Lundi 17 mars 2008
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Prenez le temps de lire le texte ci-dessous issu de "Louanges
de l'eau" de Paul Valéry. Je n'ai pas pour habitude de poster des textes littéraires (sans doute le devrais-je), mais celui-là vaut que l'on y passe une à deux minutes.
- D'abord, parce que l'eau est l'élément indispensable à toute vie. Le rappeler ne fait pas de mal.
- Ensuite, parce que c'est une préparation (comme une autre) pour la conférence de M. Donzier sur la géopolitique de l'EAU, organisée par le Club IES le 10 avril. A ne pas manquer !
- Enfin, parce que c'est une belle allégorie de l'intelligence collective. Si chaque goutte d'eau est une intelligence individuelle, les torrents et nappes phréatiques sont les
réseaux humains, et les plantes et arbres sont nos organisations intelligentes.
Extrait de Louanges de l'eau
«Parfois, visible et claire, rapide ou lente, elle se fuit avec un murmure de mystère qui se change tout à coup en mugissement de torrent rebondissant pour se fondre au tonnerre perpétuel des
chutes écrasantes et éblouissantes, porteuses d'arcs-en-ciel dans la vapeur.
Mais tantôt, elle se dérobe et s'achemine, secrète et pénétrante. Elle scrute les masses minérales ou elle s'insinue et se fraie les plus bizarres voies. Elle se cherche dans la nuit dure, se
rejoint et s'unit à elle-même; perce, transsude, fouille, dissout, délite, agit sans se perdre dans le labyrinthe qu'elle crée; puis elle s'apaise dans des lacs ensevelis qu'elle nourrit de
longues larmes qui se figent en colonnes d'albâtre, cathédrales ténébreuses d'où s'épanchent des rivières infernales que peuplent des poissons aveugles et des mollusques plus vieux que le
déluge.
Dans ces étranges aventures, que de choses l'eau a connues!? Mais sa manière de connaître est singulière. Sa substance se fait mémoire: elle prend et s'assimile quelque trace de tout ce qu'elle a
frôlé, baigné, roulé: du calcaire qu'elle a creusé, des gîtes qu'elle a lavés, des sables riches qui l'ont filtrée. Qu'elle jaillisse au jour, elle est toute chargée des puissances primitives des
roches traversées. Elle entraîne avec soi des bribes d'atomes, des éléments d'énergie pure, des bulles de gaz souterrains, et parfois la chaleur intime de la terre.
Considérez une plante, admirez un grand arbre, et voyez en esprit que ce n'est qu'un fleuve dressé qui s'épanche dans l'air du ciel. L'eau s'avance par l'arbre à la rencontre de la lumière. L'eau
se construit de quelques sels de la terre une forme amoureuse du jour. Elle tend et étend vers l'univers des bras fluides et puissants aux mains légères.»
Paul VALÉRY, Louanges de l'eau, La Pléiade, p. 202, 203, 204.
Source Image : Délit de poésie
Par Jerome Bondu
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Publié dans : Ecologie
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Samedi 15 mars 2008
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07:54
Si
l’intelligence est collective, la bêtise l’est certes aussi
Ainsi ces ex-salariés de l’entreprise Lenoir et Mernier, basée à Bogny-sur-Meuse (Ardennes) et mise en liquidation judiciaire, menacent de polluer la Meuse
…
Claude Choquet porte-parole des salariés a déclaré avoir positionné une cuve d’acide chlorhydrique au-dessus d’une bouche d’égout reliée à la Meuse et menace le
déversement de 30 000 litres.
Quand bien même le désespoir ces ex-salariés soit extrême, ce que l’on peut concevoir, comment arriver à ce chantage écologique ?
Cela illustre le peu d’intérêt pour la chose « écologique », et finalement que sur un autre plan la disparition des tigres n’émeuvent pas grand monde. Cela se reflète
même dans les articles sensés alerter sur cette autre « catastrophe ». J’ai lu dans le journal Metro du 13 mars à propos des tigres qu’il « reste environ 3500 exemplaires à
travers le monde » …
Le mot « exemplaire » me laisse songeur. Si on parle d’exemplaires à propos d’êtres vivants, pourquoi pas de stocks, de dépréciation, …
J’imagine bien une discussion entre parents et enfants dans quelques dizaines d’années :
« - Dis, papa-maman, est-ce qu’il reste des tigres sur terre ?
- Non, nous n’en avons plus d’exemplaires !
- C’est triste.
- Non, nous avons décodé leur génome avant l’épuisement du stock. On pourra en produire si la demande reprend dans les zoos. Mais le coût est important, et le RIO pratiquement
impossible. »
Jérôme Bondu
NB : pour la petite histoire, concernant l’ultimatum de pollution de la Meuse, un médiateur inattendu est apparu : le bourgmestre de Dinant en Belgique !
Catastrophé par la nouvelle, il a franchi la frontière et s'est imposé en tant que médiateur, évitant la catastrophe écologique pour cette rivière qui traverse aussi sa ville.
L'ultimatum a été reporté à mardi. Les rivières traversent les frontières, comme les bonnes et mauvaises actions. Mais encore une fois, quelle image pitoyable de la France !
Lire sur le sujet : "Les animaux ont-ils une âme ?
Par Jerome Bondu
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Jeudi 6 mars 2008
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00:20
Je fais
suite à mon billet du 4 mars intitulé « L'humanité ne mange que des plantes malades ».
Eric Le Boucher, dans un article du Monde du 3 mars, m’en donne l’occasion en revenant sur le sujet avec un article qui synthétise bien le problème « Le nouvel avenir de
l'agriculture ».
On y lit : « Il faut une nouvelle révolution, une révolution "double", disent les experts, à la fois écologique et
hyper-technologique. "C'est par la recherche et l'inventivité des agriculteurs que le monde aura la capacité de nourrir le monde", dit Marion Guillou, PDG de l'INRA.
L'agriculteur a dû se transformer en chef d'entreprise, voire en comptable, pour calculer le montant des aides communautaires, il va devoir devenir ingénieur
biologiste.
Accélérer les processus biologiques des plantes en respectant les ressources : voilà l'idée. Les OGM ne sont qu'une petite partie d'un immense champ de recherche tous azimuts. Et, comme le
souligne Michel Griffon (Nourrir la planète, Odile Jacob, 2006), ce modèle devra s'appliquer plus encore au Sud qu'au Nord, à ces 2,5 milliards de paysans qui peinent à se
nourrir eux-mêmes en cultivant la terre avec des techniques qui la dégradent. »
Au fond, entre ceux qui tirent la sonnet d’alarme (voir la positions des Bourguignon) et de l’INRA, on ne peut faire de choix. Nous sommes dans une
situation où l’on sent bien qu’il n’y aura que des perdants (et pas de vainqueurs). Notre marge de manœuvre consiste à deviner quelles décisions seront les « moins » pénalisantes, et
pour qui …
Jérôme Bondu
Par Jerome Bondu
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Mardi 4 mars 2008
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07:01
Ce titre, qui fait froid dans le dos, est une citation de
Claude et Lydia Bourguignon, dont Le Monde (en date du 27 février) publie un portrait passionnant.
Ces deux chercheurs ne cessent d’analyser la terre, sur tous les continents, et leurs diagnostics sont de plus en plus alarmistes. Si le titre de ce billet donne un reflet évocateur de leurs
positions, ces deux francs-tireurs dressent un tableau sévère de toute la profession. A commencer par l’INRA, leur précédent employeur. Ils ont proposé à l’Institut National de la Recherche
Agronomique une méthode de mesure de l’activité microbienne des sols (étalon de la mesure de la « fertilité » d’une terre). L’institut a refusé. Ce qui leur a fait dire « les microbes,
contrairement aux engrais, travaillent gratuitement ».
Pour eux la filière agricole est loin du travail de la terre, mais est devenu la science « de la gestion des pathologies végétales ».
Quand ils évoquent les jeunes générations, c’est pour dire qu’ils n’auront pas la chance de manger soin, et parlent d’une perte de « capital ».
Visiblement, ils ont dans le collimateur les industriels de la terre, qui font de manière intégrée, les analyses des sols, vendent les engrais, les pesticides puis les médicaments, …
Je ne sais pas pourquoi, cela m’a fait penser à Knock de Jules Romain. Je me suis dit que c’est comme si Knock avait réussi dans le business et faisait les diagnostics de ses clients (n’oublions
pas que « Les gens bien portants sont des malades qui s’ignorent »), et administrait les médicaments produits par « Knock et Companies ». Médicaments qui rendraient réellement malade le client
(au départ bien portant), … induisant le recours à ses services … incontournable.
Bien évidemment, il ne peut en être ainsi. Il existe nécessairement des garde-fous que je ne connais pas. Mais le fait même que je me formule cette comparaison est révélateur d’une perte de
confiance !
Jérôme Bondu
Par Jerome Bondu
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Jeudi 14 février 2008
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00:03
« Plus encore qu’Al-Qaida et les
terroristes de tous poils, le dérèglement climatique risque d’aggraver les tensions internes aux Etats et de susciter de nouveaux conflits ». Ces écrits sont de Pascal Lorot.
Il cite notamment la PNUD qui rappelle que c’est « quelques 250 millions de réfugiés climatiques qui vont frapper aux frontières de l’Europe et des Etats-Unis, poussés à
quitter leurs pays en raison des pénuries d’eau et de nourriture. Sans parler des guerres civiles que ces dernières vont occasionner. »
Si Pascal Lorot, président de l’Institut Choiseul, rappelle face à cet avenir incertain les options militaires (renforcer l’armée, utilisation préventive de l’arme nucléaire, …) il
est imaginable que d’autres solutions plus « douces » puissent être trouvées. Surtout si l’on recherche des solutions en amont. C’est à dire maintenant !
Direct matin a publié ce jour (13 février) un court article sur la sécheresse inédite en France en cet hiver 2008. La pluviométrie a été la plus faible depuis 40 ans.
Je vais -pour ma part- organiser plusieurs événements relatifs à la pénurie d’eau dans le monde. Toutes personnes intéressées par ce sujet peuvent se mettre en rapport avec
moi.
Jérôme Bondu
Source : Le Nouvel Economiste n° 1417. Lien vers le PDF
Par Jerome Bondu
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