Benchmarking IE

Vendredi 28 décembre 2007 5 28 /12 /Déc /2007 22:02
Extrait de la thèse professionnelle de Jérôme Bondu, portant sur un "benchmarking des pratiques d'intelligence économique" (voir les autres descriptions d’entreprises). 
Vous trouverez ci-dessous le compte rendu d’entretien de l’entreprise X

 
Présentation des besoins de veille
 
Présentation générale de l'entreprise.
CA : Plus de 5 milliards d’euros.
Culture de l'entreprise.
- L’entreprise est organisée en fonction des marchés. Le marché est assez mouvant, ce qui explique que l’entreprise adapte son organisation à son environnement.
- Le partage de l’information est satisfaisant. Il existe plusieurs « espaces » de partage (notamment au niveau de l’intranet…).
- L’entreprise est très jeune (moyenne d’âge inférieure à 35 ans) et récente (créée dans les années 90).
Environnement concurrentiel.
L’environnement concurrentiel est très agressif.
Présentation de l'interlocuteur
J’ai rencontré successivement deux personnes :
- un chargé de veille concurrentielle,
- le responsable de la veille stratégique et concurrentielle, et de l’intelligence économique.
Le chargé de veille concurrentiel est issu d’une double formation, maîtrise scientifique et DESS spécialisé en intelligence économique.
Le responsable est diplômé d’une école de commerce, et s’est spécialisé en stratégie. Il a été pressenti par son directeur pour développer l’intelligence économique dans l’entreprise après avoir établi pour lui-même un système de collecte des informations performant.
 
Présentation du système de veille général :
 
Description du système de veille / IE
Le système est évolutif.
Le système de veille concurrentielle était il y a peu, décentralisé. Récemment, il a été réuni à la veille stratégique, à la direction générale.
- origine, création
Bien que l’entreprise soit jeune, le système de veille a déjà été modifié plusieurs fois. D’abord créé au niveau corporate, pour en assurer le lancement, il a ensuite été développé dans les branches opérationnelles, par souci de coller aux besoins du terrain.
La création d'un intranet veille a été une étape décisive dans la mutualisation des ressources.
- objectifs
Parmi d'autres dimensions, le benchmarking constitue l'un des axes de veille privilégiés par la DG.
- effectifs
Il y a entre 10 et 15 personnes à faire de la veille à plein temps.
8 sont intégrées au service de veille stratégique et concurrentielle, à la direction de la stratégie. Le reste des veilleurs est dans d’autres directions fonctionnelles.
- organigramme de la veille
Il y a un organigramme formel de la veille.
Soutien de la direction
 
- implication se manifeste de la direction
Le soutien de la direction s’affiche clairement.
Il y a une reconnaissance publique du travail de veille (intranet primé par la DG). Cela passe aussi par des campagnes de communication sur différents supports : affiches, présentation de la veille dans le journal interne…
- détection des besoins de veille au niveau de la direction
Oui, la direction est demandeuse d’analyses. 50% de l’activité de la veille stratégique et concurrentielle vient d’une demande de la direction.
- implication du personnel
Oui. Le personnel sait identifier les veilleurs, et connaît les outils pour faire remonter des informations et besoins.
- formations, sensibilisation du personnel
Formation et sensibilisation, documentation intranet plus requêtes ponctuelles.
Structure
 
- nombre et répartition des entités de veille
- domaines de veille
Les domaines de veille sont :
- veille réglementaire à la direction de la réglementation,
- veille stratégique, à la direction de la stratégie,
- veille concurrentielle,
- veille technologique, dans les branches opérationnelles.
- coordination
Il y a une coordination sur les ressources documentaires, et sur les sujets transversaux.


 
Présentation
Le service de veille stratégique et concurrentielle comprend 8 personnes.
Soutien de la hiérarchie
Il y a un soutien de la hiérarchie.
Détection des besoins
L’entreprise définit des axes stratégiques, qui sont pour la veille autant d’axes de vigilance.
A partir de là :
- la direction formule des demandes d’information, adressées directement au responsable de la veille stratégique et concurrentielle.
- les demandes émanent aussi de tout employé de l’entreprise.
 
Comme le montre le schéma ci-dessus, l’intranet a pour objectif de canaliser les demandes d’information, et de fournir les réponses aux besoins récurrents. Ceci afin d'optimiser le travail des veilleurs et des utilisateurs (principe du "self-service").
Le rôle du veilleur est d'apporter des éclairages stratégiques, et de consolider avec une valeur ajoutée des informations provenant de sources diverses (formelles et informelles).
Autre avantage de la généralisation de l’utilisation de l’intranet : l’intranet facilite la circulation de l'information verticalement et horizontalement.
 
Les membres de la direction sont scindés en deux groupes : utilisateurs intensifs et utilisateurs ponctuels.
 
Les experts sont choisis en fonction :
- de l'intérêt,
- de leurs compétences, de leur connaissance des sujets,
- de leur charisme.
Collecte
La collecte est faite par les veilleurs et les experts.
Traitement
 
Diffusion
Les réponses aux questions peuvent être apportées
- directement par l’intranet,
- par les veilleurs ou les experts.
 
Mémorisation / capitalisation
L’intranet est avant tout un outil de capitalisation des informations.
 
Réflexion sur la corrélation entre "besoins de veille" et "système de veille"
 
Indicateurs d'évaluation de la veille au niveau de l'entreprise
 
Points forts, et points faibles de l'organisation
Les points forts :
- Le système est évolutif. Il s’adapte aux mouvements du marché et à l’évolution de la demande.
- Le système est centralisé, mais fonctionne avec des réseaux transversaux.
- Les veilleurs sont identifiés et accessibles.
- Le fait que le service de veille stratégique et concurrentielle soit à la direction de la stratégie, et donc proche de la direction générale, donne du poids aux demandes des veilleurs, quand ils doivent faire appel à des tierces personnes. En contre partie, cela implique d'entretenir le réseau des opérationnels.
 
Les points faibles :
- Les veilleurs perdent encore beaucoup de temps pour de questions simples, alors que les informations auraient pu être trouvées facilement par le demandeur. Néanmoins, la somme des informations disponibles sur intranet augmente, et l’usage de ce média se développe.
- L’information est considérée comme une source de pouvoir, ce qui est un frein à sa bonne circulation.
Corrélation entre besoins et système de veille
Le système est en transition.
Par Jerome Bondu - Publié dans : Benchmarking IE
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Vendredi 28 décembre 2007 5 28 /12 /Déc /2007 22:01
Extrait de la thèse professionnelle de Jérôme Bondu, portant sur un "benchmarking des pratiques d'intelligence économique" (voir les autres descriptions d’entreprises). 
Vous trouverez ci-dessous le compte rendu d’entretien de l’entreprise W

 
Présentation des besoins de veille
 
Présentation générale de l'entreprise.
CA : plus de 30 milliards d'euros.
Taille, secteur d'activité, type de produits.
 
Culture de l'entreprise.
L'entreprise est très technicienne. Le partage de l'information est plus un défi qu'une réalité. La structure hiérarchique, monolithique et composée de nombreux niveaux, peut être vue comme un frein à la bonne circulation des informations.
Environnement concurrentiel.
Le secteur est en train de vivre une déréglementation.
L'entreprise est de taille mondiale. La concurrence est à gérer à cette échelle.
Présentation de l'interlocuteur
Mon interlocuteur est Chargé de Mission intelligence économique à la direction de la sécurité. Cette direction est rattachée à la présidence.
Au sein de cette direction, on trouve deux chargé de mission IE, et un conseiller technique (en support pour les questions informatiques).
Mon interlocuteur a occupé toute une palette de fonctions au niveau de la veille : la fonction de veilleur, d’animateur de réseau de veilleurs, et de responsable veille d’une Direction, …
 
Le système de veille est en pleine restructuration au sein de l’entreprise. De nombreuses entités se sont développées de manière spontanées, autonome, et le tout est très hétérogène.
L’entretien a surtout porté sur la structure qui allait être mise en place pour organiser un système d’intelligence économique à l'échelle du Groupe (maison-mère et ses principales filiales)
Il n’y aura donc pas de description du système de veille en tant que tel.
 
Présentation du système de veille général :
 
Description du système de veille / IE
 
- origine, création
L’implantation de la veille a connu différentes étapes.
- Une veille technologique a d’abord été implantée à la direction de la recherche à la fin des années 80.
- La direction de la stratégie, puis différentes autres directions, ont ensuite créé leur entité de veille.
- Récemment, il y a eu la volonté d’organiser ce qui s’était développé de manière plus ou moins spontanée, pour homogénéiser l’ensemble.
Nécessité de changer de posture en matière d’IE afin de tenir compte de l’évolution rapide du contexte dans lequel le Groupe développe son action, et afin de tirer toutes les conséquences des ambitions et pratiques de ses concurrents. L’organisation de l’IE pour l’ensemble du Groupe a pour ambition de partager les informations et de mettre en commun ce qui doit l’être.
La réorganisation de la veille est confiée à une direction très proche de la direction générale et considérée comme neutre dans les luttes de territoire
- objectifs
Les objectifs de la veille sont issus des axes stratégiques de l’entreprise :
- aider à développer l’entreprise à l’international,
- aider à contrecarrer les concurrents,
- aider à assurer la pérennité de l’entreprise.
- effectifs
 
- organigramme de la veille
Il y a un organigramme de la veille qui a été constitué pour pouvoir connaître les forces de l’entreprise en la matière.
Soutien de la direction
 
- implication de la direction
C’est de la direction générale qu’est partie l’impulsion de réorganiser la veille.
La direction soutien et suit les travaux de réorganisation de la veille (réunions du Comité 1 - environ tous les 2 mois).
- détection des besoins de veille au niveau de la direction
Oui.
Implication du personnel :
 
- implication du personnel
 
- formations, sensibilisation du personnel
Oui. Une formation effectuée par l’interne est assurée (niveau « capteur », animateur de réseau, analyste).
Structure
 
- nombre et répartition des entités de veille
- domaines de veille
Pratiquement chaque direction a un service de veille, et tous les domaines de veille sont couverts.
Le problème vient de la redondance des activités de veille et de la faiblesse de la transversalité, de l’échange d’informations.
- y a-t-il une coordination
Une coordination est en train de se mettre en place.
 
Présentation des différentes entités
Non traité.
 
Réflexion sur la corrélation entre "besoins de veille" et "système de veille"
 
Indicateurs d'évaluation de la veille au niveau de l'entreprise
Oui. Sous l’impulsion de la direction générale, une vaste étude de la veille a été menée (recherche des acteurs, détection des pratiques…).
Points forts, et points faibles de l'organisation
Il est ressorti de cette étude différents points :
 
Les points forts :
- Il existe un nombre très important de veilleurs et de réseaux de veille dans l’entreprise.
- Tous les domaines de veille sont couverts.
- Les veilleurs de terrain sont souvent très actifs et pleins de bonne volonté.
Donc, il y a fort potentiel humain. Il suffirait de coordonner ce qui existe déjà pour faire un système performant.
 
Les points faibles :
- Les entités de veille étaient hétérogènes. Les productions étaient très variables.
- La circulation des informations pouvait être optimisée. Différents problèmes étaient distingués :
L’information était au mieux rapportée jusqu’au plus haut niveau de l’entité en question (par exemple, chef de département, chef de service, directeur, …). Mais il n'y avait pas de circulation transverse.
En outre, l’information ne redescendait pas. Les veilleurs ne savaient pas ce qui était fait de leur travail.
Enfin, il n’y avait pas de communication entre les cellules. Le système était cloisonné. Il y avait un grand nombre de cellules autonomes (une trentaine). Il y avait des luttes de territoire.
 
D’où la volonté de réformer le système et de favoriser la circulation des informations. Une organisation a été créée à cette fin.
Corrélation entre besoins et système de veille
 
 
Par Jerome Bondu - Publié dans : Benchmarking IE
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Vendredi 28 décembre 2007 5 28 /12 /Déc /2007 21:59
Extrait de la thèse professionnelle de Jérôme Bondu, portant sur un "benchmarking des pratiques d'intelligence économique" (voir les autres descriptions d’entreprises). 
Vous trouverez ci-dessous le compte rendu d’entretien de l’entreprise V

 
Présentation des besoins de veille
 
Présentation générale de l'entreprise.
CA : plus de 15 milliards d'euros.
Culture de l'entreprise.
L'entreprise est fortement internationalisée.
Environnement concurrentiel.
L'environnement concurrentiel est très agressif.
Il n'existe que quelques acteurs mondiaux. A cela se rajoute une dizaine de concurrents de taille régionale.
Présentation de l'interlocuteur
Mon interlocuteur est directeur de l'intelligence économique (son titre exact est en anglais). Il est chargé du management de cette structure (après l'avoir mise en place), de la diffusion d'une dynamique propre à l'IE, et des formations dans ce domaine.
Il rapporte directement à la direction générale.
 
Présentation du système de veille général :
 
Description du système d'IE
 
- origine, création
L'IE a été lancé en 2000 après un audit interne mené par mon interlocuteur.
- objectifs
L'objectif de l'IE est de maîtriser l'information nécessaire à la prise des décisions stratégiques.
L'esprit de l'intelligence économique est "d'organiser l'informel".
- effectifs
Un noyau central au siège du Groupe (4 personnes), un réseau mondial avec des correspondants par zones géographique, par grandes directions, et par entités business. L'ensemble du réseau forme un maillage.
- organigramme de la veille
Il existe un organigramme formel.
Une partie de la veille est externalisée.
Soutien de la direction
 
- implication de la direction
La direction est impliquée dans la démarche d'IE.
 
L'expression manifeste de cette implication, est la relation directe qu'il y a entre le directeur de l'IE et la direction générale.
Ce dernier insiste sur l'autonomie dont il bénéficie et qui lui permet de mettre en place et de gérer le dispositif d'IE. Que ce soit en matière de gestion des ressources humaines, ou des ressources informatiques (mise en place d'un intranet spécifique…).
- détection des besoins de veille au niveau de la direction
Oui, cela se fait en trois phases :
- La direction établie le plan stratégique de l'entreprise.
- A partir de ce plan, et en fonction des demandes des managers (essentiellement les membres du comité exécutif, du collège de directeur, mais aussi les correspondants IE) sont déterminés les besoins en information.
- De ces besoins sont issus les plans de recherche.
- implication du personnel
Le nombre de personnes ayant pour fonction de faire de l'IE à plein temps est réduit. La plupart exercent une activité principale.
- formations, sensibilisation du personnel
Oui. Il y a un intranet d'IE (en accès libre pour près de 85% des employés).
Structure
 
- nombre et répartition des entités de veille
- domaines de veille
L'organisation de l'IE dans l'entreprise est centralisée.
Le directeur IE gère une équipe de 4 personnes, chacune responsable d'un domaine :
- de la recherche,
- de l'information documentaire,
- de l'analyse,
- du "supply chain" sur le plan informatique, ainsi que de la gestion de l'intranet.
 
En outre, le directeur est chargé de coordonner les activités IE de correspondants ayant eux-mêmes des capteurs à l'intérieur de leur structure. Ces correspondants sont répartis :
- par zones géographiques,
- par directions générales,
 par entités business.
 
Tous les domaines de veille sont concernés.
- coordination
Oui, par le noyau central.
- mécanisme de circulation des informations
Le mécanisme de circulation des informations entre les différentes entités fonctionne de manière horizontal et "elliptique". Le noyau central assure le flux avec la direction.
 
Présentation du noyau central sur les différentes étapes du cycle de l'information
 
Soutien de la hiérarchie
La direction générale est impliquée.
Mon interlocuteur juge que "l'upper management" est en progrès. Le "middle upper" management a encore des difficultés mais il s'applique à progresser.
Détection des besoins
Décrit plus haut.
Collecte
Des outils informatiques sont utilisés. De nombreux outils informatiques sont testés. Mais mon interlocuteur insiste sur la primauté de l'humain à toutes les étapes du cycle de l'information, en "début, milieu et fin".
Les capteurs d'information sont des experts.
Tout ce qui n'est pas technique et qui sort du domaine de compétence spécifique de l'entreprise est externalisé (recherche d'informations financières, commerciales…).
Traitement
L'intranet est vu comme un outil de traitement de l'information dans le sens ou il permet un traitement et un classement.
Des réseaux d'experts sont bien sûr mobilisés.
Diffusion
L'intranet de la veille sert de vecteur de diffusion et de capitalisation des informations.
Mémorisation / capitalisation
 
 
Réflexion sur la corrélation entre "besoins de veille" et "système de veille"
 
Indicateurs d'évaluation de la veille au niveau de l'entreprise
Des indicateurs sont utilisés.
Points forts et points faibles de l'organisation
Le système d'IE mis en place est à deux niveaux, horizontal et transverse.
- D'une part il permet un travail collaboratif à haute valeur ajoutée entre les correspondants et la direction.
- D'autre part, il permet une implication de l'ensemble des employés. Grâce à l'intranet IE, tous peuvent utiliser et contribuer à la dynamique d'IE de l'entreprise.
Mon interlocuteur présente le système d'IE comme fluidifiant le flux d'information dans l'entreprise, montant et descendant (direction - employés).
 
En outre, la grande marge de manœuvre du directeur IE est un atout certain pour mettre en place une telle dynamique.
Corrélation entre besoins et système de veille
 
Par Jerome Bondu - Publié dans : Benchmarking IE
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Vendredi 28 décembre 2007 5 28 /12 /Déc /2007 21:57
Extrait de la thèse professionnelle de Jérôme Bondu, portant sur un "benchmarking des pratiques d'intelligence économique" (voir les autres descriptions d’entreprises). 
Vous trouverez ci-dessous le compte rendu d’entretien de l’entreprise U

 
Présentation des besoins de veille
 
Présentation générale de l'entreprise.
Chiffre d’Affaire : plus de 30 milliards d’euros.
Culture de l'entreprise.
Bien que de taille mondiale, l’entreprise fonctionne, selon l’expression de mes interlocuteurs comme une « énorme PME ».
La circulation des informations est relativement bonne. Les informations circulent :
- d’une part, au sein des projets. L’entreprise fonctionne par projet, ce qui permet une circulation transversale, et un décloisonnement des services.
- d’autre part, par la voie hiérarchique. Le système de management actuel de la direction a fluidifié et optimisé les rouages hiérarchiques.
 
Le cycle de vie des produits est long : de 3 à 5 ans en conception, et à peu près le double en commercialisation.
Environnement concurrentiel.
L’environnement concurrentiel est très agressif. Le secteur est en train de vivre une période de concentration, ce qui entraîne une réduction du nombre des entreprises aux dépends des plus faibles.
Présentation de l'interlocuteur
J’ai été reçu par deux membres de la direction de la stratégie. L’entretien n’a pas porté sur la présentation du système de veille de l’entreprise, mais sur les attentes de la direction en terme de gestion des informations.
Ce compte rendu, seule exception sur l’ensemble du panel qui vous est présenté, ne présentera donc pas l’organisation de la veille mais reflétera plutôt les besoins et les attentes d’une grande entreprise en matière de gestion des flux informationnels. C’est la dernière partie du compte rendu, généralement réduite, qui sera donc ici développée.
 
Présentation du système de veille général :
 
Description du système de veille / IE
 
- origine, création
 
- objectifs
Un des objectifs actuels de la direction en matière de veille est de capitaliser l’ensemble des informations et des connaissances présentes dans l’entreprise.
- effectifs
 
- organigramme de la veille
 
Soutien de la direction
 
- implication de la direction
Le PDG lui-même, a commandité des membres de la direction de la stratégie pour travailler à l’optimisation de la gestion des informations. Cet objectif est devenu un plan d'actions.
- détection des besoins de veille au niveau de la direction
 
- implication du personnel
 
- formations, sensibilisation du personnel
 
Structure
 
- nombre et répartition des entités de veille
- domaines de veille
Les besoins en matière de veille sont très larges. Face à un chantier "démesuré", il faut trier les domaines à développer.
La veille dans l’entreprise s’attache plus particulièrement aux domaines suivants :
- la technologie : La veille technologique est réalisée par des équipes spécialisées. Elles sont localisées dans le pays d’origine de l’entreprise et sur deux marchés mondiaux.
- le produit.
- les processus. Le challenge attaché au processus est considérable, car le but n’est pas de produire un produit… , mais de produire un produit à un coût minimum. D’où l’importance attachée aux processus.
- l’observation des concurrents. Notamment la stratégie des concurrents. Cette veille est organisée d’une manière moins formelle que les autres veilles. Elle n’en est pas moins présente au cœur de l’activité de veille générale.
- les aspects financiers.
- les aspects réglementaires ne sont pas des domaines de veille à proprement parler. L’observation de la réglementation est totalement intégrée au fonctionnement de l’entreprise (notamment au niveau de la phase d’homologation des produits), et se fait naturellement. Le seul cas où une veille réglementaire est mise en œuvre, est lors de la phase d’observation d’un marché avant de l’investir.
- coordination
 
 
Réflexion sur la corrélation entre "besoins de veille" et "système de veille"
 
Indicateurs d'évaluation de la veille au niveau de l'entreprise
 
Points forts, et points faibles de l'organisation
Mes interlocuteurs insistent sur les faiblesses du système et sur les moyens mis en œuvre pour les combattre :
 
L’échange, les synergies et la transversalité sont à optimiser. Les travaux des uns peuvent servir les autres, et tout doit être fait pour permettre les échanges au sein de l’entreprise.
- L’entreprise emploie beaucoup d’experts qui travaillent en partenariat avec d’autres entreprises pour le développement de produits communs. Ces échanges inter-entreprises ne sont pas assez mis à profit.
- De même, la centrale d’achat de l’entreprise est assez importante. La direction voudrait faire en sorte que les membres de l’entreprise soient plus sensibilisés au processus de collecte et de remontée des informations.
 
Les problèmes sont de différents ordres :
Les acteurs (ingénieurs, experts…) ne sont pas assez sensibilisés. Et quand bien même ils voudraient partager des informations, ils ne savent pas à qui et comment les transmettre.
 
Il s’agit donc de faire naître des flux d’information. L’objectif est inévitablement un objectif à long terme, qui passe par un enrichissement de la culture d’entreprise.
 
Les moyens mis en œuvre pour atteindre cet objectif :
- Mes interlocuteurs, en charge de ce projet, du fait de leur appartenance à la direction de la stratégie ont une autorité fonctionnelle sur les autres directions. Autorité fonctionnelle sur laquelle ils devront compter.
- La démarche va être très progressive.
Après une phase de réflexion et de conception d’un projet, ils vont proposer des solutions concrètes aux acteurs des différentes directions du groupe. Des expériences vont être tentées sur un périmètre restreint. Puis il va y avoir un élargissement progressif pour éviter tout blocage du système. Un maximum de précautions va être pris pour éviter, et un refus de la direction générale, et un blocage par les acteurs sur le terrain.
- Cela va nécessiter un important travail relationnel. D’une part en terme de communication et d’explication de la démarche. D’autre part en terme de valorisation des individus. Il faut éviter que la dynamique de partage des informations soit vécue comme une contrainte hiérarchique, ou un travail supplémentaire. Le moteur de cette dynamique doit être l’intérêt que chacun y trouve.
- Enfin, une des forces de l’entreprise, sur laquelle les protagonistes de cette mission comptent beaucoup, réside dans la passion qui lie les employés de l’entreprise et qui fait naître une volonté commune.
Corrélation entre besoins et système de veille
 

Par Jerome Bondu - Publié dans : Benchmarking IE
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Vendredi 28 décembre 2007 5 28 /12 /Déc /2007 21:55
Extrait de la thèse professionnelle de Jérôme Bondu, portant sur un "benchmarking des pratiques d'intelligence économique" (voir les autres descriptions d’entreprises). 
Vous trouverez ci-dessous le compte rendu d’entretien de l’entreprise T

 
Présentation des besoins de veille
 
Présentation générale de l'entreprise.
CA : plus de 30 milliards d’euros.
Culture de l'entreprise.
L’entreprise est issue d’un conglomérat industriel.
Elle s’est, dès les années 70, tournée vers l’Europe, par des rachats d’entreprises. Ce qui en fait aujourd’hui une entreprise multiculturelle, décentralisée avec différents pôles (pouvoirs locaux) forts.
L’organigramme de l’entreprise est matriciel, organisé en divisions (produit), et régions (marché).
Environnement concurrentiel.
Une dizaine de concurrents mondiaux ont un profil similaire.
Néanmoins la concurrence vient aussi des nouveaux entrants. Certains se sont développés très rapidement et ont pris des parts de marchés conséquentes.
Présentation de l'interlocuteur
Mon interlocuteur est responsable de la veille marché : analyse du marché et analyse de la concurrence. Son périmètre d’action est purement économique, la veille technologique est réalisée ailleurs.
Il est rattaché au directeur marketing corporate. Il a des correspondants dans toutes les divisions et les régions.
 
La veille est décentralisée. La veille marketing (analyse du marché) et concurrentielle est à la charge des directions marketing des différentes divisions et régions. La veille y est faite au coup par coup, selon les opportunités. Le rôle de mon interlocuteur est de pérenniser ce travail. Cela passe par le développement d’outils, la création et la mise en place de processus pour cette communauté de professionnels. La cellule centrale de veille est bien entendu également au service direct de la direction générale de l’entreprise, ainsi que responsable plus particulièrement de la veille Europe.
 
Présentation du système de veille général :
 
Description du système de veille / IE
 
- origine, création
Il n’y a pas de système d’intelligence économique institutionnalisé.
- objectifs
 
- effectifs
Mon interlocuteur recense environ 100 à 150 personnes qui travaillent à temps partiel pour la veille marché et produit. Cela représente selon lui, l’équivalent de 50 personnes à plein temps.
- organigramme de la veille
Il n’existe pas d’organigramme de la veille.
Soutien de la direction
 
- implication de la direction
La direction n’est pas impliquée dans le développement de cette activité même si elle en est le premier client.
Il arrive que la direction demande une étude de veille, et très souvent dans l’urgence. Mon interlocuteur incrimine ce qu’il appelle le « syndrome de l’urgence ». Tout est demandé à la dernière minute et tout est très urgent. Il y a peu de place pour un travail en profondeur et à long terme qui permettrait de mettre en place une veille pérenne. C’est ce qui explique que 70% des demandes ne soient pas pleinement satisfaites. Les veilleurs-analystes sont trop utilisés comme un service SVP.
 
L’importance de cette fonction n’est pas assez reconnue.
- détection des besoins de veille au niveau de la direction
La direction émet des demandes, mais ponctuelles.
L’information marché est consommée comme un achat d’impulsion. Il n’y a pas de planification des besoins.
- implication du personnel
Il y a eu des tentatives de mettre en place des contributions participatives, de faire participer les employés à la remontée d’information. Cela n’a pas marché.
Mon interlocuteur trouve une partie de l’explication dans le fait que les contributeurs attendent tout de suite un retour. Ils veulent du donnant-donnant. Or il est difficile de pouvoir satisfaire les attentes forcément différentes des contributeurs. Surtout si une seule personne est chargée d’animer un tel réseau.
- formations, sensibilisation du personnel
Il n’y a pas de formations.
Structure
 
- nombre et répartition des entités de veille
- domaines de veille
- Il existe une veille marketing (analyse du marché) et concurrentielle qui est décentralisée. Cette veille est à la charge des directions marketing des différentes divisions et régions.
- Mon interlocuteur a pour tâche d'assurer la pérennité des ces actions.
- Il y aussi des veilles réglementaire, technologique…
- coordination
Il n’y a pas de coordination entre les différentes veilles au sein de l'entreprise. Mon interlocuteur avoue qu’il ne voit pas d’intérêt à travailler avec les personnes en charge de la veille technologique, réglementaire… Les métiers sont très différents. Par contre, il reste essentiel d’être informé de ce que font les autres services de veille.
 
Présentation de la veille : analyse du marché et analyse de la concurrence
 
Présentation
Mon interlocuteur est responsable de la veille marché (analyse du marché et analyse de la concurrence).
Il est responsable d’une équipe de 12 personnes : dont 4 analystes, des documentalistes et des chargés d’études.
9 employés sont permanents, et les 3 autres sont des employés temporaires.
 
Il a pour mission de pérenniser les actions de veille qui sont réalisées au coup par coup dans les divisions et au sein des différents marchés.
En outre, il est responsable de la veille marché, concurrence et clients pour le monde et la zone Europe.
Soutien de la hiérarchie
Il n’y a pas de soutien de la hiérarchie, bien que cette fonction y soit fortement dépendante. Une bonne partie du travail de mon interlocuteur consiste à faire coopérer ensemble près 50 personnes dont une bonne partie ont un niveau hiérarchique supérieur ou égal au sien dans leur propre organisation. Sans appui hiérarchique, les solutions sont réduites. Il ne peut que mettre en place des outils, des processus, des méthodes… et les proposer.
Détection des besoins
 
Collecte
L’intranet de l’entreprise est très dense et disparate, et se développe de manière anarchique.
Une application complète est développée (avec l’outil Arisem) composée de différents outils :
- Un moteur de classification. Plutôt que d’implanter un moteur de recherche, qui manquerait de fiabilité, il a été choisi d’utiliser un moteur de classification d’information.
- Un annuaire d’expert est disponible. Cet annuaire est conçu de telle manière qu’il ne rende pas seulement une représentation statique des connaissances des employés (M. X est spécialiste de ceci), mais aussi une représentation évolutive (M. X travaille sur ceci) ce qui est beaucoup plus opérationnel.
- L’outil permet de créer des forums. Chaque forum permet de demander, d’envoyer, de recevoir des informations, et permet la constitution d’une bibliothèque propre.
- Enfin, un système est en cours d’implémentation qui permettrait de résoudre le problème de la cartographie des sources. Mon interlocuteur est sensibilisé à la perte de temps inhérente à la recherche de la bonne source d’information. S’il était possible de savoir où trouver telle information (internet, dépêche Reuter, base de donnée brevet …) le gain de temps serait phénoménal.
Le système imaginé implique les fournisseurs d’information. Il s’agit de leur demander de permettre aux outils de l’entreprise de rechercher automatiquement l'information utile dans leurs bases de données. La solution devrait être déployée à la fin de l’année pour mise en service opérationnelle d’ici un an ou deux.
- Un dernier outil offre un espace de publication. Il héberge et met à disposition les publications des employés.
 
 
La collecte d’information n’est pas l’affaire que des outils informatiques. Les réseaux humains tiennent une large place. Pour chaque recherche d’information, le veilleur identifie les fonctions clés de l’entreprise du domaine en question. Il s’agit souvent des responsables commerciaux, des chargés de veille marketing, des chargés de stratégie…
 
A ce titre, il est important de connaître les biais attachés à chaque fonction. Tout ce qui remonte des fonctions commerciales sera sous-estimé. En effet un commercial est rémunéré en fonction des dépassements de ses objectifs. Placer des objectifs de vente bas, permet d’augmenter son potentiel de prime.
Inversement, tout ce qui remonte des divisions produit sera surestimé.
 
Traitement
Le traitement est affaire de matière grise. Il n’y a pas d’outils impliqués, mis à part la classification des infos par Arisem.
Diffusion
Les outils précédemment nommés sont aussi outils de diffusion :
- Le forum.
- Les espaces de publication.
- En outre, une base de donnée de nouvelles a été mise en place.
Cette base est alimentée par des fils d’information comme celui de Reuter. 2500 employés y sont abonnés. Ils peuvent déterminer leur profil, pour ne recevoir que des informations qui les concernent. 150 nouvelles sont reçues chaque jour et ainsi retransmises selon les critères déterminés par les colistiers.
Outre les informations externes, les colistiers ont la possibilité d’alimenter cette base. Mais seuls quelques colistiers (moins d’une dizaine) diffusent régulièrement des informations par ce canal.
 
Mon interlocuteur remarque que le meilleur outil du veilleur est le mail ! L’essentiel des informations utiles est échangé entre personnes d’un réseau de connaissance, via la messagerie, et par échange individuel (de personne à personne).
Mémorisation / capitalisation
Il existe une bibliothèque avec une base de donnée documentaire. Elle possède sans doute, tempère mon interlocuteur, 80% des achats du groupe. Car, malgré l’existence d’une centrale d’achat, rien n’empêche les achats particuliers dans telle ou telle division.
 
Présentation du système d’analyse concurrentielle, et de la centrale d’achat
 
Présentation
Deux structures sont présentées ci-dessous :
- L’analyse concurrentielle.
- La centrale d’achat.
 
L’analyse concurrentielle :
Un système centralisé de suivi des concurrents a été mis en place, mais n'a pas été pérennisé.
Le système était hiérarchisé. Une personne était chargée de nommer (sur la base du volontariat) des responsables de la veille en charge du suivi d'un concurrent. Ces derniers choisissant à leur tour des capteurs d’informations.
Ce système n’a pas fonctionné.
- Cela est dû d’une part à la multiplicité des nouveaux entrants. Suivre 10 concurrents bien identifiés est relativement aisé. Suivre une multiplicité des petites ou moyennes entreprises grossissant en fonction du marché l’est beaucoup moins.
- En outre, les fonctions n’étaient pas officielles, et le travail de veille se faisait en plus des activités normales. Malgré la motivation des volontaires, à la moindre urgence opérationnelle, le travail de veille était abandonné.
Une solution aurait été de rendre cette activité officielle, mais ce n’est pas à l’ordre du jour.
 
La centrale d’achat :
Un système de mutualisation des achats d’information a été mis en place.
Le système fonctionne de la manière suivante : si une entité veut acheter une étude, elle le fait savoir à la centrale d’achat, qui diffuse l’information sur une base dédiée. D’autres entités peuvent se montrer désireuses d’obtenir cette étude, et acceptent d’en partager le coût d’achat. La structure centrale n’a pas de budget, et est simplement chargée de mutualiser les demandes.
Les achats sont ainsi gérés et rentabilisés à l’échelle de l’entreprise.
Cela évite deux écueils. Premièrement qu’une structure supporte seule le coup d’achat d’informations. Deuxièmement que différentes entités achètent la même étude sans savoir qu’elle est déjà acquise par ailleurs.
Les gains sont estimés à 5 millions de Francs par an.
Ce système avait été originellement développé dans une division avant d’être implémenté pour toute l’entreprise, à l'initiative du responsable veille marché.
 
Réflexion sur la corrélation entre "besoins de veille" et "système de veille"
 
Indicateurs d'évaluation de la veille au niveau de l'entreprise
Indicateur en terme de service fourni : Pour tout ce qui est application informatique, il y a bien sûr des indicateurs (par exemple, le nombre de nouvelles envoyées aux colistiers). En outre, des enquêtes sont réalisées régulièrement auprès des utilisateurs.
 
Au niveau financier, il a été calculé que la centrale d’achat faisait économiser plusieurs millions de Francs par an.
 
Enfin en terme d’image, les analyses de marché qui sont produites semblent appréciées, au sein même des divisions. Ceci constitue une victoire, car le siège a souvent la réputation de coûter cher aux unités opérationnelles. Or depuis que l’activité de veille est mise en place, ils sont demandeurs des analyses marchés produites.
Points forts, et points faibles de l'organisation
 
Les points forts :
- Souplesse de l’organisation de la veille, due au travail en réseau.
- Flexibilité et polyvalence des veilleurs.
 
Les points faibles :
- Sentiment d’inertie du système.
- Manque de soutien de la hiérarchie, manque de reconnaissance de la fonction. Il faudrait une officialisation dans l’organigramme.
- Le système est porté par des individus. Mon interlocuteur avance que s’il s’en va, 50% de son travail ne serait pas pérennisé. Plus largement il y a une faiblesse dans la capitalisation et la pérennité des savoirs.
Corrélation entre besoins et système de veille
Il y a une tendance à gommer la dimension politique et stratégique de l’information, à mettre en place des structures, des outils et des rouages qui restent souvent une coquille vide.
L’information est avant tout source de pouvoir, et outil de promotion à l’intérieur de l’entreprise. Aucune veille pérenne ne peut être construite sans prendre en compte cette dimension.
Par Jerome Bondu - Publié dans : Benchmarking IE
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