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Ce blog comprend les comptes rendus des conférences du "Club Intelligence Economique et Stratégique", présidé par Jérôme Bondu, ainsi que des réflexions personnelles sur l'IE, les réseaux humains, le lobbying, l'innovation, ...
La concomitance de ces deux articles parus aujourd'hui 22 juillet laisse songeur :
- Les dirigeants de Viadeo coupables d’une fraude marketing ?
Extrait : "Viadeo a passé la barre des 30 millions d’utilisateurs en rachetant récemment Unyk, un carnet d’adresses
intelligent. En résumé, ça ressemble à votre carnet d’adresses sur Outlook mais en mieux ! En tout cas, rien à voir avec un réseau social qui vous permet une mise en relation par tiers de
confiance comme sur Linkedin, Xing, Viadeo ou ecademy. Ce rachat me semble très pertinent puisque c’est un bon moyen de faire de la pub pour Viadeo auprès de 25 millions de membres. Les 2
services sont complémentaires mais très différents : annuaire Vs mise en relation par tiers de confiance.
Viadeo a en réalité 5 millions de membres qui se sont inscrits pour faire du networking et 25 millions de membres inscrits
pour avoir un carnet d’adresses intelligent."
- Facebook: Le grand mensonge du nombre de membres en France Extrait : "Les chiffres sont encore plus éloquents lorsqu’on limite la recherche aux 20-59 ans, qui représentent 62.1% de
la population en Ile de France. Facebook compterait parmi ses membres 7 829 640 adultes de 20-59 ans, soit 110% de la population de cette tranche d’age vivant en Ile de France." A lire sur Jean-Nicolas Reyts
Après le temps de l’enthousiasme, un reflux est perceptible …
A l'occasion de ses 20 ans, le Forum IES lance une enquête auprès des veilleurs et des décideurs afin de
connaître l'évolution des pratiques de veille et d'analyse depuis 20 ans et les tendances pour l'avenir. Le Forum IES a confié la réalisation de cette enquête à serdaLAB, le laboratoire d'études,
de veille et de prospective du groupe Serda.
- Si vous êtes veilleur ou professionnel de l'infodoc faisant de la veille, merci de cliquer ici. - Si vous êtes décideur, merci de cliquer ici. . Un grand MERCI d'avance pour votre participation avant le 03 septembre 2010. Cela ne vous prendra que 10 minutes
environ.
Les résultats de ces deux enquêtes seront livrés lors du Forum IES 2010 le jeudi 07 octobre 2010 à 17h30 lors d'une table
ronde, animée par Michel Remize, rédacteur en chef d'Archimag. Des experts du domaine de la veille seront également interrogés à cette occasion. Un article paraîtra dans le numéro d'Archimag
d'octobre 2010 et sur le site d'Archimag.
Pour vous remercier, vous recevrez les résultats de l'enquête gratuitement en octobre 2010 directement dans votre boite
email.
Cordialement,
Virginie BOILLET Responsable des études de marché serdaLAB Groupe Serda 24, rue de Milan 75 009 Paris Tél : 01 44 53 45 00 Fax : 01 44 53 45 01
Dans le cadre de la création de notre cellule de veille réglementaire dans les domaines de la banque assurance, nous recherchons un(e) stagiaire pour une durée de 6 mois
Structure et lieu du stage: Altran CIS Paris Porte Maillot
Localisation géographique: Altran CIS, PARIS 17, France
Type d’employeur : Secteur privé
Profil recherché :
- Formation IE ou documentation juridique et réglementaire Bac + 5
- Anglais serait un plus
Conditions particulières d’exercice :
- Horaire de l'entreprise
- Pas de déplacement de prévu à ce jour
- Dates d'entrée : ASAP
- Durée du stage: 6 mois
- Rémunération: 1000€/mois
Le Cigref a invité Olivier Buquen le 2 juillet au Cercle National
des Armées. Devant une salle comble, il a énoncé son programme.
Voici quelques notes personnelles.
Le délégué interministériel à l'intelligence économique a souligné le travail d'équilibriste que constitue sa mission. Il a rappelé par exemple que la mondialisation était en même temps une
chance et une menace pour nos entreprises. Et que le positionnement de ses services vis à vis -par exemple- des investissements extérieurs devaient être extrêmement nuancés. Même si les
investissements extérieurs sont souhaités, cela n'empêchait pas de les surveiller. Il s'agit donc pour lui de faire passer des messages avec finesse.
Son service, composé de 12 personnes, travaille dans trois directions:
1. Une action au service de l'Etat.
2. Une action au service des acteurs économiques orienté sur l'offensif.
3. Une action orienté sur le défensif.
1- Cellule de veille de l'Etat :
« Nous sommes le cabinet de veille des plus hautes autorités de l'Etat » a souligné l'intervenant. Une partie des missions du service d'Olivier Buquen consiste donc à répondre aux questions de
l'Etat. Mais, ajoute-t-il, nous pouvons aussi répondre directement à des sollicitations d'entreprises. Nous veillons simplement à ne pas créer une concurrence « déloyale » vis à vis des
cabinets privés. Nous intervenons dans un cadre très précis, quand l'intérêt supérieur du pays est en jeu, et quand il y a une entreprise étrangère dans la partie. Nous ne rentrons pas dans les
problèmes franco-français.
2- Il a évoqué ensuite les actions menées à destination des entreprises, sur le registre de l'offensif et de l'influence.
Il a cité par exemple :
- l'accompagnement des grands contrats à l'international,
- le soutient à l'export des PME,
- la sensibilisation des organismes de recherche publics. Il a évoqué la rédaction d'un guide pratique à destination de ces organismes, pour sensibiliser les chercheurs aux agressions extérieurs
(pillage) et pour les inviter à valoriser leurs recherches avec les entreprises françaises. Il est normal a-t-il souligné « que nous attendions un retour sur investissement de la recherche
publique ! ».
Malgré les efforts entrepris de longue date en matière de sensibilisation, il a souligné que l'IE n'était pas encore assez bien connue en France. « Nous souhaitons promouvoir les formations en IE
au sein de l'enseignement supérieur ». L'objectif étant que tous les diplômés de l'enseignement supérieur soient -à minima- sensibilisés avec l'IE pratique. C'est un travail de longue haleine,
qui a d'ailleurs été initié par Alain Juillet.
Olivier Buquen a été plus prolixe en ce qui concerne le volet défensif. Et il s'en est expliqué. L'action offensive de son service sera d'autant plus efficace qu'il n'en fera pas la publicité.
D'où cette relative discrétion sur tout ce qui a trait à l'influence. « Je ne vais pas insister sur l'offensif car cela se fait de manière discrète. Mais par contre, j'ai vocation à communiquer
sur le défensif. »
3- Des actions défensives
Il s'est fixé pour objectif :
- D'élaborer une grille d'auto-évaluation du niveau de protection des entreprises. Cette grille se veut un outil de sensibilisation à destination du chef d'entreprise.
- De renforcer la protection des informations stratégiques. Il a souligné que certaines dispositions fragilisent nos entreprises, comme le dépôt obligatoire des comptes aux greffes du tribunal de
commerce. Cette disposition constitue clairement une distorsion de concurrence, mais il a évoqué la difficulté à faire évoluer les choses dans ce domaine.
Durant le débat, il a abordé d'autres points :
Sur les limites de son action :
Selon lui, l'Etat doit se concentrer sur des missions pour lesquels il est légitime. « Il ne faut pas tout attendre de l'Etat » Et cela vaut pour son service. Il ne pourra donc pas s'investir
partout, et notamment pour des questions de restriction budgétaire. « Mon équipe et moi-même sommes payés par vos impôts ! » a-t-il rappelé. Au cours des nombreux entretiens qu'il a mené
depuis sa nomination, il a aussi acquis la conviction que beaucoup de grandes entreprises ont de très bonnes pratiques en matière d'IE, et qu'elles n'ont pas forcément besoin de l'aide de
l'Etat.
Sur les rapports avec la Chine :
Olivier Buquen a souligné la difficulté d'avoir une position tranchée sur les rapports avec la Chine; Et même de la position un peu schizophrènique d'un pays comme le notre, qui a besoin de
pays aux fortes capacités de financement, et dont on sait qu'ils peuvent être de féroces prédateurs. Face à ces types de pays, il ne faut ni diaboliser les comportements, ni être naïf. Néanmoins
les solutions semblent être étroites. « Tous les chefs d'entreprises ont bien conscience que le commerce avec la Chine est un équilibre instable. On a le choix de mourir à court terme faute
d'oxygène. Ou de mourir à long terme pour cause de concurrence. »
Il a relaté l'anecdote suivante, significative de la faible marge de manœuvre des patrons français: Un chef d'entreprise français lui a dit qu'il savait pertinemment que le dirigeant de sa
filiale chinoise était un membre important des services d'espionnage chinois ! Il a dit qu'il ne pouvait faire autrement, qu'il n'avait trouvé personne d'autre, et que cette personne était la
seule à avoir toutes les compétences requises. La seule chose qu'il pouvait faire était d'intégrer cela dans son organisation.
Autre exemple qui exprime bien l'ambivalence des relations avec la Chine : Les Chinois sont le premier contingent d'étudiants étranger en France. Cela contribue au rayonnement de notre pays. Mais
cela est aussi une menace, car certains peuvent être (pour reprendre une expression de Claude Rochet) comme le buvard qui aspire tout ce qu'il touche.
Sur les médias sociaux :
Les dangers peuvent venir de partout, et par exemple des réseaux sociaux. Olivier Buquen a insisté sur le fait qu'il n'y a pas que les jeunes qui prennent des risques en publiant trop
ouvertement. Un patron du CAC 40 a raconté qu'il a du se séparer d'un très proche collaborateur, parce que tous les soirs il racontait sa journée de travail sur sa page Facebook !
Il a conclu par une main tendue. Il a invité les entreprises à travailler avec son équipe à la diffusion de l'IE. « Travaillons ensemble, je ne suis pas un magicien qui va vous apporter
toutes les solutions à tous vos problèmes ». Le message est clair : ensemble, soyons plus fort.
Mon analyse :
C'est la première fois que je l'entendais pour une présentation aussi complète. Ses interventions précédentes étaient plus rapides.
J'ai apprécié son discours franc, posé et nuancé. Bon connaisseur du monde de l'entreprise, il a rappelé à de nombreuses reprises qu'il venait du privé.
J'avais eu des retours mitigés sur le fait qu'il axe son discours quasiment uniquement sur le défensif, mais je pense qu'il a bien expliqué les raisons de ce positionnement.
Sa proposition de travailler ensemble est intéressante. La communauté de l'IE regorge de bonnes volontés et d'initiatives qu'il serait bon de fédérer. Et comme tous les community manager le
diront, les communautés sont des réseaux humains qui reposent sur la confiance.
Je suis récemment tombé sur un blog (FranceWebGlobal) qui a repris un de mes billets
sans citer la source. Face à ce type de "petit" larcin, la plupart des bloggeurs passent outre.
Mais il y a de plus gros vols qui demandent, eux, une réaction. Olivier Zara en a fait l’expérience récemment, et son aventure est riche d’enseignements. Voici l’histoire en quatre
actes :
1-La victime
Olivier Zara est un expert reconnu du « personal branding ». Il se trouve que je le connais depuis près de 10 ans. C’est un producteur d’idées prolifique. Il anime trois blogs*, et est
auteur de quatre ouvrages. C’est quelqu’un qui partage, et qui a fait sienne la devise 1+1=3. Il allie le savoir, le savoir être et le savoir faire.
2-Les faits
Olivier a acheté les noms de domaine olivier-zara.com et olivierzara.com . Mais quel n’a pas été sa surprise de voir que les noms de domaine zara-olivier.com, zaraolivier.com,
zara-olivier.net et zaraolivier.net avaient aussi été achetés !! Qui plus est par un autre consultant du « personal branding » : Fadhila Brahimi.
3-Le dénouement
La pirate a été pris la main dans le sac. Elle ne pouvait nier, la preuve était là (au passage quelle naïveté, quand on sait que les informations sur les acquéreurs de nom de domaine sont
publiques).
Olivier, que j’ai contacté pour l’occasion, m’a dit qu’il avait récupéré ces (ou plutôt « Ses ») noms de domaine, mais qu’il n’avait pas reçu le moindre mot d’excuse …
4-L’analyse
Au premier abord, il y a un incontestable effet comique : cette affaire atteint le sommet du ridicule. L'expert en identité numérique Fadhila Brahimi qui commet cette bourde insensée. On
pourrait presque en rire, et penser que c’est une bonne blague de potache.
Le problème, c’est que ce n’en est pas une. Si même les thuriféraires des bonnes pratiques se mettent à franchir la ligne jaune, où allons-nous ? Olivier a réagi en expert du domaine, avec
beaucoup de « fair play » et de recul. Et le ton de son billet est très neutre. Mais comment peuvent réagir des personnes moins affutées que lui ?
Si Internet devient une jungle, où il faudrait surveiller que son profil dans les réseaux sociaux n’est pas piraté, que le contenu de son blog n’est pas pompé, que ses noms de
domaines ne sont pas achetés, … quel plaisir y prendrions nous ? Cela ne peut que renforcer le discours de ceux qui (souvent par méconnaissance) présentent le web comme un
lieu sans foi ni loi. Malheureusement ce type d’acte leur donne raison.
La génération précédente a eu son évasion intellectuelle avec mai 68. Nous, nous avons internet. Peu ou prou, je pense que nous projetons les mêmes rêves de « vie meilleure » que nos
ainés sur le réseau des réseaux. Nous y recherchons les mêmes utopies (gratuité, partage, libération, ouverture, …).
S’il est certain que nous serons tôt ou tard en parti désillusionnés, cela fait quand même mal de s’apercevoir que le ver est dans le fruit, et qu’il se loge au cœur même de ceux dont on aurait
pu croire qu’ils soient les défenseurs d’une certaine éthique. Quelle déception !
Il faut espérer que la blogosphère, et les réseaux humains qui la compose, produise les anticorps nécessaire. C’est en tout cas le sens que je donne à ce billet, en communiquant
sur une affaire dont on aurait tous préféré qu’elle n’arrivât pas.
Jérôme Bondu
NB : Fadhila, je ne doute pas que vous tombiez sur ce billet. N'hésitez pas à réagir. Mes colonnes vous sont ouvertes pour toutes explications.
Participez au sondage sur la pratique des réseaux humains, mis en place par Inter-Ligere ! Cela ne vous prendra que 5 minutes, et vous recevrez les résultats. Cliquez ici.