Social

Mercredi 27 janvier 2010 3 27 /01 /Jan /2010 01:06

christian_boiron.jpg Quelques lignes sur la conférence de Christian Boiron au Club des Vigilants

Christian Boiron est président des laboratoires du même nom, diplômé de l'Institut d'Administration des Entreprises (ce qui nous fait un point commun) et de l'Institut de Pharmacie Industrielle.

 

Le thème de son allocution était très éloigné des préoccupations de ce blog, et portait sur l’affirmation « La peur pourrait devenir le pire ennemi de l’humanité ». Il vient de publier un ouvrage sur le sujet.

 

Je retranscrits brièvement ce que j’en ai retenu de sa présentation :

 

Selon ce chef d’entreprise, la volonté d’évitement de la mort (éviter d’y penser, de la voir, …) est très consommatrice de ressources. Cet évitement vient de la peur qu’elle nous inspire. Et cette peur elle-même vient du fait que « l’on ne sait pas ce que c’est ».

Or, poursuit-il, ce que nous pouvons déjà en savoir, aurait de quoi apaiser notre angoisse.

-Premièrement, la mort est une transmission. Car sans mort, il n’y aurait plus de naissances. « L’immortalité, c’est la mort de la naissance. »

-Deuxièmement, cette peur de la mort est liée à une « excessive focalisation sur l’individu ». Sortir de son individualité permet de relativiser.

 

Et, dernier argument, ce que nous n’en savons pas, … ne doit pas constituer un blocage. Notre vie est organisée pour apporter des certitudes et ôter des doutes. Les sciences comme les religions ne sont que deux facettes d’une même volonté de lever des angoisses. Reconnaitre que tout ne s’explique pas, permet de se libérer d’un fardeau.

 

M. Boiron envisage d’organiser un colloque sur le sujet. Une question a été posée dans la salle sur l’entrisme des sectes sur le sujet. Il a répondu que la lutte contre les sectes ne se fait pas en les combattant frontalement, mais en résolvant les angoisses qu’elles exploitent.

 

M. Boiron explique que la méditation apporte beaucoup. Il y a consacre une part de plus en plus importante de son temps.

 

Il est d’ailleurs temps pour moi, … de vous laisser à vos méditations ;-) et de retourner à des préoccupations plus prosaïques. Si son propos me semble relever du bon sens. Il y a -il est vrai- un je ne sais quoi dans le sujet, qui provoque un certain malaise. Allez savoir pourquoi ?

 

Voir ses trois derniers ouvrages.

NB : Crédit Photo - Robert Séror 

Par Jerome Bondu - Publié dans : Social
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 12 janvier 2010 2 12 /01 /Jan /2010 16:42
enfant.jpgJ’ai lu récemment une anecdote sur une PME française, leader mondial dans son domaine. Cette dernière est présidée par un homme atypique, ouvert aux idées nouvelles, et qui n’a de cesse de pousser ses collaborateurs à innover.

Un jour, ce dernier a fait installer sur tous les claviers d’ordinateur dans son entreprise une nouvelle touche étiquetée énigmatiquement « Autre Bouton » !
Que croyez vous qu’il se passât ?


Seulement 10% de ses salariés cliquèrent dessus.
Ce manque de curiosité l’a plongé dans un profond désarroi.

Il avait alors encouragé ses collaborateurs à plus d’audace : « N’ayez pas peur de tenter des choses et d’aller vers ce que vous nous connaissez pas forcément. »

Il arrive que l’on ait à portée de main des possibilités de changement, mais que l’on ne les voient pas, ou que l’on ne désire pas les voir, … par crainte de changement.

Alors si j’avais un vœu à formuler pour vous qui lisez ce billet, plus qu’une « bonne et heureuse année » … je vous souhaiterais d’oser cliquer sur les « autres boutons », ceux qui sont si proches, mais pourtant si loin…

Jérôme Bondu

NB : j’offre l’entrée gratuite à la prochaine conférence d’Henri Martre au Club IES (pour les 10 ans du Club) pour celui qui trouvera à quel patron je fais allusion.  ;-)
Indice : il est un des porte-drapeaux de la métropole lilloise.

Par Jerome Bondu - Publié dans : Social
Ecrire un commentaire - Voir les 21 commentaires
Dimanche 6 décembre 2009 7 06 /12 /Déc /2009 12:08

 

François de Closets a fait une enquête approfondie sur notre orthographe. Son dernier ouvrage « Zéro faute – L’orthographe, une passion française » cherche à expliquer pourquoi notre orthographe est si compliquée, pourquoi les tentatives de réforme ont échoué, les conséquences de ces blocages, et finalement pourquoi les technologies de l’information et de la communication auront le dernier mot. C’est passionnant. En voici une courte synthèse personnelle.

 

Un constat s’impose : nous avons une langue extraordinairement difficile.

 

Peut être la plus difficile au monde. Bien sur, on pourra objecter que l’écriture chinoise, par exemple, soit certainement plus ardue. Et bien ce n’est pas si sur. Si apprendre des milliers de caractères n’est certes pas un jeu d’enfants, apprendre des milliers de mots à l’orthographe « illogique », des multiples règles et autant d’exceptions, n’en est pas vraiment un non plus. Comment expliquer que les meilleurs de nos spécialistes ne réussissent pas à faire une dictée sans faute.

 

Notre graphie n’est pas logique. La grammaire est venue sur le tard, uniquement pour « justifier » des règles que la pratique avait imposée. Quelques exemples :
-Retard donne retarder -mais cauchemarder vient de cauchemar, sans d.
-On écrit millionième avec un n et millionnaire avec deux.
-Relais et délai.
-Espace génère spatial avec un t.
-Faux-fuyant prend un tiret mais pas faux bond.
-Portemanteau tient en un mot mais pas porte-parapluies.

 

François de Closets explore aussi des langues jumelles à la notre. Il explique pourquoi les Espagnols ne font pas de faute (comparé aux français). Leur écriture a été très tôt phonétisée. De ce fait, chaque « son » correspond à une seule graphie. Ils ont -si j’ai bonne mémoire- 24 phonèmes (son) pour 29 graphèmes (manière d’écrire le son). Le français comporte pour un nombre à peu près égal de phonèmes quatre fois plus de graphème. Des exemples ? L’espagnol écrira « ¿Cómo está? » (écriture quasiment phonétique) là où nous nous amuserons à écrire « comment » (avec un doublement de consonne, et un t muet) vas (avec un s muet) tu ?

 

Notre graphie n’a pas évolué car elle a été prisonnière d’objectifs politiques

 

L’auteur propose une passionnante analyse historique.

Notre écriture est le résultat (le produit) d’une évolution qui a commencé avec l’adoption du latin en Gaule. L’auteur rappelle les époques charnières dans l’évolution de la langue, comme par exemple au XIVème siècle quand des lettrés, savants pétris de culture latine et grecque, décident de truffer la graphie de h, y, ph, comme autant de rappels de ses origines. L’écriture était alors l’apanage des savants. Et ces rappels n’étaient pas dommageables dans la mesure où tous connaissaient « leurs classiques ». Le problème est que cette écriture savante est devenue celle du peuple sans pratiquement aucune simplification. Pourquoi ?

 

Dès le Grand Siècle, et surtout au sortir de la révolution française, à une époque où seulement 20 pourcent des habitants du pays parlaient le français, l’uniformisation des « parlers » s’est imposé comme un objectif prioritaire. « Le français doit être le ciment de la France nouvelle » (P 161).

 

« Le français est donc né de l’oral comme langue populaire et à l’écrit comme langue de scribe. Son destin est tracé : il lui faut évoluer pour que l’écriture savante devienne celle de tous. Mais, à mesure qu’elle s’affirmait comme la graphie d’un grand pays, notre orthographe se figeait inexorablement. L’histoire a mal synchronisé ces évolutions. La simplification aurait dû précéder la généralisation, or elle n’était pas terminée lorsque l’orthographe fut officialisée. Il fallait donc terminer le travail linguistique à contre-courant de l’évolution socioculturelle, changer un outil dans le temps même où tout le monde apprenait à s’en servir. Un exercice particulièrement difficile ». (P 183)

 

Cela a sacralisé la langue, et a empêché son évolution ultérieure. De la même manière que faire évoluer l’hymne national, le drapeau, est tabou … faire évoluer notre graphie l’est devenu aussi. « L’administration devient le clergé de ce nouveau culte et valorise l’art du « français sans fautes » qui la distingue » (P165). Les références au sacré sont constantes dans l’ouvrage :

« Seule la sacralisation permet à une écriture savante de s’imposer comme écriture populaire. Si la ferveur se relâche, si le savoir n’est plus valorisé et la déviance n’est plus stigmatisée, un tel apprentissage devient impossible » (P 271).

« Pour imposer cette écriture savante à un peuple illettré, il fallait lui conférer une valeur supérieure, la sacraliser. Ainsi la norme orthographique l’a-t-elle emporté sur toutes les autres, et d’abord sur le français ».  (P 317)

« Nous sommes le seul pays qui a sanctifié sa langue. La faute y est considérée comme un sacrilège, comme se moucher dans le drapeau. Pourquoi toute défaillance en orthographe stigmatise celui qui la commet alors que s'avouer nul en maths, sans aucune oreille musicale, imperméable à la science ou incapable d'apprendre une langue étrangère passe comme une lettre à la Poste? »

 

Mais les blocages ne viennent pas uniquement de l’administration. Ils ont été multiples, issus des hautes sphères de notre système mandarinal (l’Académie Française), des garants de son enseignement (les instituteurs), ou de nous-mêmes ! « Les Français qui ont hérité d’un monument historique étrange, craignent qu’à trop vouloir le rénover il ne finisse par leur tomber sur la tête ». (P 205)

 

Cette écriture complexe a pénalisé et pénalise toujours la France

 

Commençons par une vision géopolitique : Au XVIIIème siècle, notre langue était la langue des cours et des élites. Pourquoi notre « lingua franca » est maintenant reléguée à jouer les outsiders du monde diplomatique et économique. « Non, pas à cause de son orthographe ? » pourriez-vous dire. Et bien si, cela y a contribué. Déjà en 1782, suite à un concours sur « l’origine de l’universalité de la langue française », lancé par l’Université de Berlin, un des co-lauréats expliquait que de toute manière, son orthographe allait tôt ou tard la disqualifier : « la complexité de son orthographe (…) devait lui interdire toute vocation universelle » (P 160)

 

Les dégâts sociaux sont bien sûr les plus importants : Notre écriture si complexe, doit être maintenant enseignée à tout le monde. Si elle était appropriée pour des savants du XIVème, elle ne l’est plus aujourd’hui. Le temps passé à apprendre aux jeunes toutes les illogismes de notre orthographe est du temps en moins pour les autres matières (histoire, géographie, mathématique, …). Le corps enseignant confronté à la difficulté de l’apprentissage, après avoir été opposé aux réformes, l’encourage maintenant.

 

Sans parler du plaisir d’écrire : "Lorsque j'écris, je vis en état d'alerte permanente. Je vais éviter les mots qui pourraient être piégeux, les formulations qui pourraient m'amener sur des terrains incertains. Au lieu de jouer avec la langue pour me faire plaisir, je me restreins."

 

Mais les nouvelles technologies de l’information vont débloquer la situation

 

Initialement inventée pour transcrire la parole, notre écriture a fini par se séparer de notre « parler » et n’évolue plus en symbiose avec lui. Nous parlons de plus en plus différemment de notre manière d’écrire.

Paradoxalement, internet a replacé l’écrit au cœur de toutes nos communications (mails, blogs, texto, …), et a ré-unifié l’écrit de l’oral. On écrit un commentaire dans un blog, de manière spontanée, comme on répondrait oralement à l’auteur. François de Closets conclue sur l’influence que ces nouveaux outils auront forcément sur notre manière d’écrire. Et sur cette réforme de l’orthographe, qui se fera inexorablement.

 

Passionnant, déculpabilisant (pour ceux qui font des fautes, comme moi), épanouissant, … un ouvrage a mettre en toutes les mains.

Jérôme Bondu

 

NB : par avance, je vous demande une certaine indulgence pour les "fotes" que j’ai dû laisser trainer.

----------------------

- Acheter : Editions Mille et une Nuits. Amazon
- Lire un autre billet "Les TIC et l’orthographe" 
- Voir une vidéo de François de Closets

Tous les extraits en italique sont issus de livre.


Par Jerome Bondu - Publié dans : Social - Communauté : Veille stratégique
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 11 novembre 2009 3 11 /11 /Nov /2009 10:24

J’ai découvert il y a quelques temps l’association de Philippe Hayat 100 000 entrepreneurs. Son projet est simple : permettre à des entrepreneurs de rencontrer des collégiens et de leur expliquer leur parcours, leur métier, et le monde de l’entreprise.

 

Et bien ça y est. J’ai donné ma première intervention en collège. C’était génial. Les enfants ont été très intéressés. Et finalement, je me suis rendu compte qu’ils posaient les mêmes questions que les adultes. Avec la spontanéité en plus. Voici un florilège de quelques questions :

 

- Vous gagnez combien ? (question toujours pensée, jamais posée ;-)
- Vous travaillez pour des entreprises ? Des grosses comme Nike ou Danone ? (question souvent formulée dans une forme plus policée durant les rendez-vous commerciaux)
- Comment vous vous faites connaître ?
- Quand vous vendez un système de veille à une entreprise, après, ... elle n’a plus besoin de vous ? (question très pertinente !)
- Dites m’sieur, est-ce que vous volez des informations ? (question hyper classique quand je fais une intervention devant un public néophyte)

 

Non seulement ils ont été très intéressés par la présentation du cursus de création d’entreprise, mais en plus ils ont bien compris ce qu’était la dynamique de veille et l’utilisation que l’on peut faire d’internet. D’ailleurs, plus de la moitié ont un profil sur Facebook ! Tout ce qui est dit avec des mots simple est parfaitement compris. J’ai été étonné aussi d’apprendre que ces collégiens allaient faire un stage en entreprise.

 

Sinon, j’ai eu le plaisir de rencontrer dans ce même collège d’autres entrepreneurs comme moi. Nous étions 5 à papoter dans la salle des profs avant d’entrer dans l’arène (je veux dire en classe). Le plus drôle c’est qu’un d’eux était dans l’intelligence économique, et qu’un second me connaissait ;-)  Le monde est petit.

 

Renseignez vous sur 100 000 entrepreneurs sur leur blog ou leur site. Il est important de soutenir ce genre d’action décloisonnante.

 

L’éducation est une chose trop importante pour la laisser aux seuls professeurs ;-) Il faut que les acteurs du monde de l’entreprise investissent les lieux de formation. Tout comme il est important de faire rentrer dans les entreprises les professionnels de l’éducation. Il est temps que ces deux mondes cessent de s’ignorer. Cela fera du bien à tous les niveaux. Y compris aux plus haut, comme le classement de Shanghai le relève.

 

Jérôme Bondu

 

NB : - La photo est issue du site du film Entre les murs (car mon intervention s’est faite dans le 20ème arrondissement de Paris, près du collège où a été tourné ce film).
- Dans le même esprit on pourra relire le billet sur l’émission de Noëlle Bréham Les petits bateaux, où il est aussi question d'enfants et de décloisonnement.

Par Jerome Bondu - Publié dans : Social - Communauté : Veille stratégique
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 22 octobre 2009 4 22 /10 /Oct /2009 15:17
Le très bon site d'information Abondance écrit ceci dans sa dernière livraison :


"Il fallait s'y attendre... Sous les feux des projecteurs depuis plusieurs jours, suite à son éventuelle nomination à la tête de l'EPAD, Jean Sarkozy, le fils du Président de la République, fait actuellement l'objet d'un Google Bombing sur l'expression "fils à papa".

Le site www.jeansarkozy.org sort actuellement en 3ème position sur Google pour cette expression. (...)

Rappelons ici que Google a mis en place un algorithme de détection et de suppression des Google Bombings, mais que ce dernier ne tourne pas en continu. Il n'est lancé que quelques fois dans l'année ou à la demande de certains services. Ce positionnement ne durera donc que jusqu'au prochain lancement de l'algorithme "anti-bombes" du moteur de recherche
..."
A lire sur le site d'Abondance.


Le numéro de Challenges de cette semaine fait un dossier sur "Le pouvoir des femmes". L'hebdomadaire présente 50 femmes aux portes du pouvoir. Et il y en a de très jeunes. Enfin, 36, 37, 38 ans ... non pas 23 quand même. J'ai bien regardé, elles ont toutes finies leurs études. Et aucune ne portaient un nom qui pouvaient indiquer un quelconque népotisme. Cela devrait donner des idées ...
Voir sur Challenges.







Par Jerome Bondu - Publié dans : Social - Communauté : Veille stratégique
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires

Sondage sur les réseaux

Participez au sondage sur la pratique des réseaux humains, mis en place par Inter-Ligere ! Cela ne vous prendra que 5 minutes, et vous recevrez les résultats. Cliquez ici.

Recherche

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés