Ecologie

Lundi 13 octobre 2008 1 13 /10 /Oct /2008 21:00

S’il est un domaine qui mérite une veille, tant l’évolution du secteur est rapide et les implications importantes, c’est bien celui du développement durable.


C'est pourquoi Inter-Ligere est partenaire du colloque : "Favoriser l’énergie durable dans nos Collectivités".


Rendez-vous mardi 21 octobre 2008, de 14 à 19h30, à l’Automobile Club de France (6-8 place de la Concorde Paris 8ème).
Ce colloque, organisé par le Club Développement Durable
(ESCAL Consulting), est parrainé par Madame Nathalie Kosciusko-Morizet, Secrétaire d’Etat chargée de l’Ecologie.

Cette après midi sera découpée en trois thèmes :
- Les politiques énergétiques locales.
- Les différentes sources d’énergie propre en France.
- Energies durables : le rôle des entreprises.

Parmi la vingtaine d’intervenants de haut niveau, on peut noter :
- Annick DELHAYE, Vice-présidente de la région PACA déléguée à l’écologie, l’environnement et au développement durable.
- Michel DERDEVET, Directeur de la communication et des affaires publiques, RTE.
- Gilles PENNEQUIN, Présidence de la République, Mission Union pour la Méditerranée, adjoint au Responsable, Questions Environnement et Développement Durable.
- Bruno CARRIER, Directeur général de GFDD.
- Ghislaine HIERSO, Directrice des relations institutionnelles, Veolia Propreté et Présidente du groupe gaz à effet de serre de la FNADE.
- Jean-Yves PERROT, Président-directeur général de l’Ifremer (l'Institut Français de Recherche pour l'Exploitation de la Mer).
- Philippe LECONTE, Président du Conseil de Surveillance de la Nef.
- Emmanuelle LEDOUX, Conseillère régionale, Vice-présidente de l’ARENE.
- Hélène VALADE, Directrice Développement Durable, Suez Environnement/Lyonnaise des eaux.


Télécharger la plaquette de présentation (PDF).
Télécharger le coupon réponse (GIF).



Le colloque sera suivi d’un cocktail dînatoire à partir de 19h30.


Au plaisir de vous y retrouver.


Jérôme Bondu

 

Par Jerome Bondu - Publié dans : Ecologie - Communauté : Veille stratégique
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Mardi 22 avril 2008 2 22 /04 /Avr /2008 11:44

 

Conférence animée par Jean-François DONZIER, organisée le 10 avril 2008 par le Club Intelligence Economique et Stratégique de l'AAE IAE de Paris.
Compte-rendu rédigé par Jérôme Bondu, Président du Club IES
 
 

 

 

Présentation de l’intervenant

 

Jean-François DONZIER est Directeur Général de l'Office International de l'Eau (OIEau) et Secrétaire Technique Permanent du Réseau International des Organismes de Bassin (RIOB)

 

Ingénieur Général du Génie Rural des Eaux et des Forêts, et ingénieur Agronome de l'Institut National Agronomique de Paris ; M. Donzier a de nombreux mandats internationaux : il est Vice-président du Centre Mexicain de Formation à l'Eau et à l'Assainissement (CEMCAS - Mexique), Administrateur du Global Water Partnership, de la Fondation des Eaux de Gdansk (GWF - Pologne) et du Secrétariat International de l'Eau (SIE - Canada), du Centre International des Technologies de l’Environnement du PNUE à Osaka, Membre de l'Académie de l'Eau de Norvège, ainsi que de la Commission française pour l'UNESCO et expert auprès de la Ville de Paris pour les services des eaux.

 

L’OIEau est une structure internationale qui emploie une centaine de salariés permanents. L’OIEau apporte ses compétences dans les systèmes d’information, la formation professionnelle, et la coopération institutionnelle.

Le site www.oieau.org reçoit plus de 5,6 millions de visiteurs par an.

 

Introduction

Jean-François Donzier commence son allocution par cette formule lapidaire, qui résume bien son propos : « Ca ne va pas bien ! Et cela ne va pas s’arranger dans de nombreux pays du monde ! ».

Explications …

 

L’eau est une ressource qui est - en dehors de quelques idées reçues - mal connue de la population

En effet, en dehors du fait que l’on sache qu’il y a de vastes parties de la planète qui sont en manque d’eau, Nous véhiculons pas mal d’idées préconçues sur cette ressource.

 

Par exemple on pourrait penser l’Angleterre à l’abri du stress hydrique ! Et pourtant notre voisin d’outre Manche connait des sécheresses estivales ! Certains départements en France connaissent des situations complexes : le Gard connait 11 mois par an une pénurie d’eau, et le 12ème mois subit des crues incontrôlables.

 

Si l’eau est présente partout sur Terre, elle est à 95% salée, donc impropre à la consommation, sauf à faire des traitements appropriés qui sont à l’heure actuelle encore très onéreux. L’essentiel de l’eau douce est gelée dans les glaciers, une infime partie du total est liquide (1%), et est essentiellement souterraine.

Pour aborder ce sujet, en réalité très complexe, il faut donc commencer par se défaire de ce que l’on croit savoir.

 

L’eau est un problème crucial pour l’être humain

Quelques chiffres permettent de mesurer la multipolarité du problème de l’eau dans le monde :
- L’eau (son absence ou sa pollution) est la première cause mondiale de mortalité. Trois millions d’enfants meurent chaque année d’un manque d’accès à l’eau potable.
- Un quart de la population mondiale n’a pas accès à de l’eau potable.
- Un quart de la population mondiale n’a pas accès à l’assainissement basique (par exemple avoir des toilettes).
- Quatre vingt cinq pour cent des eaux anthropiques (utilisées par les hommes) retournent dans les milieux naturels sans aucun traitement. Ce problème vient surtout des grandes mégalopoles. Le cas de Mexico est emblématique. Ses 22 millions d’habitants (soit 1/3 de la population française !!) rejettent leurs égouts dans la nature sans traitement.

 

Non seulement l’eau se fait rare du fait de l’augmentation très rapide de la consommation, mais le gaspillage est énorme. Ainsi il est estimé que deux tiers de l’eau d’irrigation est perdu par infiltration durant son transport (par exemple due à des fuites de canalisation) ou par évaporation dans les systèmes traditionnels.

La population mondiale a triplé sur le dernier siècle, et la consommation d’eau a été multipliée par 6 sur la même période.

 

L’impact des changements climatiques

Facteur aggravant, les changements climatiques vont renforcer les problèmes de gestion de l’eau ! On risque de voir une accélération des « phénomènes extrêmes » : d’un côté il y aurait une augmentation de la fréquence et de l’ampleur des inondations ; de l’autre, certaines régions du monde, comme les pourtours de la Méditerranée risquent de connaître une diminution de 25% des précipitations estivales.

 

Le phénomène engendrera forcément des destructions des terres agricoles : que ce soit dû à la sécheresse, aux inondations, à l’érosion, à la remontée des eaux salées, … Cela pourrait engendrer une perte de 20% de la productivité agricole dans l’Europe du sud. Dans une phase critique où il est estimé que la population mondiale va grossir de 50%, pour passer de 6 à 9 milliards, nous allons assister à un véritable « effet ciseau » avec d’un côté une diminution des terres cultivables pour une population à nourrir augmentant. Sachant que de nombreuses révolutions ont eu pour but une plus juste répartition des terres ou des famines, on peut imaginer les implications sociales que cela pourrait engendrer.

 

Un autre élément des plus inquiétants est la perspective d’une augmentation de 50 centimètres du niveau de la mer qui pourrait faire déplacer des millions de personnes sur les cotes et les deltas ! Sans même parler du drame humain que cela va entraîner, on mesure mal à quel point ces « réfugiés écologiques » vont être facteur de déstabilisation des Etats touchés. Et encore une fois, l’idée que cela ne concernerait que des pays lointains est fallacieuse. Une bonne partie du territoire de nos voisins hollandais est sous le niveau de la mer, certes protégé par des puissantes digues, mais bien sûr les modèles de prévision ne sont que des estimations statistiques ! Des pays non côtier, comme la Hongrie, ont aussi une bonne partie de leur territoire (40% dans le cas du pays Magyar) soumis à des risques graves d’inondation du Danube ou de la Tizsa.

 

Volonté politique

Il y a donc une obligation de changer les pratiques pour éviter des catastrophes, qui si elles ne sont pas certaines (nous sommes dans la prospective) n’en restent pas moins très probables ! Est-ce que prendre le pari que cela n’arrivera pas est la bonne attitude ?

 

Or pour l’essentiel, ce n’est pas un problème de technicité, mais un problème de volonté politique et d’organisation. Volonté politique d’une part. Volonté de la société civile d’autre part. Quand aux organes de presse et télévisuels, Jean-François Donzier déplore que la préoccupation sur l’eau « ne fait pas assez partie de la culture médiatique ».

 

Mais cela pourrait changer car des conflits ont déjà eu lieu ayant pour enjeux l’or bleu. La captation des eaux du Jourdain entre Israël et la Jordanie en est un exemple parmi d’autres, heureusement très rare comparé aux disputes locales pour l’accès à l’eau. L’eau ne connait pas les frontières, mais les Hommes si ! Quelques exemples : à l’échelle planétaire, 263 fleuves et des centaines d’aquifères sont partagés entre au moins deux pays. Les deux cinquièmes de la population mondiale dépendent des eaux partagées. 15 % des pays dépendent à plus de 50% de ressources de pays d’amont. Cette interpénétration est autant un risque qu’une chance. Elle peut être le ciment d’une politique de coopération et de partage des bénéfices, d’une vision commune partagée. Comme elle peut être le ferment, de conflits à venir, entre pays « dépendant » à l’aval et pays « ressources » en amont des grands fleuves.

 

Le besoin d’une action à l’échelle mondiale

L’intervenant esquisse quelques axes sur lesquels une volonté politique doit permettre d’aboutir à des décisions, comme sur la tarification de l’eau. Là encore les injustices sont criantes puisque se sont les plus pauvres qui payent l’eau la plus chère. Actuellement l’investissement total est de 75 milliards de dollars par an dans les Pays en développement. On estime qu’il devrait être de 180 milliards de dollars pendant au moins 25 ans pour avoir les moyens d’endiguer les problèmes à venir, pour éviter une crise mondiale de l’eau douce, et faire reculer la pauvreté. Et plus nous attendons, plus la facture sera … « salée ».

 

Il semble indispensable d'assurer à l'échelle mondiale :

- un suivi de l'impact des activités humaines sur l'environnement et sur les ressources en eau en particulier,

- des efforts colossaux pour le traitement de la pollution anthropique,

- l'évaluation des moyens financiers nécessaires et des conditions et mécanismes de leur mobilisation,

- la fixation de normes d'efficacité des dispositifs à mettre en œuvre,

- la définition des conditions pour garantir l'exploitation, la maintenance et le renouvellement des installations, afin d'assurer le bon fonctionnement des investissements réalisés.

Conclusion

Jean-François Donzier conclue sa brillante présentation en nous rappelant qu’en France « nous râlons » souvent sur le gout et le coût de l’eau qui sort de notre robinet, mais qu’il ne faut pas oublier que nous sommes des « archis privilégiés » au niveau mondial. Ce qui ne doit pas nous empêcher d’œuvrer à tous les niveaux pour participer à une meilleure gestion globale du problème.

 

De l’eau douce dépendra très certainement l’avenir de la société des hommes : soit ils s’entendent, et cela permettra une meilleure gestion de l’eau. Soit ils ne s’entendent pas, et nous assisterons alors à de fortes tensions entre les états et les groupes sociaux pour accéder aux ressources indispensables à la vie et au développement économique !

 

Jérôme Bondu

Par Jerome Bondu - Publié dans : Ecologie - Communauté : Veille stratégique
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Mercredi 9 avril 2008 3 09 /04 /Avr /2008 09:36

 

Il reste quelques places (8 très exactement) pour la conférence que Jean-François Donzier donnera au Club IES le jeudi 10 avril (après demain à 19h15).

 

L’intervenant traitera d’un sujet relativement méconnu sous le titre « VA-T-ON VERS UNE GUERRE DE L’EAU ? »

 

Il expliquera pourquoi et comment les problèmes liés à l’EAU risquent de redessiner la carte du monde dans les prochaines années.

- Les forces en jeux.

- Les risques.

- Les atouts de la France et de l’Europe.

 

N’hésitez pas à vous inscrire (voir l’annonce complète)

 

En outre, toujours dans le domaine de l’écologie, j’ai la plaisir d’avoir mon article « Les animaux ont-ils une âme ? » publié dans le journal Le Rotarien (photo).

 

Pour finir un petit test sur l'intelligence animale (pour changer de l'intelligence économique):

Quel animal  :

- a un odorat 300 fois plus fort que celui de l’homme ?

- a 3/5 de ses neurones hors de son cerveau ?

- peut coopérer pour tuer des animaux beaucoup plus fort que lui ?

- peut sauter en distance, ce qui proportionnellement pour l’Homme représenterait un bon de 300 mètres ?

- peut endurer un combat de deux heures à plus de 3000 mètres de fond ?

- effectue une migration de 65 000 km sur une saison, dont 900 km en un jour ?

- secrète un fil qui à taille comparable est 4 fois plus résistant que l’acier ?

 

Les réponses sont ici. A lire pour le plaisir, et pour se rappeler que nous sommes finalement bien peu de choses sur terre ...

 

 

Jérôme Bondu

 

 

 

 

Par Jerome Bondu - Publié dans : Ecologie
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Samedi 22 mars 2008 6 22 /03 /Mars /2008 21:16

pollution_mer.jpg Définir ce qu’est un signal faible n’est pas aisé. Si l’on se réfère à Wikipédia « les "signaux faibles" sont des informations partielles et fragmentaires fournies par l’environnement, éventuellement en parallèle avec des signaux forts, qui sont porteuses d’un "ordre" spécifique et reconnues comme telles par l’organisation après un traitement approprié ».

 

Cette définition peut amener un commentaire. Selon un professionnel de l’Intelligence Economique reconnu, cette expression ne correspondrait à rien. En effet, la détection d’un signal (quel qu’il soit) est la réponse à une interrogation. Si on ne se formule aucune question, aucun signal ni faible ni fort ne viendra nous alerter.

 

Je souscris assez à cette vision, et à mes yeux, la notion de « signal faible » est liée à la prise de conscience d’une problématique, à partir d’une donnée, ou d’un élément d’information qui agit comme un catalyseur. On était sensibilisé à une problématique (une question) de manière diffuse, un signal vient nous la révéler.

 

Révélateur, c’est exactement le sentiment que j’ai eu à la lecture d’un article du monde « Voyage dans la poubelle du Pacifique »*. Un marin décrit un endroit particulier du Pacifique où par le jeu des courants, s’accumule « une soupe de plastique ». Que se passe-t-il ? « Le plastique a beaucoup de qualités. Il est peu cher, pratique et très résistant. Trop résistant, justement … ». C'est-à-dire que tout le plastique qui a été conçu depuis son invention, et qui a échappé au retraitement, … est encore dans la nature. Et pour longtemps ! On parle d’une durée de vie de l’ordre de cinq siècles, dans le meilleur des cas ** !

 

Que faire ? Se passer du plastique paraît difficile. D’où cette idée que je me suis formulée (à partir de ce … « signal faible ») que celui qui arriverait à développer un plastique biodégradable, ou un composé qui ait des caractéristiques proches du plastique, toucherait le jackpot. Cela me semble un des domaines de recherche les plus prometteurs qui soient. Qu’en est-il ? Ne serait-ce pas un enjeu qui mériterait un investissement aussi important que la recherche de l’autonomie énergétique, avec l’important développement du nucléaire civil en France ?

 

D’autres éléments passent aussi entre les mailles du retraitement. Et notamment ceux que l’on attend le moins. Ainsi « les résidus des pilules de contraceptifs, d'antibiotiques ou d'antidépresseurs (…) [passent] à travers le filtre des stations d'épuration des eaux usées, qui ne sont pas conçues pour les éliminer, et [finissent] dans les rivières. » On a déjà noté des « changements de sexe chez des poissons, provoqués par des perturbateurs endocriniens, ou l'apparition de souches résistantes aux antibiotiques chez certaines bactéries ».***

 

Le développement de produits de grande consommation ayant un impact minimal sur l’eau est un enjeu majeur.

 

Dernier point sur la définition du « signal faible » : Sa détection n’a de sens que si l’analyse que l’on en tire est suivie … d’action !

 

Jérôme Bondu


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Sources :

* « Voyage dans la poubelle du Pacifique », article de Gaël Dupont dans Le Monde du 19 mars 2008.

 

** Ekopedia 

 

*** « L'effet des résidus de pilules contraceptives sur les poissons », article de Gilles van Kote dans Le monde du 20 mars.

  

Par Jerome Bondu - Publié dans : Ecologie - Communauté : Veille stratégique
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Jeudi 20 mars 2008 4 20 /03 /Mars /2008 17:22

Marc Ullmann, fondateur du Club des Vigilants, a posté le billet ci-dessous sur le site du Club. Je le reprends en totalité. Son idée est tellement bonne, qu'il est possible qu'elle ne voit jamais le jour (comme nombre de bonnes idées). 

 

Jérôme Bondu

 

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"Dans ma jeunesse, j’ai travaillé à la Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier et me souviens de la genèse de cette première institution européenne. Jean Monnet est parti de la conviction que l’Europe ne se ferait pas d’un coup mais pas à pas.
 
 
Voulant commencer par créer une « solidarité de fait », il a pensé que le charbon et l’acier, qui avaient été utilisés pour faire la guerre, pouvaient être un symbole de reconstruction pacifique et servir de base tant à la réconciliation franco-allemande qu’à l’unité de l’Europe. Il a persuadé Robert Schuman, alors ministre français des Affaires étrangères, de lancer l’idée et s’est assuré qu’elle serait bien reçue par Konrad Adenauer, le chancelier allemand, et fortement appuyée par l’Administration américaine.

 

L’Europe d’aujourd’hui ne ressemble pas à celle dont rêvait Monnet mais la CECA a néanmoins servi de socle à une prise de conscience européenne. Maintenant, les menaces visent l’humanité entière et il s’agit de faire émerger une conscience planétaire. D’où la question : existe-t-il un domaine qui aiderait à cristalliser une « solidarité de fait » à l’échelle mondiale, un domaine où l’urgence et la gravité des problèmes justifieraient la mise en commun de certains pouvoirs et de certaines ressources ?

 

Après avoir beaucoup consulté et beaucoup réfléchi, je suis arrivé à la conclusion que la création d’une Communauté Mondiale de l’eau (CME) serait la plus prometteuse des initiatives possibles. Les hommes, après tout, peuvent vivre sans pétrole, ils ne peuvent pas vivre sans eau. Des guerres peuvent éclater pour le contrôle des ressources. Des populations peuvent migrer pour fuir la sécheresse. L’insalubrité peut provoquer des épidémies. Emotionnellement c’est intolérable. Rationnellement, la nécessité de l’action crève les yeux. De plus, le problème de l’eau est au cœur des préoccupations mondiales. Le forum qui a réuni récemment à Mexico près de 5.000 représentants d’Etats, d’institutions internationales, d’experts et de professionnels l’a amplement démontré : guerres et paix, agriculture et mégalopoles, santé et développement, tout ne dépend pas de l’eau mais l’eau affecte tout.

 

Le chemin à parcourir avant qu’une CME fonctionne est si périlleux, les problèmes à traiter sont si complexes et les parties prenantes si nombreuses, que l’initiative ne peut être lancée dans le cadre modeste du Club des Vigilants. Nous pouvons seulement réfléchir aux processus qu’il conviendrait d’enclencher. Concrètement, il s’agirait surtout de :

- trouver la ou les personnalités les plus aptes à prendre l’initiative et chercher les moyens de les convaincre ;

- dresser la liste des pays qui accepteraient de se placer sur la ligne de départ et négocieraient un éventuel traité ;

- définir les points qui, dans cet éventuel futur traité, devraient être considérés comme primordiaux.

Une réflexion préliminaire est en route sur ces trois points. Ceux qui voudraient contribuer à cette étude de faisabilité seraient les bienvenus."
 
Posté par Marc Ullmann, le 22/06/06 sur
http://www.clubdesvigilants.com

 

Par Jerome Bondu - Publié dans : Ecologie
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