Stratégie

Mercredi 4 novembre 2009 3 04 /11 /Nov /2009 15:04

En matière d'influence, le classement de Shanghaï est un cas d'école. La notoriété acquise par ce classement rapporté à son coût de mise en place en fait un très bon exemple en matière d'intelligence économique.

 

On peut lire dans Le Figaro qui a fait un bon papier sur le sujet :
"L'équipe qui concocte ce palmarès à l'impact retentissant n'a pourtant rien d'impressionnant. Ils ne sont que trois à se relayer pour mettre à jour leurs critères dans un modeste bureau de l'université Jiao Tong, au sein du département de recherche en éducation. «Moins d'un emploi à temps plein suffit», explique au Figaro le professeur Nian Cai Liu, l'initiateur de l'index, même s'il a eu besoin «de beaucoup plus de monde lors de son élaboration entre 1999 et 2003»"

 

Quant à la raison du mauvais classement des universités françaises, il est expliqué plus loin :
"Même Yin Jie, le vice-président de l'université Jiao Tong reconnaît que son classement n'est vraiment utile «que si l'on veut comparer les universités américaines, britanniques, chinoises et japonaises. Il ne rend pas justice aux universités françaises ou allemandes dont le système diffère complètement», estime-t-il. Ce classement a néanmoins eu une vertu, selon Geneviève Filliatreau, «il a mis en évidence que nos universités françaises étaient sous-dotées et que notre système était très particulier»."

 

"Plus les universités publient, plus elles sont avantagées. La France est à cet égard handicapée, puisque son enseignement est dispersé entre 85 universités et une foultitude de «grandes écoles», petites par la taille. Enfin, une partie de la recherche ne se passe pas à l'université mais dans des organismes comme le CNRS. Tout un pan des publications échappe donc aux classements."

 

 

Ce classement a contribué à mettre en valeur les nouvelles règles du jeu. Reste à savoir si l'on est assez fort pour les modifier en notre faveur. Ou s'il faut tout simplement s'y adapter.

 

Au début du siècle, la France rayonnait par son enseignement, et les écoles françaises étaient parmi les plus réputées. On peut mesurer le terrain perdu. Mais comme tous les grands sportifs, comme tous les grands stratèges l'ont affirmé, la véritable défaite commence dans la tête... Tout comme la victoire, d'ailleurs.

Est-ce que notre ministre de l’éducation nationale sait jouer au GO ? (voir le billet d'hier)

 

Jérôme Bondu

 

Source : Le Figaro - Universités : les secrets du classement de Shanghaï 


Par Jerome Bondu - Publié dans : Stratégie - Communauté : Veille stratégique
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Mardi 3 novembre 2009 2 03 /11 /Nov /2009 08:33

Anthony Poncier écrit dans son blog un billet sympa sur les analogies entre le rugby et le management 2.0.

Extrait : « C’est surtout un sport collectif ou un individu seul, aussi bon soit-il, n’est rien. Cet individu doit compter sur tous les autres pour pouvoir avancer et marquer. Le jeu collectif est une obligation, sinon c’est l’échec. Le rugby, c’est donner avant de prendre. C’est comprendre que l’on est le maillon d’une chaîne plus grande. Donner avant de prendre, cela veut dire que si on est dans cet esprit de groupe, en retour il y a obligatoirement quelque chose de fort qui arrive. »


Dans le même ordre d’idée, on pourra lire un article paru dans Veille Mag, intitulé "Stratégies de jeux, stratégies d’IE", et dans lequel j’avais fait des parallèles entre « l’intelligence économique » et les « jeux ».


J’y évoque le jeu de GO, les échecs, le poker, le billard, les arts martiaux, et … le rugby. Ces jeux permettent d’expliquer facilement des opérations stratégiques complexes, de fusion-acquisitions, de dumping, de lobbying, d’encerclement, de déstabilisation. A chaque jeu est associé une « qualité première ».

Voici l’extrait sur le jeu de GO :

« Le jeu de GO est un jeu japonais très ancien d’origine chinoise qui a ceci de commun avec les échecs que les deux adversaires s’affrontent par le biais de pions disposés sur un plateau. Au GO, tous les pions ont la même valeur.
- Le but du jeu est d’encercler les pions adverses. Dès que vous arrivez à encercler une zone, cela devient votre territoire et les pions adverses qui s’y trouvent vous appartiennent.
- Cette stratégie « territoriale » peut, être interprétée sous différentes formes. L’une d’elle est le combat de grandes entreprises pour des « marchés » captifs. Une grande firme peut ainsi chercher à vendre ses produits à bas prix sur un territoire pour étouffer la concurrence existante. « A ce jeu là », la structure qui a la plus grosse taille est généralement la gagnante (car elle arrive à avoir le prix de revient le plus faible). Une fois le marché captif, elle peut relever ses prix pour récupérer une marge convenable (voire confortable). Pour limiter les effets « dévastateurs » de cette pratique, les règles internationales interdisent de vendre un produit à un prix inférieur à son prix de revient. Cela s’appelle le dumping (de l’anglais « to dump » signifiant « déverser » avec le sens de déverser des ordures).
- Le vaste marché américain permet d’amortir des produits qui seront ensuite commercialisés dans d’autres zones à un prix très bas.
- La qualité première est la vision stratégique long terme. »



Dans le même ordre d'idées, on pourra lire le compte rendu de la conférence passionnante de Farid Ben Malek sur le jeu de GO, organisée en 2006 par le Club IES. On verra que ce jeu est riche d'enseignements stratégiques, tout à fait adaptables au monde de l'entreprise. L’intervenant avait mis en valeur un certain nombre de grands principes directeurs, d'une grande sagesse :
- Observer, encore observer et toujours observer
- Concevoir une stratégie unique car chaque nouvelle situation est unique
- Respecter l’adversaire
- Accepter la coexistence avec l’adversaire
- Faire évoluer sa stratégie, se remettre en cause
- Viser la victoire finale plus que le gain immédiat


Jérôme Bondu

Crédit image : Blog d'Antony Poncier



Par Jerome Bondu - Publié dans : Stratégie - Communauté : Veille stratégique
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Vendredi 18 septembre 2009 5 18 /09 /Sep /2009 13:41
Je vous recommande la lecture de l'article "Quand l'intelligence économique réussit aux ONG" paru dans bonaberi.com

Extraits :
"Dans son édition du 12 avril 2009, le New York Times classait "Dead Aid" au 29è rang des livres les plus vendus aux Etats-Unis. L’ouvrage de la Zambienne Dambisa Moyo décrypte avec méthode, chiffres et exemples, comment le business de l’aide au développement accroit la dépendance de l’Afrique et profite à des réseaux d’ONG rompues aux techniques de guerre économique. (...)
Désormais dotées de stratèges et de lobbyistes, de business models et de commerciaux, de réseaux et de communicateurs, les grandes ONG maîtrisent parfaitement les techniques d’intelligence économique et les appliquent sans en parler."


Cela me fait sourire alors que je viens de lancer un Pack PME et Associations : De la veille à la e-reputation

Encore une fois, il me semble qu'il faut déconnecter l'outil de la finalité;
- L'Intelligence économique n'est qu'un outil (comme la communication, le marketing, les RH), qui se met au service d'une stratégie.
- Si les ONG, comme les entreprises se mettent à utiliser cet outil, c'est qu'elles sont entrées dans une phase concurrentielle.
- Et c'est sur ce dernier point qu'il convient de s'interroger.


"Quand l'intelligence économique réussit aux ONG" ... et inversement ;-)

NB : c'est bien une fleur de marronier.

Par Jerome Bondu - Publié dans : Stratégie - Communauté : Veille stratégique
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Jeudi 17 septembre 2009 4 17 /09 /Sep /2009 10:34

Le comité de projet Intelligence Economique du CNISF (dont j’ai le plaisir d’être membre) organise un colloque le 25/09 sur le thème « Management et capital éthique de l’entreprise – Demain, l’entreprise survivra‐t‐elle sans éthique ? ».

 

Cet événement aura lieu le vendredi 25 septembre 2009 de 9H30 à 17H00 au CNAM (amphithéâtre Abbé‐Grégoire - 292 rue Saint‐Martin ‐ 75003 Paris).

 

On notera les interventions de Jean-Pierre Vadet, président du comité IES au CNISF, d’André Added, vice‐président de la Fédération des Professionnel de l’Intelligence Economique, mais aussi de Robert Salmon, ancien vice‐président de L’Oréal.

 

Nous entendrons le grand témoin Yvon Gattaz en conclusion du colloque. M. Gattaz est membre de l'Institut, président d'honneur du MEDEF, président de l'Association Jeunesse et Entreprises, président du Syndicat des Entreprises de Taille Intermédiaire ASMEP‐ETI.

J’avais déjà eu l’occasion de l’écouter pour une conférence passionnante sur le thème « La moyenne entreprise, base de l’entreprise mondiale » (dont on pourra lire le compte rendu ici).

 

Voir l’annonce et s’inscrire - entrée gratuite sur pré-inscription obligatoire [PDF].

 

Le monde a besoin d'éthique. Je ne peux pas ne pas rapprocher le thème de ce colloque avec la conférence que je co-organise le 6 octobre "La dimension criminelle des crises financières" animé par Xavier Raufer.

Au plaisir de vous y revoir ...

 

Par Jerome Bondu - Publié dans : Stratégie - Communauté : Veille stratégique
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Vendredi 3 avril 2009 5 03 /04 /Avr /2009 19:59

« Les européens de la fin du XXème siècle ne soupçonnaient pas "l’étendue du web", décrit comme un marécage peuplé de monstres. »

 

J’ai toujours à portée de main quelques livres d’histoire. Entre deux missions de veille, qui me font jouer avec les technologies modernes de recherche d’information, je m’amuse souvent à lire quelques paragraphes sur l’histoire de France, du monde ou d’ailleurs. Ce sont comme des paliers de décompression, après une longue plongée en apnée dans le web profond. Et cela me permets de relier (inter-ligere) des informations et des Hommes qui n’ont pas l’habitude de se rencontrer …

 

Les grands explorateurs (Vasco de Gama, La Pérouse, Magellan, …) n’ont pas fait que découvrir des nouvelles terres. Les frontières qu’ils ont traversées sont autant géographies que psychologiques. L’extrait ci-dessus (détourné en replaçant « l’étendu des océans » par « l’étendue du web ») rappelle que l’inconnu faisait peur. Et cette peur a développée une riche fantasmagorie, qui faisait voir aux contemporains des grands explorateurs des monstres de toutes sortes peupler l’océan. Ils s’étaient donné de bonnes raisons pour ne pas y aller. L’imagination a remplacé la raison.

 

Je ne sais pas si on peut comparer Gates, Jobs, Brin, Page, Zuckerberg, …aux grands explorateurs d’alors. Mais osons quelques parallèles :

-Il est certain que le web fascine, et fait peur à certains.

-Il est clair aussi que ceux qui découvrent des « nouvelles terres » (par exemple les réseaux sociaux) sont bien placés pour se les approprier (Facebook s’approprie les données personnelles qu’on veut bien lui confier).

-Ces explorateurs d’alors se vendaient au plus offrant. Magellan n’ayant pas réussi à convaincre le roi du Portugal, il alla offrir ses services à Charles Quint. Larry Page et Sergey Brin, fondateurs de google rejoignent Live Search le moteur de recherche de Microsoft.

 

Quand à ces nouveaux territoires, là encore, on peut imaginer leurs contours. Ce sont des territoires définis par l’instantanéité, l’interactivité, la diffusion du savoir.

Enfin, comme avec la découverte du nouveau monde, il y aura certainement des gagnants et des perdants. Les populations amérindiennes, en ont payé un bien lourd tribut. Pas tant par le feu des mousquets que par les bactéries emportées par les conquistadors qui ont été à l’origine d’une des tueries (épidémie) les plus importantes de l’humanité. Sans parler du commerce triangulaire qui a saigné le continent africain, et a déraciné une population, qui en 2009 voit l’un des leurs devenir le chef des nouveaux explorateurs …

 

Jérôme Bondu


Par Jerome Bondu - Publié dans : Stratégie - Communauté : Veille stratégique
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