Stratégie

Mercredi 26 mars 2008 3 26 /03 /Mars /2008 00:12

medicaments-copie-3.jpg Vous pouvez être certain que les conseils prodigués auront d’autant plus d’effets.

Pourquoi cela ?

 

Une étude vient de paraître dans un tout autre domaine, mais dont il me semble que l’on peut faire un parallèle intéressant. Dans le cadre d’une étude de psychologie, des groupes de patients ont été soumis à divers traitement placebo (sans aucun effet pharmacologique). Ils devaient acheter ces placebos, qui n’étaient pas tous au même prix !

Et devinez quels placebos ont eu les meilleurs résultats … les plus chers et ceux donnés avec le plus de conviction !

 

A la lecture de ces résultats (cités dans un article du monde *), je n’ai pu m’empêcher de penser à diverses réflexions entendues ça et là, sur les cabinets de conseils qui facturent très cher des études et audits, pour finalement administrer des solutions déjà décidées en interne par le patron, ou latentes dans l’entreprise.

 

Souvent, on met en avant que le choix qu’un cabinet prestigieux est une protection pour le décideur. On peut rajouter à la lumière de cette étude, que le choix d’un cabinet cher est aussi un gage de réussite. Tout est dans le prix, et la manière d’administrer la solution.

 

Jérôme Bondu

 

Source :

« Vous souffrez ? Prenez donc un placebo... cher » , article d’Alexandre Roos, paru dans Le Monde du 07 mars 2008.
Par Jerome Bondu - Publié dans : Stratégie
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Lundi 10 mars 2008 1 10 /03 /Mars /2008 09:29
guerre_1870.jpg Bonne question me direz-vous !
 
Essentiellement parce que nous avions à l’époque trois certitudes :
- La première était que nous possédions les meilleurs outils : en l’occurrence le fusil « chassepot », … qui avait néanmoins le terrible défaut de s’encrasser.
- La seconde était que nos troupes étaient plus mobiles : en l’occurrence plus mobiles que les Prussiens, qui comme tout le monde pouvait le penser à l’époque, étaient amateurs de choucroute, donc plus gras et moins rapides !
- La troisième était que nous avions les généraux les plus intelligents.
 
Des décisions ont été prises sur la base de ces trois idées reçues. Par exemple celle de ne donner aux soldats Français que des cartes des zones allemandes, où la bataille devait bien évidemment se dérouler. Ces mêmes soldats n’avaient pas les cartes des zones françaises où ils se sont fait battre.
 
Mon propos n’est pas de railler -avec le confort que donne une vision historique- une institution ou des erreurs passées. Mais de voir en quoi cette introspection critique pourrait nous être utile aujourd’hui.
 
En d’autres termes, quelles sont les certitudes Françaises de ce début de XXIème siècle ?
 
Ce serait prétentieux de répondre, mais on peut s’amuser à chercher des pistes !
Que croyons-nous acquis ? Où se cachent nos certitudes ? ... Dans la qualité de nos grandes écoles ? Dans la pérennité de notre Culture ? Dans la stabilité géographique de nos frontières ? La force de notre agriculture ? Notre indépendance énergétique ? La prégnance dans la société de l’intérêt général, du rôle de l’Etat ? La capitalisation de nos grandes entreprises, géants mondiaux de l’énergie, du luxe, des transports ou de la distribution ?
 
Méfions-nous du confort et de l’endormissement que provoque infailliblement les certitudes. C’est surement dans un de ces domaines, même si cela nous parait aujourd’hui improbable, que viendra demain notre prochaine désillusion. A moins que l’on y prenne garde !
 
Jérôme Bondu
Par Jerome Bondu - Publié dans : Stratégie - Communauté : Veille stratégique
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Vendredi 8 février 2008 5 08 /02 /Fév /2008 11:12
yvon_gattaz-copie-1.jpg Je publie aujourd'hui le compte rendu d'une conférence organisée le 07/10/2002 par l’Association IE de l’IHEDN. Ce compte rendu a été écrit par Jérôme Bondu & Bruno Barandas, et n’engage que ses auteurs.

 
La moyenne entreprise, base de l’entreprise mondiale
Conférence d'YVON GATTAZ
 
 
 
Résumé
Cette conférence était organisée par l’Association Intelligence Economique de l’IHEDN.
Yvon Gattaz a fait un véritable plaidoyer pour la moyenne entreprise.
Après avoir présenté une nouvelle classification des entreprises, dont la catégorie « moyenne entreprise » représente la part la plus importante, il a exposé pourquoi il faut aider à la création de cette catégorie d’entreprises, et en quoi elles sont le ciment et la base d’une économie en croissance.
 
Présentation de l’Intervenant
Diplômé de l’Ecole centrale. Ancien Président du CNPF (remplacé par le MEDEF).
Membre de l’Académie Française des Sciences Morales et Politiques.
Président de l’Association des Moyennes Entreprises Patrimoniales – ASMEP.
Son dernier ouvrage : La moyenne entreprise. Editions Fayard. Décembre 2001.
 
Introduction
M. Gattaz a commencé son allocution en proposant une nouvelle classification des entreprises. Il refuse l’acronyme PME, qui est selon lui peu clair, incorrect sur le plan grammatical, et englobe des réalités trop différentes. Il propose les quatre catégories suivantes :
- TPE, Très Petite Entreprise, moins de 10 salariés,
- PE, Petite Entreprise, entre 10 et 100 salariés,
- ME, Moyenne Entreprise, entre 100 et 3000 salariés,
- GE, Grande Entreprise, plus de 3000 salariés.
 
Quelques soient les critères retenus (nombre d’entreprises par catégories, nombre d’employés, chiffre d’affaires, investissements, …) on se rend compte que c’est la catégorie des moyennes entreprises qui est la plus importante (Selon sa classification, il est intéressant de noter qu’il n’y a que 200 grandes entreprises en France [de plus de 3000 salariés] !).
 
Importance de la croissance
La « croissance » est une obligation, nous explique M. Gattaz. Et il en va de la croissance économique, comme d’autres domaines. A cela, au moins deux justifications :
- Premièrement, au niveau biologique, ce qui ne croît pas se réduit, et donc disparaît.
- Deuxièmement - et non sans humour - notre intervenant, lui-même patron d’entreprise, explique que la croissance est un outil indispensable pour la gestion d’entreprise, car elle efface les erreurs managériales. En effet, elle permet d’effacer les erreurs d’investissements trop optimistes, de surstock et de sureffectif : la croissance absorbe ces erreurs classiques.
 
Quelques fausses idées sur les fusions – acquisitions porteuses de croissance :
M. Gattaz explique qu’une idée communément répandue, prétend qu’une des manières de créer de la croissance est de faire des fusions - acquisitions. Or cela est un leurre. Les fusions – acquisitions se soldent dans plus d’un cas sur deux par un échec.
Quand bien même, la fusion – acquisition est menée à son terme, l’entreprise au final possède souvent un périmètre inférieur à la somme des deux entités réunies. A la mode des synergies (qui font croire fallacieusement que 2+2 font 5), il oppose le néologisme « gynercie » qui exprime le phénomène de perte de compétitivité après une fusion – acquisition, symbolisé par la formule (2+2 font 3 !!).
Une des difficultés de réaliser une fusion – acquisition harmonieuse tient dans le fait que l’on croit faire une « fusion d’égaux », et que l’on se retrouve devant des « rivalités d’égo ».
La difficulté la plus importante résidant dans le mariage des cultures des entreprises. Et il nous cite un capitaine d’industrie ayant réussi la première grande fusion en France, disant que la fusion des deux entités réunies a duré … 20 ans !
La communication dans l’entreprise se trouve d’autant complexifiée. Ingénieur de formation, M. Gattaz s’est « amusé » à mettre en équation la formule suivante qui dit que le niveau de difficulté de communication dans une entreprise est égal au carré du nombre d’employés.
 
Les vertus de la moyenne entreprise
Plutôt que de faire une course au « gigantisme verticalisé », il vaut mieux pour assurer une croissance saine et solide, se développer en suivant le modèle de la « Moyenne Entreprise » constituée de « petites » structures souples et indépendantes de la maison mère notamment au niveau des relations humaines puisque désormais la réussite des entreprises passe essentiellement par la « gestion des compétences »!
 
Les progrès permettent en effet la constitution de réseaux de moyennes entreprises, qui pourront par leur réactivité et leur souplesse permettre une véritable croissance.
 
Quels sont les atouts des moyennes entreprises ?
- Permettre une véritable communication entre les hommes et les femmes qui la constituent. Et de ce fait, permettre plus d’harmonie.
- Assurer de la réactivité, de la souplesse et une forte capacité d’adaptation face aux marchés.
- En outre, la moyenne entreprise a la vertu de l’exemplarité. Un patron de moyenne entreprise qui réussit, peu inspirer les nouvelles générations. C’est un modèle que l’on peut atteindre. A contrario, il est beaucoup plus difficile de vouloir suivre les traces des grands patrons des grandes multinationales.
 
Conclusion
Monsieur Yvon Gattaz, grand connaisseur des réalités politiques et économiques, a délivré ce plaidoyer pour la moyenne entreprise avec beaucoup de sciences, d’humour et d’esprit. Force est de constater qu’en cette période où les grandes entreprises licencient et sont mises à mal par la bourse, son message ne peut qu’attirer l’attention.
 
Ce sujet est largement développé dans son dernier ouvrage : La moyenne entreprise. Editions Fayard. Décembre 2001.
Par Jerome Bondu - Publié dans : Stratégie
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Lundi 21 janvier 2008 1 21 /01 /Jan /2008 11:34
dumezil-guerrier.jpg Dans "Le Livre secret des fourmis, encyclopédie du savoir relatif et absolu" Bernard Werber nous livre cette réflexion :
« Le système d'organisation le plus répandu parmi les humains est le suivant: une hiérarchie complexe "d'administratifs", hommes et femmes de pouvoir, encadre ou plutôt gère le groupe plus restreint des "créatifs". Les travaux des créatifs sont ensuite distribués par les "commerciaux". Administratifs, créatifs, commerciaux. Telles sont les trois castes qui correspondent de nos jours aux ouvrières, sexués et soldates des fourmis. »
  
Cette présentation de l’organisation sociale me rappelle les enseignements de la mythologie comparée de Georges Dumézil.
 
Georges Dumézil (mort en 1986) fut philologue, académicien français et agrégé d'histoire.
« En comparant les mythes anciens de nombreux peuples indo-européens, dans le texte (il connaissait environ trente langues), il a démontré (…) que ces mythes traduisaient une vision de la société découpée en trois fonctions :
- la fonction du sacré et du juridique,
- la fonction guerrière,
- la fonction de production.
Ces trois fonctions se retrouvent aussi bien dans la mythologie, dans des récits fondateurs de la Rome antique, que dans des institutions sociales : castes indiennes, organisation sociale d'Ancien Régime en clergé, noblesse et tiers état …  » *
  
Voila donc que notre organisation sociale, notre organisation en entreprise n’est autre qu’une organisation millénaire, elle-même présente depuis des millions d’années chez les insectes sociaux … Finalement, nous sommes bien peu de choses …
 
Jérôme Bondu
 
* Source : Wikipedia 
Par Jerome Bondu - Publié dans : Stratégie
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Samedi 19 janvier 2008 6 19 /01 /Jan /2008 17:06
bernard_werber.jpg Alors que Bernard Werber sort son dernier ouvrage « Le Mystère des Dieux », je suis tombé sur un de ces anciens livres "Le Livre secret des fourmis, encyclopédie du savoir relatif et absolu".
 
Ce livre fourmille (le jeu de mot s'impose) d'idées originales. En voici trois (sur trois posts) qui ont retenu mon attention : 
 
Bernard Werber présente page 225 les règles d’Alynski. En 1970, Saul ALYNSKI, ancien étudiant en archéologie, ancien gangster d’Al Capone, fondateur du plus grand syndicat américain, publiait un manuel énonçant dix règles tactiques pour survivre en société. Les voici :
 
1- « Le pouvoir n'est pas ce que vous possédez mais ce que votre adversaire s'imagine que vous possédez. »
Voila qui est pertinent !
 
2- « Sortez du champ d'expérience de votre adversaire. Inventez de nouveaux terrains de lutte dont il ignore encore le mode de conduite. »
Règle primordiale en temps de guerre !
C’est cette règle qui a fait la force des guérillas. L’ennemi, généralement supérieur en nombre et en technologie se voyait embourbé dans des terrains où sa supériorité ne lui procurait aucun avantage. C’est aussi ce qui a causé la perte des Grecs lors des premières confrontations avec les Perses. Les Grecs étaient habitués à des combats très structurés entre cités hellènes, avec des règles codifiées. Ils ont été « massacrés » par des Perses, qui plutôt qu’affronter de front (désolé pour le pléonasme) les redoutables phalanges hoplitiques, les ont pris à revers grâce à leur cavalerie. La phalange étant un bloc presque monolithique (chaque hoplite couvrant son voisin de la moitié de son bouclier, ce qui en faisait sa force), elle ne pouvait pas se retourner. Sa force est devenue sa faiblesse.
 
3- « Combattez l'ennemi avec ses propres armes. Utilisez pour l'attaquer les éléments de son propre code de référence. »
Ce point vient en complément du précédent. Les deux sont à utiliser simultanément.
 
4- « Lors d'une confrontation verbale, l'humour constitue l'arme la plus efficace. Si on parvient à ridiculiser l'adversaire ou, mieux, à contraindre l'adversaire à se ridiculiser lui-même, il lui devient très difficile de remonter au créneau. »
Cela me fait penser au film le « Nom de la Rose » (du livre d’Umberto Eco). Quand le vénérable Jorge de Burgos, lors d’une confrontation avec Guillaume de Baskerville, lui avoue que le livre recherché est le plus dangereux de tous contre la religion car il apprend le rire aux Hommes. Si les hommes savent rire, ils riront aussi de Dieux. S’ils rient de Lui, ils n’en auront plus peur. Et c’en sera fini de la religion !
 
5- « Une tactique ne doit jamais devenir une routine, surtout lorsqu'elle fonctionne. Répétez-la à plusieurs reprises pour en mesurer la force et les limites, puis changez-en. Quitte à adopter une tactique exactement contraire. »
Force de la surprise.
 
6- « Maintenez l'adversaire sur la défensive. Il ne doit jamais pouvoir se dire : "Bon, je dispose d'un répit, profitons-en pour nous réorganiser." On doit utiliser tous les éléments extérieurs possibles pour maintenir la pression. »
Bien enseigné dans le cadre des Echecs. Toujours jouer de manière à imposer à l’adversaire un mouvement.
 
7- « Ne jamais bluffer si on n'a pas les moyens de passer aux actes. Sinon, on perd toute crédibilité. »
Juste une remarque. Dans ce cas là, ce n’est plus du bluff. C’est une menace.
 
8- « Les handicaps apparents peuvent se transformer en les meilleurs atouts. Il faut revendiquer chacune de ses spécificités comme une force et non comme une faiblesse. »
De la même manière, on dit « qu’une manie est une qualité mal employée. »
 
9- « Focaliser la cible et ne pas en changer durant la bataille. Il faut que cette cible soit la plus petite, la plus précise et la plus représentative possible. »
Un exemple historique me vient en tête : le vase de Soisson. Clovis, alors jeune chef des Francs Saliens, a été humilié par un de ses soldats lors du partage du butin de Soisson. Ce soldat a fixé pour le futur dirigeant, l’opposition à sa suprématie. Plusieurs années plus tard, Clovis était assez fort pour s’imposer. Son objectif « politique » s’était confondue avec cet opposant, dont il a fracassera le crane en criant « Souvient-toi du vase de Soisson ».
Je profite de cette digression pour rappeler (ce qui est peu connu) que les rois de France se sont voulus les successeurs de Clovis, dont le nom latinisé était Chlodovicus. Pour rappeler cette filiation « spirituelle », ils ont porté le même nom : Louis est la contraction de Chlodovicus (progressivement, l'usage simplifia son nom en Hludovicus puis Ludovicus, puis Louis).
Je me permets une autre digression, tout aussi porteuse de sens, Tsar vient de Cesar (orthographié Czar avant 1914). La Russie impériale se voulant la continuation de l’empire Romain.
 
10- « Si on obtient la victoire, il faut être capable de l'assumer et d'occuper le terrain. Si on n'a rien à proposer de nouveau, il ne sert à rien de tenter de renverser le pouvoir en place. »
Cela ressemble bigrement à du Sun Tzu.
 
Jérôme Bondu
 
Par Jerome Bondu - Publié dans : Stratégie
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