : Monique Le Poncin-séac’h, neurophysiologiste, dans un article de la Tribune du 18 février 2008.
Image :
http://www.ac-versailles.fr
Par Jerome Bondu - Publié dans : Social
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